Et le Ballon d'Or 2007 est attribué à... Ricardo Izecson Dos Santos Leite, dit Kaka. Le Brésilien remporte ce premier Ballon d'Or mondialisé au terme d'un suspense aussi insoutenable qu'un épisode de Sous le Soleil. Ce que retiendra l'histoire, c'est que le chéri de ces dames est le premier lauréat d'un scrutin international : désormais, ce sont des journalistes du monde entier, et plus seulement européens, qui élisent le meilleur joueur de l'année. Ce qui nous permet d'obtenir des résultats plus que saugrenus où un Irakien inconnu obtient des voix alors qu'un joueur de la classe d'Iniesta n'est même pas nominé...
Bref, là n'est pas le débat et revenons à Kaka, formidable footballeur mais malheureusement à l'image de son époque : incroyable terne et diablement efficace. Le Brésilien a su briller dans les grands moments (surtout en demi-finales de la Ligue des Champions face à Manchester) et cela a suffi à faire oublier une saison bien moins impressionnante dans son ensemble que celle d'un Messi par exemple.

Kaka est incontestablement un joueur de génie avec une technique et une vision du jeu exceptionnelles. Pied gauche, pied droit, frappes de loin, dribble, frappes en finesse, passes courtes, transversales, il sait tout faire comme un joueur à l'ancienne. Ajoutez à cela les qualités d'un joueur moderne : vitesse, physique, endurance et une capacité d'accélération hors norme et vous obtenez Kaka. Mais le numéro 22 du Milan présente aussi les inconvénients du joueur moderne : prise de risque limitée comme le prouve son usage quasi exclusif de l'intérieur du pied, peu de place pour la fantaisie et tout pour l'efficacité. Kaka est à l'image de nombreux matches actuels : impressionnant techniquement mais d'un ennui mortel.
En dehors du terrain, Kaka est encore plus ennuyeux que n'importe quel joueur : c'est dire à quelle hauteur il place. Le joueur du Milan AC n'a rien de Brésilien que la nationalité : il ne sort pas, ne boit pas et est fidèle. Loin d'un Ronaldinho qui a une carte de fidélité à vie dans le Raval ou au Bois de Boulogne, Kaka avait préféré rester vierge jusqu'au mariage... On est décidément très loin des Ronadinho, Ronaldo, Edmundo ou Romario : sur le terrain comme en dehors...

Kaka mérite son Ballon d'Or mais j'aurais préféré qu'il revienne à Messi : l'Argentin est peut-être aussi chiant que le Brésilien hors des stades mais sur le terrain, c'est une véritable bouffée d'oxygène. Kaka est juste trop ancré dans la société actuelle et je ne lui demande que d'ajouter un peu de fantaisie à un jeu trop stéréotypé. Parce qu'à force, on s'ennuie de plus en plus en assistant à des rencontres qui se suivent et se ressemblent...