L'équipe de France de rugby a joué 3 tests-matches en Novembre et le bilan est vraiment médiocre : une branlée monumentale (47 à 3, 7 essais à 0) contre la Nouvelle-Zélande à Lyon, une autre défaite au Stade de France (23-11, 2 essais à 1) et une courte victoire face à l'Argentine (27-26, 3 essais à 2) et encore, Betsen a sauvé les bleus de la défaite en contrant le drop de Contepomi à la dernière seconde du match. Plus que les résultats, c'est la manière qui est inquiétante : le XV de France a cruellement manqué d'imagination et s'est heurté au mur néo-zélandais sans provoquer la moindre faille et les fondamentaux ne sont même pas assurés. Combien de touches perdues, de touches non trouvées et pire que tout, la mêlée française, autrefois son point fort, a terriblement souffert.
La faute à qui ? Aux joueurs, vous allez dire ? A la fatigue ? Aux blessures ? Oui, les français étaient plus fatigués que les néo-zéalandais car ils jouent 2 fois plus de matchs qu'eux dans l'année... Oui, des joueurs importants manquaient à l'appel : Thion, Harinordoquy, Nyanga, Michalak... Mais pour moi, le principal responsable de cet échec est l'entraineur, monsieur Bernard Laporte.

Depuis qu'il a pris les rênes de la sélection en 1999, le jeu du XV de France a perdu pratiquement toute son originalité, son caractère imprévisible qui lui a permis de sortir des rencontres d'antologie comme contre la Nouvelle-Zélande en demie-finale de la Coupe du Monde de Rugby 1999 où à la surprise générale, elle s'impose 43-31 (4 essais de Lamaison, Dominici, Dourthe et Bernat-Salles). On se rappelle également de ce match à Twickenham où les bleus avaient ridiculisé le Pays de Galles 51 à 0 avec un Thomas Castaignède des grands jours. Maintenant, le jeu de l'équipe de France ressemble à celui de l'Australie ou pire, du Stade Français, où tout est planifié sans ambition et surtout sans créativité.
Résultat, un jeu stéréotypé qui ne fait pas vibrer les foules et qui ne surprend pas l'adversaire. Le pire, c'est que les joueurs ont peur de s'affranchir du plan de jeu fixé car en cas d'échec, la colère de Bernie le Fou sera terrible ! Même des joueurs brillants en club (Jauzion, Fritz, Heymans, Traille) n'osent plus prendre d'initiatives car elles ne sont pas encouragées. Le crédo, c'est 0 faute, le résultat, c'est plutôt 0 spectacle !
Pour pratiquer ce jeu, Bernard préfère sélectionner sur la base des tests physiques plutôt que sur les qualités rugbystiques. Au final, on se retrouve avec de gros bourrins ne sachant même pas faire une passe, un comble pour un joueur français ! Rémy Martin, si tu nous écoutes... On a aussi eu droit au festival de 3/4 centres bourrins incapables de prendre une intervalle : Vendititi, Desbrosse et bien sûr Liebenberg ! Le génie qui a un 5 contre 1 à jouer et qui tape directement en touche !

Pour en finir avec l'incompétence du personnage, on peut s'attarder sur le choix des joueurs, même si le plus grave reste le système de jeu qui est catastrophique. Depuis qu'il est à la tête de l'équipe de France, Bernard Laporte a surtout fait confiance à des joueurs du Stade Français. Normal, au début tout au moins, il les connaissait bien pour les avoir entrainés et c'est l'une des meilleures équipes françaises. L'unique problème de Paris, c'est que c'est une équipe de bourrins et de trentenaires ! Les meilleurs joueurs du Stade Français sont étrangers : Hernandez, Sowerby, Parisse et Pichot.
Mais ça n'arrête pas Bernard qui naturalise des étrangers pour "enrichir" le XV de France. A part Tony Marsh, on peut douter de l'efficacité de la méthode. A part le nullisime Liebenberg, on a aussi eu droit au néo-zéalandais du B.O Legi Matiu et au sud-africain de Béziers Steven Hall. Des joueurs qui ont marqué les esprits.
Bernard Laporte sélectionne beaucoup de joueurs de Toulouse mais ça, c'est normal : ils sont bons et savent jouer au ballon. Mais maintenant, le Stade Toulousain a perdu de sa superbe et ses 3/4 également : c'est une fausse bonne idée de vouloir mettre les arrières de Toulouse et les avants de Paris en équipe de France.
Pourquoi ? Parce que la meilleure équipe de France et même d'Europe en ce moment est le Biarritz Olympique ! Mais Bernard n'en sélectionne que 2 ou 3 par match quand Toulouse et Paris en ont minimum 5 ! C'est d'autant plus surprenant que Biarritz compte dans ses rangs plus de joueurs sélectionnables que ces deux équipes ! Pour pousser le vice un peu plus loin, Laporte préfère même sélectionner les remplaçants du B.O : Dusautoir ces deux dernières saisons et Cabannes est pressenti cette année. Alors vite, faisons jouer ensemble en bleu Thion, Betsen, Harinordoquy, Yachvili, Traille, Bidabé et Brusque ! De même Lièvremont est le meilleur 8 de France, August a été champion de France 4 fois de suite et Peyrelongue et Gobelet sont largement au niveau d'un Boyet ou d'un Rougerie...
Pour en finir avec le choix des joueurs, il est évident que Bernard a ses chouchous. Comment expliquer que Rougerie et Dominici peuvent passer des matches sans marquer d'essais et continuer à jouer ? Peut-être parce qu'ils ont été bons un jour contre la Roumanie ou les Samoas... De même, à l'arrière, Poitrenaud et Elhorga enchainent les bourdes à chaque rencontre internationale mais continuent à être appelés. Brusque, le meilleur arrière français de ces dernières années, attend et paye toujours un match moyen contre l'Ecosse l'an dernier. Et puis, il y a Mignoni, le Mendy du rugby : il court vite, et c'est tout ! Il doit être encore là car Bernard est un grand fan des tests physiques : c'est vrai qu'au final, ce n'est pas grave qu'un demi de mêlée n'ait aucune vision du jeu, s'il est rapide, ça compense !