Mardi soir, les joueurs de Lyon ont été de véritables fauves mais cela n'a pas suffi face à une équipe de Barcelone qui, sûre de son jeu et de ses qualités, a laissé passer l'orage en première mi-temps avant de dominer totalement la seconde période. Lors des 45 premières minutes, Lyon a étouffé la sans doute meilleure équipe d'Europe mais a payé cette débauche d'énergie : au fil des minutes, Benzema s'est trouvé de plus en plus esseulé et a eu de moins en moins de ballons à se mettre sous la dent. L'OL a eu sa chance en 1ère mi-temps et peut regretter de ne pas s'être montré plus réaliste.
Pourtant, tout avait bien commencé avec ce coup franc de Juninho dès la 7ème minute. D'ailleurs, sur le coup, on a appris que Mandanda était un fan du Barça : manque de pot, il s'est surtout inspiré de leur gardien, Victor Valdés, qui est un gardien correct mais trop irrégulier pour un club du standing du FC Barcelone. Mais ce même Valdés s'est bien repris sur une sortie décisive qui prive Benzema de tout angle de tir et lui fait manquer la balle du 2-0. Ce même Benzema qui trouvera le poteau et qui gâchera une contre-attaque rondement menée par excès d'individualisme, oubliant Makoun complètement démarqué sur sa droite. Dommage car à part une frappe d'Eto'o sur le poteau, le Barça ne parvenait pas imposer son rythme à la partie : l'axe étant parfaitement quadrillé par le trio Juninho-Toulalan-Makoun au milieu et par le duo Cris-Boumsong en défense, et Ederson et Keita faisant de gros efforts sur leurs côtés respectifs.
Mais il était impossible pour les Lyonnais de maintenir une telle pression sur leurs adversaires pendant 90 minutes et logiquement, Barcelone a pris le match à son compte dès le retour des vestiaires avec Xavi en chef d'orchestre. Mais Lyon a bien tenu, maîtrisant le trio Messi-Eto'o-Henry, l'absence de l'excellent Iniesta se faisant resentir. Mais à l'image d'Ederson et de Keita, les joueurs de l'OL ont reculé et n'ont pu mener aucune contre-attaque : si Keita n'aurait, comme à son habitude, sans doute rien apporté offensivement à son équipe, Ederson aurait sans doute été plus précieux au soutien de Benzema. Mais il fallait contenir Messi et Daniel Alves...
Finalement, Lyon a cédé sur l'une des forces méconnues des Barcelonais les coups de pied arrêtés. En effet, Xavi est un redoutable tireur alors que Marquez et Piqué sont d'excellents joueurs de tête. Et le but d'Henry ne doit rien au hasard car le Barça raffole de ses corners déviés au premier poteau : Cris aurait dû le savoir et ne pas lâcher Henry au marquage. Ce but ressemble étrangement de Tevez l'an dernier au même stade de la compétition et c'en est d'autement plus rageant pour les Lyonnais qui, comme l'an passé, vont se faire sortir par le futur vainqueur de l'épreuve...

Dans les autres rencontres, le Bayern Munich est pratiquement qualifié après sa promenade de santé au Portugal (0-5) : Paulo Bento, entraîneur du Sporting Portugal, avait dit que la Ligue des Champions n'était pas sa priorité et cela s'est vu. N'empêche que si Lahm n'avait pas repoussé sur sa ligne une tentative d'Anderson Polga alors que le score était toujours nul et vierge. Mais cette équipe portugaise n'était pas au niveau et a cédé sous les coups de butoir du trident Ribéry-Klose-Toni. Mais cette large victoire du Bayern n'en fait pas un favori de cette C1, tant l'opposition était indigne de la Champion's League.
"Dominer n'est pas gagner", c'est que doit se dire
Villarreal après sa rencontre face au Panathinaïkos. Les Espagnols auraient dû compter 2 ou 3 buts d'avance à la pause mais, par maladresse, n'ont pas réussi à tromper la vigilence de Galinovic. Le Pana allait réussir le hold up presque parfait en ouvrant le socre sur leur première occasion. Les Espagnols n'ont finalement égalisé que sur un pénalty de Rossi provoqué par Pirès avant de rater d'autres opportunités d'aggraver le score en fin de match. Après ce match nl 1-1, le sous-marin jaune est en ballotage très favorable mais il a ssemblé bien supérieur à son adversaire. La qualification est donc toujours possible mais sera plus compliquée que prévu à obtenir face à des upporters grecs en ébullition.
Face à la Juventus de Turin,
Chelsea a réalisé une bonne opération en s'imposant sur le plus court des scores (1-0, but de Drogba). Mais les Italiens, qui ont mis du temps à rentrer dans la partie, ont montré en deuxième mi-temps que la qualification était loin d'être acquise pour les hommes de Guus Hiddink. Le match retour au Stadio Delle Alpi s'annonce très indécis mais Pavel Nedved aurait facilité la tâche des Bianconeri s'il avait converti sa balle de match dans le temps addittonnel.
Mais la bonne opération de la soirée de mercredi est à mettre au crédit de
Liverpool qui a battu le Real Madrid chez lui, à Santiago Bernabeu. C'est un petit miracle pour les Reds qui même avec un Torres sur une jambe et un Gerrard encore convalescents, soit les deux seuls joueurs de classe de cette équipe, ont réussi à l'emporter grâce à un but de la tête de Benayoun sur coup franc sifflé suite à une faute imaginaire de Heinze sur Kuyt. Mais le Real n'a jamais été en mesure de trouver des failles dans le mur dressé par Liverpool : le jeu madrilène a manqué de spontanéité, de vitesse, de percussion et d'une vraie présence dans la surface. Sneijder ou Van Nistelrooy auraient pu faire du bien à cette équipe mais Liverpool était aussi privé de ses deux meilleurs éléments. Un 0-0 aurait été logique dans ce match qui reste nul à mes yeux et tout juste sauvé par ce geste de génie de Xabi Alonso en fin de 1ère période...
Mardi, les grands rivaux locaux du Real, l'
Atletico Madrid, n'ont pas non plus été à la fête et sont très loin de leur niveau de l'automne dernier. L'attaque est toujours aussi bonne mais le milieu ne récupère pas un ballon alors que la défense n'est même pas du niveau Premier League. Et le FC Porto peut regretter de ne pas avoir plus profité d'une telle générosité et de ne repartir d'Espagne qu'avec un 2-2 dans leurs valises. Si on avait inversé les gardiens, les Portugais l'auraient emporté 6 ou 7-0 : en effet, Leo Franco a évité que l'addition ne soit plus salée alors qu'Helton, comme son quais homonyme marseillais, est plus un premier attaquant pour l'adversaire qu'un dernier rempart pour son équipe.
Une autre équipe qui peut se mordre les doigts d'avoir été si peu réaliste est bien
Arsenal qui n'a battu l'AS Rome que sur la plus petite des marges (1-0) et un pénalty de Van Persie. Les Gunners n'ont pas su profiter des errements de la paire Loria-Mexès et ont prouvé qu'en Bendtner, ils détenaient le remplaçant idéal d'Adebayor : comme le Togolais, le Danois a les pieds carrés et a besoin de trente occasions pour faire trembler les filets sauf que Bendtner est encore plus mauvais. Logique, il est remplaçant. Mais le retour à Rome s'annonce compliqué face à des Romains revanchards et Totti ne sera pas toujours aussi discret que mardi soir.
Enfin, après avoir commencé par le duel entre le futur champion de France et le futur champion d'Espagne, il est logique de conclure en évoquant le choc entre le futur champion d'Italie et le futur champion d'Angleterre : I
nter Milan - Manchester United. Globalement, les Red Devils ont dominé la partie en gagnant la bataille du milieu de terrain mais sont tombés sur un Julio César impérial. Manchester a surtout profité des errances de Rivas pour se montrer dangereux avant que la rentrée de Cordoba à la pause ne stabilise la défense intériste. Malgré la suspension de Vidic et les blessures de Neville et Brown, l'Inter n'a pas réussi à faire sauter le verrou mancunien dans une rencontre plutôt fermée. L'inter préserve toutes ses chances de qualification car Manchester United devra prendre des risques à Old Trafford, s'exposant à un coup de génie d'Ibrahimovic.

A part la ballade Portugaise du Bayern, toutes les rencontres ont été serrées puisqu'aucune équipe n'a pu s'imposer avec plus d'un but d'avance. Si la qualification semble bien engagée pour Liverpool, les autres rencontres semblent plutôt indécises même si Barcelone, Porto ou Chelsea sont en ballotage favorable.
En tout cas, il faudra attendre les matches retours avant de pouvoir faire un bilan de ces huitièmes de finale. Au niveau du suspense, on sera servis, espérons qu'il en soit de même au niveau du spectacle qui a laissé à désirer sur certaines rencontres...