Pour ces huitièmes de finale de la Ligue des Champions, il ne valait mieux pas être en tête de son championnat puisque seuls Manchester et Eindhoven sont toujours en course ! Exit Lyon, l'Inter, le Celtic Glasgow, Porto ou Barcelone (qui n'est plus leader de la Liga mais l'était encore jusqu'au week-end dernier). Ce phénomène n'est pas nouveau puisque souvent, la Ligue des Champions permet à une équipe de "sauver" sa saison : par exemple, en 2005, Liverpool a fini 5ème de la Premier League à 37 points de Chelsea ce qui ne l'a pas empêché de soulever la coupe aux grandes oreilles.
Par rapport à l'an dernier, les forces en présence ont bien changé puisque sur les 4 demi-finalistes de 2006 (Barcelone, Villareal, Arsenal et Milan AC), seuls les Lombards sont toujours en course : et encore, ils ont eu besoin des prolongations pour éliminer le Celtic Glasgow ! Ce qui ne change pas par contre, c'est le sort réservé au tenant du titre : une élimination en huitièmes pour le Barça comme Porto en 2005 et Liverpool en 2006 !


AS Rome - Lyon (0-0, 2-0). Dans la jungle, terrible jungle qu'est la Ligue des des Champions, le Lyon est mort ce soir. Plus de rage (à part chez Fred), plus de carnage (à part le nez de Chivu), Lyon est bel et bien mort... Et les joueurs de Rome, tranquilles s'endorment... Ok, j'arrête, tout le monde a crompis que l'OL s'est fait sortir sans gloire de cette compétition.
Souverain en France et à l'automne, Lyon se voyait déjà être roi et pensait venir facilement à bout des romains. Malheureusement, le Lyon n'était pas indomptable et la bande à Totti a dominé son sujet : le capitaine romain et Mancini ont donné la victoires aux leurs. C'est mérité et avec son jeu porté sur l'offensive, le club de Rome est loin de proner le zéro but.
Du côté lyonnais, les héros étaient fatigués : pourquoi Malouda a-t-il joué tant de matches alors que Ben Arfa restait en tribunes ? Bien sûr, il y a eu des blessés mais pourquoi Houllier ne fait tourner son effectif qu'au poste d'arrière droit ? Et puis les attaquants de pointe ne sont pas au niveau du reste de l'équipe et pourquoi acheter Baros pour le laisser sur le banc ? Enfin, une équipe ne peut pas perdre successivement Essien et Diarra sans que cela n'ait de conséquences sur ses performances...

Panucci_tacle_Malouda   De_Rossi_dompte_Juninho   S_bastien_Squilacci_tire_le_maillot_de_Francesco_Totti

Barcelone - Liverpool (1-2, 1-0). Les vainqueurs 2005 ont éliminé ceux de 2006 mais sur l'ensemble des deux matches, ce n'est pas franchement mérité. Le Barça avait largement dominé le match aller au Camp Nou et s'était procuré de nombreuses occasions manquées par Saviola et Ronaldinho, qui est hors de forme et devrait sérieusement se remettre en question. Liverpool avait su se montrer réaliste et profiter des errements de Valdes puis de Marquez pour l'emporter.
Au retour, les Reds ont sorti une grosse première mi-temps, enchainant les frappes de loin et étouffant les milieux barcelonais. Mais la deuxième période fut nettement catalane, la finesse technique des barcelonais prenant le dessus sur le jeu physique (bourrin diront certains) des anglais. Ronaldinho trouve le poteau mais Gudjohnsen parfaitement servi par Xavi ouvre le score. Barcelone, diminué par les contre-performances de Deco et de Ronaldinho sans oublier que Messi et Eto'o revenaient juste après de longs mois d'indisponibilité, ne marquera pas le 2ème but qui l'aurait envoyée au tour suivant mais peut sortir la tête haute. Toutefois, on serait à la fin d'un cycle et des changements sont à prévoir au poste de récupérateur et en défense...

Deco_ouvre_le_score   Thuram___la_lutte_avec_Bellamy   Gudjhonsen_met_Reina_dans_le_vent

FC Porto - Chelsea (1-1, 1-2). Face à son ancienne équipe, José Mourinho a souffert mais ses joueurs se sont finalement imposés, avec la complicité du gardien de Porto, Helton. Comme souvent cette année, les Blues ont souffert, mais comme souvent, ils l'ont emporté au final ! Porto, bien que privé de sa perle brésilienne Anderson, a donné du fil à retordre aux hommes d'Abramovitch et a ouvert le score par l'intermédiaire de son ailier au QI d'huître, Quaresma. Chelsea a égalisé et a obtenu sa qualification au forceps grâce à une reprise de volée de Ballack.
Shevchenko qui marque un but crucial à l'aller, Ballack au retour : à défaut d'être prolifiques, les très contestées recrues vedettes de la saison savent se montrer décisives. Il faudra bien ça car au milieu, Lampard et Makelele sont cuits et derrière, l'absence de John Terry se fait sentir et le fantôme de William Gallas plane au-dessus de Stamford Bridge...

Shevchenko__galise   Shevchenko_sous_le_regard_de_Ricardo_Costa   But_de_Quaresma

Inter Milan - Valence (2-2, 0-0). L'Inter, invaincu en Italie cette saison, n'a certes pas perdu mais ne franchit pas le cap des huitièmes de finales. Cela peut paraître surprenant au vu de sa domination écrasante sur le Calcio cette année (16 points d'avance sur son dauphin la Roma) mais ça l'est moins si l'on s'attarde sur les résultats des Nerazurri lors des phases de poule (2 défaites, une à Lisbonne face au Sporting et la seconde à domicile face au Bayern). D'aileurs les Intéristes ne sont pas habitués à perdre et la bagarre générale en fin de match sentait la frustration à plein nez. Ce n'est pas nouveau car l'an dernier déjà, il y avait eu des incidents entre les Argentins de Villareal et ceux de l'Inter.
Surtout, les hommes de Mancini sont tombés sur un adversaire redoutable en la présence de Valence. Si cette équipe n'est "que" 3ème de la Liga et a déjà connu 7 défaites en championnat, c'est parce qu'elle a subi de nombreuses blessures. Mais maintenant que ses meilleurs éléments sont rétablis, cette équipe est redoutable. La formation dirigée par Quique Flores fait figure d'extraterrestre à l'heure de l'internationalisation des effectifs car 9 de ses 11 titulaires sont espagnols (le défenseur central argentin Ayala et l'arrière droit portugais Miguel sont les deux exceptions). L'équipe développe un jeu offensif de qualités à base de passes courtes avec David Villa et Morientes sont à la conclusion. L'axe est contrôlé par les inusables Albelda et Baraja, les côtés sont animés par le jeune Silva et l'expérimenté Angulo qui réalise la saison de sa vie. La défense est très solide et Cañizares ne laisse rien passer. Le banc de touche est fourni en internationaux (Curro Torres, Marchena, Vicente, Joaquin, Hugo Viana...), n'en jetez plus : les Valencians sont mes favoris pour cette Ligue des Champions.

David_Silva_est_content_d_avoir_inscrit_le_but_du_2_2   Morientes___la_lutte_avec_Cordoba   Bagarre_Valence___Inter

Lille - Manchester United (0-1, 0-1). Deux défaites sur le même score pour des Lillois qui collectivement ont fait jeu égal avec les leaders de la Premier League. Comme souvent à ce niveau, cela s'est joué sur des détails et la faute à l'inexpérience sans doute, le résultat a chaque fois été du côté des Red Devils.
Parfois, les moyens utilisés ont été à la limite dur réglement et de l'esprit comme ce fameux coup franc de Giggs mais c'est surtout de talent individuel dont ont manqué les Lillois. Parce que s'ils ont été solides défensivement et ont très bien construit leurs actions, ils ont pêché dans la finition par manque de talent et par précipitation. Au retour, Bodmer et sa présence dans la zone de vérité ont manqué et Lille aurait eu besoin du vrai Kader Keita, celui qui énerve ses adversaires plutôt que ses coéquipiers. En fait, les Lillois auraient besoin d'un joueur du calibre de Makoun en pointe car Odemwingie a une fois de plus été inutile : ce type n'a même pas le niveau d'un Fiorèse ! Un Elmander ou un Savidan, ça peut s'attirer si on joue la Ligue des Champions , non ?
Côté Manchester, l'équipe n'a pas été impressionnante et seul Paul Scholes est ressorti du lot en attaque. Cristiano Ronaldo a fait un match à la Denilson : il prenait la balle et ne voulait pas la lâcher, le tout sans grande réussite. A son actif, une seule action positive mais elle amène le but de Larsson qui jusqu'à sa tête avait aussi dangereux que l'agneau qui vient de naître. Sinon la défense a été solide mais a été aidée par des Lillois qui ont balancé beaucoup de ballons aériens : or, le jeu de tête est le point fort de Vidic et Ferdinand. A noter, un coup dur pour Manchester avec la blessure de Mikaël "Roswell" Silvestre : non, je déconne, il ne leur manquera pas, ce type n'a même pas le niveau pour jouer contre le Togo !

Coup_franc_de_Giggs   Wayne_Rooney   But_de_Larsson

PSV Eindhoven - Arsenal (1-0, 1-1). A l'aller comme au retour, Arsenal a dominé le PSV qui à chaque fois n'a pas eu besoin de nombreuses occasions pour la mettre au fond. Arsenal n'a pas réédité son parcours de 2006 car l'an dernier, les Gunners pouvaient compter sur deux joueursen état de grâce : Lehmann et Henry. Et cette année, le gardien allemand est redescendu sur Terre et Henry est diminué par les blessures. Et quand on joue avec Adebayor en pointe, on ne peut miser que sur un coup de pouce de l'adversaire pour espérer marquer : ce qui s'est passé hier avec le but contre son camp d'Alex. Mais le défenseur brésilien s'est fait justice lui-même et a égalisé d'un beau coup tête.
Arsenal a bien joué, mieux que son adversaire, mais est encore un peu tendre à ce niveau. A noter : Ronald Koeman atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions en tant qu'entraineur pour la 3ème fois avec sa 3ème équipe différente (l'Ajax en 2003, Benfica en 2006 et Eindhoven cette année).

Gomes_dans_les_pieds_d_Adebayor   T_te_d_Alex   La_d_ception_de_Thierry_Henry_et_des_Gunners

Real Madrid - Bayern Münich (3-2, 1-2). Le duel entre deux grands d'Europe qui connaissent une période difficile a tenu ses promesses avec de nombreux buts et du suspense. Au final, c'est l'équipe qui a changé d'entraineur qui a éliminé celle qui va en changer.
A l'aller, les Madrilènes avaient su se montrer raulistes en marquant 3 buts dont un doublé de leur capitaine. Mais une fois de plus, Casillas avait longtemps sauvé les meubles avant de s'incliner en fin de match sur une frappe lointaine de Van Bommel qui eut le bon goût de fêter son but le majeur tendu vers les tribunes de Santiago Bernabeu.
Les Munichois n'avaient donc qu'un but à rattraper avant le match retour : ils n'eurent besoin que de dix secondes pour trouver le chemin des filets et inscrire le but le plus rapide de l'histoire de la Ligue des Champions ! Sur le coup d'envoi, Salihamidzic prend le ballon à Roberto Carlos, transmet à Makaay qui trompe Casillas. En deuxième mi-temps, Lucio double la mise suite à un corner de Sagnol mais la fin de matches sera tendue. Durant les 10 dernières minutes de la rencontre, Diarra et Van Bommel, très amis depuis les quarts de finale de la Ligue des Champions de 2005, se font expulser. Van Nistelrooy réduit le score sur pénalty suite à une faute sur Robinho. Et à la 90ème minute, Sergio Ramos trompe Kahn d'une superbe frappe mais le but est refusé pour un léger contrôle de la main du défenseur espagnol.
Münich a eu chaud mais semble transformé depuis le retour d'Hitzfeld à la tête de l'équipe. Sinon, Madrid devrait boucler une nouvelle saison sans titre (une rengaine depuis 2003) et Capello devrait boucler ses valises pour l'Italie...

But_de_Raul   Raul_c_l_bre_son_but   Lucio_est_content

Celtic Glasgow - Milan AC (0-0, 0-1ap). Sur le papier, ce n'était pas le match le plus intéressant et sur le terrain, ça ne l'a pas été non plus ! Les Rossoneri ont globalement dominé leur sujet et ont évité la douche écossaise mais sont tombés sur une solide, quoique limitée, équipe de Glasgow. Finalement, le seul éclair de génie est venu de Kaka qui est parti du milieu de terrain, a passé en revue la défense écossaise avant de tromper un Boruc qui semblait imbattable jusque là. Ca se confirme, ce n'est pas l'année du Milan mais la défense est solide et les attaquants capables de coups d'éclats donc tout n'est pas perdu... Ce sera dur quand même...

Alberto_Gilardino_bute_sur_Artur_Boruc   Perc_e_de_Kaka   Kaka_trompe_Boruc