L'oeil du Cyclone

Un regard critique, partial et de mauvaise foi sur l'actualité sportive...

31 mars 2008

Beaucoup de bruit pour pas grand chose...

Une nouvelle fois, le PSG se retrouve dans l'oeil du Cyclone par l'intermédiaire d'une bannière dont il n'est pas la peine de rappeler l'intitulé. Ses auteurs ne valent pas toute la publicité qui en a été faite : jamais une banderole qui n'a été visible que cinq minutes n'a été autant montrée sous tous les angles...
Mais c'est le Paris Saint-Germain, le vilain petit canard à cause de tous les maux du football français : ce n'est pas moi, ce sont les Médias qui le disent. Ses supporters sont débiles - il ne faut pas être très malins pour supporter une équipe aussi nulle -, violents et racistes. Ses entraîneurs sont tellement dangereux qu'on les envoie en tribunes pendant des mois (Fernandez) et que dire des joueurs ! En plus d'être mauvais, ce ne sont que des bouchers qui ne cherchent qu'à découper leur adversaire (Frau), de pâles acteurs qui ont pour seul objectif de plonger dans la surface (Fiorèse) ou de vilains défenseurs qui ne pensent qu'à tirer le maillot des gentils attaquants (Yepes).
Je n'ai jamais été partisan de la thèse du complot mais il est certain que les Médias accordent une importance inconsidérée aux évènements de samedi dernier. Peut-être que ce n'est pas vendeur de dire que Paris a remporté une Coupe et que Pauleta est un génie. Non, c'est tellement plus facile de verser dans le sensationnel en multipliant les superlatifs au sujet d'un (non-?) évènement condamnable, mais somme toute banal.

Aujourd'hui, la France toute entière a découvert que les tribunes des stades de foot n'étaient pas remplies d'agrégés en Philosophie. Mais que le pays tout entier se rassure : non, les gradins de France et de Navarre sont saines et il n'y a que des Parisiens pour inventer des slogans d'un tel niveau intellectuel.
A Lyon, ville bourgeoise et propre sur elle, cela ne saurait se produire. Ce n'est pas un apôtre de Jean-Michel Aulas qui parlerait de ses voisins Stéphanois en ces termes : "Les Gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines". Et jamais, au grand jamais, les Foréziens n'auraient pu répondre : " Ne laissez pas souffrir ce Lyon blessé : abattez-le". Et imaginer qu'à côté de ce slogan aurait pu être représentés Govou ou Clerc en animaux relève de la pure science-fiction. Bien entendu, on aurait pu compter sur la pondération des supporters de l'OL pour stopper l'escalade et ne pas scander : "Stéphanois, ordures consanguines (j'ai déjà lu ce mot là quelque part mais où ?)".
A Marseille, ville tolérante et accueillante où l'on vote Le Pen à plus de 20%, jamais le PSG ne serait jamais accueilli par des "Pédo Sado Gay". Et jamais des supporters phocéens ne balanceraient un fumigène qui ferait perdre plusieurs doigts à un pompier niçois.
Et que dire des Lensois, soit disant le meilleur public de France, celui-là même qui a acclamé Pauleta lors de sa sortie samedi. Jamais les Ch'tis, tous des mecs en or comme le prouve le chef d'oeuvre de Dany Boon, ne trouveraient qu'il y a trop de noirs dans leur équipe, surtout dans une région où chacun le sait, l'extrême droite est si peu implantée. Et ils sont tellement sympas qu'ils ont l'air de parfaitement s'entendre avec leurs voisins Lillois. La preuve, ils connaissent même intimement leurs soeurs : "L'été dernier, j'étais avec ta soeur. Je faisais l'acteur."

Tout ça pour dire qu'on accorde bien trop d'importance à un phénomène plus que récurrent dans les tribunes françaises et européennes. Comme d'habitude, on veut faire un exemple avec Paris sachant que rien ne changera par la suite : après l'épisode Frau, Cissé a pu découper Yepes en toute impunité, Micoud a fait son coming-out en révélant qu'il était le mentor de Fiorèse, et Hilton ou Cris continuent à jouer à Kolé Séré avec les attaquants...
Se pose la question de la sanction. Le règlement de la Ligue prévoit que "les clubs visiteurs ou jouant sur terrain neutre sont responsables lorsque les désordres sont le fait de leurs joueurs, supporters et dirigeants". Or un tribunal administratif a jugé cet article inconstitutionnel. La responsabilité du PSG est difficilement engageable puisque selon Alain Cayzac, ce sont les agents de sécurité du Stade de France qui encadraient les Parisiens. La Ligue ne peut donc sanctionner le PSG sans se punir elle-même, puisqu'en temps qu'organisatrice de la finale, sa responsabilité est clairement engagée. De toute manière, comme cela aurait dû être le cas pour Metz, une sanction sportive est inappropriée puisque qu'un club ne peut être tenu responsable de tous les maux de la société. Surtout que l'image de l'entité est déjà suffisamment salie.
La solution est d'être plus sévère avec les fauteurs de trouble et multiplier les interdictions de stade : une décision qui ne relève pas des clubs mais de la justice. D'ailleurs, les seuls punis doivent être ceux qui ont rédigé cette affiche mais les envoyer en prison ne les changera pas : il y a tout un travail d'éducation et de prévention à faire en amont. Punir un individu sans lui expliquer sa faute est strictement inutile.

En résumé, cette affaire, c'est beaucoup de bruit pour pas grand chose et comme par hasard, il faut toujours que cela retombe sur le PSG. Le public du Parc des Princes n'est pas un ange mais ses homologues de Ligue 1 ne sont pas irréprochables non plus. Cette affaire arrange bien la LFP car ça met en sourdine l'arbitrage catastrophique de Bordeaux - Nancy, bien plus scandaleux tant la course à la Ligue des Champions a été faussée : corner inexistant qui amène le but de Cavenaghi, expulsion injustifiée de Brison pour pied haut et cerise sur le gâteau, pénalty du 2-1 conséuctif à un O Soto Gari de Mioud sur Malonga !
Juste comme ça, samedi, il y a eu un match de foot et de bon niveau en plus. Pauleta a prouvé qu'il était le plus grand joueur de la décennie à avoir foulé les pelouses de Ligue 1 et Mendy a montré qu'il savait faire au moins une chose sur un terrain, avant la finale le doute était encore permis : tirer les penaltys. Penalty qui, n'en déplaisent aux mauvais perdants Lensois, y était car Hilton, complètement à la rue pendant 90 minutes, déséquilibre Luyindula qui filait seul au but. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est un corner non sifflé qui change le cours d'une finale...

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