Le marché des transferts bat son plein et pour le moment, tous les joueurs achetés ont toutes les qualités du monde. Mais des les premières rencontres, les masques vont tomber et l'on va découvrir les imposteurs... Le pire, c'est que ce sont souvent les mêmes clubs qui collectionnent les bides. Mais à la différence des spectateurs d'Arthur, les supporters des clubs concernés n'expriment pas leur consternation par le silence et n'hésitent pas à crier haut et fort leur mécontentement.
Après les révélations et les meilleures recrues de la saison écoulée, je vais maintenant dévoiler la liste des joueurs qui peuvent prétendre à mes yeux dans l'équipe type des plus mauvaises recrues de Ligue 1. Le meilleur du pire en quelque sorte !

Barthez

Cubilier - Enakarhire - S. Traoré - Vignal

Boukhari - Baning
Wilhelmsson                    Bilos

Moreira - Fiorèse

Fabien Barthez, 36 ans, gardien de but, FC Nantes, 14 matches. Sorti de sa retraite pour relever un dernier défi, le "divin chauve", très rapidement surnommé la "diva chauve" par les supporters des canaris n'a pas réussi son pari (-béry, big up à Francis) et Nantes a été relégué en 2ème division. Pire, l'ancien portier des Bleus voulait vivre une aventure humaine aussi et là aussi, il a échoué.
Jamais, celui que seul le très objectif Pierre Ménès appelle encore "Fabulous", n'a été accepté par les cadres d'une équipe où son individualisme forcené ne cadrait pas avec la philosophie. Par exemple, l'ancien homme sandwich de Mc Do avait, lors d'une mise au vert à La Baule, proposé les services de son diététicien (initiative certes maladroite mais qui partait d'un bon sentiment) mais dans le même temps, l'ancien Marseillais passait de nombreuses heures sur la plage la Gitane au bec...
Sportivement, Barthez a échoué car Nantes est descendu en Ligue 2 mais quand il est arrivé, le club ne luttait pas non plus pour une place en Ligue des Champions. Le mal était même tellement profond que les Nantais ont attendu comme le messie un joueur qui n'avait pas foulé une pelouse depuis plus de 6 mois ? Le pire c'est que les premières sorties de Barthez (au Vélodrome, notamment) ont été plutôt convaincantes et que les Nantais ont vraiment cru en leur sauveur ! Mais c'était vite oublié la forte propension des attaquants Marseillais à tirer sur le gardien adverse  et la Beaujoire a ensuite connu des lendemains qui déchantent. Avec Barthez, Rudy Roussillon pensait avoir choppé un gros poisson mais l'histoire s'est finie en queue de poisson et en queue de classement. Témoin, ce match face à Sedan où le champion du Monde 98 offre le match à David Ducourtioux et ses coéquipiers avant de sortir sur une blessure diplomatique.
Pour l'aventure humaine, on fait également mieux : le sauveur s'est quand même sauvé après une énième défaite et une pseudo échauffourée avec des supporters qui ont effleuré sa Porsche... Et puis, il a aussi eu le don s'embrouiller avec ses coéquipiers les plus irréprochables sur le terrain : aboiements en public sur Signorino, tacle appuyé sur Payet à l'entraînement... C'était vraisemblablement le contrat de trop...

Barthez

Eric Cubilier, 28 ans, arrière droit, FC Nantes, 19 matches. Dans la famille "je porte la poisse à mon équipe", Nantes a réalisé une excellente pioche avec le latéral formé à l'OGCN qui a rempli son rôle de chat noir au-delà des espérances puisque le FCNA a fini bon dernier de la Ligue 1 !
Lorsqu'au début des années 2000, il effectue ses premiers pas chez les pros au sein du club de son coeur, l'OGC Nice stagne dangereusement en Deuxième Division. Et quand il quitte les Aiglons pour s'installer sur le Rocher de Monaco, Nice remonte en 1ère division ! Dans le même temps, Monaco, avec un novice aux manettes nommé Didier Deschamps, connaît l'une des pires saisons de son histoire (15ème et premier non-relégable en 2001-2002). Lors de la saison suivante, Deschamps se sentant menacé revoit sa copie et envoie Cubilier sur le banc : Monaco entame alors une remontée fantastique (2ème du championnat et victoire en Coupe de la Ligue) qui s'achèvera en apothéose par une Finale de la Ligue des Champions la saison suivante.
Pour conjurer le sort, Cubilier décide de sortir des Alpes Maritimes pour rejoindre un club, où pense-t-il, il ne pourra faire empirer une situation déjà peu glorieuse : le Paris Saint-Germain. Il est titularisé en début de saison et le club de la capitale connaît 3 défaites en 5 rencontres : il est vite envoyé sur le banc au profit de l'inoubliable Bernard Mendy. Cubilier à Paris, c'est l'inverse de Sorin, son coéquipier d'alors : l'Argentin n'a perdu aucun match quand il portait le maillot bleu et rouge alors que quand Cubilier était aligné, Paris ne gagnait plus !
Fort de cette belle expérience, il part dans l'Artois pour rejoindre un club ambitieux visant ouvertement une place en Ligue des Champions. La "magie Cubilier opère à nouveau" puisque Lens passe à côté de sa saison et finit 7ème du championnat : une saison en demi-teinte puisqu'il obtient là son meilleur classement en tant que titulaire du poste d'arrière droit. Il repart à Monaco à l'été 2005 : le club de la Principauté connaît 3 entraineurs différents pour finir 10ème du classement. En 2006, il signe à Nantes avec la réussite que l'on sait...

Joseph Enakarhire, 24 ans, défenseur central, Bordeaux, 16 matches. Le défenseur nigérian est reparti de Bordeaux est reparti aussi discrètement qu'il était arrivé en provenance du Dynamo Moscou. Malgré les nombreuses blessures subies par le secteur défensif bordelais (Planus, Henrique, Jemmali...), l'ancien joueur du Standard de Liège ne s'est jamais imposé en Gironde.
Enakarhire (bien qui rira le dernier) appartient à la catégorie des "Abdoulaye Meïte" : un défenseur aussi à l'aise avec ses pieds qu'un Star Académicien sur scène, un sens du placement limité, le tout compensé par un physique de charpentier (normal, quand on s'appelle Joseph). Le défenseur nigérian s'est quand même illustré en fin de saison en faisant perdre des points précieux à son équipe dans la course à la Ligue des Champions : en laissant passer intelligemment le ballon entre ses jambes pour Grafite face au Mans et en muselant parfaitement Elmander au Stadium de Toulouse...

Sammy Traoré, 31 ans, défenseur central, Paris Saint-Germain, 16 matches. Il y a un an, Alain Cayzac justifiait le recrutement de Sammy Traoré ainsi :" On a hésité avec Squilacci et Planus mais finalement, on a pris Sammy et pas parce que c'était la solution la plus économique". Ah bon ? Parce qu'il était meilleur que les deux autres ? Première nouvelle ! Parce qu'il est fan du PSG ? A ce compte-là, on peut aussi faire revenir Llacer...
Non, si Traoré est venu à Paris, c'est parce qu'il avait inscrit deux buts contre Paris la saison précédente. Et comme Semak et tant d'autres auparavant, il n'a quasiment jamais fait parler son jeu de tête mais marquera sans doute face à ses anciens coéquipiers lorsqu'il les affrontera. Sinon, Sammy a fait du Traoré : le public du Parc a pu admirer ses trois pieds gauches, ses relances dans les pieds des attaquants... adverses, sa vitesse de pointe digne d'une course d'escargots et son physique de tentateur le mardi soir sur TF1...

Grégory Vignal, 25 ans, arrière gauche, RC Lens, 9 matches. Dans la famille "je suis un espoir du football français qui n'a jamais confirmé et qui a pas mal bourlingué", je demande Grégory Vignal. Vainqueur du Championnat d'Europe Espoirs en 2000 avec les Cissé, Givet, Mendy, Mexès, Benoit Cheyrou et cie, il en avait profité à l'époque pour rejoindre Liverpool où il jouera quelques bribes de matches avant de réaliser un prêt de 6 mois plutôt convaincant.
C'est donc plein d'espoirs qu'il débarque à Rennes à l'été 2003 mais ce qu'il ne sait pas, c'est que ce transfert marquera le début d'une belle galère. Ne s'imposant pas en Bretagne, il file vers Barcelone pour jouer, non pas avec Ronaldinho, mais avec un ancien coéquipier (Pochettino) et un ancien entraîneur (Luis Fernandez) du Brésilien. Du côté de Montjuic, il participe de loin au maintien du club parmi l'élite avant de se voir montrer la porte au profit d'un arrière gauche de classe internationale, Didier Domi... En 2004, il quitte le soleil de la Catalogne pour la grisaille écossaise et s'impose comme titulaire aux Glasgow Rangers. Pensant que le climat humide lui réussit, le natif de Montpellier part retenter sa chance en Premier League, chez les mercenaires de Portsmouth : pas un grand succès non plus.
A l'été 2006, il décide de retourner en France et atterrit à Lens où il est quasiment assuré d'une place de titulaire. Non seulement il ne fera oublier Yohan Lachor, mais il réussira à perdre sa place de titulaire au profit de l'énigmatique Ramos. Au mercato d'hiver, les Sang-et-Or feront venir Damien Tixier du Portugal et enverront Vignal chez le champion d'Allemagne... 1998 et désormais en deuxième division...

Eric_Cubilier  Joseph_Enakarhire  Sammy_Traor_  Gregory_Vignal

Christian Wilhelmsson, 27 ans, milieu droit, FC Nantes, 13 matches. Star en Belgique, le Suédois avait une première fois repoussé les assauts du FC Nantes car un joueur de son calibre, pensait-il, allait intéresser Barcelone, le Real, Arsenal, le Milan AC, Manchester, Liverpool et le Bayern mais même la Juventus, alors fraîchement reléguée en Série B, n'a pas voulu de lui. Voulant à tout prix quitter Anderlecht, il s'est résigné à signer à Nantes où il allait devenir le plus gros salaire du club et la recrue vedette d'un club ambitieux.
Après des matches de préparation plutôt encourageants, le Suédois s'est complètement éteint et a fait preuve d'un état d'esprit plus que douteux. Individualiste forcené, ce dribbleur fou cadrait mal avec la philosophie locale et a eu bien plus de mal avec les solides défenseurs français qu'avec les défenseurs de la Jupiter League. Manque de chance pour les Nantais, l'attaquant suédois qu'il fallait recruter avait lui aussi disputé la Coupe du Monde : son nom, Johan Elmander.

Nourdin Boukhari, 27 ans, milieu récupérateur, FC Nantes, 2 matches. Autre recrue vedette du recrutement estival du FCNA, l'international Marocain aura eu l'honneur d'inscrire le premier but de la saison 2006-2007 d'un superbe coup franc des 30 mètres. Et ce fut à peu près tout, tant ce milieu de terrain a été inexistant, retournant très vite aux Pays-Bas dès le mois de Janvier. Bref, il n'avait rien du successeur annoncé de Toulalan...

Albert Baning, 22 ans, milieu récupérateur, Paris Saint-Germain, 1 match. A son arrivée, le Camerounais était présenté comme le mix idéal de Patrick Vieira et de Vincent Guérin et un an plus tard, on a plutôt eu l'impression d'avoir été en présence d'un sosie de Casper, tant Baning a été fantomatique. Pourtant, avec Rothen, Landreau, Pauleta et Armand, Albert se voyait déjà comme le 5ème mousquetaire d'un PSG ambitieux. Au final, il a été complètement à la rue, Albert.
Le joueur présentait un profil intrigant avec pour seules références 4 saisons en Chine (dont 3 en 2ème division !) et 6 mois à Aarau en Suisse. Il avait été également recalé à Sochaux après un essai infructueux. Cela n'a pas effrayé le PSG qui, convaincu que Lyon et quelques clubs anglais étaient sur les rangs, a versé 2M€ pour s'attacher les services d'un joueur qui n'avait jamais été supervisé par le club. Comme quoi, il y a des agents qui font vraiment bien leur travail...
Mais la supercherie n'a pas duré car le Camerounais n'a convaincu aucun de ses deux entraineurs. Guy Lacombe préféra lancer les jeunes Chantôme et Mulumbu ou faire monter Rozenhal d'un cran tandis que Paul Le Guen fit du recrutement de Jérémy Clément une priorité et aligna même Rothen dans l'entrejeu. La saison prochaine, Baning va découvrir la Ligue 2 avec Sedan où il a été prêté : pas sûr qu'il ait le niveau... 

Daniel Bilos, 26 ans, milieu gauche, AS Saint-Etienne, 14 matches. Saint-Etienne pensait avoir réalisé la bonne affaire du Mercato en recrutant un international argentin, surtout quand on connaît le pedigree des milieux offensifs de la Céleste : Riquelme, Messi, Maxi Rodriguez, Aimar, D'Alessandro... Mais l'Argentin était bien loin du niveau de ses illustres compatriotes et plus proche d'une autre légende argentine aperçue sur le banc de Geoffroy Guichard : Ignacio Piatti.
Précédé du réputation flatteuse, "El Flaco" a fia honneur à son surnom car ses performances ont été bien maigres : on retiendra surtout ses limites tactiques et un sens du placement plus qu'hasardeux. Mais il a laissé une trace dans le Forez : maintenant, les jeunes ne s'insultent plus à coups de "ah le bolosse" mais de "ah, le Bilos !".

Christian_Wilhelmsson  Nourdin_Boukhari  Albert_Baning  Daniel_Bilos

Daniel Moreira, 30 ans, attaquant, Stade Rennais, 29 matches. Recruté pour faire oublier le plus grand buteur rennais des années 2000, le Suisse Alexander Freï, l'ancien Toulousain devait faire trembler les filets du Stade de la Route de Lorient, lui qui avait l'habitude de marquer au moins 10 buts par saison.
Au final, son compteur est resté planté à zéro unité... Si l'on veut voir les choses du bon côté, on peut se dire que l'inefficacité de Moreira a favorisé l'éclosion d'un attaquant formé au club, le très talentueux Jimmy Briand... 

Fabrice Fiorèse, 31 ans, attaquant, Lorient, 7 matches. Décidemment, seul le Parc des Princes semble réussir au natif de Chambéry. Un doublé face au PSG pour commencer la saison, puis plus rien... Vite handicapé par une blessure puis par l'éclosion de Gignac, Fio n'est jamais rentré dans les petits papiers de son entraineur et cette nouvelle expérience n'a en rien amélioré une réputation déjà sulfureuse.
Il est loin le temps où l'ancien Guingampais distribuait les caviars à Pauleta. Mais le David Ginola des années 2000 (juste pour les cheveux longs et le côté détesté par tous les publics de France, parce que niveau talent, comme disaient Bataille et Fontaine "Y'a pas photo !") ne peut s'en prendre qu'à lui-même : son départ plus que controversé de Paris pour Marseille aux dernières du mercato en 2004 aura marqué le glas d'une carrière fort honnête jusque là...

Daniel_Moreira  Fabrice_Fiorese