16 octobre 2009
Histoire des clubs de la Liga ACB : le Regal FC Barcelone
Quand on pense au FC Barcelone, on pense bien évidemment au Camp Nou et au beau jeu des footballeurs blaugranas. Mais le FC Barcelone est un club omnisports qui comprend plusieurs sections. Après le football, la plus ancienne et la plus légendaire de ces sections est bien entendu le basket dont nous allons raconter les grandes lignes de sa glorieuse histoire.
Le commencement et les premiers succès
Créée le 24 août 1926, la section basket du FC Barcelone est le plus vieux club de la Liga ACB. L'équipe joue alors ses premières rencontres dans le complexe sportif de Sol del Baix (quartier des Corts). En 1927, elle participe à sa première compétition officielle le Campionat de Catalunya de basquetbol (Championnat Catalan de basket-ball). Mais à l'époque, le FC Barcelone n'est qu'un petit poucet par rapport à d'autres clubs de la ville et de la région comme le Laietà Basket Club (le plus vieux club espagnol, fondé en 1922), le Club Esportiu Europa (vainqueur du 1er match de basket organisé en Espagne, 8-2 face au Laietà Basket Club), le CB Atlètic Gràcia ou le Société Patrie qui dominent le basket catalan et espagnol (dès la création de la Copa del Rey en 1933, première compétition nationale du basket espagnol).
Les premiers succès n'interviennent qu'après la guerre civile puisque dans les années 40, les Barcelonais remportent 6 coupes du Roi (1943, 1945, 1946, 1947, 1949 et 1950) ce qui fait d'eux la meilleure équipe du pays. En 1956, lorsqu'est créé le premier championnat d'Espagne - la Liga Nacional - le FC Barcelone ne règne plus sur l'Espagne, dépassé par son voisin Badalonais et surtout par son grand rival Madrilène, le Real qui domine le basket espagnol. Malgré tout, les Catalans finissent second du premier championnat d'Espagne en 1957 et s'offrent le premier doublé coupe-championnat de leur histoire en 1959, dernier sursaut avant une longue période de vaches maigres...
Les années noires
Au cours des années 60, le club va connaître une longue agonie avant de renaître de ses cendres au milieu des années 70. En effet, entre 1959 et 1978, le club ne va pas ajouter la moindre ligne à son palmarès et a même été tout près de disparaître.
En 1961, Enric Llaudet, tout juste élu à la tête du FC Barcelone, décide assez inexplicablement de la dissolution d'une section basket pourtant très populaire. C'est d'ailleurs sous la pression des supporters que ce même Llaudet revient sur sa décision un an plus tard, permettant au club de disputer à nouveau le Championnat d'Espagne. Mais un nouveau coup de tonnerre se produit en 1964 : la Fédération Espagnole de Basket-Ball décide soudainement de réduire l'élite du basket espagnol à 8 équipes (contre 14 auparavant). Le Barça, 12ème du championnat 1963-64, est donc relégué en Deuxième Division. En 1965, le club finit deuxième de la Segunda et retrouve donc l'élite pour ne plus jamais la quitter. Mais à l'époque, Barcelone n'est même pas prophète en son pays puisque 4 clubs catalans lui sont supérieurs : l'Aismalibar de Montcada, l'Orillo Verde Sabadell, le Picadero Jockey Club et l'inévitable Joventut Badalone.
La décennie suivante sera une période de transition entre les noires années 60 et les glorieuses années 80. Petit à petit, l'équipe progresse et le club se structure pour le plus haut niveau : en témoigne l'inauguration en 1971 du Palau Blaugrana, une salle polyvalente et avant-gardiste qui peut accueillir tous les sports en salle du FC Barcelone (hand, futsal, volleyball...) et jusqu'à 5 500 fans de la section basket. Les Blaugranas remontent la pente mais n'arrivent à remporter le moindre titre, réussissant même "l'exploit" de finir 7 fois vice-champions d'Espagne (1972, 1974, 1975, 1976, 1977, 1979 et 1980) et de perdre leur première finale européenne face à Cantù en 1975. Le Barça reste donc dans l'ombre du Real Madrid et de la Joventut, ses deux plus grands rivaux. Mais en 1978, les efforts et le talent des Catalans sont enfin récompensés : Barcelone remporte la Coupe du Roi, après 29 longues années sans trophée. Et il ne faudra pas attendre à nouveau 29 ans pour garnir la salle des trophées, bien au contraire...
Le Barça, nouveau roi d'Espagne
Après la mort de Franco en 1975, les années 80 en Espagne sont synonymes de Movida, le renouveau de la culture Espagnole après des années de dictature. Et le basket espagnol va lui aussi connaître un renouveau, Barcelone mettant fin au long règne du Real Madrid (21 titres de Champion entre 1957 et 1980) au niveau national. Le coup d'accélérateur va être donné par le président Josep Lluis Nuñez et le responsable de la section basket Jordi Bonareu qui va faire confiance aux jeunes du club et nommer Antoni Serra au poste d'entraineur. Abonné aux secondes places des années précédentes, le Barça, emmené par Juan Antonio San Epifanio (dit Epi), Nacho Solazabal et Chicho Sibilio, prend goût aux succès et rafle tout sur son passage : 6 Championnats d'Espagne (1981, 1983, 1987, 1988, 1989 et 1990), 6 Coupes du Roi (1979, 1981, 1982, 1983, 1987 et 1988) et 7 Ligues Catalanes (1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985 et 1989).
Avec l'arrivée d'Aito Garcia Reneses à la tête de l'équipe en 1985, les Blaugranas connaissent également leur premiers succès au niveau européen en remportant 2 Coupes Saporta (1985 et 1986) et une Coupe Korac (1987). Mais une nouvelle malédiction va s'abattre sur le club dans une compétition qui ne s'appelle pas encore l'Euroligue mais la Coupe d'Europe des clubs champions.
En 1984, Barcelone dispute la première finale de son histoire dans cette compétition à Genève, face à novice lui aussi : le Banco di Roma (aujourd'hui, Virtus Rome). Les Barcelonais alors entraînés par Antoni Serra jouent comme dans un rêve et mènent de 14 points à la pause. Mais Larry Wright se réveille, les 23 points du MVP de la finale Juan Antonio San Epifanio ne suffiront pas et Rome s'impose 79-73. Et tout au long des années 90, cette malédiction continuera...
La malédiction Euroligue
Au cours des années 90, le Barça continue sur sa lancée et remporte 4 Championnats d'Espagne (1995, 1996, 1997 et 1999), 2 Coupes du Roi (1991 et 1994) et une Coupe Korac (1999). Les stars de l'époque ont pour nom Arturas Karnisovas, Roberto Dueñas, Andrés Jimenez, Sacha Djordjevic, Derrick Alston, Darryl Middleton ou encore Xavi Fernandez. Également, le club innove en apposant un sponsor au nom du club qui s'appelle officiellement "FC Barcelona Banca Catalana" entre 1992 et 1998.
Mais le fameux sacre européen échappe toujours aux Catalans qui réussissent l'exploit de perdre quatre finales (1990, 1991, 1996 et 1997), laissant croire à une malédiction. Sentiment renforcé par la finale de 1996 que Barcelone aurait dû gagner : dans un Bercy comble, le Panathinaïkos mène 67-66 quand Stanjko Vrankovic contre à l'ultime seconde le dernier tir barcelonais de Ferran Martinez (1990-1994 et 1999-2000). Or ce panier aurait dû être accepté car le ballon avait auparavant touché la planche...
Sur le toit de l'Europe
Les années 2000 commencent comme se sont terminées les années 90 : Barcelone domine l'Espagne et remporte trois Liga ACB (2001, 2003, 2004) et deux Copa del Rey (2001, 2003). A une exception près, le Barça remporte enfin l'Euroligue : pour cela, il aura fallu un Final Four sur mesure à domicile et le recrutement de Dejan Bodiroga, l'assurance tous risques pour toute équipe voulant remporter le titre suprême européen à l'époque. Emmené par un quatuor de feu - la star Bodiroga, le génie lituanien Jasikevicius, le géant italien Gregor Fucka et l'enfant du pays Juan Carlos Navarro - le FC Barcelone coaché par Svetislav Pesic (champion du monde l'année d'avant avec la Serbie-Montenegro) rentre dans l'histoire du club et réalisera cette année-là un triplé inédit. Et le Palau Sant Jordi se souviendra longtemps de cette douce soirée de mai 2003 et de cette finale face au Benetton Trévise... Seul regret qu'un jeune joueur formé au club qui a explosé lors de sa seule saison en tant que titulaire (MVP de la Copa del Rey et de la Finale ACB) soit parti si tôt. Son nom : Pau Gasol...
En 2004, le club change de nom et devient le Winterthur FC Barcelone, avant de se transformer en 2007 en AXA FC Barcelone en 2007 suite au rachat de l'assureur suisse par Axa. En 2008, le club adpote son nom actuel le Regal FC Barcelone, une autre société d'assurances. Cette période est également marquée par l'instabilité au niveau des entraîneurs (4 coaches en 4 ans) et des joueurs. Le Président Laporta s'intéresse surtout à la section foot (le Barça de Rijkaard, Ronaldinho, Deco et Eto'o) et la section basket stagne, n'atteignant plus le Final Four et se remettant à perdre des finales (2007 et 2008). C'est désormais Vitoria qui domine le basket espagnol alors que Malaga, Badalone et le Real sont toujours présents.
Malgré tout, le géant endormi va se réveiller et remporter en 2007 la Coupe du Roi - son premier trophée depuis trois ans - grâce à un Jordi Trias des grands jours. Mais le tournant va s'opérer en février 2008 avec le remplacement de Dusko Ivanovic par son adjoint Xavi Pascual. Avec ce dernier, les joueurs reprennent du plaisir sur le parquet et les résultats suivent. En 2008, Laporta sent que les résultats de la seule section football ne suffiront pas à sa réélection et décide de renforcer la section basket : après un an en NBA, Navarro revient, rejoint par Andersen, Sada, Santiago et Barton. Et le succès est au rendez-vous : l'équipe participe à nouveau à un Final Four et devient championne d'Espagne, 4 ans après son dernier titre...
Quelques grands noms du club :
Alfonso Martinez (1953-1955 et 1958-1961)
Eduardo Kucharsky (1946-1947 et 1949-1953)
Francesc "Nino" Buscató (1957-1960)
Jordi Bonareu (1957-1959)
Norman Carmichael (1969-1978)
Manolo Flores (1970-1983)
Bob Guyette (1975-1980)
Pedro Ansa (1975-1985)
Juan Domingo de la Cruz (1975-1987)
Chicho Sibilio (1976-1989)
Nacho Solozabal (1978-1994)
Juan Antonio San Epifanio dit "Epi" (1979-1995)
Lars Hansen (1981-1982)
Joaquim Costa (1982-1983 et 1986-1990)
Mike Davis (1983-1985)
Steve Trumbo (1985-1992)
Andrés Jimenez (1986-1998)
Audie Norris (1987-1993)
Ferran Martinez (1985-1988, 1989-1990 et 1994-1996)
José Luis Galilea (1989-1996)
José ANtonio Montero (1990-1997)
Quique Andreu (1993-1998)
Darryl Middleton (1994-1996)
Xavi Fernandez (1994-1999)
Arturas Karnisovas (1995-1997 et 2000-2002)
Roberto Dueñas (1996-2005)
Sacha Djordjevic (1997-1999)
Pau Gasol (1997-2001)
Efthimios Rentzias (1997-2002)
Rodrigo De la Fuente (1997-2007)
Derrick Alston (1998-2000)
Nacho Rodriguez (1998-2004)
Sarunas Jasikevicius (2000-2003)
Dejan Bodiroga (2002-2005)
Gregor Fucka (2002-2006)
Le palmarès complet :
Euroligue : 2003
Supercoupe d'Europe : 1987
Coupe Saporta : 1985 et 1986
Coupe Korac : 1987 et 1999
Championnat du Monde des clubs : 1985
Championnat d'Espagne : 1959, 1981, 1983, 1987, 1988, 1989, 1990, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001, 2003, 2004 et 2009
Coupe du Roi : 1943, 1945, 1946, 1947, 1949, 1950, 1959, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1987, 1988, 1991, 1994, 2001 ,2003 et 2007
Supercopa : 2004 et 2009
Ligue catalane : 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1990, 1994, 1996, 2001, 2002, 2005, 2009
Infrastructures :
Le FC Barcelone évolue au Palau Blaugrana qui a été inauguré en 1971. Il a été rénové en 1994 et peut accueillir jusqu'à 8 250 spectateurs (contre 5 696 lors de son inauguration).
A l'heure actuelle, 4 maillots sont retirés :
Numéro 4 : Andrés Jiménez
Numéro 7 : Nacho Solazabal
Numéro 12 : Roberto Dueñas
Numéro 15 : Epi
La Saison 2009-2010
L'exercice 2008-2009 a été plus que satisfaisant pour Barcelone qui a retrouvé le Final Four et surtout a remporté son premier titre de champion depuis 4 ans. Le secteur intérieur, point fort de l'équipe l'an passé, a connu quelques bouleversements mais les nouveaux arrivants (E. Lorbek, Ndong, Morris) semble avoir le pedigree suffisant pour faire oublier les partants (Ilyasova, Andersen, Santiago). De plus, le club s'est renforcé sur les postes 1 et 3 en recrutant les meilleurs spécialistes de ces postes en Espagne (Rubio et Mickeal).
Ce Barça semble bâti pour dominer l'Espagne et l'Europe et a déjà très bien démarré sa saison en ne perdant aucun match de préparation (magré l'absence des internationaux) et en remportant la Coupe Catalane et la Supercopa ACB.
L'effectif :
Meneurs : Ricky
Rubio, Jaka Lakovic, Victor Sada
Arrières : Juan Carlos Navarro, Gianluca Basile, Roger Grimau
Ailiers : Pete Mickeal, Lubos Barton
Ailiers-Forts : Erazem Lorbek, Terence Morris et Jordi Trias
Pivots : Fran Vazquez, Boniface Ndong
Les Mouvements :
Arrivées : Rubio (Badalone), E. Lorbek (CSKA Moscou), Mickeal (Vitoria), Morris (CSKA Moscou), Ndong (Malaga).
Départs : Andersen (Houston), Ilyasova
(Milwaukee), Santiago (Efes Pilsen), Barrett (Cleveland ?), Rey (prêt Séville)
L'équipe est toujours coachée par Xavi Pascual, l'ancien adjoint de Dusko Ivanovic. L'élève semble même avoir dépassé le maître car pour sa première saison complète à la tête des Blaugranas, Pascual a mené son équipe au titre, en battant en finale le Vitoria... d'Ivanovic !
25 février 2009
Histoire de la Liga ACB - La Copa del Rey
Le week-end dernier s'est déroulée la 73ème édition de la Copa del Rey (ou Coupe du Roi dans la langue de Flo Pietrus, Jo Gomis et Jérôme Moïso) remportée par le Tau Vitoria et qui aura marqué l'avènement de Mirza Teletovic. L'occasion de revenir sur l'histoire de cet évènement majeur du basket et du sport espagnol.
La Copa del Rey, créée en 1933, est la première compétition opposant tous les clubs espagnols. En effet, à l'époque, les championnats n'étaient que régionaux et il a fallu attendre 1956, soit 23 ans plus tard, pour que naisse enfin le Championnat d'Espagne de basketball.
La 1ère édition a donc eu lieu en 1933 sous le nom de "Copa de España". La finale s'est disputée à Madrid et le Rayo Madrid est venue à bout du Real Madrid sur le score historique de 21-11. Mais cette première fût entâchée de nombreuses irrégularités qui conduirent les clubs catalans à boycotter l'édition 1934 qui, finalement, ne fût pas organisée.
En 1935, pour satisfaire le basket Catalan, bastion historique de la balle orange de l'autre côté des Pyrénées, la finale se disputa à Barcelone et fût remportée par la "Société Sportive Patrie", en français dans le texte, un club de la ville hôte.
Cette compétition était donc bien lancée mais la Guerre Civile (Juillet 1936 - Mai 1939) allait conduire à l'annulation de cette compétition de 1937 à 1940. La Copa del Rey allait donc renaître sous le nom de "Copa del Generalísimo", en référence à Franco, vainqueur de la Guerre Civile et nouveau maître du pays. La compétition est alors dominée par le Barça et le Real qui totalisent 25 titres à eux deux entre 1940 et 1976. Seul la Joventut Badalone a pu contrecarrer cette hégémonie en s'adjugeant 6 trophées sur cette période.
Bien que Franco meure en novembre 1975, la compétition ne change de dénomination qu'en 1977 pour devenir "La Copa del Rey". En 1984, la Coupe du Roi passe sous la tutelle de la toute jeune ACB (Asociación de Clubes de Baloncesto) et change de format pour devenir un Final Four.
En 1987, La Copa del Rey adopte son format actuel : une compétition regroupant 8 équipes, les 7 premiers de la phase aller + l'équipe de la ville organisatrice. Si cette dernière ne possède pas d'équipe en Liga ACB, le 8ème est alors convié à la fête.
Depuis 1990, un MVP du tournoi est désigné et de grands noms du basket ont remporté ce trophée : Velimir Perasović, Dejan Bodiroga, Pau Gasol, Jorge Garbajosa ou encore Rudy Fernández, le seul à avoir été couronné à 2 reprises.
Si le Real et le Barça dominent toujours cette compétition où brille également la Joventut, le Tau Vitoria s'est invité à la fête. En effet, les Basques ont soulevé cette coupe à 6 reprises depuis 1995.
Palmarès :
22 titres : Real Madrid (1951, 1952, 1954, 1956, 1957, 1960, 1961, 1962, 1965, 1966, 1967, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1977, 1985, 1986, 1989, 1993).
20 titres : FC Barcelone (1943, 1945, 1946, 1947, 1949, 1950, 1959, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1987, 1988, 1991, 1994, 2001, 2003, 2007).
8 titres : Joventut Badalone (1948, 1953, 1955, 1958, 1969, 1976, 1997, 2008).
6 titres : Tau Vitoria (1995, 1999, 2002, 2004, 2006, 2009).
3 titres : CB Estudiantes (1963, 1992, 2000).
2 titres : Rayo Club Madrid (1933, 1936), Laietà BC de Barcelone (1942, 1944), Picadero Jockey Club de Barcelone (1964, 1968) et CAI Saragosse (1984, 1990).
1 titre : Societé Patrie Maunier Barcelona (1935), CB L'Hospitalet (1940), RCD Espanyol (1941), TDK Manresa (1996), Pamesa Valence (1998) et Unicaja Málaga (2005).
31 janvier 2009
Le dunk de l'année 2009 !
Il y a quelques mois, j'avais posté la vide du dunk de l'année 2008 où en finale des Jeux Olympiques, Rudy Fernandez avait littéralement postérisé l'immense Dwight Howard. Bien que le mois de janvier vient à peine de s'achever, je pense que nous avons déjà assisté au dunk de l'année : il est l'œuvre de Jarret Johnson de l'université d'Anderson. Certes, le contexte du match n'est pas le même que pour Rudy mais le dunk est encore plus impressionnant. La preuve en images, malheureusement sans les commentaires de David Cosette :
D'ailleurs, ce dunk n'est pas sans rappeler une action mythique des Jeux Olympiques de Sydney : quand Vince Carter avait joué à saute-mouton en passant au-dessus des 2m18 de Frédéric Weiss :
28 janvier 2009
Euroligue : le Top du Top 16
Aujourd'hui débute le Top 16 de l'Euroleague, la compétition de basket la plus intéressante avec les Playoffs NBA, avec notamment le choc entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Cette année encore, aucun club français ne fait partie de ce gratin européen dominé par l'Espagne (4 représentants) : Le Mans et surtout Nancy ayant lissé passé leurs chances par manque d'expérience, de mental et de talent.
Malgré tout, ces 6 journées s'annoncent prometteuses avec du beau basket, des stars (Navarro, Reyes, Papaloukas, Splitter, Diamantidis, Batiste, Pekovic, Arroyo, K. Lavrinovic, Smodis, Siskauskas, Jasikevicius, Ilyasova, Rakocevic et bien d'autres...) et même deux français (Yohann Sangare et Joseph Gomis). Surtout, contrairement à la saison régulière NBA et ses interminables 82 matches par franchise, chaque rencontre aura de l'enjeu, une tension, le tout dans une atmosphère électrique !
Le tirage au sort a donné lieu à des poules plutôt hétérogènes où les groupes F et G seront sans doute plus disputés que les E et H où à chaque fois, 2 équipes semblent sortir du lot. Nous allons étudier ça plus en détail pour essayer de deviner quels seront les qualifiés pour les quarts-de-finale !
Groupe E : Olympiakos Le Pirée, AJ Milan, Prokom Sopot, Tau Vitoria.
Pour moi, Vitoria, quasi invincible en Liga ACB, est le grand favori de ce groupe qui est sans doute le moins relevé. L'Olympiakos, malgré la blessure de sa star Josh Childress, devrait également se qualifier pour les quarts car Milan et Sopot n'ont pas l'expérience Européenne des Grecs ni un effectif aussi riche. Mais une surprise est toujours possible, surtout en seulement 6 rencontres. Mais cette surprise a bien plus de chances de venir d'Italie que de Pologne.
Tau Vitoria : 8-2 (Bilan lors de la 1ère phase de l'Euroligue)
Meneurs : Pablo Prigioni - Vlado Ilievski - Matías Nocedal
Arrière : Igor Rakocevic
Ailiers : Pete Mickeal - Sergi Vidal - Fernando San Emeterio
Ailiers-Forts : Mirza Teletovic - Ariel Eslava
Pivots : Tiago Splitter - Will Mc Donald - Stanko Barac
Coach : Dusko Ivanovic
Olympiakos Le Pirée : 6-4
Meneurs : Theo Papaloukas - Jannero Pargo - Milos Teodosic - Igor Milosevic
Arrières : Lynn Greer - Yotam Halperin - Konstantinos Sloukas
Ailiers : Josh Childress - Panagiotis Vasilopoulos - Michalis Pelekanos - Haralabos Yiannopoulos
Ailiers-Forts : Giannis Bouroussis - Giorgos Printezis - Ioannis Karathanasis
Pivots : Nikola Vujcic - Zoran Erceg - Sofoklis Schortsanitis - Ian Vouyoukas
Coach : Panagiotis Giannakis
AJ Milano : 5-5
Meneurs : Massimo Bulleri - Hollis Price - Ariel Filloy
Arrières : Marco Mordente - Luca Vitali - Yohann Sangare - Jacopo Mercante
Ailiers : David Hawkins - Jobey Thomas - Marko Micevic
Ailiers-Forts : Maurice Taylor - Richard Mason Rocca - Mindaugas Katelynas
Pivot : Pape Sow - Joey Beard
Coach : Piero Bucchi
Asseco Prokom : 2-8
Meneurs : David Logan - Jakub Zamojski - Tomasz Sweitonski - Aleksander Krauze
Arrières : Daniel Ewing - Slawomir Sikora
Ailiers : Piotr Szczotka - Koko Archibong -Mateusz Kostrzewski
Ailiers-Forts : Ronald Burrell - Filip Dylewicz -
Pivots : Pat Burke - Adam Lapeta - Adam Hrycaniuk
Coach : Tomas Pacesas
Groupe F : FC Barcelone, Alba Berlin, Real Madrid, Maccabi Tel-Aviv. Groupe G : Unicaja Malaga, Lottomatica Roma, Panathinaikos Athènes, Partizan Belgrade. Groupe H : CSKA Moscou, Montepaschi Sienne, Fenerbahçe Istanbul, Cibona Zagreb. Pour récapituler tout ça, voici mes pronostics : Ce qui donnerait en quarts : Alléchant, non ?
Pour moi, et ça ne surprendra personne, le Barça est le favori de ce groupe F qui est le plus relevé de ce Top 16 2008-2009. En effet, les Catalans présentent le meilleur bilan des phases de poule avec une seule défaite à Sienne et deux leçons de basket infligées au Pana.
Mais l'opposition est très relevée avec un Real Madrid qui renaît de ses cendres après un début de saison difficile comme en témoigne la belle victoire face à Malaga dimanche dernier en Liga ACB. Le Maccabi est un habitué du Top 16 et il faudra compter sur lui. Enfin, la surprenante équipe de Berlin ne devrait a priori pas pouvoir rivaliser avec 3 mastodontes de l'Euroligue, surtout quand on sait que les Allemands sont la seule équipe de leur groupe à avoir perdu (à 2 reprises en plus) contre les modestes slovènes de l'Union Olimpija. Mais Berlin est aussi allé gagner à Badalone alors méfiance !
FC Barcelone : 9-1
Meneurs : Andre Barett - Jaka Lakovic - Victor Sada - Alejandro Hernández
Arrières : Juan Carlos Navarro - Gianluca Basile
Ailiers : Ersan Ilyasova - Lubos Barton - Roger Grimau - Nihad Dejdovic
Ailier Fort : Jordi Trias
Pivots : David Andersen - Fran Vázquez - Daniel Santiago - Mamadou Samb.
Coach : Xavi Pascual
Real Madrid : 6-4
Meneurs : Raul Lopez - Pepe Sanchez
Arrières : Louis Bullock - Sergio Llull
Ailiers : Marko Tomas - Quinton Hosley - Alex Mumbru
Ailiers-Forts : Jeremiah Massey - Axel Hervelle - Javier Pérez
Pivots : Felipe Reyes - Thomas van den Spiegel - Venson Hamilton
Coach : Joan Plaza
Maccabi Electra Tel Aviv : 6-4
Meneurs : Derrick Sharp - Carlos Arroyo - Dee Brown - Dror Hagag
Arrières : Tal Burstein - Marcus Brown
Ailiers : Omri Casspi - Charles Gaines - Chester Simmons
Ailiers-Forts : Lior Eliyahu - Marcus Fizer - Anton Shutbin
Pivots : D'or Fischer - Yaniv Green
Coach : Effi Birenboim
Alba Berlin : 4-6
Meneurs : Julius Jenkins - Steffen Hamann - Rashad Wright
Arières : Immanuel McElroy - Johannes Herber - Oskar Faßler
Ailiers : Philip Zwiener - Dragan Dojčin - Casey Jacobsen
Ailiers-Forts : Oliver Clay - Aleksandar Nadjfeji - Ansu Sesay - Andreas Seiferth
Pivot : Patrick Femerling - Adam Chubb
Coach : Luka Pavicevic
Un groupe assez homogène marqué par les retrouvailles explosives entre le Pana et le Partizan qui l'an passé avait éliminé les Grecs à ce stade de la compétition. Mais cette année, Pekovic a changé de camp. Les Grecs devraient donc pouvoir sortir de ce groupe en compagnie de Malaga, autre habitué des joutes européennes. Rome, sur la lancée des poules, jouera sa carte à fond et sera donc un dangereux outsider.
Unicaja Malaga : 8-2
Meneurs : Omar Cook - Carlos Cabezas - Rai Lopez
Arrières : Berni Rodríguez - Thomas Kelati - Jospeh Gomis - Alfonso Sanchez
Ailiers : Carlos Jimenez - Jiri Welsch
Ailiers-Fort : Marcus Haislip - Germán Gabriel
Pivots : Boniface Ndong - Robert Archibald - Vitor Faverani
Coach : Aito Garcia Reneses
Lottomatica Roma : 6-4
Meneurs : Brandon Jennings - Ibrahim Jaaber - Jacopo Giachetti
Arrières : Sani Becirovic - Allan Ray
Ailiers : Rodrigo De la Fuente - Luigi Datome
Ailiers-Fort : Andre Hutson - Roberto Gabini - Alesandro Tonolli
Pivot : Primoz Brezec - Angelo Gigli
Coach : Nando Gentile
Panathinaikos : 7-3
Meneurs : Vassilis Spanoulis - Sarunas Jasikevicius - Dimitris Verginis
Arrières : Dimitris Diamantidis - Drew Nicholas - Nikos Hatzivrettas
Ailiers : Dušan Kecman - Stratos Perperoglou
Ailiers-Forts : Antonis Fotsis - Dusan Sakota - Fragiskos Alvertis
Pivots : Nikola Pekovic - Mike Batiste - Kostas Tsartsaris - Giorgi Shermadini
Coach : Zeljko Obradovic
Partizan Belgrade : 5-5
Meneurs : Aleksandar Rašić - Aleksić Vukašin
Arrières : Milenko Tepić - Uroš Tripković - Petar Božić - Bogdan Riznić
Ailiers : Čedomir Vitkovac - Vladimir Lučić - Strahinja Milošević
Ailiers-Fort : Stephane Lasme - Novica Veličković - Žarko Rakočević - Jan Vesely
Pivots : Slavko Vraneš - Darko Balaban - Nemanja Bešović
Coach : Duško Vujošević
Le CSKA tenant du titre est le favori de ce groupe et, si la logique est respectée, devrait être rejoint en quarts par Sienne, 3ème l'an passé. Le Cibona et Fenerbahçe sont un peu tendres pour ces deux géants de la scène européenne mais, aidés par leurs publics chauds bouillants, ils pourraient peut-être tirer leur épingle du jeu.
CSKA Moscou : 7-3
Meneurs : J. R. Holden - Zoran Planinic - Alexey Shved
Arrières : Trajan Langdon - Nikos Zisis
Ailiers : Ramunas Siskauskas - Viktor Khryapa - Viktor Keyru
Ailiers-Fort : Matjaz Smodis - Terence Morris - Andrey Vorontsevich
Pivots : Erazem Lorbek - Sasha Kaun - Artem Zabelin
Coach : Ettore Messina
Montepaschi Sienne : 8-2
Meneurs : Terrell Mc Intyre - Arriel McDonald - Morris Finley
Arrières : Rimantas Kaukenas - Henry Domercant
Ailiers : Romain Sato - Marco Carraretto
Ailier-Fort : Shaun Stonerook.
Pivots : Benjamin Eze - Ksistof Lavrinovic - Tomas Ress - Luca Lechthaler
Coach : Simone Pianigiani
Fenerbahçe Istanbul : 6-4
Meneurs : Marques Green - Damir Mršić.
Arrières : Ömer Onan - Devin Smith - Serhat Çetin
Ailiers : Gordan Giriček - Emir Preldžič
Ailiers-Fort : Mirsad Türkcan - Rasim Başak - Enes Kanter
Pivots : Semih Erden - Gašper Vidmar - Oğuz Savaş - Ömer Aşık.
Coach : Bogdan Tanjević
Cibona Zagreb : 5-5
Meneurs : Earl Calloway - Davor Kus - Vedran Princ
Arrières : Alan Anderson - Goran Vrbanc - Branimir Longin - Robert Troha - Filip Kruslin
Ailier : Marin Rozić
Ailiers-Forts : Vedran Vukusic - Jared Homan - Tomislav Zubcic
Pivots : Nikša Prkačin - Bruno Sundov - Luksa Andric - Franko Kastropil
Coach : Velimir Perasovic
Groupe E : 1) Tau Vitoria, 2) Olympiakos Le Pirée, 3) AJ Milan, 4) Prokom Sopot.
Groupe F : 1) FC Barcelone 2) Maccabi Tel-Aviv, 3) Real Madrid, 4) Alba Berlin.
Groupe G : 1) Unicaja Malaga, 2) Panathinaikos Athènes, 3) Lottomatica Roma, 4) Partizan Belgrade.
Groupe H : 1) CSKA Moscou, 2) Montepaschi Sienne, 3) Cibona Zagreb, 4) Fenerbahçe Istanbul.
- Tau Vitoria - Maccabi Tel-Aviv
- FC Barcelone - Olympiakos Le Pirée
- Unicaja Malaga - Montepaschi Sienne
- CSKA Moscou - Panathinaikos Athènes
06 novembre 2008
Tony Parker dans l'histoire
Les Spurs ont du mal en ce début de saison mais en l'absence de Manu Ginobili, Tony Parker en profite pour exploser les compteurs : hier soir, il a profité de la double prolongation face aux Minesota Timberwolves pour marquer 55 points et ainsi battre le record de points inscrits par un joueur Européen lors d'une rencontre NBA.
Voici la répartition de ces 55 points, auxquels iil faut ajouter 10 passes décisives et 7 rebonds, de la nuit dernière :
1er quart-temps : 11pts (5/9 aux tirs, 1/1 à 3pts )
2ème quart-temps : 13pts (4/6 aux tirs, 1/1 à 3pts, 4/4 aux lancers)
3ème quart-temps : 8pts (4/5 aux tirs)
4ème quart-temps : 10pts (4/7 aux tirs, aux lancers)
1ère prolongation : 4pts (2/4 aux tirs)
2ème prolongation : 9pts (3/5 aux tirs, 3/4 aux lancers)
A titre de comparaison, voici la liste de tous ces joueurs qui ont fait l'Histoire des Européens en NBA et qui ont un record personnel de points d'au moins 30 unités :
- Tony Parker : 55 points
- Dirk Nowiztki : 53 points
- Drazen Petrovic : 44 points
- Pau Gasol : 44 points
- Rik Smits : 44 points
- Peja Stojakovic : 42 points
- Linas Kleiza : 41 points
- Hedo Turkoglu : 39 points
- Luol Deng : 38 points
- Mehmet Okur : 38 points
- Detlef Schrempf : 36 points
- Dino Radja : 36 points
- Zydrunas Ilgauskas : 35 points
- Sarunas Marciulionis : 35 points
- Toni Kukoc : 34 points
- Vlade Divac : 34 points
- Arvydas Sabonis : 33 points
- Kelenna Azubuike : 33 points
- Boris Diaw : 31 points
- Andris Biedrins : 31 points
- Andrei Kirilenko : 31 points
- Gheorghe Muresan : 31 points
- Tariq Abdul-Wahad : 31 points
- Vladimir Radmanovic : 30 points
- Predrag Danilovic : 30 points
A noter, T.P est le 3ème joueur de l'histoire à compiler plus de 55 points et au moins 10 passes. Les deux autres s'appellent Oscar Robertson et Michael Jordan, tout simplement...
17 octobre 2008
Rudy Fernández, l'hélicoptère Majorquin
Si un film des années 90 affirmait que "White Men Can't Jump" alors le bondissant Rudy Fernández doit être la fameuse exception qui confirme la règle ! Dans un moment clé de la Finale des derniers Jeux Olympiques, le rookie des Portland Traiblazers sort le dunk des Jeux de Pékin, de l'année 2008 voire même de l'histoire du basket aux JO ! Parce qu'en face, celui qui se prend le "in your face" n'est autre que Diwght Howard, 2m11, 1m de détente sèche, et accessoirement l'un des tout meilleurs contreur de la NBA. D'ailleurs, le pivot du Magic a dû apprécier ce "mate" (smash en espagnol) en connaisseur puisqu'il a lui-même remporté le Slam Dunk Contest 2008.
D'ailleurs, peut-être aurons nous droit à une revanche lors du prochain concours de dunks. Ou alors, Rudy, s'il participe, sera peut-être le premier Européen à remporter ce concours. Mais nous n'en sommes pas là et savourons donc ce dunk venu d'ailleurs avec les commentaires de David Cozette et George Eddy : "Mais Rudy, t'es devenu complètement fou !"
15 octobre 2008
Histoire des clubs de la Liga ACB : le TAU Vitoria - Saski Basconia
Après la Joventut Badalona, place à un autre monstre sacré de la Liga ACB à la gloire plus récente : le Saski Baskonia SAD, plus connu de notre côté des Pyrénées sous le nom de Tau Vitoria.
Histoire d'un succès sportif et économique
Le club a été fondé en 1959 à Vitoria-Gasteiz, capitale administrative de la Communauté autonome du Pays Basque depuis 1980, et n'était l'époque qu'une section parmi d'autres du Club Deportivo Vasconia. Pendant 10 ans, l'équipe évolue dans le Championnat de la Province d'Alava qu'elle remporte à 5 reprises. A l'issue de la saison 1968-1969, le club accède à la 3ème Division, championnat qu'elle remporte dans la foulée. C'est le premier titre d'une longue série pour Vitoria.
Le Club Deportivo Vasconia passe deux saisons en seconde division et, sous la houlette de son coach mythique Pepe Laso, accède à l'élite du basket espagnol au printemps 1972. En 1976, le président José Luis Sánchez Erauskin décide de modifier légèrement la dénomination officielle du club et de le "basquiser" un petit peu : le B remplace le V pour donner naissance au Basconia-Scweppes. Ce changement d'une lettre peut paraîtra anodin mais dans le contexte de l'époque - un an après la mort de Franco - il ne l'est pas du tout.
A la fin de la saison 1980-81, le club est relégué en Primera et s'assigne la remontée immédiate comme objectif de la saison suivante. Pari réussi puisqu'après un an de purgatoire, Vitoria retrouve l'élite pour ne plus la quitter.
Lorsque le Baskonia reprend sa place en Première Division en 1982, le basket espagnol décide d'opérer sa mue en choisissant la voie du professionnalisme. Ainsi, la Liga ACB naît en 1983 et offre un cadre propice au développement d'un club décidé à franchir ce cap. La Ligue a également intérêt à ce que de nouveaux clubs se développe car à l'époque le championnat est outrageusement dominé par le Real Madrid (22 titres sur 27 !) alors que les catalans de Barcelone (3 titres entre 1957 et 1983) et de Badalone (2 titres au cours de cette période se partagent les miettes.
En 1985, le Arabatxo Baskonia remporte son premier trophée au sein de l'élite : la Copa Asociación à laquelle participaient les équipes éliminées lors du premier tour des Playoffs. Ce titre est peut-être symbolique mais il permet au club de faire son entrée sur la scène européenne : Vitoria tombera face à Villeurbanne mais prend rendez-vous pour l'avenir.
Au cours des années 80, le club se structure peu à peu et prépare les succès futurs. L'effectif s'internationalise déjà et les Essie Hollis, Terry White, Abdul Jeelani ou autres Larry Micheaux sauront conquérir le cœur du public. Également de jeunes joueurs comme Pablo Laso et Alberto Ortega se font également une place au soleil.
En 1987, un premier tournant intervient dans l'histoire du club : la société Taulell S.A., à travers ses marques Taugrés y TAU Cerámica, devient le sponsor principal de l'équipe et lui offre une assise financière solide. Ce partenariat est actuellement le plus ancien de la Ligue. Également au cours de la saison 1988-1989, l'ancien joueur Josean Querejeta est élu président et fait du club la toute premières société anonyme du basket espagnol : la SaskiBaskonia S.A.D.
Le second tournant intervient également à la fin des années 80 avec la construction d'une nouvelle salle. Le Pavillon Mendizorroza était devenu trop exigu pour une équipe qui pouvait compter sur un public de plus en plus important et de plus, la Liga ACB exigeait que chaque club de l'élite dispose d'une salle d'au moins 5 000 places. Le club investit l'ancien marché aux bestiaux de la ville pour en faire une salle moderne : la Araba Arena - qui deviendra la Fernando Buesa Arena en 2000, en hommage à un parlementaire socialiste assassiné par ETA alors qu'il visitait le campus universitaire de la ville - est inaugurée en septembre 1990 lors d'une rencontre face à l'Atlético de Madrid.
Sous l'impulsion de son président visionnaire Josean Querejeta, le Taugres (son petit nom à l'époque) poursuit sa marche en avant et recrute des joueurs du calibre de Sibilio, Rivas, Arlauckas, Marcelo Nicola, Velimir Perasović ou autres Kenny Green. Logiquement, les résultats sportifs sont vite là et lors de la saison 1991-1992, Vitoria retrouve l'Europe pour cette fois ne plus la quitter. Rapidement, le club se fait un nom sur la scène européenne en participant à 3 finales d'affilée de la Coupe Saporta. Après deux échecs successifs à Laussanne en 1994 et à Istanbul en 1995, les hommes de Manel Comas remportent à domicile son premier - et unique à ce jour - trophée européen : la Coupe Saporta 1996 fièrement soulevée par les Rivas (31 points lors de cette finale), Nicolas et un Garbajosa encore imberbe.
Mais cette Coupe Saporta n'est pas le premier trophée de cette équipe puisque l'année précédente, Pablo Laso et Velimir Perasović avaient ramené la Coupe d'Espagne à Vitoria. Le club va même devenir une équipe de Coupes puisqu'il va remporter 4 autres Coupes d'Espagne en 1999, 2002, 2004 et 2006.
En 1997, l'équipe va adopter son nom actuel et devenir le Tau Cerámica. En 1998, elle atteint la finale de la Liga ACB pour la première fois mais s'incline face à Manresa. Cependant, les fondations sont solides et le club peut entrevoir l'avenir avec sérénité car en plus de disposer d'importants moyens financiers, il peut s'appuyer sur un centre de formation efficace comme le prouvent les 2 titres de Champion d'Espagne Juniors remportés en 1991 et 1994.
Après avoir parfaitement négocié le virage du professionnalisme à la fin des années 80, le Tau Vitoria et son président Josean Querejeta va parfaitement aborder le tournant des années 2000, de l'Euroligue et de l'arrêt Bosman. Le club va faire venir de jeunes joueurs d'Espagne (Garbajosa), d'Europe (Teletovic) et surtout d'Amérique Latine (Nocioni, Scola et Splitter) dont elle va parfaire la formation. Sa puissance financière va également lui permettre de faire signer des grands nom du basket européen et mondial : Calderon, Foirest, Alexander, Macijauskas, Bennett, Oberto, Vidal, Hansen, Prigioni, et bien d'autres. Le tout coaché par des entraîneurs de renom : Dusko Ivanovic, Bozidar Maljkovic, Neven Spahija...
A la fin des années 90, la Araba Arena, devenue trop petite au fur et à mesure des victoires, s'agrandit pour atteindre sa capacité actuelle de 9 717 places. Un nouvel agrandissement est en projet et la Fernando Buesa Arena pourrait très bientôt accueillir jusqu'à 13 000 spectateurs.
Au niveau des finances, le budget du club était de 600 000€ en 1988 et la contribution du sponsor principal représentait 60% de ce montant. En 2007, le budget était de 14 M€ dont seulement 12% provenaient du sponsor principal. Développement des infrastructures, multiplication des revenus et des sources de financement, recrutement ambitieux et à long terme, telles sont les clés de l'avènement et de la longévité du Tau Vitoria.
Sur les parquets, le Saski Baskonia est devenu un très grand d'Espagne et d'Europe. Sur la scène nationale, en plus des succès en Coupe du Roi, le club obtient son premier titre de champion en 2002 : c'est le premier titre qui n'est remporté ni par le Real Madrid, ni par une équipe catalane (Barcelone, Badalone et Manresa). Les Basques ont remporté leur second titre cette année et ont également fait main basse sur la Supercopa qu'ils ont remportée à 4 reprises (2005, 2006, 2007 et 2008), seule l'édition 2004 leur ayant échappé.
En Europe, le Tau atteint sa première finale de l'Euroligue en 2001, année de la scission entre l'ULEB et la FIBA, où elle s'incline face au Kinder Bologne de Ginobili et Rigaudeau après 5 rencontres d'anthologie. Le club confirme sa régularité au plus haut niveau européen en participant à quatre Final Four d'affilée entre 2005 et 2008 sans jamais s'imposer. Cette année sera-t-elle la bonne ?
Quelques grands noms du club :
Josean Querejeta (1974-1978, 1980-1981 et 1984-1988)
Essie Hollis (1983-1985)
Alberto Ortega (1983-1991)
Pablo Laso (1984-1995)
Larry Micheaux (1986-1990)
Ramón Rivas (1989-1996)
Joe Arlauckas (1990-1993)
Marcelo Nicola (1991-1996)
Velimir Perasović (1993-1997)
Jorge Garbajosa (1994-2000)
Elmer Bennett (1997-2003)
Andrés Nocioni (1999-2000 et 2001-2004)
Laurent Foirest (1999-2003)
Luis Scola (2000-2007)
José Manuel Calderón (2002-2005)
Arvydas Macijauskas (2003-2005)
Le palmarès complet :
Coupe Saporta : 1996
Championnat d'Espagne : 2002 et 2008
Finaliste de la Liga ACB : 1998, 2005 et 2006
Coupe du Roi : 1995, 1999, 2002, 2004 et 2006
Supercopa : 2005, 2006, 2007 et 2008
La Saison 2008-2009
Le Tau sort de la meilleure saison de son histoire avec à la clé un titre de champion, une finale de la Coupe du Roi et une nouvelle participation au Final Four de l'Euroligue. Le tout en ayant perdu son meilleur joueur, Luis Scola, parti à Houston faire le bonheur des Rockets.
L'équipe a de sacrés arguments à faire valoir, comme par exemple le pivot Brésilien Tiago Splitter qui n'a pas succombé aux sirènes des Spurs de Tony Parker et a préféré prolongé son séjour au Pays Basque. L'excellent meneur Pablo Prigioni, le MVP de la finale ACB Pete Mickeal et la révélation de la saison passée Mirza Teletovic sont toujours là alors qu'Igor Rakocevic aura à cœur de se racheter après une année en demie-teinte. On suivra également le jeune Argentin Matías Nocedal (18 ans) qui est annoncé comme le nouveau Ginobili. Faire mieux que l'an passé serait un exploit mais les Basques n'ont jamais semblé aussi forts donc tout est possible !
L'effectif :
Meneurs : Pablo Prigioni, Mustafa Shakur, Matías Nocedal
Arrières : Igor Rakocevic, Ariel Eslava
Ailiers : Pete Mickeal, Sergi Vidal, Fernando San Emeterio
Ailier-Fort : Mirza Teletovic
Pivots : Tiago Splitter, Will Mc Donald, Stanko Barac
Mouvements :
Arrivées : Shakur (Arizona Wildcats), San Emeterio (Gérone), Barac (Valence), Eslava (Gimnasia)
Départs : James Singleton (Dallas), Planinic (CSKA), Jasaitis (Badalone), Fernandez (Breogan)
L'équipe est entraînée par Dusko Ivanovic qui a été licencié par Barcelone en février dernier. Malgré tout, c'est un coach apprécié par le public de Vitoria car il a contribué à la montée en puissance du club entre 2000 et 2005 en conduisant l'équipe à ses deux premiers Final Four et à son premier titre de champion d'Espagne. De plus, sosu coupe, le Tau a conquis 2 Coupes du Roi (2002 et 2004).
30 septembre 2008
Histoire des clubs de la Liga ACB : la Joventut Badalona
La Liga ACB, sans doute le championnat de basket le plus relevé après la NBA, reprend ses droits dès samedi. L'occasion pour moi de vous raconter l'histoire de quelques clubs phares de l'élite du basket espagnol. Pour le premier volet de cette série, nous allons évoquer le passé du prestigieux club de Badalone : la Joventut Badalona.
Histoire d'un mythe du basket-ball espagnol
La Joventut Badalona est la seule équipe de la Liga ACB avec le Real Madrid et l'Estudiantes, à avoir toujours évolué au sein de l'élite du basket espagnol. La salle des trophées du club est bien garnie puisque la Penya a remporté une Coupe d'Europe, deux Coupes Korac, une Eurocoupe, une Coupe ULEB, quatre Ligas ACB, huit Coupes du Roi et onze Ligas Catalanes.
Tout a commencé en 1930 à Badalone, ville au nord de Barcelone, avec la création d'un club omnisports (basket, cyclisme, tennis de table et football) s'appelant alors Penya Spirit of Badalona. En 1932, l'entité change de nom pour devenir le Centre Esportiu Badaloní. C'est en 1939 que le club adopte son appellation actuelle de Club Joventut de Badalona, nom qui sera espagnolisé sous Franco en Club Juventud de Badalona, ce qui signifie toujours en Français "Club de la Jeunesse de Badalone". Au gré des changements de sponsor, la dénomination commerciale a varié au cours des années - on a par exemple connu la Joventut Schweppes, la Joventut Sony ou encore la 7up Joventut - et depuis 2001, on parle de la DKV Joventut Badalona, du nom de la société de crédit allemande partenaire du club.
C'est au cours des années 40 que le basket est devenue l'activité principale de l'entité et que les couleurs vertes et noires ont définitivement été adoptées. Pourquoi un maillot vert et un short noir ? La légende voudrait que lors de la fondation du club en 1930, c'était tout simplement les seuls équipements disponibles dans le magasin de sport.
En 1955, Badalone participe au premier championnat national pour ne jamais quitter l'élite du basket espagnol. Cette longévité est en grande partie au centre de formation du club, la Escola de Bàsquet, où sont passés les Josep Maria Margall, Jordi Villacampa (l'actuel président de la Penya), Rafael Jofresa et plus récemment Álex Mumbrú, Rudy Fernández, Raúl López et bien sûr Ricky Rubio. L'importance accordée à la cantera est la marque de fabrique d'un club dont l'identité repose également sur un jeu rapide et agressif.
Malgré une présence constante dans la Liga ACB, la Joventut est surtout célèbre pour ses épopées européennes du début des années 90. En 1992, l'équipe arrive au Final Four dans la peau du favori et va disputer une finale d'anthologie face au Partizan Belgrade de Danilovic et Djordjevic. A quelques secondes de la fin de la rencontre, le meneur catalan Tomás Jofresa inscrit un panier en pénétration qui donne deux points d'avance à la Penya. Mais Djordjevic choisit ce moment pour remonter le terrain à toute vitesse et inscrire un 3 points venu d'ailleurs : le Partizan s'impose 71 à 70. Un peu plus tôt dans la saison, lors de l'Open Mac Donald's organisé à Paris, Badalone avait également connu une fin de match à suspense puisque les Catalans, menés 116 à 114 dans les ultimes secondes d'une finale les opposant aux Lakers, s'étaient vu siffler un marché imaginaire lors de l'ultime possession.
Deux ans après l'échec d'Istanbul, la Penya allait mettre fin à cette "malédiction" des fins de match en remportant remportant l'édition 1994 de la Coupe d'Europe. Désormais entraînés par Obradovic, l'entraîneur du Partizan en 1992, Badalone s'impose grâce à un 3 points de Corny Thompson lors des ultimes secondes de cette finale disputée face à l'Olympiakos. La Joventut est le premier club catalan à remporter cette compétition, 9 ans avant le FC Barcelone.
Ces deux rencontres en images :
1992 et Djordjevic :
1994 et Thompson :
Quelques grands noms du club :
Alfonso Martinez (1961-1962 et 1966-1972)
Francesc "Nino" Buscató (1964-1974)
Luis Miguel Santillana (1967-1981)
‘Matraco’ Margall (1972-1990)
Jordi Villacampa (1980-1997)
José Antonio Montero (1981-1990)
Rafael Jofresa (1983-1995 et 1999-2003)
Corny Thompson (1990-1994)
Ferran Martinez (1990-1994 et 1999-2000)
Mike Smith (1991-1995)
Álex Mumbrú
(1996-2002 et 2004-2006)
Rudy Fernández (2003-2007)
Ricky Rubio (2004-2009)
Le Palmarès complet :
Euroligue : 1994
Coupe ULEB : 2008
FIBA EuroCup : 2006
Coupe Korac : 1981, 1990
Championnat d'Espagne : 1991, 1992, 1967, 1978
Finaliste de la Liga ACB
: 1985, 1987, 1990, 1993
Coupe du Roi : 1948, 1953, 1955, 1958, 1969, 1976,
1997, 2008
Ligue catalane: 1986, 1987, 1988, 1990, 1991, 1992, 1994, 1998,
2005, 2008
Infrastructures :
La Joventut évolue au Pavillon Olympique de Badalone qui a été construit à
l'occasion des Jeux Olympiques de Barcelone. C'est dans cette enceinte de 12 500
places qu'a évolué la Dream Team de 92 qui a émerveillé la planète entirère.
A l'heure actuelle, 3 maillots sont retirés :
Numéro 5: Rafael Jofresa
Numéro 7: Josep Maria Margall
Numéro 8: Jordi Villacampa
La Saison 2008-2009
L'exercice 2007-2008 a été plutôt positif pour la Joventut qui a réussi le
doublé Coupe du Roi - Coupe ULEB et a atteint les demi-finales de la Liga ACB où
elle a échoué face au voisin Barcelonais. Malheureusement, ces succès ont
suscité des convoitises et le joueur clé et emblématique de l'équipe, Rudy
Fernández a traversé l'Atlantique alors que l'excellent Lubos Barton a pris la
ligne 1, changé à Espanya, pris la 3 pour se retrouver au Palau Blaugrana.
Malgré tout, cette équipe fait toujours partie des prétendants au titre et
son parcours sera suivi attentivement car tout le monde guette l'explosion de la
nouvelle star du club : Ricky Rubio, 18 ans le 24 octobre.
La saison a
plutôt bien démarré puisque, bien que privée de Rubio et de Mensah-Bonsu,
Badalone a remporté la Ligue Catalane face au Barça. Mais l'élimination en
demi-finale de la Supercopa face à Saragosse a laissé entrevoir quelques
faiblesses.
L'effectif :
Meneurs : Demond Mallett, Pau Ribas, Ricky
Rubio
Arrières : Bracey Wright, Ferran Laviña
Ailiers : Luka Bogdanovic,
Simas Jasaitis
Ailiers-Forts : Jan-Hendrik Jagla, Pops Mensah-Bonsu
Pivots : Eduardo Hernández-Sonseca, Henk Norel
Les Mouvements :
Arrivées : Bogdanovic (Le Mans), Norel (Alicante), Mensah-Bonsu (Grenade),
Wright (Aris), Jasaitis (Vitoria)
Départs : Barton (Barcelone), Fernández
(Portland), Popovic (Estudiantes), Flis (Lleida), Moïso (Khimki)
L'équipe est entraînée par Sito Alonso, un jeune entraîneur de 33 ans.
Il succède à Aíto García Reneses, dont il était l'adjoint depuis 2005, qui avait
quitté le club pour mener la Séleccion à la médaille d'argent aux Jeux de Pékin.
Aíto est désormais l'entraineur de l'Unicaja Malaga.
30 avril 2008
Ils sont morts les soleils ?
Le 1er tour de Playoffs NBA depuis le Utah Jazz - Houston Rockets de 1995 a donné son verdict : les Spurs remportent la série 4 victoires à 1 face aux Suns. Si le score est sévère pour Phoenix qui a fait jeu égal avec le Champion tout au long des 5 matches, cette élimination précoce marque sans doute la fin d'un cycle pour une équipe qui aura marqué le milieu des années 2000.
Petit flash-back 4 ans en arrière : nous sommes en avril 2004 et les Suns ne sont pas qualifiés pour les Playoffs et présentent un bilan catastrophique de 29 victoires pour 53 défaites. Le départ de Stephon Marbury, la pseudo star de l'équipe, pour New-York en cours de saison ayant fini d'achever une équipe qui ne peut compter que sur Shawn Marion et le rookie de la saison précédente, Amare Stoudemire. Fin 2003, un nouveau coach, Mike D'Antoni, qui avait jusque là bâti sa réputation en tant que joueur et qu'entraîneur prend les rênes de l'équipe sans susciter un enthousiasme débordant...
A l'intersaison, le meneur Steve Nash, un ancien de la maison, arrive en tant qu'agent libre en provenance de Dallas. Malgré ce renfort de choix, les observateurs, qui n'ont d'avisés que le nom, ne voient pas les Suns briller à l'aube de la saison 2004-2005. Mais le Canadien se révèlera être le chef d'orchestre idéal du jeu ultra offensif prôné par D'Antoni : Marion et Stoudemire se régalent en contre-attaque alors que Quentin Richardson et Joe Johnson allument à 3 points. A la surprise générale, les Suns finissent premiers de la saison régulière avec 62 victoires et Nash est logiquement élu MVP. Surtout, avec les succès des Suns, un vent nouveau souffle sur la NBA où les schémas défensifs étaient de rigueur depuis les années 90 et avaient contribué aux succès des Bulls, Lakers, Spurs et autres Pistons. Phoenix fait école et de nombreuses équipes adoptent, avec plus ou moins de succès, le Run 'n Gun.
Mais la défaite 4-1 en finale de Conférence face aux Spurs ramène Phoenix à la dure réalité : pas de bague de champion sans une défense digne de ce nom. C'est pourquoi, à l'intersaison, Raja Bell, Kurt Thomas et Boris Diaw viennent renforcer l'assise défensive de l'équipe. Malgré l'absence de Stoudemire pendant toute la saison, les Suns confirment (alors que certains de nos chers observateurs les voyaient finir 9ème) et chaque joueur hausse son niveau de jeu pour compenser l'absence de l'intérieur vedette. Boris Diaw explose littéralement et remporte le titre de MIP (joueur ayant le plus progressé) et Nash, au sommet de son art, remporte un deuxième titre consécutif de MVP. Phoenix finit troisième à l'Ouest (54-28) mais s'incline une nouvelle fois en finale de Conférence (4-2), face au Dallas de Dirk Nowitzki cette fois.
Avec le retour de Stoudemire, la saison 2006-2007 s'annonce prometteuse pour les joueurs de l'Arizona et elle sera plutôt réussie puisque les Suns finiront avec le 2ème meilleur bilan de la saison régulière (61-21) et Barbosa sera élu meilleur sixième homme. Mais une nouvelle fois, Nash et cie échoueront en demi-finales de Conférence (4-2) face aux Spurs, futurs champions, dans une confrontation qui est considérée comme la véritable Finale NBA. Les Suns auraient très bien pu l'emporter mais le sort de la série a véritablement basculé dans le match 4 : Robert Horry envoie Steve Nash sur la table de marque, Raja Bell s'énerve et prend une technique alors que Diaw et Stoudemire sont suspendus un match pour être entrés sur le parquet alors qu'ils auraient dû rester sur le banc. Déstabilisé par cet évènement et l'absence de deux joueurs clés, Phoenix laisse San Antonio s'envoler vers le titre.
Avec un effectif quasi-inchangé, les Suns avaient logiquement de grosses ambitions mais un évènement va complètement modifier le cours de leur saison : en janvier, les Lakers, auteurs d'un début de saison au-delà de toutes leurs espérances, enregistrent l'arrivée de l'excellent Pau Gasol (MVP du Mondial 2006, Rookie de l'année 2002) en échange d'une armée de tocards. L'onde de choc se répand dans toute la ligue et toutes les équipes cherchent à renforcer leur secteur intérieur. Phoenix, qui a stagné alors que la concurrence se fait de plus en plus rude à l'Ouest (Dallas, San Antonio, Los Angeles, Utah, Denver, La Nouvelle-Orléans, Golden State, Houston...) tente alors un coup de poker : échanger Shawn Marion, homme à tout faire de D'Antoni, contre le vieux mastodonte Shaquille O'Neal.
Malheureusement, la sauce ne prendra pas et les Suns perdront leur âme en proposant un jeu bâtard où ils auront perdu leur efficacité passée en contre-attaque sans réellement progresser sur le jeu placé et défensif. Nash est exténué par l'absence de turnover de son coach et le poids des ans se fait sentir, Stoudemire et Barbosa bouffent tous les ballons, Diaw est perdu sur le parquet, Hill à l'infirmerie alors que le Shaq est à des années lumières de son lustre passé. Au final, les Suns finissent la saison avec un honorable 55-27 qui leur offre la sixième place à l'Ouest et le redoutable honneur d'affronter les Spurs au premier tour.
S'ils ont offert un basket d'un haut niveau durant la série, les Suns ont payé l'absence de Marion car Ginobili et surtout Parker se sont baladés alors que dans le même temps, O'Neal et Stoudemire ont énormément souffert face à la classe naturelle de Tim Duncan. Bien sûr, Phoenix aurait mérité mieux, à l'image de ce final de folie dans le premier match mais globalement, les Spurs étaient plus forts.
Se pose maintenant la question de l'avenir de cette équipe où Nash (34 ans), O'Neal et Hill (36 ans chacun) sont proches du crépuscule. D'Antoni devrait partir du côté de New York et même si cette équipe a de l'orgueil (cf le match 4 face à San Antonio), le soleil est moins resplendissant sur l'Arizona.
Les soleils se sont couchés à l'Ouest et c'est toute une philosophie de jeu qui a fait un bien fou à la NBA qui s'éteint avec cette défaite. 2009 me fera peut-être mentir mais cette équipe des Suns restera dans l'Histoire comme une grande équipe de saison régulière mais pas de phase finale...
31 juillet 2007
La fin d'une époque
Cette saison 2006-2007 aura vraiment marqué un tournant dans l'histoire du basket européen. Pourquoi ? Parce que l'histoire des joueurs Européens en NBA compte deux jolis chapitres supplémentaires avec les titres, mérités, de MVP de la saison régulière et MVP des finales de Dirk Nowiztki et Tony Parker. Les seules récompenses qui manquent encore à l'appel sont : Défenseur de l'année, MVP du All Star Game et vainqueur du Slam Dunk Contest. A part le 1er, rien de bien important.
Pendant ce temps là, sur le Vieux continent, une page d'Histoire se tournait avec les retraites de 3 symboles d'une époque désormais résolue : Dejan Bodiroga, Jim Bilba et Frédéric Fauthoux. 3 joueurs, 3 styles et 3 empreintes différentes...
A tout seigneur, tout honneur, place à l'immense Dejan Bodiroga : symbole de ces joueurs Européens pétris de talent mais qui n'ont pas tenté leur chance Outre-Atlantique. Sans trop s'avancer, on peut même affirmer que le Serbe est sans doute le joueur le plus talentueux n'ayant pas évolué en NBA. En 2002, Sacaramento (franchise qui l'avait drafté en 2005) le convoitait fortement pour recréer, aux côtés de Vlade Divac et Peja Stojakovic, une partie de l'équipe de Yougoslavie championne du Monde mais le cousin éloigné de Drazen Petrovic, alors au sommet de son art, préféra répondre aux appels du pied du FC Barcelone où il allait devenir l'idole du Palau Blaugrana. Ce qui est sacré exploit pour un joueur qui avait porté les couleurs du Real quelques années auparavant.
Bodiroga était un vrai joueur de basket, pas un de ces athlètes montés sur ressorts qui pullulent en NBA, avec une technique et une vision du jeu exceptionnelles. Tous les amateurs de basket se souviennent avec émotion de son "latigo" ou "coup de fouet" qui lui permettait d'éliminer n'importe quel défenseur. En plus de cela, le Serbe pouvait compter sur un shoot longue distance fiable, des fondamentaux parfaitement maîtrisés et plus l'enjeu était important, plus il savait se montrer décisif.
C'est tout naturellement qu'il s'est construit un palmarès impressionnant et trop long pour être cité dans sa totalité. On notera toutefois 2 titres de Champion du Monde assortis de 2 titres de MVP de la compétition, 3 titres de Champion d'Europe, 3 Euroligues (+ 2 titres de MVP du Final four), 1 Coupe Saporta, 2 titres de meilleur joueur Européen, 3 Ligas ACB (+ 2 titres de MVP du championnat espagnol et un autre de MVP des finales), 3 championnats de Grèce et 1 championnat d'Italie...
Maintenant, un joueur de la trempe Bodiroga irait sans doute tenter sa chance en NBA et c'est ce qui fait de Dejan un phénomène en voie d'extinction. Parce que des joueurs dans le style du Serbe ou même de Rigaudeau : des "meneurs" de plus de 2 mètres, créateurs, shooters, polyvalents et avec un shoot exceptionnel, on n'en a plus beaucoup. Il reste Papaloukas ou encore Boris Diaw, mais celui-ci a un style plus moderne...
Autre glorieux retraité, Jim Bilba a pris sa retraite à 39 ans. "Gentleman Jim" a l'un des plus gros palmarès du basket français : vice-champion olympique, champion d'Europe avec Limoges en 1993, double champion de France, deux Coupes de France, champion de Grèce et 3 titres de MVP français de Pro A.
Par son jeu, il a préfiguré le joueur d'aujourd'hui : très athlétique et excellent défenseur. Son successeur est déjà tout trouvé et est également originaire de la Guadeloupe : c'est Florent Piétrus. Un intérieur de moins de 2m qui compense sa petite taille (relative) par une énorme détente verticale, bon contreur, capable de défendre sur des grands intérieurs, plus discret en attaque et ayant un sens aigu du collectif.
Avec la retraite du Guadeloupéen, c'est une page de l'histoire du basket français : quand les clubs français étaient compétitifs à l'échelle européenne (2 Final Four joués sous les couleurs du CSP et un autre qu'il aurait dû disputer en 1997 sans la folie des supporters Turcs) et l'équipe nationale à la peine. En effet, il aura fallu attendre 2000 pour qu'elle s'illustre lors d'une compétition internationale.
Jim Bilba est sans doute le joueur français le plus marquant des années 90 avec un autre prodige passé lui aussi par l'école choletaise : son ancien partenaire du centre de formation, un certain Antoine Rigaudeau...
A l'inverse de Bilba, le troisième larron n'avait pas de qualités physiques exceptionnelles et ne dépassait pas le mètre 80. Un physique "banal" pour un joueur de talent et de caractère à l'adresse extérieure redoutable : Frédéric Fauthoux alias "Petitou" pour le Palais des Sports de Pau...
Le Landais appartient à une autre génération : celle où les apprentis basketteurs français rêvaient de porter les couleurs du club de leur coeur et pas de dollars outre-Atlantique. Plus jeune, le petit Frédéric ne voulait rien de plus que porter le même maillot que son idole, Freddy Hufnagel, le joueur légendaire de l'époque où Orthez évoluait encore au marché couvert de la Moutète. Son rêve bleu-vert (les couleurs de l'Elan) sera plus qu'exhaussé puisqu'il aura disputé pas moins de 18 saisons sous les couleurs de l'Elan Béarnais.
L'occasion de se bâtir un palmarès hors du commun : 7 titres de champion de France, 3 Coupes de France et 4 Semaines des As. Il lui manque juste une Coupe d'Europe et c'est passé près en 1996 quand la French Team de Pau (Rigaudeau, les frères Gadou, Foirest, Dubos...) faisait peur à l'Europe entière. Bien sûr, il n'a jamais été le joueur star de l'équipe, souvent un remplaçant de luxe, mais c'est normal quand on voit le nom des joueurs qu'il a côtoyés : Conrad Mc Rae, Antoine Rigaudeau, Boris Diaw, Roger Estreller, Florent et Mickaël Piétrus, Laurent Foirest, Gheorghe Muresan, Marcus Brown, Lawrence Funderburke, Thierry et Didier Gadou, Ronnie Smith, Cyril Julian, Dragan Lukovski, Rod Sellers, Stéphane Risacher... Mais la trace qu'il a laissée au sein du club est tellement grande que son numéro 4 ne sera sans doute plus jamais porté...
Limité physiquement et pas particulièrement fiable en défense, Petitou n'a rien du joueur moderne. Mais il compensait par d'autres qualités qu'on ne retrouve pas forcément chez un joueur moderne : tir extérieur redoutable, sens aigu du collectif, fédérateur de vestiaire, état d'esprit irréprochable et amour du maillot...
Avec la retraite de Petitou, une page de la glorieuse histoire de Pau-Orthez se tourne : cette saison, le club ne compte aucun Béarnais au sein de son équipe première... Et l'Elan Béarnais n'est plus cette équipe qui faisait peur à la France entière... Les temps changent mais Frédéric Fauthoux restera à jamais gravé dans l'histoire de son club et du basket français...













