30 avril 2008
Ils sont morts les soleils ?
Le 1er tour de Playoffs NBA depuis le Utah Jazz - Houston Rockets de 1995 a donné son verdict : les Spurs remportent la série 4 victoires à 1 face aux Suns. Si le score est sévère pour Phoenix qui a fait jeu égal avec le Champion tout au long des 5 matches, cette élimination précoce marque sans doute la fin d'un cycle pour une équipe qui aura marqué le milieu des années 2000.
Petit flash-back 4 ans en arrière : nous sommes en avril 2004 et les Suns ne sont pas qualifiés pour les Playoffs et présentent un bilan catastrophique de 29 victoires pour 53 défaites. Le départ de Stephon Marbury, la pseudo star de l'équipe, pour New-York en cours de saison ayant fini d'achever une équipe qui ne peut compter que sur Shawn Marion et le rookie de la saison précédente, Amare Stoudemire. Fin 2003, un nouveau coach, Mike D'Antoni, qui avait jusque là bâti sa réputation en tant que joueur et qu'entraîneur prend les rênes de l'équipe sans susciter un enthousiasme débordant...
A l'intersaison, le meneur Steve Nash, un ancien de la maison, arrive en tant qu'agent libre en provenance de Dallas. Malgré ce renfort de choix, les observateurs, qui n'ont d'avisés que le nom, ne voient pas les Suns briller à l'aube de la saison 2004-2005. Mais le Canadien se révèlera être le chef d'orchestre idéal du jeu ultra offensif prôné par D'Antoni : Marion et Stoudemire se régalent en contre-attaque alors que Quentin Richardson et Joe Johnson allument à 3 points. A la surprise générale, les Suns finissent premiers de la saison régulière avec 62 victoires et Nash est logiquement élu MVP. Surtout, avec les succès des Suns, un vent nouveau souffle sur la NBA où les schémas défensifs étaient de rigueur depuis les années 90 et avaient contribué aux succès des Bulls, Lakers, Spurs et autres Pistons. Phoenix fait école et de nombreuses équipes adoptent, avec plus ou moins de succès, le Run 'n Gun.
Mais la défaite 4-1 en finale de Conférence face aux Spurs ramène Phoenix à la dure réalité : pas de bague de champion sans une défense digne de ce nom. C'est pourquoi, à l'intersaison, Raja Bell, Kurt Thomas et Boris Diaw viennent renforcer l'assise défensive de l'équipe. Malgré l'absence de Stoudemire pendant toute la saison, les Suns confirment (alors que certains de nos chers observateurs les voyaient finir 9ème) et chaque joueur hausse son niveau de jeu pour compenser l'absence de l'intérieur vedette. Boris Diaw explose littéralement et remporte le titre de MIP (joueur ayant le plus progressé) et Nash, au sommet de son art, remporte un deuxième titre consécutif de MVP. Phoenix finit troisième à l'Ouest (54-28) mais s'incline une nouvelle fois en finale de Conférence (4-2), face au Dallas de Dirk Nowitzki cette fois.
Avec le retour de Stoudemire, la saison 2006-2007 s'annonce prometteuse pour les joueurs de l'Arizona et elle sera plutôt réussie puisque les Suns finiront avec le 2ème meilleur bilan de la saison régulière (61-21) et Barbosa sera élu meilleur sixième homme. Mais une nouvelle fois, Nash et cie échoueront en demi-finales de Conférence (4-2) face aux Spurs, futurs champions, dans une confrontation qui est considérée comme la véritable Finale NBA. Les Suns auraient très bien pu l'emporter mais le sort de la série a véritablement basculé dans le match 4 : Robert Horry envoie Steve Nash sur la table de marque, Raja Bell s'énerve et prend une technique alors que Diaw et Stoudemire sont suspendus un match pour être entrés sur le parquet alors qu'ils auraient dû rester sur le banc. Déstabilisé par cet évènement et l'absence de deux joueurs clés, Phoenix laisse San Antonio s'envoler vers le titre.
Avec un effectif quasi-inchangé, les Suns avaient logiquement de grosses ambitions mais un évènement va complètement modifier le cours de leur saison : en janvier, les Lakers, auteurs d'un début de saison au-delà de toutes leurs espérances, enregistrent l'arrivée de l'excellent Pau Gasol (MVP du Mondial 2006, Rookie de l'année 2002) en échange d'une armée de tocards. L'onde de choc se répand dans toute la ligue et toutes les équipes cherchent à renforcer leur secteur intérieur. Phoenix, qui a stagné alors que la concurrence se fait de plus en plus rude à l'Ouest (Dallas, San Antonio, Los Angeles, Utah, Denver, La Nouvelle-Orléans, Golden State, Houston...) tente alors un coup de poker : échanger Shawn Marion, homme à tout faire de D'Antoni, contre le vieux mastodonte Shaquille O'Neal.
Malheureusement, la sauce ne prendra pas et les Suns perdront leur âme en proposant un jeu bâtard où ils auront perdu leur efficacité passée en contre-attaque sans réellement progresser sur le jeu placé et défensif. Nash est exténué par l'absence de turnover de son coach et le poids des ans se fait sentir, Stoudemire et Barbosa bouffent tous les ballons, Diaw est perdu sur le parquet, Hill à l'infirmerie alors que le Shaq est à des années lumières de son lustre passé. Au final, les Suns finissent la saison avec un honorable 55-27 qui leur offre la sixième place à l'Ouest et le redoutable honneur d'affronter les Spurs au premier tour.
S'ils ont offert un basket d'un haut niveau durant la série, les Suns ont payé l'absence de Marion car Ginobili et surtout Parker se sont baladés alors que dans le même temps, O'Neal et Stoudemire ont énormément souffert face à la classe naturelle de Tim Duncan. Bien sûr, Phoenix aurait mérité mieux, à l'image de ce final de folie dans le premier match mais globalement, les Spurs étaient plus forts.
Se pose maintenant la question de l'avenir de cette équipe où Nash (34 ans), O'Neal et Hill (36 ans chacun) sont proches du crépuscule. D'Antoni devrait partir du côté de New York et même si cette équipe a de l'orgueil (cf le match 4 face à San Antonio), le soleil est moins resplendissant sur l'Arizona.
Les soleils se sont couchés à l'Ouest et c'est toute une philosophie de jeu qui a fait un bien fou à la NBA qui s'éteint avec cette défaite. 2009 me fera peut-être mentir mais cette équipe des Suns restera dans l'Histoire comme une grande équipe de saison régulière mais pas de phase finale...

