Pour son 94ème départ, le Tour de France innove puisque le prologue fera le Tour de Londres. C'est la première fois que la capitale Britannique a l'honneur de recevoir la 3ème plus grande compétition sportive au monde (après la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques d'été). Mais c'est une autre première qui va marquer la Grande Boucle : pour la 1ère fois, on ne connaît pas le vainqueur de l'édition précédente et aucun coureur ne portera le dossard n°1.
On pourrait donc évoquer un "Tour du Renouveau" qui partirait sur de nouvelles bases mais personnellement, je n'y crois pas trop. Après l'affaire Festina, dont le cyclisme subit encore les répercussions aujourd'hui, on avait déjà parlé du "Tour du Renouveau" : c'était en 1999 et cette édition marqua le début du règne d'un certain Lance Armstrong. En 2006, la retraite du Texan et l'affaire Puerto qui avait laissé sur le carreau les grands favoris de l'épreuve (Jan Ullrich, Ivan Basso, Alexandre Vinokourov, Francisco Mancebo...) laissaient présager un véritable renouveau : on sait ce qu'il en a été avec l'affaire Landis...

Cette année, plus que jamais, l'ombre du dopage plane au-dessus de la Grande Boucle. Depuis un an, les mots "dopage" et "cyclisme" sont plus que jamais associés. Entre temps, on a eu droit au contrôle positif d'Ullrich, aux demi-aveux de Basso, aux confessions de Bjarne Riis, Rolf Aldag et Erik Zabel et l'affaire Puerto a même rattrapé Alejandro Valverde ! Pour couronner le tout, Jörg Jaschke a au début de la semaine avoué s'être dopé dans toutes les équipes où il est passé (Telekom, Once, CSC et Saunier Duval) et a lancé des accusations à peine masquées au sujet du grand favori du Tour, le Kazakh Alexandre Vinokourov. Ce dernier a même avoué la semaine dernière dans les colonnes de l'Equipe qu'il avait recours aux services du Docteur Ferrari (qui s'est occupé de Moser, Berzin et d'Arsmtrong et qui en 1994 déclarait que "l'EPO n'était pas plus dangereuse que du jus d'orange") depuis fin 2005 et qu'il trouvait ça "normal". Tellement normal que jusque là, il avait nié tout lien avec ce docteur capable de transformer des 205 en Ferrari, justement.
Pas mal des favoris de l'épreuve ont été ou sont impliqués de près ou de loin dans des affaires de dopage : Alexandre Vinokourov, on l'a vu, mais aussi Alejandro Valverde, Andrey Kashechkin, Carlos Sastre, Andreas Klöden, Alberto Contador, Levy Leipheimer, Oscar Pereiro ou encore le tout récent champion de France Christophe Moreau. L'un des grands animateurs des arrivées massives de ces dernières années, le sprinteur italien Alessandro Petacchi a lui été suspendu un an par son comité olympique pour utilisation abusive du salbutamol.

Au risque de surprendre ou de choquer, je pense que toutes ces affaires feront du bien, à long terme, à ce sport. En effet, plus les révélations seront nombreuses, plus je trouve sain : si les tricheurs tombent, cela fera réfléchir les autres coureurs. Déjà, les sponsors ne supportent pas de voir leur image écornée par des scandales et mettent la pression sur leurs dirigeants pour éviter tout scandale. Bien sûr, les sponsors imposent toujours une forte pression aux résultats qui peut encourager au dopage et il reste pas mal de directeurs sportifs véreux ou peu regardants mais le cyclisme semble sur la bonne voie.
Au contraire, les propos d'un Lance Arsmtrong qui pense qu'il ne vaut mieux pas parler de dopage car cela fait fuir les sponsors me débectent. Au pire, il y aura moins d'argent et certains coureurs seront moins tentés par le dopage même si pas mal d'amateurs ou de sportifs du dimanche trichent juste pour leur satisfaction personnelle. Le même Lance Armstrong ajoute qu'il ne dira jamais "Je me suis dopé" car, à l'entendre, il est clean tout comme son compatriote Floyd Landis, et que tout ça est de la faute du Laboratoire de Châtenay-Malabry qui est incompétent ! Lance, tu es assez mégalo pour taper ton nom sur Google et lire tout ce qui te concerne et donc tomber sur ce blog, sache que ce laboratoire est reconnu mondialement par le CIO, l'UCI et toutes les fédérations internationale, que c'est le 1er à avoir mis au point une méthode de détection de l'EPO. Cerise sur le gâteau, l'AMA le reconnaît comme l'un des laboratoires les plus performants au monde : pas mal pour des incompétents.
S'il n'y avait que des gens comme lui, le cyclisme serait déjà mort, gangréné par la suspicion et privé de tout engouement populaire. Tous ces coureurs qui passent aux aveux le font pour le bien de leur sport et ce serait ridicule de vouloir les sanctionner car ils permettent la renaissance de leur sport en mettant un point final aux pratiques passées. Par contre, s'ils pouvaient éviter de se découvrir des talents d'artistes comme Erwann Menthéour (l'ancien espoir devenu écrivo-chanteur), on sera contents. Mais qu'ils ne se taisent pas et qu'ils fassent partager leur expérience pour lutter contre le dopage...