L'oeil du Cyclone

Un regard critique, partial et de mauvaise foi sur l'actualité sportive...

07 septembre 2008

Bal des débutants tragique à Vienne

Hier soir, l'équipe de France se présentait dans une version rajeunie et assez inexpérimentée puisque les Mandanda (2 sélections), Sagna (3 sélections), Mexès (9 sélections), Evra, Lassana Diarra, Nasri, Benzema (14 sélections chacun) sont encore des novices sur la scène internationale. Et leur entrée en matière restera dans les annales mais certainement pas de la manière dont ils l'auraient souhaitée vu que la France a subi sa plus grosse humiliation face à l'Autriche depuis 1940. Et encore, à l'époque, l'Anschluss avait permis aux Autrichiens de combattre sous les mêmes couleurs que leurs très puissants alliés Allemands et de remporter un succès fulgurant lors du printemps 1940.
La politique de l'Autriche a été assez simple lors de ce drôle de match puisque les co-organisateurs du dernier Euro ont d'abord adopté une stratégie attentiste avant de surprendre les Français par des attaques aériennes. Ainsi, dès la 8ème minute, Janko - ou plus sûrement Mexès - trompait Mandanda. Le même scénario allait se répéter à la 41ème avec un Aufhauser qui profitait de la passivité de Gallas et surtout de Mandanda pour donner deux buts d'avance à son équipe au repos. Govou allait réduire le score mais sur un corner pas très évident, un an presque jour pour jour après le match d'ouverture raté du XV de France face aux Argentins, Philippe Mexès allait rendre hommage au principal artisan du succès des Pumas - un autre grand blond en la personne de Rémy Martin - d'un superbe placage en pleine surface sur Janko. Pénalty logique transformé sans problème par le capitaine Ivanschitz.

Le score paraît irréel mais l'Autriche a bien battu la France 3 à 1. Comme dans chaque déroute, il est bon ton de désigner des coupables et Mexès semble être l'accusé tout trouvé puisqu'il ne regarde à aucun moment le ballon sur le premier but et se fait bêtement surprendre alors qu'il envoie inexplicablement son adversaire au tapis sur le 3ème but. Le meilleur défenseur du championnat d'Italie a donc particulièrement souffert face à Janko, terrible attaquant qui fait frémir les défenses du monde entier, et son mètre quatre-vingt seize. Bien sûr, le Romain mesure 9 centimètres de moins mais il aurait pu jouer sur sa vivacité afin de stopper l'attaquant adverse.
Autre accusé : Bakary Sagna, complètement catastrophique dans son couloir droit pourtant peu emprunté par les Autrichiens. Son match se résume à une succession de contrôles ratés, de centre à la Bernard Mendy et d'interventions plus que limites. L'ancien Auxerrois n'a pas le niveau international et il y a une véritable pénurie d'arrière-droits en Premier League pour que des Sagna ou des Chimbonda puissent être élus meilleurs joueur du chammpionnat à ce poste.
Egalement, Thierry Henry, qui en plus d'être nés le même jour (17 août 1977) et d'avoir été capitaine des Gunners, poussent la similitude à connaître un même déclin depuis la Coupe du Monde 2006. Le défenseur est moins tranchant dans les duels mais compense par sa science du placement. L'attaquant du FC Barcelone a de son côté basé son immense carrière sur sa capacité d'accélération semble courir après la forme depuis plusieurs années et se montre donc peu dangereux. En outre, sa volonté de vouloir effacer sa réputation d'individualiste forcené en cherchant à tout prix la passe décisive pour Benzema, en plus de rendre son jeu prévisible, est presque risible.
Enfin, Steve Mandanda, qui a été proclamé plus grand gardien du monde après 3 arrêts face à Erding à qui il faut habituellement 5 occasions avant de conclure, est passé au travers et sa responsabilité est fortement engagée sur le deuxième but où il ne sort pas pour soulager une défense aux abois sur les coups de pied arrêtés adverses. Il confirme ainsi les lacunes affichées dans le jeu aérien aperçues l'an dernier face à Porto ou lors du tour préliminaire de la Ligue des Champions. 5 buts encaissés en 3 sélections, c'est bien plus qu'un Landreau par exemple qui n'a concédé que 3 buts en 11 sélections. Bizarrement, le portier marseillais bénéficie d'une certaine impunité alors que depuis le début de la saison, il a quand même récupéré le ballon dans ses filets à 11 reprises en seulement 8 rencontres. Pour info, Lloris a réussi à préserver ses cages inviolées durant les 5 rencontres qu'il a disputées...

Mais le principal responsable de cette déroute est le collectif qui a tout simplement été défaillant notamment dans l'engagement. Les Français ont semblé bien timoré alors que l'arbitre de la rencontre n'avait pas le coup de sifflet facile. A l'exception de Toulalan qui a mouillé le maillot bleu jusqu'au bout, on peut même remettre en cause l'attachement des joueurs pour leur sélection car à aucun moment, on a aperçu un sentiment de révolte. Il vaudrait donc mieux parler d'absence de caractère dans une équipe qui manque de caractère.
Peut-être plus que ses joueurs, Raymond Domenech est le grand perdant de la soirée et a perdu le peu de crédit qui lui restait après un Euro raté. D'ailleurs, cette équipe de France devait être celle du renouveau et devait nous faire oublier le mois de juin dernier. Or, les lacunes affichées en Suisse sont toujours aussi criantes : défense fébrile sur les balles arrêtées, absence de créativité et de fond de jeu, manque de maîtrise technique, collectif aux abonnés absents et aucun sentiment de révolte.
Même s'il n'y est pour pas grand chose sur les buts encaissés, le sélectionneur a quand même sa part de responsabilité dans la défaite et l'absence de Mexès mise à part, on peut lui faire les mêmes reproches qu'il y a 6 mois quant à certains choix : la non complémentarité du duo de récupérateurs (Flamini à la place de Diarra serait une solution), l'absence de gauchers et de centreurs (Rothen à tout hasard), aucun joueur capable de tirer de loin (Cabaye ou Bodmer pourraient le faire)le manque de passeurs (Gourcuff pourrait être associé à Toulalan dans l'axe dans une option plus offensive) et de percussion au milieu de terrain (Giuly et Pires seraient intéressants dans ce registre). Mais malgré tout, Domenech se heurte à certaines limites inhérentes au réservoir de joueurs dont il dispose : Ribéry, Ben Arfa et Ménez blessés, les joueurs français percutants sont rares. A part Bodmer et Mexès, aucun défenseur français n'est doté d'une relance satisfaisante à part peut-être Bourillon ou Planus qui ne sont pas titulaires en club et n'ont pas le niveau requis. Au milieu, en l'absence de Vieira, il manque un "grand" capable de jouer vers l'avant : Bodmer pourrait tenir ce rôle mais il ne peut pas jouer à la fois au milieu et en défense.

Malgré tout,il y a quelques raisons d'espérer et la qualification pour la Coupe du Monde n'est pas encore compromise. Les Bleus ne seront certainement pas aussi malchanceux à chaque rencontre qu'à Vienne puisque les Autrichiens ont marqué sur leurs 3 seules occasions. Dans le meê temps, les Français ont trouvé la transversale à deux reprises et ont réussi à se créer des situations dangereuses. Même s'il n'a pas réussi à se trouver dans une position favorable, Benzema été intéressant par son activité alors que le réalisme, nouveau chez lui, d'un Govou pourra débloquer quelques rencontres serrées. Surtout l'espoir sera surtout entre les pieds de Franck Ribéry qui est le seul joueur français à destabiliser n'importe quel défense, en espérant les éclosions futures de Ménez et Ben Arfa. Enfin, la défaite des Roumains à domicile face aux Lituaniens est peut-être une chance pour les Français si les Baltes ne confirment pas cette performance.
Mais il faudra que chaque joueur hausse son niveau de jeu et que la France retrouve une véritable force collective. Certains changements s'impose selon moi comme la titularisation de Lloris, le replacement de Lassana Diarra au poste de latéral droit. Reste à savoir qui associer à Toulalan dans l'axe : Gourcuff pour une option plus offensive ou plus sûrement Flamini pour sa capacité à se projeter vers l'avant et son activité. Quant à Mexès, il semble difficile de le titulariser à nouveau alors pourquoi ne pas donner sa chance à Squillacci et à son jeu de tête plutôt qu'à Abidal, catastrophique dans l'axe face à l'Italie lors du dernier match de de l'Euro. Enfin, la faiblesse sur les balles arrêtées sera difficile à combler avec l'effectif actuel puisque seul Alou Diarra semble capable d'apporter un plus dans ce secteur mais le Bordelais, incapable de faire une plus de cinq mètres, est encore moins complémentaire de Toulalan que son homonyme !

Le match face à la Serbie mercredi sera donc crucial et une victoire est impérative pour se relancer dans la course à la qualification. Et en face, il y aura Zigic, il s'appelle Zigic, c'est un attaquant pas comme les autres qui culmine à 2m02 et qui est très à l'aise balle au pied. Bref, un joueur d'un tout autre calibre que Janko qui a fait si mal aux Français samedi soir.
La victoire est loin d'être assurée mais elle reste plus qu'accessible à une équipe qui pour séduire à nouveau les Français devra nous prouver qu'elle a du caractère. On espère que, comme le proclame son équipementier qui essaye de nous refourguer ses tenues hideuses, le maillot de l'équipe de France est plus qu'un maillot pour ceux qui auront la chance de le porter...

09 août 2008

A la chasse au Lyon

Le championnat de France de Football reprend aujourd'hui et le roi Lyon semble bien parti pour enfiler une 8ème couronne consécutive et rugir de plaisir au printemps prochain. Pourtant, comme chaque année, les prétendants au trône ne manquent pas mais le septuple champion de France semble toujours posséder une longueur d'avance. En attendant la vérité du terrain, voici en toute subjectivité mes pronostics pour la prochaine saison !

1) Olympique Lyonnais : Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher Lyon d'être à nouveau sacré Roi de France à part peut-être une blessure de Benzema. Mais quand on sait que, l'an passé, les Gones ont dominé la Ligue 1 alors qu'ils ont passé la moitié de la saison avec un défenseur (Cleber Anderson) et un gardien (Vercoutre) de niveau Ligue 2, on se demande ce qui pourrait les arrêter cette saison. En plus, Puel est arrivé alors que les partants ont été plus que remplacés : Pjanic, Lloris et Mensah devraient pouvoir se glisser dans le 11 de l'OL sans que l'on s'aperçoive que Ben Arfa, Coupet et Squillacci ont vogué vers d'autres cieux.
Une nouvelle fois, Lyon a été malin sur le marché des transferts puisque Jean-Michel Aulas a réussi à échanger le futur gardien des Bleus (Lloris) contre un attaquant qui a tout juste le niveau Ligue 1 (Rémy). En bonus, Makoun vient renforcer le milieu de terrain pour former avec Toulalan un entrejeu redoutable. Dans le même temps, Piquionne, dans un registre bien particulier, peut apporter un plus à l'attaque lyonnaise alors qu'Ederson pourra travailler ses coups francs avec Juninho. L'effectif est pléthorique et peut être complété par de jeunes pousses du centre de formation (Mounier, Gassama, Tafer, Grenier) dont le talent ferait le bonheur de bon nombre d'équipes de l'élite.
A vrai dire, le véritable ennemi de l'OL est bien l'OL lui-même. A Claude Puel de gérer les égos et les états d'âme de chacun car vu la qualité de l'effectif, il y aura certainement des déçus avec le risque d'une cassure entre titulaires et remplaçants. L'ancien entraîneur de Lille peut également prier pour que Grosso affiche les mêmes qualités qu'à l'Euro puisque c'est le seul joueur qui n'a pas de doublure. Surtout, il peut aller brûler un cierge à la Basilique de Fourvière et souhaiter que sa charnière soit épargnée par les blessures : comme ça, il n'aura pas à aligner Boumsong...

2) Paris Saint-Germain : Si le club de la capitale souhaite retrouver son lustre d'antan, c'est l'année ou jamais et justement, le PSG ne semble avoir jamais été aussi bien armé. 4 ans après le départ mouvementé de Fiorèse, le Parc des Princes pourra voir évoluer un véritable milieu droit et pas n'importe lequel : Ludovic Giuly, double champion d'Espagne et vainqueur de la Ligue des Champions avec le Barça. L'ancien Monégasque va reformer avec Jérôme Rothen, le meilleur centreur de tout l'Hexagone, le duo magique qui a enflammé la Principauté pendant 2 saisons.
Le milieu de terrain semble être le maillon fort de l'équipe puisque seuls Lyon, et dans une moindre mesure Lille et Bordeaux, semblent être aussi armés dans ce secteur de jeu. En effet, l'excellent Jérémy Clément sera accompagné d'un autre récupérateur inépuisable et pas n'importe lequel : Claude Makélélé, toujours au top malgré ses 35 ans. Mais le plus beau coup de ce mercato est sans doute la recrue la moins médiatique mais aussi la plus onéreuse : le Béninois Sessegon devrait porter son sens de la passe et ses dribbles dont Paris a absolument besoin cette année. Et il ne faut pas non plus oublier la montée en puissance de Clément Chantôme qui peut devenir le symbole du renouveau de son club de cœur.
La vraie inconnue concerne l'attaque où Hoarau et ses 28 buts en Ligue 2 (dont pas de penaltys) ne feront sans doute pas oublier Pedro Miguel Pauleta, le meilleur buteur de l'histoire du club et le chouchou de tout un peuple rouge et bleu. Par contre, il n'aura pas de mal à compenser le départ de Diané, surnommé le TGV ivoirien plus pour son habileté avec les rails que pour ses trop rares accélérations. Kezman, s'il vient, n'a plus rien fait depuis 4 ans et peut-être qu'il remplacera Ronaldinho... dans l'animation des soirées parisiennes.
La défense a de l'allure avec Armand (meilleur arrière gauche de toute la Ligue 1), Sakho qui devrait devenir la référence du poste d'ici 2-3 saisons et qui forme déjà une charnière redoutable avec Camara. Landreau semble remis de la surmédiatisation de ses erreurs passées et réaliser les quelques arrêts qu'il aura à effectuer. Seul bémol, le poste d'arrière droit où Ceara fait plus peur à ses coéquipiers qu'à ses adversaires et le manque de profondeur du banc où, Bourillon mis à part, les remplaçants sont très loin du niveau Ligue 1.

3) Bordeaux : Équipe surprise de la saison passée, les Girondins ont titillé les Lyonnais jusqu'au bout grâce, notamment, aux talents de buteur de Cavenaghi. Cette saison s'annonce plus compliquée que la précédente car c'est celle de la confirmation et parce que les Girondins devront disputer la Ligue des Champions. Les hommes de Laurent Blanc ont un effectif plutôt complet où l'on espère que Gourcuff confirmera les belles prédispositions entrevues lors de ses années rennaises. Par contre, le poste de latéral gauche semble être le point noir de l'équipe puisque Placente n'a plus réalisé une bonne saison depuis plusieurs années...

4) Lille : Bien sûr, Claude Puel est parti mais le nouvel entraîneur Lyonnais a laissé un très bel héritage dans le Nord malgré les départs de Makoun et Lichsteiner. Au milieu, Balmont et Cabaye joueront les tireurs d'élites avec derrière eux Mavuba pour compléter un trio de récupérateurs petit par la taille mais grand par le talent. L'équipe ne devrait pas non plus perdre sa solidité défensive et si Mirallas reste et confirme sa belle fin de championnat dernier, le LOSC sera tout simplement injouable.

5) Saint-Étienne : Les Verts ont arraché une belle 5èm place la saison dernière et vu la concurrence en haut de tableau, il leur sera difficile de faire mieux. L'effectif n'a pas connu de bouleversements majeurs même si l'arrivée de Monsoreau devrait faire du bien à l'arrière-garde stéphanoise en reléguant Tavlaridis sur le banc. En attaque, Gomis est attendu mais c'est peut-être de Sébastien Grax que viendra l'étincelle qui permettra de mettre le feu au au Chaudron.

6) Marseille : Les Marseillais ont réalisé un mercato offensif et si Koné devrait faire du bien au foot français en envoyant Djibril Cissé, la daube Provençale, en tribunes (ou en Angleterre), les véritables lacunes de l'équipe n'ont semble-t-il pas été corrigées. En effet, en défense, Hilton et Erbate manquent de vitesse, Taïwo et son sens tactique limité sont toujours là alors que Bonnart n'a toujours pas de doublure. En plus Gerets devrait aligner une équipe à vocation très offensive et il n'est pas sûr que les Ben Arfa, Koné, Niang, Cissé, Valbuena et consorts soient tous très concernés par le replis défensif. En conséquence, Mandanda devrait continuer à multiplier les arrêts et les supporters des Phocéens continueront de croire qu'il est le meilleur gardien de France, voire même du Monde...

7) Rennes : Depuis quatre saisons, les Rennais oscillent entre la 4ème et la 7ème place et cette année, je ne les vois pas améliorer cette performance. En effet, parmi les 4 joueurs clés de ces dernières saisons, 2 sont partis (Didot et Mensah) alors que les autres voudraient les imiter (M'Bia et Briand) voudraient bien les imiter. On comprend quand on sait qu'ils vont devoir se taper Guy Lacombe quotidiennement pendant un an !
Un coin de ciel bleu dans la grisaille : les Bretons pourront compter sur un vrai gardien puisque Douchez devrait facilement faire oublier Pouplin et Luzi. Et il devrait se mettre souvent en valeur quand on connaît la lourdeur de la charnière Hansson - Bocanegra. Heureusement, au milieu, Leroy et Lemoine feront parler leur technique et devant, Pagis pourra enflammer le Stade de la Route de Lorient par des éclairs de génie dont lui seul a le secret...

8) Lorient : Étonnamment, après une seconde année en Ligue 1 très réussie, les Merlus n'ont pas été pillés et les Abriel et autres Jallet sont restés en Bretagne. Mieux, Christian Gourcuff a renforcé intelligemment son effectif avec des joueurs encore méconnus mais qui devraient éclore en attaque : l'abattage d'Amalfitano sera précieux au milieu, la vivacité et le culot de Buron permettront d'équilibrer un jeu qui pêchait un peu trop à gauche et sur Le Pen l'année dernière, Gameiro devrait se régaler avec ses appels en profondeur alors que Jouffre (arrivé en janvier) va sans doute faire admirer sa vista et ses dribbles. Le plus dur pour les Lorientais sera sans doute la saison suivante car il semble improbable que tous ces talents restent encore une saison de plus en Bretagne...

9) Nancy : L'équipe surprise de l'exercice précédent devrait normalement rentrer dans le rang cette année car Pablo Correa a perdu sa principale arme offensive (Kim) et sa principale arme défensive (Puygrenier). Mais l'ASNL dispose toujours de joueurs de qualité puisque les Chrétien, Bérenguer, Bracigliano, Fortuné, Hadji et Dia sont toujours là. On surveillera également tout particulièrement Julien Férêt qui après avoir ébloui le stade Auguste Delaune a pris le TGV Est pur animer le couloir droit Nancéen.

10) Toulouse : Une autre équipe surprenante de la saison passée puisque après qu'Elmander ait envoyé les Toulousains au paradis de la Ligue des Champions au printemps 2007, le Téfécé a connu une terrible descente aux enfers l'an passé et n'a assuré son maintien que lors de la dernière journée et une victoire 2-1 face à Valenciennes. Les Toulousains repartent sur des bases totalement nouvelles puisque Elie Baup a plié bagage alors que les deux pépites (Emana et Elmander), dont l'équipe était devenue trop dépendante, sont partis monnayer leurs talents à l'étranger. En bonus, les joueurs les plus impliqués dans la survie du club (Dieuze, Douchez, Arribagé ou Battles) ont également quitté les bords de la Garonne.
Mais paradoxalement, je ne pense pas que les hommes d'Alain Casanova connaîtront une nouvelle saison galère. En effet, les Toulousains ont fait l'affaire du siècle en enrôlant l'excellent Étienne Didot, l'un des tous meilleurs milieux récupérateurs français, contre 3 malheureux millions d'Euros. Derrière, Jérémy Mathieu fera tout pour que les Bordelais essayent à nouveau de le recruter l'an prochain alors que la hargne de Cetto sera précieuse. Devant, c'est l'inconnue puisque les Scandinaves Braaten et Larsen ne connaissent rien de la Ligue 1 alors que Bonnet et Pentecôte se sont mis en évidence uniquement sur les terrains de Ligue 2. Mais ces joueurs semblent prometteurs et le Stadium tout entier espère que Gignac se sera enfin enfin débarrassé de l'ombre bien encombrante d'Elmander et retrouvera la forme de sa 1ère saison en Ligue 1 sous les couleurs de Lorient.

11) Sochaux : Comme les Toulousains, les Sochaliens ont connu une saison difficile et doivent leur maintien en grande partie à l'arrivée à la tête de l'équipe de Francis Gillot (J-Lo pour les intimes) et au retour de blessure du capitaine d'alors Jérémie Bréchet. Or ce dernier est parti pour le PSV Eindhoven mais comme les Néerlandais n'ont pas réussi à attirer dans leurs filets Melvut Erding, l'autre star de la deuxième moitié de saison sochalienne, cette saison devrait être moins agitée du côté du Doubs. Surtout si Stéphane Dalmat continue à prouver qu'après dix ans d'absence, il est de retour au plus haut niveau...

12) Nantes : Comme il y a deux ans, les Canaris ont effectué un recrutement clinquant mais cette fois-ci, ils devraient pouvoir éviter la relégation. L'équipe actuelle n'a plus grand chose à voir avec celle qui à permis aux Nantais de retrouver l'élite mais ne devrait pas être en mesure de produire le jeu qui enflammait la Beaujoire au milieu des années 90. L'accent a été mis sur la puissance physique (Gravgaard, N'Daw, Tall) et seuls De Freitas, Abdoun ou Babovic (voire Da Rocha) semblent capables d'alimenter le miraculé Klasnic en ballons exploitables. Derrière, la relance n'est pas le point fort d'une charnière qui semble manquer de vitesse alors que l'équipe n'a pas d'arrière droit attitré. Pour ne rien arranger, Der Zakarian ne semble pas jouir d'une grosse côte de popularité auprès de ses dirigeants.
Mais malgré tout, les Nantais devraient s'en tirer à condition de mettre Alonzo à la place d'Heurtebis dans les buts et ne pas se résoudre à l'extrémité que serait une titularisation de Cubilier dans le couloir droit de la défense... Après, il ne faut pas s'attendre à des miracles non plus quand on a Pascal Praud comme directeurgénéral délégué...

13) Nice : Auteurs d'un exercice 2007-2008 réussi, les Niçois payent très cher leurs exploits de l'an passé vu qu'ils ont connu un pillage en règle de leurs forces vives : Lloris, Ederson, Balmont, Koné et Laslandes ont en effet quitté la Baie des Anges. Pire, l'OGCN a dillapidé l'argent reçu pour ces transferts en se faisant refourguer Loïc Rémy pour 8,5M€ ! Heureusement, l'excellent Apam est resté et devrait permettre à Létizi de concéder peu de buts et cela s'annonce vital pour le maintien du club car avec Mouloungui, Rémy ou Bamogo devant, il en faudra des occasions de buts avant que les Azuréens n'ouvrent le score ! A moins que le jeune Anthony Modeste confirme le talent entraperçu l'an dernier...

14) Monaco : Après une saison dernière catastrophique l'an passé, l'ASM peine à retrouver le lustre des années Deschamps qui semblent désormais bien loin. Aucune amélioration ne semble envisageable sous peu pour une équipe qui n'en est pas vraiment une et des joueurs aux profils qui ne semblent pas complémentaires. Par exemple, en attaque, Ricardo ne disposent que de petits gabarits dribbleurs (Adu, Bakar, Gakpé, Pino) et seul Nimani, qui n'a pas réussi à s'imposer à Lorient et Sedan l'an passé, apporte un peu de hauteur. Le salut viendra surement de Meriem et de Ménez (s'il ne part pas à la Roma) mais le ciel est bien sombre sur la Principauté...

15) Le Mans : Comme l'an dernier, le MUC a subi un pillage en règle de son effectif et le départ de son entraîneur mais cette fois-ci, la saignée semble plus profonde et il sera difficile de faire oublier les Sessègnon, Romaric, Calvé, Basa, De Melo, Yebda et autres Matsui.
La saison dernière, les Manceaux avaient déjà privilégié des solutions internes pour compenser les départs (Bangoura et Bonnart entre autres) alors aux Bouhours, Ball, Dossevi ou Dieye de s'imposer à l'instar de leurs prédécesseurs. Pour cela, ils seront aidés par Pelé, les dribbles de Gervinho, l'abattage du duo Thomas-Coutadeur au milieu, la technique de Le Tallec et la touche scandinave apportée par le duo Stromstad-Helstad.

16) Caen : En novembre-décembre dernier, la chance avait choisi son Caen et avait permis aux Caennais de réaliser une belle série de résultats positifs qui les avait conduits à une improbable 4ème place avant la trêve hivernale. Par la suite, Ramé n'a plus offert 6 buts aux Caennais, Ceara ne s'est plus dribblé lui-même en marchant sur le ballon et le cuir a cessé de rebondir inopportunément sur la tête Sorbon avant de terminer sa course dans les buts adverses, les choses se donc gâtées pour les hommes de Franck Dumas qui ont difficilement terminé leur saison. Les Normands devraient donc rester dans le bas du tableau cette saisons mais leur maintien devrait être assuré grâce à l'arrivée de Steve Savidan dont le sens du but et l'activité incessante offriront certainement de nombreux points précieux aux Caennais.

17) Auxerre : Les saisons se suivent et devraient se ressembler en Bourgogne, loin du temps où l'AJA faisait peur à l'Europe entière. A l'époque, le centre de formation icaunais permettait aux troupes de Guy Roux de rivaliser avec les grands d'Europe mais aujourd'hui, la plupart des joueurs ne sont pas issus du moule icaunais à part Lejeune et Mignot. Le pire, c'est que la relève ne pointe toujours pas le bout de son nez alors Lean Fernandez ne peut plus compter que sur les transversales de Pedretti et les courses de Jelen et Quercia pour créer un peu de danger. Le pire, c'est que derrière, c'est loin d'être l'assurance tous risques et il faut se rappeler que c'est la venue d'un joueur aussi médiocre que Sammy Traoré qui avait stabilisé la défense bourguignonne. Oui, l'AJ Auxerre est tombée bien bas...

18) Valenciennes : Les Nordistes ont connu deux belles saisons mais le départ de Savidan devrait leur faire beaucoup de tort surtout quand on sait que son remplaçant annoncé est Luigi Pieroni. Mais peut-être que les débordements et les centres de Danic ainsi que la complémentarité du duo Pujol-Audel me feront mentir...

19) Le Havre : Malgré la puissance du port du Havre, les Normands devraient connaître une saison difficile après avoir dominé la Ligue 2 grâce au talent de leur buteur Guillaume Hoarau. Même si Cédric Fauré est un successeur plus qu'honnête, le reste de l'effectif semble bien limité, malgré Noro, Ben Idir ou Revault, surtout en défense où la tendance n'est pas au bétonnage contrairement au centre-ville de la sous-préfecture de Seine-Maritime...

20) Grenoble : Dans son histoire, le FC Grenoble a connu deux saisons par mi l'élite (1960-1961 et 1962-1963) et à chaque fois, le club isérois est redescendu aussitôt à l'étage inférieur. Pour ne pas faire mentir le dicton "jamais deux sans trois", les Grenoblois ne semblent pas avoir les armes nécessaires pour se maintenir avec un effectif composé de joueurs expérimentés mais sur le déclin (Jemmali, Flachez, Moreira, Battles, Wimbée, Robin ou Regragui) ou encore un peu tendres pour l'élite (Dimitrijevic, Mainfroi, Romao, Ravet...). Malgré tout, on surveillera particulièrement le jeune Sofiane Feghouli (18 ans) qui devrait vite quitter le magnifique écrin qu'est le Stade des Alpes...

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03 juin 2008

Equipe type des révélations de la Ligue 1 2007-2008

Comme l'an dernier, nous allons nous intéresser aux joueurs qui se sont révélés au cours de la dernière saison de Ligue 1. D'abord, qu'est-ce que j'entends par révélation ? C'est un joueur qui avait moins de 25 ans et qui avait pris part à moins de 10 rencontres de championnat avant le début de la saison. Ces critères excluent certains joueurs qui auraient pu prétendre à une place dans ce 11 plein d'avenir : je pense notamment à Melvut Erding, à Mathieu Valbuena ou encore à Hatem Ben Arfa.

Voici cette équipe dans un 4-4-2 classique :

Mandanda

Josse - Rami - Sakho - Muratori

Digard - Lemoine
Gouffran                        Lejeune

Gameiro - Pjanic

Steve Mandanda, 22 ans, gardien de but, Olympique de Marseille, 34 matchs. En une saison, Steve Mandanda est devenue l'un des gardiens les redoutés par les attaquants de Ligue 1. Mais c'est surtout le joueur le plus craint par les autres gardiens de son équipe !
En effet, sa trajectoire éclair s'est souvent accompagnée d'une malédiction touchant ses concurrents au poste de gardien. Le schéma est simple : le titulaire se blesse gravement, Mandanda brille et gagne définitivement ses gallons de titulaire. C'est ce qui s'est passé au Havre lors de la saison 2005-2006 avec la blessure non pas d'un mais de deux portiers ! Bis repetita en équipe de France Espoirs : Jérémy Gavanon se déchire les croisés et Mandanda brille au Tournoi de Toulon de 2005. Enfin, en août dernier, Cédric Carasso, alors dans la forme de sa vie, se pète le talon d'achille et Mandanda saisit une nouvelle fois sa chance.
Qui sera la prochaine victime de la malédiction Mandanda ? La rumeur veut que les chirurgiens de Grégory Coupet, Mickaël Landreau, Sébastien Frey et Hugo Lloris seraient sur le qui-vive...

Steve_Mandanda

Maxime Josse, 21 ans, arrière droit, FC Sochaux Montbéliard, 12 matchs. Le seul titulaire par défaut de cette équipe prometteuse, aucun joueur ne s'étant révélé à ce poste d'arrière droit cette saison. C'est d'ailleurs une constante du football de haut niveau : les bons spécialistes du poste (Oddo, Sagnol, Daniel Alves ?) se comptent sur les doigts de la main.
Champion d'Europe des moins de 17 ans en 2004 (la fameuse génération dorée des Nasri, Ben Arfa, Ménez, Benzema, Ducasse...), le jeune Picard a surtout brillé en début de saison, grâce à la blessure de Jérémie Bréchet, au poste de défenseur central. Mais le début de saison calamiteux du club, le retour du capitaine sochalien et l'arrivée de Damien Perquis auront raison des belles dispositions qu'aura laissées entrevoir le jeune défenseur. Balladé au milieu ou sur la droite de la défense, il ne jouera plus beaucoup lors du fantastique retour effectué par le club Doubien lors de la deuxième partie de la saison.
N'ayant pas nécessairement la confiance de Francis Gillot son entraîneur, un nouveau prêt serait souhaitable (il a passé la saison 2006-2007 à Brest) pour qu'il puisse s'aguerrir un peu plus et "rêver" à un destin à la Jean Calvé : pas conservé par Sochaux, le Manceau a explosé dans la Sarthe et attire désormais la convoitise de plusieurs clubs anglais et français...

Adil Rami, 22 ans, défenseur central, Lille OSC, 24 matchs. Toutes proportions gardées, Rami a un destin à la Franck Ribéry puisque son parcours sort des sentiers battus. Comme la nouvelle idole de l'Allianz Arena, le défenseur lillois n'est pas issu d'un centre de formation et a dû emprunter des chemins de traverse pour devenir un acteur à part entière de la Ligue 1. Lorsque le LOSC va le chercher à Fréjus, il est encore jardinier !
Comme souvent à Lille, il ne joue pas tout de suite en équipe première pour qu'il puisse s'aguerrir et répondre aux exigences de Claude Puel. En fin de saison 2006-2007, il participe à quelques rencontres et ses prestations sont suffisamment convaincantes pour qu'il soit désigné successeur de Tavlaridis parti à Saint-Etienne. Mais la belle histoire a failli s'interrompre avant même d'avoir commencé puisque Rami se blesse gravement au genou dès la 1ère journée de championnat face à Lorient.
Mais le happy end programmé aura bien lieu puisque après 2 mois d'absence, il regagne ses talons de titulaire au sein de la défense lilloise. Beau bébé d'1m89 pour 82 kilos, dur sur l'homme, doté d'un bon placement et d'une bonne relance, rapide, il ne tardera pas à convaincre les sélectionneurs marocains de le présélectionner pour des matchs préparatoires pour la CAN. Mais le natif de Bastia refuse, déclarant vouloir aider son club à se maintenir et rêvant secrètement des Bleus. Lille se sauvera et Rami sera l'un des grands artisans de la fin de saison canon du club voyant le LOSC gagner 10 places au classement. Un bonheur n'arrivant jamais seul, il sera même convoqué par Domenech lors du rassemblement élargi de l'équipe de France avant les rencontres face au Mali et à l'Angleterre.
Passé d'agent municipal à l'équipe de France A' en moins d'un an et demi, Rami a eu raison de vouloir jouer sa carte jusqu'au bout. 

Mamadou Sakho, 18 ans, défenseur central, Paris Saint-Germain, 12 matchs. Bien sûr, d'autres défenseurs comme Jérémy Sorbon (Caen) ou Habib Bellaïd (Strasbourg) ont disputé plus de rencontres et auraient pu faire de l'équipe. Seulement, la concurrence n'est pas la même et surtout, le jeune défenseur parisien n'a que 18 ans.
Jeune et ambitieux, parfois vicieux, Sakho a tout du futur prince de la ville et du Parc. Rapide, intelligent dans son placement et dégageant une impressionnante puissance physique dans les duels, il peut légitimement prétendre à une grande carrière surtout qu'en plus de ses qualités footballistiques, c'est également un leader. Mais il devra apprendre la patience lui qui se voyait déjà disputer la fin de saison à la place de Yepes et qui a été habitué à ce que tout aille vite pour lui comme par exemple, être capitaine du PSG à seulement 17 ans.
Baladé entre le couloir gauche et l'axe de la défense, c'est comme stoppeur que le premier footballeur au style tecktonik doit être fixé à l'avenir. Il ne lui restera alors qu'à gravir pas à pas les marches vers la gloire et on devrait souvent le voir exécuter des pas de danse, ou plutôt de tecktonik, pour célébrer les victoires de son équipe.

Vincent Muratori, 20 ans, arrière gauche, AS Monaco, 20 matchs. A l'été 2007, Ricardo avait fait d'un latéral gauche sa priorité au niveau du recrutement. C'est donc Jérémy Berthod qui a débarqué sur le rocher. Mais au final, le quadruple champion de France n'aura pris part qu'à 12 rencontres contre 20 au jeune Muratori.
Auteur d'un bon début de saison, le jeune latéral issu du centre de formation du club de la Principauté, s'est vite imposé comme le titulaire du poste. Ses performances remarquables, et remarquées, lui ont même permis d'intégrer l'équipe de France Espoirs. Malheureusement, sa deuxième partie de saison, à l'image de celle de son club, a été plus compliquée et après avoir été totalement débordé par Keita face à Lyon, il quittera le 11 de départ.
La prochaine saison nous permettra de savoir si cette éclipse n'était que partielle et si le jeune latéral saura corriger ses difficultés dans le placement que sa fougue et son envie ne pourront pas toujours compenser. Mais tout est allé très vite pour ce jeune joueur qui est passé de l'anonymat de la CFA aux convoitises des clubs du Calcio en quelques mois. A lui de nous faire oublier cette fin de saison en demi-teinte et de nous confirmer les belles promesses affichées à l'automne.

Maxime_Josse  Adil_Rami Mamadou_Sakho Vincent_Muratori

Yoan Gouffran, 22 ans, milieu droit, SM Caen, 36 matchs. Elu meilleur joueur de Ligue 2 l'an passé, le Caennais était attendu au tournant pour sa première saison complète en Ligue 1. Il était surtout attendu au PSG, le club de son coeur à l'écouter, et avait fait le forcing à l'été 2007 pour rejoindre Pauleta, Rothen et compagnie. Mais quand la bise fut venue, le PSG se retrouva fort dépourvu car Gouffran préféra revenir sur sa parole et rester en Normandie. Un coup pas très franc...
A part ça, le Guadeloupéen a quand même réalisé une bonne saison sur le plan comptable avec 10 buts et 7 passes décisives. A la pointe ou sur la droite de l'attaque caennaise, Gouffran a fait parler ses qualités physiques et a montré un sens du but qui ont fait de lui la principale arme offensive de son équipe. Sa polyvalence est précieuse mais pourrait le faire stagner : la tentation est grande d'utiliser sa vitesse de course dans le couloir droit, surtout quand on connaît la pénurie de bons joueurs à ce poste. Mais ses qualités de dribbleur sont loin d'être exceptionnelles, c'est pourquoi je le verrais plus en avant-centre car il a montré de vrais dispositions de buteur.
Son parcours peut ressembler à celui d'un Thierry Henry qui stagnait dans son couloir gauche avant d'exploser complètement quand Arsène Wenger l'a repositionné à la pointe de l'attaque des Gunners. A l'heure de quitter le stade D'Ornano, Gouffran devra donc trouver son Wenger. Et pourquoi pas Arsène lui-même ? 

Didier Digard, 21 ans, milieu défensif, Paris Saint-Germain, 16 matchs. A l'instar de Gouffran, l'ancien Havrais avait réalisé une excellente saison en Ligue 2 sauf qu'à l'inverse du Caenais, il n'a pas eu peur de rejoindre Paris. Digard, qui fait tout plus vite que tout le monde - il a été père à 16 ans - s'est rapidement imposé dans l'entrejeu parisien pour former avec Jérémy Clément un redoutable duo de récupérateurs.
C'est à l'extérieur, où sa puissance et sa vitesse ont fait des merveilles, que Digard s'est le plus illustré, contribuant grandement à l'excellent parcours du PSG hors de ses bases en début de saison (5 victoires en 10 déplacements). Blessé durant toute la phase retour, son absence a été difficile à combler pour Paris puisque les hommes de Paul Le Guen ont dû attendre la dernière journée pou obtenir leur 6ème succès à l'extérieur de la saison.
A domicile, l'apport de Digard a été moins évident car son jeu vers l'avant reste encore perfectible, notamment dans l'utilisation des intervalles. Mais polyvalent (il peut jouer indifféremment en défense centrale et au milieu), il incarne l'avenir du PSG, club dont il sera très vite l'un des hommes forts : il a la mentalité et les qualités pour le devenir.

Fabien Lemoine, 21 ans, milieu défensif, Stade Rennais, 18 matchs. On peut reprocher un tas de choses à Guy Lacombe mais il a un grand mérite : dans chaque club qu'il a entraîné, il a su révéler des joueurs au potentiel insoupçonné. On pense à Didier Drogba à Guingamp, Jérémy Mathieu à Sochaux ou Clément Chantôme à Paris. A Rennes, c'est Fabien Lemoine qui a profité de l'arrivée du technicien à la moustache pour prendre la place du capitaine et idole du Stade de la Route de Lorient, Etienne Didot. Rien de moins !
Formant un duo très complémentaire avec le très rugueux Stéphane M'Bia, Lemoine a très vite fait étalage de ses qualités : un gros volume de jeu, une technique soyeuse, une qualité de passe largement supérieure à la moyenne, une bonne couverture de balle et une frappe lourde. Si Rennes a fini la saison en trombe, son nouveau milieu relayeur Breton n'y est pas étranger !

Kevin Lejeune, 23 ans, milieu gauche, AJ Auxerre, 38 matchs. Il est loin le temps où le centre de formation de l'AJ Auxerre permettait au club de constituer une équipe rivalisant avec les Grands d'Europe. Aujourd'hui, c'est Rennes qui alimente en masse les sélections de jeunes alors qu'Auxerre peine en bas de tableau et que les joueurs formés à l'AJA sont une denrée de plus en plus rare dans l'effectif icaunais. Il y a 6 ans, l'AJA disputait la Ligue des Champions et dans le 11 de départ de l'époque, seuls 4 joueurs n'étaient pas passés par les équipes de jeunes du club (Boumsong, Fadiga, Faye et Lachuer). Aujourd'hui, Auxerre est 15ème du championnat et parmi les titulaires, seuls 3 joueurs sont issus du centre de formation : Jean-Sébastien Jaurès, Jean-Pascal Mignot et Kevin Lejeune.
Ce dernier est même la seule satisfaction d'une saison auxerroise bien terne. Pensionnaire régulier des sélections nationales de jeunes (logique vu son patronyme), l'ailier auxerrois a vu sa progression brusquement interrompue par une grave blessure au genou alors qu'il avait à peine 20 ans. Alors que beaucoup auraient sombré, lui s'est accroché et a su saisir sa chance cette saison et s'imposer dans le onze titulaire de Jean Fernandez, prenant la place de Jean-Michel Lesage, recrue phare du mercato d'été vite partie revoir sa Normandie. Le jeûne de Kevin a donc pris fin cette saison et c'est peu dire que l'Auxerrois avait faim de matches et soif de reconnaissance...
Vif, dribbleur et technique, ce gaucher est le digne héritier des ailiers qui ont fait l'histoire de l'AJA (Pascal Vahirua, Bernard Diomède, Christophe Cocard...). Des joueurs percutants et déroutants dans son style sont malheureusement de plus en plus rares dans le football moderne et c'est bien dommage. Lejeune, une bouffée d'oxygène pour l'Abbé-Deschamps et le football en général !

Yoann_Gouffran  Didier_Digard  Fabien_Lemoine  Kevin_Lejeune

Kevin Gameiro, 21 ans, attaquant, RC Strasbourg, 34 matchs. Il y a deux saisons, le jeune Strasbourgeois s'était déjà fait remarquer en signant un doublé en Coupe d'Europe face à Belgrade. Mais comme pour l'autre Kevin de cette équipe (Lejeune), une grave blessure avait freiné son éclosion et il avait dû repartir pour 6 mois en Ligue 22 où il a trouvé le temps d'inscrire 3 buts.
Pour sa première saison complète en Ligue 1, le natif de Senlis a démarré fort (2 buts lors des 3ème et 4ème journée) et a fini en trombe (2 buts lors des 37ème et 38ème journée). Entre les deux, ce fut un peu plus compliqué avec seulement 2 buts inscrits qui portent son total à 6 réalisations. Il faut dire qu'il n'a pas toujours été titulaire et qu'il a souvent dû occuper un couloir et consentir de gros efforts dans le repli défensif.
Même s'il ne sera sans doute jamais Ballon d'Or, Gameiro me fait penser à Michael Owen : un petit gabarit (1m68), vif avec un sens du but prononcé. Sans doute le meilleur joueur de Strasbourg cette saison et il y a peu de chances de le voir en Alsace la saison prochaine.   

Miralem Pjanic, 18 ans, attaquant, FC Metz, 32 matchs. Si l'on devait élire, LA révélation de la saison écoulée, nul doute que ce prix reviendrait au jeune Messin. Doté d'une technique hors norme associée à une vision du jeu du même acabit, les grands clubs européens s'arrachent ce joueur hors du commun.
Né en Bosnie en 1990, Pjanic doit quitter ce qui s'appellera désormais l'ex-Yougoslavie en raison de la guerre qui sévit dans les Balkans. C'est au Luxembourg que la famille Pjanic posera ses bagages et c'est à Metz que le jeune Miralem fera ses classes de footballeur dès l'âge de 14 ans. Titulaire de 3 nationalités (bosniaque, luxembourgeoise et française), c'est son pays de naissance qui profitera finalement de son énorme talent.
Pjanic est une énigme au sein de la saison Messine : comment un joueur aussi talentueux a-t-il pu éclore dans un univers aussi pauvre techniquement ? Le centre de formation de Metz a cherché à s'adapter au football moderne en privilégiant les joueurs physiques mais au final, il n'a sorti que des athlètes incapables d'enchaîner trois passes et à l'intelligence de jeu rare car complètement inexistante. La leçon est à méditer pour les formateurs lorrains puisqu'au final, c'est le meilleur footballeur qui permet aux Grenats d'empocher 10M€.
Le prix déboursé par les Lyonnais pour former l'attaque la plus prometteuse d'Europe - depuis que Torres est parti à Liverpool, laissant el Kun Agüero prendre les commandes de l'attaque des Colchoneros - en associant Karim Benzema et le jeune Bosniaque. Chanceux Lyonnais qui verront ces deux artistes jouer ensemble et laisser bien des regrets à l'équipe de France qui aurait pu, à terme, également associer les deux prodiges...

Kevin_Gameiro  Miralem_Pjanic

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25 mai 2008

Une faim de Lyon

Hier soir, l'Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas a remporté le dernier trophée qui lui manquait : la Coupe de France qui vient s'ajouter à la Coupe de la Ligue (2001) et à 7 titres de Champion de France (2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008). Mais Dieu que ce fut laborieux et surtout, Lyon ne méritait pas sa victoire.
27 ans plus tard, l'OL nous a offert un remake de "La Chèvre" avec non plus, François mais Alain Perrin pour tenir le rôle principal. L'entraîneur des Gones a été dépassé tactiquement par le seul coach que les Lyonnais auraient bien voulu garder - et ce n'est pas un hasard - et s'il a tout de même réalisé le boulé Coupe - Championnat, il a donné l'impression que n'importe quel autre technicien aurait pu faire de même. On peut s'étonner de la titularisation de Fred, de la titularisation de Kallstrôm, joueur axial, dans le couloir coach et de laisser sur le banc un Ben Arfa qui aurait causé bien des soucis à Ceara.

La victoire de Lyon est tout sauf méritée et heureusement que Coupet, Réveillère, Toulalan et Govu étaient là, sinon on aurait assisté à un véritable naufrage. Au milieu, le trio Clément - Chantôme - Bourillon régnait en maître et alimentait en ballons le duo Diané - Pauleta qui causait bien des soucis à l'arrière-garde Lyonnaise. Surtout Boumsong qui avait retrouvé le niveau de ses plus belles années à Newcastle. Derrière la charnière Yepes - Camara était impeccable et jamais prise en défaut et même Ceara n'était pas inquiété, c'est dire lapathie des attaquants Lyonnais.
C'est la réussite qui a sauvé l'OL et le seul but de la rencontre résume le déroulement de la rencontre : centre dans le tas de Benzema, Keita - qui aurait dû être expulsé pour un coup de coude sur Armand et qui plus tard, tentera de faire une Cissé en taclant sévèrement la cheville de Yepes - rate son contrôle et le ballon arrive dans les pieds d'un Govou qui passait là par hasard : l'international français allume Alonzo et offre à son club une victoire inespérée.
Plus tôt dans la rencontre, quand ce n'était pas Coupet, c'est Réveillère et la barre transversale qui sauvaient les Gones à deux reprises. Sans oublier cette main de Boumsong non sifflée dans la surface et le but refusé à Armand pour une position de hors-jeu de Yepes : pas sûr que Coupet aurait arrêté la tête du Parisien si le Colombien n'avait pas été là. Complètement libérés, les joueurs Parisiens ont sans doute livré leur meilleur match de l'année, avec des enchaînements de passes et pas mal de décalages, prouvant que cette équipe valait bien mieux qu'une seizième place en championnat.

Petit mot de la fin en hommage à Pauleta qui aura dû attendre son dernier match sous les couleurs Parisiennes pour connaître sa première défaite en club au Stade de France après 4 victoires (Coupe de la Ligue en 2002 et 2008, Coupe de France en 2004 et 2006). Contrairement à Raï, le deuxième meilleur joueur de l'histoire du club ne finira pas sur un doublé Coupe de France - Coupe de la Ligue et n'aura pas inscrit un but dans chaque final. Pour l'ensemble de son oeuvre et pour sa prestation d'hier, il l'aurait mérité...

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22 mai 2008

Le blues de Chelsea

50 ans après le crash de Munich, 40 ans après le sacre de Londres et 9 ans après le miracle de Barcelone, Manchester United a remporté sa 3ème Ligue des Champions. A Moscou, la place rouge était rouge et bleue hier, elle est retournée à sa couleur d'origine, au grand dam des supporters de Chelsea qui ont regagné leurs pénates avec pas mal de bleus à l'âme...
Comme en championnat, Chelsea finit dauphin de ces satanés Mancuniens et peuvent avoir bien des regrets tant ils ont dominé la rencontre après l'égalisation miraculeuse de Lampard à la 45ème minute. Entre l'exclusion scandaleuse de Drogba, la frappe sur le poteau de l'Ivoirien, le tir de Lampard qui heurte la transversale et surtout le penalty de la gagne que Terry envoie sur le poteau après une jolie glissade, les Londoniens peuvent avoir des regrets.

Entre nous, le match a été très médiocre, tout juste relevé par la première mi-temps des prolongations et surtout par la palpitante séance de tirs aux buts. Terriblement injuste, cet exercice a au moins un mérite : donner un intérêt à des rencontres qui se seraient conclues par un triste match nul en temps normal. Et à la roulette russe (normal à Moscou), ce n'est pas l'équipe de Roman Abramovitch qui en est sortie victorieuse, la faute à ce satané déluge qui a fait chuter Chelsea et son capitaine.
Au niveau du jeu, pas grand chose à se mettre sous la dent et quasiment pas d'actions collectives abouties. Bien sûr, il y avait des joueurs de grand talent donc a assisté à quelques coups d'éclat individuels : le jeu dos au but de Drogba, la combativité de Tevez, les prise de balle de Ballack, les grigris de Ronaldo et les Malouda qui pousse son ballon trop loin... C'est vraiment trop peu pour une rencontre qui est censée être la quintessence du football mondial...
Au coup d'envoi, beaucoup de joueurs offensifs étaient alignés par les deux équipes mais au final, était-ce bien utile de les titulariser et de faire de Joe Cole un arrière droit et Rooney un latéral gauche ? Plus qu'à un match de foot, on a assisté à un combat physique perpétuel où dans un premier temps, la vivacité de Manchester a fait la différence avant d'être progressivement éteinte par la puissance physique des Londoniens. Niveau football, on a vu les fantômes des 2 Cole, Joe et Ashley, à des années lumières du niveau qui était le leur il y a à peine 2-3 ans. Ballack, lui par contre, est à nouveau au top alors que Vidic n'a jamais été aussi bon. Pour le reste, c'est du grand classique.

Comme souvent, la différence s'est joué sur détails et c'est la réussite qui a joué son rôle d'arbitre. D'ailleurs, il était nécessaire qu'elle intervienne tant l'arbitre de la rencontre a été catastrophique en n'accordant pas les bons corners, en donnant un carton jaune à Makélélé et Scholes pour un simple contact dans les airs. Et que dire de l'exclusion de Drogba...
Et la réussite a, comme tout au long des phases finales, été du côté de Manchester. En huitièmes, les 2 buts Mancuniens face à l'OL résultent d'incroyables cafouillages. En quarts, l'AS Roma était redevenue une équipe ordinaire car privée de Totti et Perotta - ses deux principales armes offensives - mais les Romains ont dominé Manchester et le sort de cette confrontation aurait pu être bien différent si au moment de tirer son penalty, De Rossi n'avait pas confondu Old Trafford et Twickenham. En demis, Van der Sar a fait des miracles et si Scholes n'avait pas joué les roux de secours, Barcelone se serait qualifié. Enfin, en finale, MU marque sur un centre du gauche de Wesley Brown. Tout est dit...         

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20 mai 2008

Bienvenue en Ligue 2

2008 devait être l'année des Ch'tis, région de France trop souvent décriée et que Dany Boon a cherché à réhabiliter via un film sympathique mais au succès disproportionné. Lille a bien connu une superbe 2ème partie de saison marquant 16 points de plus que son homologue Lensois lors des 20 dernières journées. Mais on ne peut pas considérer Lille comme un club Ch'ti à 100% parce que dans le fameux long métrage, c'est à Bollaert que se rend Kad Merad, pas au Stadium Nord des rivaux Lillois.
En basket, la révélation du championnat, Nando De Colo, qui est devenu le plus jeune MVP français de Pro A depuis un certain Antoine Rigaudeau, est Ch'ti. Mais le natif de Sainte-Catherine a fait ses classes à Cholet et son image est donc plus associée aux Mauges qu'à Gravelines, sa centrale nucléaire et son équipe de basket championne de France en 2005.
Non au final, 2008 n'est pas l'année des Ch'tis car le Racing Club de Lens, fierté et figure de proue - pour ne pas dire seul moyen de s'évader d'un quotidien pas très réjouissant - de toute une région est relégué en Ligue 2. Chose inimaginable en début de saison comme le prouvent nos pronostics d'août et la 5ème place budgétisée par le Président Martel.

Gervais Martel, symbole et principal responsable de la chute d'un club. En effet, le natif d'Arras a multiplié les mauvais choix et à con duit son club de sang (et or) à sa perte. La première mauvaise décision a été de ne pas convaincre Francis Gillot de rester à la tête de l'équipe, surtout quand on voit les miracles accomplis par cet entraîneur à Sochaux. La deuxième erreur, majeure, a été de sortir Guy Roux de sa retraite et l'ex homme fort de l'AJA, sentant le désastre qui s'annonçait, a préféré se la jouer bad guy en quittant le navire précipitamment. Ensuite, Papin, l'enfant du pays car né à Boulogne-sur-Mer, a endossé un costume sans doute trop grand pour lui ce qui l'a obligé a demandé de l'aide. Celle-ci est venue avec Daniel Leclercq, pensant que c'est avec les vieux druides qu'on fait les meilleurs potions, mais leur binôme n'a jamais fonctionné.
Le recrutement est catastrophique et on pourrait constituer une équipe entière des pires recrues de l'année avec tous les joueurs qui ont signé un contrat au RCL lors des 12 derniers mois. Sablé, capitaine emblématique des verts, ne s'est jamais adapté au Nord et s'est même fait prendre sa place par Mangane, milieu de terrain sénégalais venu de Suisse à la technique aussi développée son compatriote Alliou Cissé. Alors qu'il y avait pléthore de milieux gauches (Monterrubio, Jemaa - parti à Caen entre temps-, Monnet-Paquet), Guy Roux en avait recruté un supplémentaire : Kanga Akalé, le bien nommé vu que ses tentatives de déstabilisation des défenses adverses sont restées au point mort. Au niveau de l'attaque, ce n'est pas plus glorieux vu que Pieroni et Kalou, anciennes gloires auxerroises, ont fait un passage plus qu'express dans l'Artois. La défense ne se porte pas mieux car avec Laurenti, on ne peut pas affirmer que l'arrière-garde Sang et Or se soit vraiment renforcée.
Le pire dans tout ça, c'est que les joueurs déjà présents n'ont pas été à la hauteur de la réputation. Demont est un latéral qui ne défend pas assez bien et un milieu qui n'apporte pas assez offensivement. Hilton, longuement blessé, n'a pas été le patron de sa défense et ses errements défensifs ont coûté très cher, comme en finale de la Coupe de la Ligue notamment. Coulibaly a perdu en puissance physique ce qu'il n'a pas gagné en placement et est devenu un défenseur plus que quelconque : pas mauvais en un contre un mais au placement et à la relance désastreux. Carrière et Monterrubio sont au-dessus du lot techniquement mais n'ont plus les jambes de leurs jeunes années nantaises.
Tout cela fait beaucoup pour une équipe qui en plus n'a pas toujours eu énormément de réussite comme à Lorient où les Merlus marquent sur leur seule action de la rencontre. Bien sûr, il y a eu des éclairs comme ce 3-0 infligé à Lyon ou cette demi-finale de Coupe de la Ligue face au Mans mais cela n'a pas été suffisant pour se maintenir. Car cette équipe était trop faible mentalement et a lâché dans le sprint final : une victoire (miraculeuse face à Sochaux) sur les 15 dernières rencontres, ça complique pas mal de choses.

En 1998, Titanic dépassait la Grande Vadrouille et devenait le plus gros succès du box office français. Cette année-là, Lens devenait champion de France en devançant le FC Metz, bon dernier de la Ligue 1 cette année. Dix ans plus tard, c'est le film du Dany Boon qui devrait battre le record d'entrées en salles, mais c'est dans le Nord qu'on a tourné un remake du Titanic, en deux couleurs : le Sang et l'Or.

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31 mars 2008

Beaucoup de bruit pour pas grand chose...

Une nouvelle fois, le PSG se retrouve dans l'oeil du Cyclone par l'intermédiaire d'une bannière dont il n'est pas la peine de rappeler l'intitulé. Ses auteurs ne valent pas toute la publicité qui en a été faite : jamais une banderole qui n'a été visible que cinq minutes n'a été autant montrée sous tous les angles...
Mais c'est le Paris Saint-Germain, le vilain petit canard à cause de tous les maux du football français : ce n'est pas moi, ce sont les Médias qui le disent. Ses supporters sont débiles - il ne faut pas être très malins pour supporter une équipe aussi nulle -, violents et racistes. Ses entraîneurs sont tellement dangereux qu'on les envoie en tribunes pendant des mois (Fernandez) et que dire des joueurs ! En plus d'être mauvais, ce ne sont que des bouchers qui ne cherchent qu'à découper leur adversaire (Frau), de pâles acteurs qui ont pour seul objectif de plonger dans la surface (Fiorèse) ou de vilains défenseurs qui ne pensent qu'à tirer le maillot des gentils attaquants (Yepes).
Je n'ai jamais été partisan de la thèse du complot mais il est certain que les Médias accordent une importance inconsidérée aux évènements de samedi dernier. Peut-être que ce n'est pas vendeur de dire que Paris a remporté une Coupe et que Pauleta est un génie. Non, c'est tellement plus facile de verser dans le sensationnel en multipliant les superlatifs au sujet d'un (non-?) évènement condamnable, mais somme toute banal.

Aujourd'hui, la France toute entière a découvert que les tribunes des stades de foot n'étaient pas remplies d'agrégés en Philosophie. Mais que le pays tout entier se rassure : non, les gradins de France et de Navarre sont saines et il n'y a que des Parisiens pour inventer des slogans d'un tel niveau intellectuel.
A Lyon, ville bourgeoise et propre sur elle, cela ne saurait se produire. Ce n'est pas un apôtre de Jean-Michel Aulas qui parlerait de ses voisins Stéphanois en ces termes : "Les Gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines". Et jamais, au grand jamais, les Foréziens n'auraient pu répondre : " Ne laissez pas souffrir ce Lyon blessé : abattez-le". Et imaginer qu'à côté de ce slogan aurait pu être représentés Govou ou Clerc en animaux relève de la pure science-fiction. Bien entendu, on aurait pu compter sur la pondération des supporters de l'OL pour stopper l'escalade et ne pas scander : "Stéphanois, ordures consanguines (j'ai déjà lu ce mot là quelque part mais où ?)".
A Marseille, ville tolérante et accueillante où l'on vote Le Pen à plus de 20%, jamais le PSG ne serait jamais accueilli par des "Pédo Sado Gay". Et jamais des supporters phocéens ne balanceraient un fumigène qui ferait perdre plusieurs doigts à un pompier niçois.
Et que dire des Lensois, soit disant le meilleur public de France, celui-là même qui a acclamé Pauleta lors de sa sortie samedi. Jamais les Ch'tis, tous des mecs en or comme le prouve le chef d'oeuvre de Dany Boon, ne trouveraient qu'il y a trop de noirs dans leur équipe, surtout dans une région où chacun le sait, l'extrême droite est si peu implantée. Et ils sont tellement sympas qu'ils ont l'air de parfaitement s'entendre avec leurs voisins Lillois. La preuve, ils connaissent même intimement leurs soeurs : "L'été dernier, j'étais avec ta soeur. Je faisais l'acteur."

Tout ça pour dire qu'on accorde bien trop d'importance à un phénomène plus que récurrent dans les tribunes françaises et européennes. Comme d'habitude, on veut faire un exemple avec Paris sachant que rien ne changera par la suite : après l'épisode Frau, Cissé a pu découper Yepes en toute impunité, Micoud a fait son coming-out en révélant qu'il était le mentor de Fiorèse, et Hilton ou Cris continuent à jouer à Kolé Séré avec les attaquants...
Se pose la question de la sanction. Le règlement de la Ligue prévoit que "les clubs visiteurs ou jouant sur terrain neutre sont responsables lorsque les désordres sont le fait de leurs joueurs, supporters et dirigeants". Or un tribunal administratif a jugé cet article inconstitutionnel. La responsabilité du PSG est difficilement engageable puisque selon Alain Cayzac, ce sont les agents de sécurité du Stade de France qui encadraient les Parisiens. La Ligue ne peut donc sanctionner le PSG sans se punir elle-même, puisqu'en temps qu'organisatrice de la finale, sa responsabilité est clairement engagée. De toute manière, comme cela aurait dû être le cas pour Metz, une sanction sportive est inappropriée puisque qu'un club ne peut être tenu responsable de tous les maux de la société. Surtout que l'image de l'entité est déjà suffisamment salie.
La solution est d'être plus sévère avec les fauteurs de trouble et multiplier les interdictions de stade : une décision qui ne relève pas des clubs mais de la justice. D'ailleurs, les seuls punis doivent être ceux qui ont rédigé cette affiche mais les envoyer en prison ne les changera pas : il y a tout un travail d'éducation et de prévention à faire en amont. Punir un individu sans lui expliquer sa faute est strictement inutile.

En résumé, cette affaire, c'est beaucoup de bruit pour pas grand chose et comme par hasard, il faut toujours que cela retombe sur le PSG. Le public du Parc des Princes n'est pas un ange mais ses homologues de Ligue 1 ne sont pas irréprochables non plus. Cette affaire arrange bien la LFP car ça met en sourdine l'arbitrage catastrophique de Bordeaux - Nancy, bien plus scandaleux tant la course à la Ligue des Champions a été faussée : corner inexistant qui amène le but de Cavenaghi, expulsion injustifiée de Brison pour pied haut et cerise sur le gâteau, pénalty du 2-1 conséuctif à un O Soto Gari de Mioud sur Malonga !
Juste comme ça, samedi, il y a eu un match de foot et de bon niveau en plus. Pauleta a prouvé qu'il était le plus grand joueur de la décennie à avoir foulé les pelouses de Ligue 1 et Mendy a montré qu'il savait faire au moins une chose sur un terrain, avant la finale le doute était encore permis : tirer les penaltys. Penalty qui, n'en déplaisent aux mauvais perdants Lensois, y était car Hilton, complètement à la rue pendant 90 minutes, déséquilibre Luyindula qui filait seul au but. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est un corner non sifflé qui change le cours d'une finale...

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08 février 2008

2008, année des rats ?

Hier, jeudi 7 février, débutait l'année du rat selon le calendrier chinois. Chacun le sait, le football est devenu la plus grande religion mondiale avec ses cathédrales qui ne se limitent pas à San Mames et des messies qui ne jouent pas seulement à Barcelone.
En ce sens, le ballond rond a son calendrier mais il semble peut probable que dans celui-ci, 2008 soit l'année du rat. Ce serait plutôt l'année du gros veau.

Le rat, également connu sous le nom de renard, est une espèce en voie de disparition dans le football moderne malgré une année 2007 plutôt faste : succès de Ratatouille au box-office et surtout doublé de Pippo Inzaghi en finale de Ligue des Champions. Sur le terrain, le rat est pointe (la célèbre pointe du rat), rode dans la surface, souvent à la limite du hors jeu, et attend que le ballon lui arrive. Ce cas de figure se présente 4 ou 5 fois par match et 9 fois sur 10, notre rongeur dégaine plus vite que son ombre. Le rat est obsessionnel : il n' a qu'un seul but, le but justement !
Le rat a longtemps été une figure clé du football, voir même le maillon fort autour duquel on bâtit toute une équipe. A cette époque où Riquelme aurait sans doute été quintuple Ballon d'Or, les rats étaient légion et leurs noms sont encore mythiques : Fontaine, Müller, Kocsis, Papin, Rossi, Onnis, Skoblar, Charles, Bianchi, Halilhodzic, Batistuta, Suker, Kostadinov, Bierhoff...
Que des joueurs aux qualités physiques quelconques mais qui compensaient par une intelligence de jeu hors du commun et une technique sûre. Mais aujourd'hui, Ratus n'apprend plus à lire aux petits CP et au football, l'heure est aux veaux avec en figure de proue : Djibril Cissé, rapide, costaud mais avec deux pieds gauches, des appels à contretemps et une propension à être hors jeu hors du commun.

De nos jours, quelques rats résistent et ont même de beaux restes : Van Nistelrooy a conduit le Real au titre et a fini pichichi de la Liga, Raul renaît de ses cendres, Pauleta a fini meilleur buteur de la Ligue 1, Inzaghi a brillé en C1, Crespo et Cruz dominent le Calcio alors que Trézéguet met toutes les défenses d'Italie à sa botte. Sans le vouloir, le franco-argentin, ou "cochon d'Inde" pour les intimes, symbolise la fin de cette race dans un football où peu d'équipes s'articulent autour d'un véritable avant-centre.
Pourquoi ? Parce qu'à force de mettre l'accent sur les qualités physiques, on a de superbes athlètes sur les terrains mais ils ne savent pas centrer alors le rat est inutile car privé de ballon et incapable de se créer la moindre occasion. C'est notamment le cas en équipe de France, où Rothen, Sagnol, Nasri et Ben Arfa mis à part, personne ne sait centrer ou donner une dernière passe de qualité. Et c'est vrai que ce n'est pas sur un centre de Sagna ou de Diarra (Alou ou Lassana) que notre rat va avoir quelque ballon à se mettre sous la dent. Alors aujourd'hui, on a des joueurs qui savent se créer des occasions tout seuls mais à qui il en faut au moins 10 tentatives avant de faire trembler les filets : Drogba, Niang ou Fernando Torres se reconnaîtront. Le parfait contraire du rat en somme...
Logiquement, l'espèce est menacée et les successeurs sont rares. Même l'Argentine, plus grand exportateur mondial, n'en produit plus : le dernier survivant étant le Bordelais Fernando Cavenaghi auquel Laurent Blanc préfère Chamakh, un autre anti-rat. On peut également penser à Freï, Kerzhakov ou à Huntelaar et c'est à peu près tout parce que ce n'est pas avec Fred, Pieroni ou Helder Postiga que la race va se perpétuer.

Avec l'extinction des rats, c'est un certain football qui meurt, celui où la technique primait et où une équipe n'hésitait pas à se construire autour d'une pointe car elle savait qu'elle allait dominer et qu'elle pourrait adresser un ou deux bons ballons à un avant-centre qui ne se ferait pas prier pour concrétiser. Une autre espèce est en voie de disparition et les raisons sont identiques, ce sont les meneurs de jeu purement axiaux : Yohann Gourcuff, reviens en France et montre-nous que le numéro 10 n'est pas mort...
Si seulement, on n'avait que des Benzema, Henry, Ibrahimovic, Eto'o, Villa, Berbatov, Anelka ou autres Klose qui sont de vrais buteurs et des attaquants complets, la fin des rats ne serait pas grave. Malheureusement, ce sont les veaux qui se sont imposés qui ne peuvent briller que lorsqu'ils ont une moitié de terrain pour eux seuls et qu'ils ne sont pas hors jeu. 2008 ne sera donc certainement pas l'année des rats et malheureusement, 2007 était certainement leur chant du cygne...

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04 décembre 2007

Kaka, Ballon d'Or de son époque

Et le Ballon d'Or 2007 est attribué à... Ricardo Izecson Dos Santos Leite, dit Kaka. Le Brésilien remporte ce premier Ballon d'Or mondialisé au terme d'un suspense aussi insoutenable qu'un épisode de Sous le Soleil. Ce que retiendra l'histoire, c'est que le chéri de ces dames est le premier lauréat d'un scrutin international : désormais, ce sont des journalistes du monde entier, et plus seulement européens, qui élisent le meilleur joueur de l'année. Ce qui nous permet d'obtenir des résultats plus que saugrenus où un Irakien inconnu obtient des voix alors qu'un joueur de la classe d'Iniesta n'est même pas nominé...
Bref, là n'est pas le débat et revenons à Kaka, formidable footballeur mais malheureusement à l'image de son époque : incroyable terne et diablement efficace. Le Brésilien a su briller dans les grands moments (surtout en demi-finales de la Ligue des Champions face à Manchester) et cela a suffi à faire oublier une saison bien moins impressionnante dans son ensemble que celle d'un Messi par exemple.

Kaka est incontestablement un joueur de génie avec une technique et une vision du jeu exceptionnelles. Pied gauche, pied droit, frappes de loin, dribble, frappes en finesse, passes courtes, transversales, il sait tout faire comme un joueur à l'ancienne. Ajoutez à cela les qualités d'un joueur moderne : vitesse, physique, endurance et une capacité d'accélération hors norme et vous obtenez Kaka. Mais le numéro 22 du Milan présente aussi les inconvénients du joueur moderne : prise de risque limitée comme le prouve son usage quasi exclusif de l'intérieur du pied, peu de place pour la fantaisie et tout pour l'efficacité. Kaka est à l'image de nombreux matches actuels : impressionnant techniquement mais d'un ennui mortel.
En dehors du terrain, Kaka est encore plus ennuyeux que n'importe quel joueur : c'est dire à quelle hauteur il place. Le joueur du Milan AC n'a rien de Brésilien que la nationalité : il ne sort pas, ne boit pas et est fidèle. Loin d'un Ronaldinho qui a une carte de fidélité à vie dans le Raval ou au Bois de Boulogne, Kaka avait préféré rester vierge jusqu'au mariage... On est décidément très loin des Ronadinho, Ronaldo, Edmundo ou Romario : sur le terrain comme en dehors...

Kaka mérite son Ballon d'Or mais j'aurais préféré qu'il revienne à Messi : l'Argentin est peut-être aussi chiant que le Brésilien hors des stades mais sur le terrain, c'est une véritable bouffée d'oxygène. Kaka est juste trop ancré dans la société actuelle et je ne lui demande que d'ajouter un peu de fantaisie à un jeu trop stéréotypé. Parce qu'à force, on s'ennuie de plus en plus en assistant à des rencontres qui se suivent et se ressemblent... 

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01 novembre 2007

Les diamants sont éternels...

... et Pauleta est un joyau qui à 34 ans est encore l'un des seuls à faire briller la couronne désormais bien terne du PSG. L'Aigle des Açores a une nouvelle fois plané sur le Parc des Princes, gazon béni pour lui, en inscrivant un doublé dans son style caractéristique : tout en placement, en adresse et en technique. Le Portugais a quelque chose en plus, un je ne sais quoi de plus en plus rare dans le football moderne : la finesse et le sens du but. Ah si seulement, on n'avait plus de Pauleta et moins de Cissé...
Avec ces deux réalisations supplémentaires, Pauleta est devenu le meilleur buteur de la riche histoire du PSG avec 101 buts, toutes compétitions confondues. Il devance Dominique Rocheteau : le Charentais avait inscrit 100 buts entre 1980 et 1987. En championnat, il reste 26 journées à Pauleta pour espérer dépasser Mustapha Dahleb et ses 85 buts entre 1974 et 1984 : pour cela, Pauleta doit faire trmbler les filets à 14 reprises. A lui de jouer dès samedi à Strasbourg, àcondition que Le Guen l'aligne...
Mais pourquoi se priverait-il des services d'une légende bien vivante ? Pour donner leur chance à Diané et Luyindula qui se créent peut-être plus d'occassions mais avec qui, c'est la saison des vendanges toute l'année... Et s'il y en a un qui connaît le bon Bordeaux, c'est ben Pauleta qui avec l'âge continue à bonifier son équipe...

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