Ca y est : la France quitte l'Euro 2008 par la petite porte et ces 10 jours en Suisse marquent sans doute la fin des derniers représentants de la fameuse génération 1998. Si l'on se réfère aux trois matches disputés par l'équipe, il n'y a rien à redire sur cette élimination qui ne laisse pas de regrets tant l'équipe a semblé impuissante et a paru subir les évènements.
Le seul match où les Bleus peuvent nourrir quelques regrets est leur entrée ratée dans la compétition face à la Roumanie. Les hommes de Piturca étaient largement à la portée de Français qui se sont montrés trop frileux pour espérer autre chose qu'un nul. Peut-être qu'une meilleure entrée en matière aurait permis d'emmagasiner un surplus de confiance qui aurait pu faire la différence dans les deux autres rencontres ? On ne le saura jamais...

Concernant la rencontre d'hier soir, rien n'a vraiment changé par rapport aux deux autres rencontres précédentes. Malgré l'intégration de joueurs plus jeunes censés amenés de la vitesse, la France a une nouvelle fois joué trop bas et l'attaque était encore et toujours coupée du reste de l'équipe. La seule nouveauté est le scénario du match qui n'a jamais laissé croire que les Tricolores pouvaient l'emporter.
Dès la 8ème minute et la sortie de Ribéry sur blessure, on a vite compris que la France aurait du mal à s'en sortir. L'expulsion, méritée, d'Abidal sur le penalty transformé par Pirlo eurent vite fait de mettre fin aux espoirs de ceux qui y croyaient encore. Les plus optimistes de tous virent leurs dernières illusions s'envoler avec le coup franc détourné par Henry dans ses propres filets. La seule chose qui aurait pu sauver cette équipe qui n'en était pas vraiment une était la réussite et cette dernière n'a clairement pas une.
Pourtant en face, l'Italie, à l'image de Pirlo, n'était que l'ombre de la grande équipe de l'Euro 2008. Le score ouvert, elle s'est contentée de gérer plus ou moins sereinement son avance. Luca Toni aurait pu achever bien plus tôt une équipe de France aux abois mais on a l'eu l'impression de revoir le jeune attaquant maladroit de Brescia en finale de la Coupe Intertoto 2001 plus que le serial buteur du Bayern. D'ailleurs, la défense Transalpine n'a pas paru particulièrement rassurante face à des Tricolores qui, en plus d'être réduits à 10, n'étaient guère menaçants. Mais au final, la Squadra assura en gardant le ballon et en ne se livrant pas en attaque ce qui lui a permis d'arracher une qualification plutôt facile.
Côté français, aucune véritable défaillance individuelle à signaler, à part Abidal qui a précipité la chute de son équipe. Les autres, sans être mauvais, n'ont pas été éblouissants non plus. Le plus regrettable, à part les commentaires de Franck Leboeuf, est que la France n'a proposé aucun jeu collectif : seul Benzema a tenté quelque chose mais s'est montré trop individualiste pour que ce soit véritablement dangereux. Surtout, dès la blessure et l'exclusion d'Abidal, on a senti les Français plus abattus que révoltés, preuve du manque de caractère de cette équipe. Ce groupe de joueurs n'avait pas d'âme et plus que le talent, c'est cette union entre les joueurs qui a manqué lorsque les difficultés sont arrivées.
Pour ne rien arranger, le coaching de Domenech a été désastreux : pourquoi sortir Nasri quand la France a été réduite à 10 et menée 1-0 ? Résultat : il n'y avait plus aucun lien entre la défense et l'attaque et il était impensable de pouvoir égaliser, alors marquer à deux reprises... Pourtant, cela n'aurait pas été risqué de jouer à 3 derrière ou d'enlever un récupérateur vu qu'il fallait impérativement gagner. A force de jouer pour ne pas perdre, la France n'a pas gagné un match et a fini dernière de sa poule. A méditer...

Désormais, il va falloir rebâtir une équipe pour la Coupe du Monde 2010 mais avant cela, il faudra se qualifier pour cette compétition. Domenech, qui cherche déjà à garder sa place, prétend avoir déjà commencé à préparer le futur pendant cet Euro. En faisant jouer Thuram, Sagnol, Makélélé et en gardant Vieira ? En toute logique, le sélectionneur devrait changer car la situation ressemble à 2002 : bien qu'auréolé du titre de champion d'Europe, Lemerre n'avait pas résisté au naufrage en Corée où les Bleus n'avaient pris qu'un petit point. La situation est peu ou prou identique en 2008, la cuisse de Vieira ayant remplacé celle de Zidane
Comme en 2002, l'entraîneur Champion de France est sur le marché mais la comparaison s'arrête là vu qu'il est peu probable qu'Alain Perrin prenne les rênes de la sélection. Plus sûrement, Didier Deschamps, qui rêve ouvertement du poste, devrait être nommé à la tête des Bleus. Cela marquerait sûrement une nouvelle ère où les Champions du Monde ne sont plus sur le terrain mais aux commandes de léquipe. Mais ça ne devrait pas changer grand chose vu que c'était déjà Deschamps qui faisait l'équipe en 1998 et 200 ?