10 octobre 2007
Impossible is nothing
"Impossible n'est rien" scandait haut et fort le slogan de l'équipementier des Blacks, "Impossible n'est pas français" aurait pu affirmer celui des Bleus qui a finalement préféré un "Aux armes" qui correspond parfaitement à l'état d'esprit affiché par les Français hier. En effet, il y avait 15 guerriers sur le terrain qui ont su vaincre l'ogre noir.
Les comparaisons avec 1999 vont inévitablement fleurir après cette rencontre qui fait déjà partie de la légende du rugby Tricolore. Mis à part l'adversaire et la volée promise aux Bleus avant le coup d'envoi, les deux rencontres n'ont pas grand chose en commun. Là où le match de Twickenham était un festival de jeu offensif et de prises de risques, le quart-de-finale de cette année s'est surtout résumé à des un-contre-un, du jeu au pied pour occuper le terrain et une terrible défense des français. Seuls points communs entre les deux matches, l'intensité de la rencontre et une cruelle désillusion pour des Backs décidément maudits.
Tout a déjà été dit sur cette victoire miraculeuse des Bleus et je ne vais pas trop m'attarder sur ce qui n'a pas été. Beauxis n'a pas su trouver une touche alors qu'il avait été titularisé pour ça, Pelous n'amène que son expérience à l'équipe et surtout, il y a Marty. Inexistant en attaque, baladé par McAllister sur le premier essai Néo-Zélandais, on se demande encore ce qu'il fait en équipe de France. Au hasard des articles relatant la célébration de la victoire, on trouve quelques explications pour le moins surprenantes. Voici ce que l'on pouvait lire dans l'Equipe de Dimanche : "On a vu Laporte rigoler avec Marty en simulant son placage raté qui amène l'essai néo-zélandais !". Le Parisien nous rapporte une complicité étonnante entre les 2 hommes : "Dans les vestiaires, Bernard Laporte et David Marty se frottaient buste contre buste pour célébrer la victoire !".
Pour beaucoup, cette victoire est celle de Bernard Laporte mais personnellement, elle conforte le peu d'estime que j'ai dans le personnage et dans ses capacités d'entraineur. Son coaching aurait été brillant mais est-ce vraiment du coaching de faire rentrer des joueurs meilleurs que ceux qui sont sortis ? Et puis seuls Swarzewski et Michalak ont vraiment apporté quelque chose, Chabal relevant juste du marketing sportif. Surtout, les Bleus ont marqué leurs deux essais en jouant à l'opposé des consigne données par Bernie le Dingue avant la rencontre, c'est-à-dire en jouant ! Le 1er essai part d'un renvoi aux 22 vite joué par le toujours excellent Imanol Harinordoquy alors que le second vient d'une initiative individuelle du meilleur arrière français de cette Coupe du Monde, Damien Traille, qui fixe deux Blacks et libère un boulevard à Michalak qui n'a plus qu'à courir sur 70 mètres avant d'envoyer Jauzion en terre promise. Enfin, il est également amusant de constater que le meilleur joueur du match, Thierry Dusautoir, était le seul tricolore à ne pas figurer dans la liste initiale des 30 : sans la blessure de Vermeulen, on aurait peut-être eu droit à Rémy Martin en numéro 7...
On peut également revenir sur la performance des Néo-Zélandais qui tenaient le match par le bon bout mais qui l'ont laissé échapper par manque d'intelligence tactique. Pourquoi se sont-ils évertués à vouloir passer en force alors qu'ils étaient bien plus dangereux quand ils envoyaient la balle au large et qu'ils trouvaient Marty sur leur chemin ? Et surtout, pourquoi ont-il refusé de tenter un drop qui leur aurait donné la victoire lorsqu'ils étaient sur la ligne des 22 ? Pour marquer l'essai du bonus ? Bah, ils n'en avaient inscrit que 2 auparavant et surtout, en quart-de-finale, c'est complètement inutile ! Quand on sait qu'ils tenteront finalement ce drop une fois qu'ils auront reculé de 30 mètres, il y a de quoi rester songeur...
Maintenant, les Français vont affronter une vieille connaissance : le XV de la Rose pour un remake de la demi-finale de la dernière Coupe du Monde. Les Anglais ont eux aussi livré un ros match pour éliminer les Australiens et ce sera à qui aura le mieux digéré son exploit du quart-de-finale. On peut donc s'attendre à une partie très rude entre les deux équipes et au moins aussi dur pour les Bleus que le match de Cardiff. Les Anglais n'ont plus rien à voir avec l'équipe laminée par les Springboks (36-0) en phase de poule et s'appuient sur un paquet d'avants conquérant et le jeu au pied millimétré du revenant Jonny Wilkinson. Le point faible est l'ailier Paul Sackey, le Marty local, et les Français ont intérêt à attaquer de son côté.
Pour faire souffler les organismes, on aurait pu souhaiter que Bernard Laporte fasse tourner son effectif mais on ne peut pas non plus lui reprocher d'avoir enfin trouvé son XV type. On peut juste regretter que Pelous (encore, il amène son expérience lui au moins), Beauxis et mon idole David Marty soient encore là. Et pourquoi laisser Traille arrière alors qu'il serait bien plus utile et dangereux au centre où il toucherait bien plus de ballons ? Et enfin, pourquoi ne pas avoir profité de la blessure de Mignoni qui aurait enfin su être utile en laissant sa place à Yachvili car on sait qu'Elissalde est cassé de partout ?
En match officiel, les Bleus n'ont plus battu l'Angleterre sans Yachvili depuis 2002. Ce jour-là, la France fonçait vers le Grand Chelem et Betsen sur Wilkinson alors bis repetita dans la même arène ? Pour parodier l'actrice principale d'affrontements passés entre Français et Anglais, c'est-à-dire Jeanne d'Arc, je n'ai qu'une chose à ajouter :"pourvu qu'il ne pleuve pas...".
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