Italie 3 – France 39. Large victoire des Français face à la meilleure équipe d’Italie qu’ils aient eu à affronter. D’ailleurs, les Français auraient pu s’imposer sur un score bien plus large si la charnière, et surtout Mignoni, avait mieux su exploiter la supériorité de son pack.
En effet, le demi de mêlée clermontois a été très prévisible dans ses choix et n’a pas mis le feu dans la défense adverse comme Ellis, Peel ou même Cusiter. A mes yeux, Mignoni est le pire numéro 9 du tournoi après Griffen, son homologue italien. A ce poste, on n’a pas besoin de neuf mais du vieux, ou plutôt des habitués que sont Elissalde et surtout Yachvili.
En 10, Skrela n’a pas non plus été catastrophique mais pas aussi sensationnel que ce qui a été dit dans la presse. Il a été plutôt pataud et n’a pas été un excellent animateur vu que la France n’a pas eu une action construite des trois-quarts digne de ce nom. Comme prévu, il a été lent comme dans son duel avec Ramiro Pez sur qui il a eu du mal à prendre de vitesse : sur le coup, on avait l’impression d'être à l'hospice et d’assister à une course entre deux vieux qui se disputent un Flamby ! Au final, Masi a eu le temps d’intervenir depuis son aile opposée et d’envoyer Skrela en touche à 5m de l’en-but italien. A son crédit, il a bien défendu mais si on veut un 10 qui plaque, autant mettre Betsen…
A part ça, la France a réalisé un très gros match du 1 au 7 et le 13 aussi. Certes Chabal a marqué deux essais et a réalisé son meilleur match chez les bleus mais en même temps, il fallait voir ses matches précédents : en-avants, tentatives de percussions où il reculait de 10m, technique frustre… Non, je n’aime pas ce joueur qui est un bourrin empreint d’autant de finesse qu’un film de Steven Seagal ou qu'une blague de Laurent Gerra. Chabal, c’est un peu le Djibril Cissé du rugby : les crampons en avant, on mise tout sur le physique, rien sur la technique, c’est impressionnant de temps en temps mais sur la durée, la supercherie est vite découverte… C'est que le Chabal n'est pas un trotteur et s'essouffle vite...
Côté rentrants, on pourra noter la magnifique performance de Szarzewski en touche : Harinordoquy saute, reste en l’air 10 secondes, mais le talonneur du Stade Français attend que le Biarrot retombe pour finalement lancer dans le vide ! Peut-être qu’il est trop habitué à lancer pour Parisse et qu’il ne s’est pas rendu compte qu’il était dans le camp adverse ?
Bon à part ça, la France a quand même fait un bon match et Nallet a été au-dessus du lot. Surtout la défense française a été impressionnante et cela a coïncidé avec le retour de Betsen. Etonnant, non ?

S_bastien_Chabal   Julien_Bonnaire

Angleterre 42 - Ecosse 20. Un seul être revient et tout est repeuplé... Après 3 ans et demis d'absence, le petit prince du rugby est revenu et a été sacré roi sur ses terres de Twickenham. le public avait sans doute envie de crier "Jonny be good" (et pas "Jonny be Goode, en référence à l'ouvreur bedonnant du Leicester) et bon, il l'a été au-delà des espérances. Wilkinson, fine lame, a été remarquable inscrivant 27 points et métamorphosant par sa seule présence une équipe encore moribonde il y a peu. La marque des très très grands...
Mais il n'est pas le seul artisan du succès anglais : le demi de mêlée Harry Ellis a été sensationnel et autre revenant a été à la fête, un certain Jason Robinson. Peut-être que finalement le "Swing Low, Swing Charriots" sera le tube de l'année 2007...
Les joueurs du XV du chardon se font écosser par le XV de la Rose et seuls Taylor, Cusiter, Parks et Paterson ont sorti la tête de l'eau. L'Ecosse était diminuée par les blessures et n'a, malheureusement pour elle, pas déçu en confirmant son titre de plus mauvaise équpe du Tournoi.

Sean_Lamont_et_Jason_Robinson   Harry_Ellis   Essai_Wilkinson

Pays de Galles 9 - Irlande 19. Le choc entre les deux équipes présumées les plus joueuses du tournoi a donné lieu à un match très plaisant et d'un très bon niveau. Si les deux équipes sont plutôt offensives, les tactiques divergent : les Irlandais privilégient l'axe et sont un peu plus bourrins alors que les Gallois écartent très vite sur les ailes et misent plutôt sur leur vitesse.

Pendant longtemps, on a cru que les Gallois allaient nous refaire le coup de 2005 : Peel, électrique, jouait à la main toutes les pénalités, l'arrière Morgan relançait comme Blanco, Popham, le troisième ligne plaquait sur tout ce qui bouge et était au soutien en attaque... Mais malheureusement, Shane Williams, Gareth Thomas et Shanklin n'étaient pas là et leur talent individuel a manqué à l'heure de faire la différence. Et puis, les Gallois auraient du bénéficier d'un essai de pénalité quand Leamy a plaqué Czekaj sans ballon à deux mètres de l'en-but irlandais.
Mais les coéquipiers d'O'Driscoll n'ont pas volé leur victoire et ont offert un feu d'Arcyfice ! Oui, comme un 14 juillet, le centre irlandais a fait exploser la défense irlandaise et a été énormissime. Le pack a, comme à son habitude, fait le métier. Enfin, on peut remarquer que quand Murphy est rentré dix minutes pour remplacer Dempsey sur saignement, il a montré bien plus de choses que l'arrière titulaire. Je parierais que dans les prochains jours, Murphy va refaire la loi !

James_Hook   Stephen_Jones_Brian_O_Driscoll   Brian_O_Driscoll   Chris_Czekaj