En battant hier l'AS Clermont Auvergne 26 à 20 en finale du Top 14, le Stade Toulousain a remporté son 17ème titre de Champion de France ! De leur côté, le compteur des Auvergnats reste bloqué à 0 malgré 9 finales disputées ! Incontestablement, l'AS Montferrand, qui a changé de nom pour essayer de rompre un quelconque signe indien, est le plus grand perdant de l'histoire du sport français, voir même du sport mondial : si en anglais perdre se dit "to loose", en français, on dit plutôt "AS Clermont Auvergne". En même temps, une équipe qui confie les clés du camion à Pierre Mignoni ne peut espérer soulever le Bouclier de Brennus car le demi de mêlée Clermontois est lui aussi un loser, mais qui n' a rien du perdant flamboyant. Comme lors du match d'ouverture de la Coupe du Monde face à l'Argentine, et comme dans tous les grands rendez-vous, il est passé au travers.
Contrairement à la finale de l'an passé, qui avait vu le Stade Français revenir dans les utlimes minutes, on ne peut pas parler de malédiction pour Clermont tant Toulouse a dominé cette finale : mêlée, touche, jeu de trois-quarts, le Stade a été outrageusement supérieur dans tous les compartiments du jeu. La réussite a même été Clermontoise comme l'illustre cette essai ultra chanceux de Rougerie où, au passage, l'ailier le plus surfait du rugby français était hors jeu au départ de l'action. Le score est même plus que flatteur pour les Auvergnats qui n'ont quasiment pas vu le jour de la 2ème mi-temps : seule une percée de Canale a semé un peu de panique dabs la défense toulousaine mais l'international italien n'a pas su exploiter le surnombre qui s'offrait à lui. La saison régulière l'avait laissé entrevoir mais le jeu d'attaque de Clermont est surtout efficace contre les petites équipes, beaucoup moins face aux grosses écuries. D'ailleurs, Nalaga a montré ses limites actuelles face à un ailier aussi physique que Donguy : le Fidjien court vite et est puissant mais n'a pas de crochet, ce qui le rend inoffensif s'il n'y a pas d'espaces et que le raffut ne passe pas. A l'image de Nalaga, le jeu auvergnat a manqué de créativité.
Au contraire des Toulousains qui ont su alterner le jeu et proposer de très belles attaques à la main, à l'image de l'essai de 80 mètres de Maxime Médard qui donne le bouclier aux Rouge et Noir. Le "Bison" Kelleher a fait énormément de mal à Clermont en dominant outrageusement son vis-à-vis Mignoni et en rélaisant plusieurs percées au centre du terrain. Jauzion a fait parler toute sa classe, Servat sa puissance, Pelous et Albacete ont été omniprésents, Bouilhou a facilement remporté la bataille des airs alors que les jambes de Médard, Donguy et Heymans ont fait perser une menace constante sur la défense Clermontoise. Et dire que Clerc, Nyanga et Poitrenaud (non, je déconne, il vaut mieux mettre Médard à l'arrière) étaient blessés et qu'Elissalde tenait à peine sur ses deux jambes...

Depuis 2001, c'était la première fois qu'une finale se disputait sans le Biarritz Olympique ou le Stade Français et c'est également la première fois depuis cette date que l'un de ces deux ogres des années 2000 (4 titres pour les Parisiens, 3 pour les Basques) ne soulève pas le Bouclier de Brennus. D'ailleurs, la finale de 2001 opposait déjà Clermont à Toulouse et la jeune garde toulousaine avait surclassé les Merceron (beau loser lui aussi), Marsh, Magne, Rougerie, Bory et cie. A l'époque, on pensait que les Bouilhou, Michalak, Poitrenaud allaient dominer la France pendant de longues années mais il aura fallu attendre 7 ans pour que le "bout de bois" revienne sur la place du Capitole. La place de Jaude, elle, attend ce moment depuis 97 ans.
En français, Toulouse veut à nouveau dire "victoire" en Championnat et l'hégémonie des trois gros se poursuit puisque Toulouse, Biarritz et Paris se partagent tous les titres de Champion de France depuis 1994. Et on ne voit pas qui pourrait mettre fin à cette suprématie. En attendant, Toulouse voi la vie en Rouge et Noir alors que du côté de Clermont, on rit jaune et pas Jaune et Bleu...