L'oeil du Cyclone

Un regard critique, partial et de mauvaise foi sur l'actualité sportive...

07 août 2009

La rentrée des stades

Après un peu plus de deux mois d'absence, le championnat de Ligue 1 reprend ses droits. Une Ligue 1 qui s'est inspiré du Real Madrid en dépensant à tout va sur le marché des transferts, enfin surtout Marseille et Lyon. Seul problème, ces deux clubs ont joué les "Real Madrid de Ligue 1" et, au lieu d'acheter à prix d'or des joueurs de classe internationale, ils ont surpayé des joueurs moyens comme Bastos, Gomis, M'Bia ou Cissokho. Et ça aurait pu être pire car on est passé près d'un Loïc Rémy à 18 M€ + Mounier.
Il n'empêche que le championnat s'annonce très ouvert avec 3 grands prétendants au titre (Marseille, Lyon et Bordeaux), un sérieux outsider (Paris) et des trouble-fêtes en pagaille (Lille, Toulouse, Rennes...). Alors qui va soulever l'Hexagoal cette saison ? A vos pronostics !

1) Olympique Lyonnais : La dernière fois que les clubs français avaient succombé à la folie des transferts (en 2004), les Lyonnais étaient jugés nettement inférieurs à leurs rivaux de l'époque (Paris et Marseille). Sauf qu'au final, les Lyonnais se sont baladés et ont fini champion avec 12 points d'avance sur son dauphin Lillois. Pourquoi un tel scénario ne se répèterait-il pas ?
Bien sûr, Juninho et Benzema sont partis mais Lisandro Lopez est arrivé alors que le départ du Brésilien pourrait libérer ses ex coéquipiers. Car même en ayant dépensé plus de 70 M€ sur le marché des transferts, il se pourrait que les meilleures recrues de l'OL aient pour nom Pjanic, Delgado, Makoun, Ederson ou Bodmer; sans oublier les jeunes pousses du centre de formation comme Tafer ou Grenier. Et avec Lloris dans les buts, un Cris revanchard en défenseur et Toulalan en râtisseur infatigable au milieu, cette équipe sera très difficile à manœuvrer.

2) Bordeaux : Depuis que Bordeaux s'est mis au Blanc, les Girondins n'ont jamais fini au-delà de la deuxième place et je ne vois pas pourquoi cette série prendrait fin cette année. Malgré tout, il est fort probable que le millésime 2010 ne soit pas aussi exceptionnel que le grand cru 2009.
Car paradoxalement, le destin de cette équipe au jeu collectif si bien huilé, repose sur les épaules ou plutôt sur la tête d'un seul homme : Marouane Chamakh. Si le Marocain quitte son club formateur, il sera très difficile de trouver un remplaçant à sa hauteur mais s'il reste, il risque de ne pas être à son meilleur niveau au cours des premiers mois.
Malgré tout, les Girondins devraient rester ancrés dans le haut du tableau car Gourcuff et Laurent Blanc sont toujours là. De plus, cette équipe n'a pas besoin de créer des automatismes qui existent déjà et reste sur une impressionnante série de 11 victoires consécutives. Et contrairement à ce que l'on peut dire, je trouve que les Bordelais ont une belle profondeur de banc avec : des attaquants ayant déjà marqué plus de 10 buts en une saison de Ligue 1 (Bellion et Gouffran), un milieu de terrain de très grande classe (Fernando), des défenseurs expérimentés (Planus et Jurietti) et de jeunes joueurs talentueux (Sertic, Ducasse et Saivet).

3) Paris Saint-Germain : La saison dernière a été celle de la résurrection, cette année doit être celle de la confirmation. A priori tous les ingrédients sont réunis pour que les Parisiens occupent le devant de la scène cette saison puisque l'équipe qui a fini la saison dernière lessivée s'est renforcée et ne jouera pas l'Europe.
Avec un Coupet surmotivé dans les buts, l'éclosion attendue de Sakho, la résurrection de Bourillon, l'abattage de Clément et Makélélé et l'activité du duo d'attaque Erding-Hoarau, Paris a un onze-type de haut vol. Par contre, on ne peut pas en dire autant des remplaçants où seuls Luyindula, Chantôme, Jallet et Camara (ou Bourillon lorsque Camara sera remis de sa blessure) semblent au niveau, sans oublier le prometteur Makonda. Un effectif un peu limité certes mais suffisant pour remporter une coupe, comme chaque année paire. Surtout, le sort du PSG reposera essentiellement sur les pieds du joueur le plus spectaculaire de Ligue 1, Stéphane Sessegnon. S'il est en forme, Paris sera injouable, s'il se blesse, la saison sera beaucoup plus compliquée...

4) Marseille : Souvent, les Marseillais sont annoncés favoris en début de saison et depuis 16 ans, ils n'ont pas soulevé le moindre trophée. Et il n'y a aucune raison que cela change car après un saison précédente plus que réussie, les Marseillais ont décidé de tout chambouler : exit donc Pape Diouf, Eric Gerets, Lorik Cana, Karim Ziani, Boudewijn Zenden et bientôt Vlabuena et Brandao ?
L'OM et Didier Deschamps n'ont donc nullement retenu les leçons du passé car à chaque fois que les Olympiens ont connu un arrivage massif de joueurs, ils ont connu une saison galère comme en 1999-2000 ou en 2004-2009. Tous les 5 ans, Marseille commet donc la même erreur car le temps que des automatismes se créent, ce sera l'heure de la CAN où partiront les M'Bia, Bakary Koné, Taye Taïwo et peut-être même Kaboré. De plus, certaines individualités me semblent complètement surévaluées : Diawara a fait la saison de sa vie la saison dernière et n'évoluera pas au même niveau cette saison, Heinze accuse le poids des ans et des blessures, M'Bia a les pieds carrés, Lucho Gonzalez aura certainement besoin d'un temps d'adaptation à la Ligue 1 alors que Morientes est un Kezman (il enchainait les buts... il y a 5 ans !) avec 3 ans de plus.
En plus, la relance n'est pas le point fort de cette équipe et un bon pressing peut suffire à les faire déjouer. Et devant, l'animation offensive dépend beaucoup trop de Niang et le pari Ben Arfa me semble risqué. Donc le temps de mettre en place un collectif, les Marseillais arriveront sans doute à arracher l'Europe, mais l'Europa Cup !

5) Lille : Le LOSC a vécu une intersaison mouvementée avec le faux-départ de Rudy Garcia mais au final, les Lillois se présentent sous un visage plutôt inchangé, d'où une position inchangée au classement ! Certes Bastos est parti mais c'était surtout un joueur de coups de pied arrêtés mais, dans un tout autre registre, le virevoltant Eden Hazard devrait faire oublier assez rapidement le Brésilien.
De plus, cette équipe lilloise est parfaitement équilibrée avec des joueurs offensifs de talent (Hazard donc, mais aussi Obraniak, Vittek, De Melo ou Frau), un milieu de terrain  petit par la taille mais grand par le talent et une défense solide. Il manque juste un latéral gauche (Morel ?) pour compléter l'effectif...

6) Rennes : Chaque saison, les Rennais oscillent entre la 4ème et la 7ème place et ils devraient faire de même cette saison vue que M'Bia, seul départ notable chez les Bretons, sera certainement avantageusement remplacé par le prometteur Alexander Tettey. En bonus, Antonetti récupère Ismaël Bangoura et Inamoto, donc pas de quoi viser beaucoup plus haut que l'an passé !

7) Toulouse : L'équipe surprise de l'an passé ne pourra justement plus compter sur l'effet de surprise cette saison. Basé essentiellement sur l'impact physique, le jeu des Toulousains me semble trop limité pour viser plus haut car il leur sera presque impossible d'avoir la même réussite devant le but que l'an passé. Heureusement pour eux, Gignac est resté ce qui devrait leur permettre de bien figuré dans le Top 10, si leur buteur vedette est en forme et si Étienne Didot n'est pas blessé...

8) Saint-Etienne : Après avoir flirté avec la zone rouge toute la saison dernière, les Stéphanois espèrent refaire le coup des Parisiens et des Toulousains l'an passé qui après avoir sauvé leur peau lors de la dernière journée de la saison 2007-008, ont squatté le haut du tableau la saison suivante. Pour cela, les Verts ont mis toutes leurs chances de leur côté en se débarrassant de leur ex panthère et désormais chat noir, Bafé Gomis.
Ça ne pourra donc qu'être mieux cette saison mais les hommes d'Alain Perrin ne semblent pas armés pour viser plus haut car les joueurs de classe se comptent sur les doigts d'une main : Loïc Perrin, Blaise Matuidi, Ilan, Payet et Sako ?

9) Monaco : La saison passée, l'ASM a été capable du meilleur (un match nul à Gerland) comme du pire (une défaite à domicile face au Havre), une irrégularité chronique dûe en grande partie à la jeunesse de l'effectif monégasques. Certes les joueurs de la Principauté n'ont pas beaucoup changé mais les jeunes pousses locales ont gagné un an d'expérience et avec quelques joueurs d'expérience pour les encadrer, Monaco peut espérer retrouver le Top 10, surtout si un buteur est recruté pour mettre à profit les caviars de Mollo et Nenê...

10) Nice : Rien de bien nouveau sur les bords de la Côte d'Azur, à part le départ d'Antonetti. L'effectif est presque inchangé et les Niçois peuvent espérer une saison similaire à la précédente, à moins que les départs de Kanté et Rool se fassent plus sentir que prévu...

11) Nancy : Après une saison qui a marqué une régression par rapport aux précédentes, Nancy, jusque là adepte du statu quo a décidé de modifier en profondeur son effectif. Mieux, Pablo Correa aurait décider de développer un football (un peu plus) offensif ! Comme quoi, tout arrive... Il faut maintenant espérer que ces bonnes intentions payent et que l'ASNL prenne un nouveau départ...

12) Auxerre : Après un début de saison difficile, l'AJA a fini l'exercice précédent en trombe grâce à un Jelen en état de grâce (11 buts lors des 16 dernières journées). Mais malheureusement pour les Auxerrois, leur buteur polonais s'est blessé et sera indisponible pendant deux mois. Un coup dur pour cette équipe solide mais sans génie et totalement détendant de son avant-centre vedette. Aux Licata, Oliech et Niculae (qui ne pourra pas faire pire que la saison passée où son compteur buts est bloqué à 0) de rependre le flambeau en attendant le retour du messie icaunais...

13) Sochaux : Comme tous les ans, les Sochaliens ont perdu leur meilleur joueur et cette année, c'est au tour Melvut Erding, qui a sauvé son club formateur de la relégation au lors des deux dernières saisons, de quitter le Doubs. Malgré tout, le FC Sochaux devrait vivre une saison moins mouvementée que les précédentes en s'appuyant sur Sverkos devant, Bréchet derrière et sur ses jeunes pousses au milieu (Boudebouz, Tulasne, Martin...).

14) Lorient : Le miracle n'aura pas eu lieu : les autres clubs de Ligue 1 se sont enfin rendus compte de la qualité des joueurs Bretons et les plus talentueux d'entre eux (Jallet, Ciani, Abriel, en attendant Morel) ont rejoint des prétendants au titre. Heureusement, Gameiro, Amalfitano, Jouffre et Vahirua sont toujours là alors que le meilleur défenseur de L2, Laurent Koscielny, est arrivé. Ce sera sans doute suffisant pour se maintenir, en attendant une nouvelle saignée l'an prochain avec le départ programmé de Christian Gourcuff...

15) Valenciennes : Cette année, les équipes de Ligue 1 qui ont changé d'entraîneur n'ont pas bouleversé leurs effectifs et Valenciennes n'échappe pas à la règle. De nouveaux joueurs (Rémi Gomis, Cohade et Ben Khalfallah) sont arrivés pour renforcer le milieu de terrain mais le club parviendra-t-il à digérer le départ de Darcheville dont la venue avait coïncide avec le renouveau des Valenciennois la saison passée ? Quand on voit que son remplaçant s'appelle Samassa, on se dit que ce n'est pas gagné...

16) Le Mans : La tradition veut que chaque saison, le MUC 72 perde ses meilleurs joueurs et cette année encore, la tradition a été respectée puisque Gervinho, Pelé et Paulo André ont quitté la Sarthe. Mais la tradition veut aussi que chaque année, Le Mans se maintienne sans trop de soucis car les inconnus recrutés et les jeunes du centre de formation remplacent sans sourciller les partants. A noter, les Manceaux innovent cette année car durant la CAN, ce ne sont pas seulement les joueurs sélectionnés pour cette compétition qui vont quitter le club mais aussi l'entraîneur !

17) Lens : Visiblement, la relégation de la saison 2007-08 a fait mal aux finances du club de Gervais Martel car les Sang et Or éprouvent les pires difficultés à recruter cet été. Cette équipe qui a déjà montré ses limites l'an passé devra donc lutter pour assurer son maintien...

18) Grenoble : L'an passé, les Grenoblois ont assuré leur maintien grâce à leur énorme réussite du début de saison où leur seul tir cadré se transformait en but. Les Grenoblois et leur football restrictif ont donc réussi l'exploit de se maintenir avec la plus mauvaise attaque de Ligue 1 (24 buts seulement, soit autant que le seul Gignac !). Même si des joueurs offensifs ont été recrutés (Ljuboja et Matsui), tel miracle ne devrait pas se reproduire cette saison car le crime ne peut pas payer deux années d'affilée...

19) Montpellier : La saison risque d'être longue pour des Héraultais qui ont obtenu leur billet pour la L1 lors de la dernière journée de championnat de Ligue 2. Le club de la Paillade a conservé ses meilleurs éléments et engagé des vieux habitués de la Ligue 1 (Dernis, Jeunechamp, Pitau). Un recrutement qui devrait permettre aux Montpellierains de ne pas finir bons derniers du championnat...

20) Boulogne : Lors de l'exercice 2007-08, les Boulonnais ont assuré leur maintien en Ligue 2 grâce à un but de Damien Perrinelle dans les dernières minutes du dernier match de la saison. C'est avec quasiment les mêmes joueurs que Boulogne a décroché son ticket pour l'élite l'an passé, ce qui me fait croire que cette équipe est au-dessus de ses possibilités réelles. De plus, cette équipe manque cruellement d'expérience car Frédéric Da Rocha a dû jouer plus de match au plus haut niveau que tout le reste de l'effectif.
Je veux bien croire au talent offensif de Grégory Thil et qu'en sport, rien n'est jamais joué mais cette équipe de Boulogne devrait être le digne successeur de Metz et du Havre comme lanterne rouge du championnat...

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13 juillet 2009

Equipe type des révélations de la Ligue 1 2008-2009

Alors que les clubs de ligue 1 ont repris le chemin de l'entraînement, plutôt que d'annoncer des infos croustillantes du style Drogba à Marseille, Vieira au PSG ou Ribéry au Real, je préfère faire un bilan de la saison écoulée. Comme l'an dernier, nous allons commencer par nous intéresser aux joueurs qui se sont révélés lors de la saison 2008-09.
Tout d'abord, qu'est-ce que j'entends par révélation ? C'est un joueur qui avait moins de 25 ans et qui avait pris part à moins de 10 rencontres de championnat avant le début de la saison. Ces critères (sévères mais justes comme dirait Christian Jeanpierre) excluent donc de fait des Loïc Rémy, Amadou Alassane, Fahid Ben Khalfallah ou autres Modibo Maïga.

Voici cette équipe dans un 4-4-2 classique :

Ruffier

Corchia - Benalouane - Paillot - Trémoulinas

A. N'Diaye - E. Capoue
Feghouli                        Mollo

Hazard - Hoarau

Stéphane Ruffier, 22 ans, gardien de but, AS Monaco, 32 matchs. Au début de la saison 2008-09, l'AS Monaco avait viré sans prendre de pincettes le plus emblématique des gardiens passés sur la Turbie : Jean-Luc Ettori (d'ailleurs que les fans du club du Rocher soient rassurés, il y aura à nouveau un moustachu assis sur le banc de touche du stade Louis II puisque Guy Lacombe débarque en Principauté mais ceci est une autre histoire), alors directeur sportif du cub. Mais au cours de cette saison 2008-09, l'ASM a "gagné" un nouveau grand gardien puisque Stéphane Ruffier s'est imposé comme le titulaire indiscutable du poste.
Bénéficiant du déclin de Flavio Roma, dernier survivant (avec Bernardi, parti en janvier 2009 en Argentine) de l'épopée de la Ligue des Champions 2004. Grand, puissant (1m87; 89 kilos), Ruffier aurait sans doute fait un excellent 3ème ligne sauteur de l'Aviron Bayonnais mais il a choisi la section foot du club bleu ciel et blanc, pour le plus grand bonheur des (quelques) supporters de l'ASM.
Au cours de la saison, il ne lâchera jamais sa place de titulaire et montrera que la ressemblance avec Pepe Reina, le gardien des Reds, n'était pas juste physique. Capable de réflexes extraordinaires, il a écœuré plus d'une équipe de Ligue 1, notamment au Vélodrome où Niang et les Marseillais ont été incapables de tromper sa vigilance. S'il avait joué dans le camp d'en face, sûr que la France entière aurait réclamé sa titularisation dans les buts de l'équipe de France...

Stephane_Ruffier

Sébastien Corchia, 18 ans, arrière droit, Le Mans UC, 9 matchs.Tous les ans, Le Mans perd ses meilleurs éléments mais chaque année, le club préféré de François Fillon parvient à se maintenir en Ligue 1 en faisant confiance à des joueurs méconnus ou issus de son centre de formation. Et cette année, la révélation mancelle de la saison est incontestablement le jeune défenseur Sébastien Corchia.
Formé au PSG (mais également passé par Bondy, Villemomble et l'INF Clairefontaine) puis au Mans, le natif de Noisy-le-Sec était déjà suivi par la Juventus de Turin alors qu'il n'avait pas encore disputé la moindre rencontre chez les professionnels. Joie qu'il allait connaître le 14 février dernier face à Nice où il fut pour sa première apparition et titularisation en Ligue le tireur des coups de pieds arrêtés manceaux.
Rapide, bon centreur, actif et insouciant, cet international des moins de 19 ans a rapidement enchainé les rencontres, reléguant très souvent sur le banc Ibrahim Camara, son concurrent au poste d'arrière droit. Excellent tireur de coups francs, Sébastien Corchia doit encore s'étoffer un petit peu pour avoir plus de répondant dans les duels. Et comme les Sessegnon, Romaric, Bonnart, Drogba ou Thomert avant lui, il quittera alors le MUC 72 pour briller en Ligue 1 ou ailleurs...

Yohan Benalouane, 22 ans, défenseur central, AS Saint-Etienne, 29 matchs. Chez les espoirs du football français, le prénom Yohan est à la mode et après le milieu (Gourcuff, dont le prénom prend 2 "n" mais pas de "h") et l'attaquant (Gouffran, sans "h"), il nous manquait le défenseur et c'est donc Benalouane qui s'y colle avec une nouvelle façon d'orthographier ce prénom. Formé à l'ASSE, cet athlétique défenseur a profité des blessures et des performances cataclysmiques de ses concurrents (Tavlaridis, Monsoreau, Bayal) pour faire son trou dans l'axe de la défense stéphanoise.
Excellent de la tête, dur sur l'homme et doté d'un bon sens de l'anticipation, il a pour modèle un ancien joueur de la maison verte, Zoumana Camara : c'est sans doute pour cela qu'il doit gagner en régularité et travailler ses relances qui à l'heure actuelle feraient passer Ronald Zubar pour Beckenbauer. Enfin, le défenseur stéphanois devra apprendre à mieux contrôler ses nerfs vu qu'avec 10 avertissements, il a réussi l'exploit de battre Tavlaridis au nombre de cartons jaunes récoltés (9 pour le Grec) au cours de la saison écoulée...

Sandy Paillot, 22 ans, défenseur central, FC Grenoble 38, 17 matchs. La cuvée 1987 du centre de formation de l'OL est sans doute l'un des plus beaux millésimes de l'histoire du club. Le hic pour les Lyonnais, c'est qu'à part Benzema et Mounier, tous les autres membres de cette promotion (Rémy, Rémy Riou, Ben Arfa...) ont déjà quitté les bords du Rhône et de la Saône. Sandy Paillot, fils de l'ancien joueur lyonnais Patrick Paillot, n'échappe pas à la règle et c'est du côté du Stade des Alpes qu'il a véritablement explosé la saison passée, profitant de la blessure de Maxence Flachez pour s'imposer durablement comme titulaire dans l'axe de la défense grenobloise.
Si Benalouane s'est inspiré de Zoumana Camara, Paillot lui a été à meilleure école puisque son style de ju se rapproche énormément  d'un de ses anciens compagnons d'entraînement, Sébastien Squillaci : costaud, bien placé, intraitable au marquage et excellent dans le jeu aérien. Avec Hoarau et Chamakh, il s'est même imposé comme l'un des meilleurs joueurs de tête de Ligue 1 puisqu'il a inscrit la bagatelle de 4 buts en seulement 17 rencontres. Pas mal pour un défenseur que l'OL jugeait inférieur à l'inoubliable Cleber Anderson il y a encore 18 mois...

Benoît Trémoulinas, 23 ans, arrière gauche, FC Girondins de Bordeaux, 26 matchs. La saison dernière, à Bordeaux, on a beaucoup parlé de Yoann Gourcuff. L'an dernier, à la Réunion, on a énormément parlé de la réussite de Guillaume Hoarau au PSG. Mais aussi bien à Bordeaux qu'à la Réunion ou que partout en France, on n'a que très peu parlé de la très belle saison du Réunionais (par sa mère) Benoît Trémoulinas avec les Girondins.
Milieu gauche de formation, ce latéral très offensif a su se faire sa place au sein des Champions de France 2009, éliminant rapidement la concurrence d'un Jurietti dépressif et d'un Placente à la trajectoire similaire à celle d'un Kezman. Très porté sur l'attaque, sa vivacité et sa qualité de centre lui ont permis de délivrer 5 passes décisives ce qui fait de lui le meilleur passeur chez les latéraux de Ligue 1. Très intelligent dans le jeu, il a encore quelques lacunes dans le placement défensif à corriger mais il est sans doute le meilleur arrière gauche de France sur le plan offensif. Certes, il n'a pas la frappe de balle de Taïwo mais lui, ses frappes sont cadrées et il n'envoie pas un centre sur deux au cinquième poteau...

Sebastien_Corchia__2_  Yohan_Benalouane  Sandy_Paillot  Benoit_Tremoulinas

Sofiane Feghouli, 19 ans, milieu droit, FC Grenoble 38, 26 matchs. A mois d'être un fan absolu du FCG 38 ou d'aimer les blocs défensifs, il y avait peu de raisons d'aller voir jouer Grenoble cette saison. La seule étant d'aller voir jouer Sofiane Feghouli, le jeune milieu de terrain offensif formé dans les Alpes.
Capable d'évoluer aussi bien à gauche comme à droite, rapide, à l'aise des deux pieds et très percutant, l'international Espoirs est un joueur rare, déjà suivi par la plupart des plus gros clubs européens (Juventus, Chelsea, Liverpool et bien d'autres). Toutefois, il a encore une grande marge de progression et doit gagner en efficacité et en régularité.
Pour les fans de Grenoble, il faut espérer que ce fan du PSG reste une saison de plus en Isère. Car s'il venait à partir, ils n'auraient plus qu'admirer leur magnifique Stade des Alpes. Parce que le spectacle sur la pelouse...

Alfred N'Diaye, 19 ans, milieu défensif, AS Nancy Lorraine, 23 matchs. Depuis 2002 et le passage d'Houcine à la Star Academy 2ème du nom, aucun habitant de Vandoeuvre-les-Nancy n'avait fait parler de lui. Jusqu'à cette année et Alfred N'Diaye, la Nouvelle Star de l'ASNL.
Jeune coq des moins de 19 ans partageant la passion de la crête avec son ami Mamadou Sakho, ce longiligne milieu de terrain a connu une croissance tardive mais n'a pas tardé à s'imposer chez les professionnels. Profitant de sa polyvalence, il a dépanné en défense avant de s'imposer, à seulement 18 ans, au milieu de terrain, son poste de prédilection, où il a mis sur le banc Benjamin Gavanon, l'un des joueurs clés des précédentes campagnes nancéiennes. N'Diaye est un milieu défensif moderne, grand (1m88), costaud (90 kilos) et avec un gros déchet technique, un milieu aux antipodes de Xavi ou d'Iniesta donc. Mais il a quand même deux points communs avec les deux cracks du Barça : un gros volume de jeu et... un mauvais jeu de tête !
Comme beaucoup de jeunes milieux de sa génération, Alfred N'Diaye a pour référence Patrick Vieira. Si les deux joueurs ont en commun la morphologie et les origines sénégalaises, le jeune Nancéien devra considérablement améliorer son jeu vers l'avant afin, peut-être, d'égaler le maître...

Etienne Capoue, 21 ans, milieu défensif, Toulouse FC, 31 matchs. Lorsqu'il a été question de la belle saison toulousaine, on a, à juste titre, énormément parlé d'André-Pierre Gignac. On a également évoqué les arrêts de Carasso, la technique d'Etienne Didot, la solidité de Mauro Cetto ou le discours d'Alain Casanova. Mais on n'a que très peu parlé de l'énorme saison d'Etienne Capoue, pilier essentiel de la solidité défensive toulousaine.
Défenseur central de formation et milieu défensif de talent, Etienne Capoue est bien plus régulier que son frère Aurélien et bien plus technique (en même temps, c'est pas bien compliqué) que Cheikh M'Bengue ou Moussa Sissoko, ses anciens partenaires au centre de formation du TFC. Rapide, grand et puissant (1m89 et 80 kilos), technique et doté d'un très gros volume de jeu, le Niortais a rapidement fait oublier Nicolas Dieuze et a laissé Mathieu Berson admirer les tribunes du Stadium depuis le banc de touche. Il ne lui reste plus qu'à contenir la fougue de sa jeunesse qui fait de lui un des joueurs les plus avertis de Ligue 1 pour devenir un joueur encore un peu plus complet.
Capitaine des Espoirs, pion essentiel du équipe du haut de tableau et convoité par les plus grands clubs français et étrangers, le tableau est presque idyllique pour le jeune Toulousain. L'équipe de France est à sa portée, surtout quand on voit que Domenech sélectionne Alou Diarra, mais pour cela, il faudra confirmer cette belle première année. Alors Etienne, Capoue pas Cap de porter le maillot bleu ? Comme pour Marion Cotillard et Guillaume Canet, il se pourrait que ce soit un jeu d'enfant !

Yohan Mollo, 19 ans, milieu gauche, AS Monaco, 24 matchs. Lorsqu'en août 2008 l'AS Monaco a profité des dernières heures du mercato pour liquider totalement son couloir gauche (Ménez à la Roma et Néné à l'Espanyol), pourtant l'une des rares satisfactions d'une saison 2007-08 bien terne, tout le monde a crié au fou en se demandant qui pourrait occuper le poste. Meriem ? Trop souvent blessé. Pino ? Le jour où il découvrira que le foot est un sport collectif, peut-être. Gakpé ? Plus un attaquant et lui aussi est trop souvent blessé.
Non, la réponse était Yohan Mollo. Inconnu il y a un an, le cousin d'André-Pierre Gignac est passé directement des moins de 18 ans de l'ASM à une place de titulaire en Ligue 1 sans même passer par la case CFA ! Ailier virevoltant, fantasque, vif et provocateur, le natif de Martigues a vite séduit Ricardo et les (quelques) supporters du club qui l'ont élu révélation de la saison et joueur du mois en février et en mars. Privé du dernier mois de compétition pour cause de blessure, l'international Espoirs aura quand même inscrit 2 buts et 4 passes décisives. Fan de Cristiano Ronaldo, il peut s'inspirer du parcours de son idole (mais pas de son style capillaire, il faut pas déconner) en gagnant en efficacité au cours de sa carrière, voire mieux s'il parvient à épurer son jeu tout en restant imprévisible.
En tout cas, désormais, les fans de l'AS Monaco n'auront plus peur de crier "Vas-y Mollo" à l'un des leurs. Car leur milieu gauche est un modèle d'abnégation...

Sofiane_Feghouli  Alfred_Ndiaye  Etienne_Capoue  Yohan_Mollo

Eden Hazard, 18 ans, attaquant, Lille OSC, 29 matchs. Ludovic Obraniak a marqué 9 buts pour le Losc la saison dernière, un chiffre plus qu'honorable pour un milieu offensif et qui aurait dû lui assurer une place de titulaire dans le 11 Lillois. Sauf qu'entre temps, il y a eu le tremblement de terre Eden Hazard !
On n'est pas sérieux quand on a 17 ans et l'insouciance du jeune Belge a fait des ravages sur les pelouses de Ligue 1, qui sont déjà le jardin d'Eden, ce qui n'a pas échappé à tous les grands clubs Européens. Avec sa conduite de balle hors norme, le jeu de Hazard est particulièrement déstabilisant pour ses adversaire et comme le Hazard fait bien les choses, il compense son gabarit relativement modeste par sa grande habilité balle au pied, sa vivacité et sa vision du jeu. Les défenseurs Lyonnais en savent quelque chose, eux qui doivent encore faire des cauchemars en repensant à ce soir de mars où le jeune Belge, après avoir donné deux passes décisives, avait propulsé son équipe en quart-de-finale de la Coupe de France en effaçant 3 joueurs de l'OL avant de tromper Hugo Lloris.
Déjà international et comparé à Scifo ou à Messi, l'attaquant Lillois est l'un des plus sûrs espoirs du football mondial. Le LOSC va avoir du mal à le conserver très longtemps et son départ se ferait certainement furieusement sentir car si la belle saison de Lille ne doit rien au hasard, elle doit beaucoup à Hazard...

Guillaume Hoarau, 25 ans, attaquant, Paris Saint-Germain, 32 matchs. Au printemps 2008, le PSG luttait pour ne pas descendre en Ligue 2, une relégation qui aurait eu de terribles conséquences sur le plan financier mais aussi sportif : en effet, Guillaume Hoarau n'aurait jamais porté le maillot du Paris Saint-Germain ! Un an plus tard, Paris a retrouvé le haut du classement et Hoarau a fini 2ème meilleur buteur de Ligue 1.
Le meilleur buteur de Ligue 2 de la saison 2007-08 a donc parfaitement rempli son contrat et s'est affirmé comme le digne successeur de Pauleta, le meilleur buteur de l'histoire du club. Pourtant ce qui est évident aujourd'hui ne l'était pas forcément à l'époque : en effet, Charles Villeneuve, qui recrute en fonction des stats des joueurs à PES, voulait un nom pour l'attaque du PSG et avait donc recruté Mateja Kezman...
Mais Paul Le Guen n'était pas convaincu par le Serbe mais l'était par le Réunionnais.
Et dès la première rencontre au Parc des Princes, face au futur champion bordelais, Hoarau trouvait le chemin des filets et lançait la saison du PSG. Lors des autres rencontres de l'Eté, Hoarau se montra moins décisif et manquait même parfois l'immanquable (comme à Saint-Etienne ou à Caen), payant sans doute son énorme activité tout au long d'une rencontre. Le Parc des Princes commençait alors à douter de son avant-centre (certains inconscients sont mêmes jusqu'à aller une titularisation de Kezman). Mais Le Guen, en bon Breton, est tétu et lui renouvelle sa confiance. Vient alors le match au Vélodrome où Hoarau signe un doublé qui lui permet de séduire définitivement ses supporters.
Mais un doublé à Marseille n'est pas suffisant pour s'imposer à Paris - Branko Boskovic en sait quelque chose - et grâce à son excellent jeu de tête, à son intelligence de jeu et à son sens du but, Hoarau s'est rendu indispensable. D'ailleurs, il n'est pas à étranger à la mauvaise fin de saison de son équipe vu qu'il était blessé...

Eden_Hazard  Guillaume_Hoarau

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28 mai 2009

Barcelone, équipe éternelle

Hier soir dans la ville éternelle, le FC Barcelone 2008-09 est définitivement rentré dans l'histoire en réalisant un triplé jamais réalisé par un club Espagnol, pas même le grand Real Madrid des années 50 : la Liga, la Coupe du Roi et la Ligue des Champions. Dans l'histoire, seule une équipe par décennie a réalisé l'exploit de remporter la C1 ainsi que son championnat domestique et sa coupe nationale : le Celtic Glasgow en 1967, l'Ajax Amsterdam en 1972, le PSV Eindhoven en 1988 et Manchester United en 1999.

Sans conteste, le Barcelone de Guardiola est l'équipe de ce 21ème siècle, non seulement par les résultats probants qu'il a obtenus mais surtout par le jeu ultra spectaculaire, ultra technique et ultra offensif qu'il a développé tout au long de l'année. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 157 buts (104 en Liga, 37 en C1 et 17 en Coupe du Roi) en 62 rencontres (37 de Liga, 16 en C1 et 9 en Coupe d'Espagne), soit une moyenne hallucinante de 2,53 buts par match. Et le plus impressionnant, c'est que ce Barcelone-là a réalisé quelques un de ses plus gros cartons face à de grosses écuries : 5-0 face à la Corogne, 4-0 face au FC Séville, 6-1 face à l'Atletico Madrid, 4-0 face à Valence, 5-2 face à Lyon, 4-0 face au Bayern Munich sans oublier le mythique 6-2 à Santiago Bernabeu.

La dernière victime de cette équipe hors norme est donc le Manchester United de Cristiano Ronaldo qui était pourtant donné favori avant le coup d'envoi. Les Mancuniens avaient disaient-on une plus grande profondeur de banc, un milieu capable d'étouffer les Barcelonais et pouvaient compter sur la meilleure défense du monde. Sans oublier, Cristiano Ronaldo qui était présenté comme plus complet que Leo Messi qui était décrit comme incapable de marquer face à une équipe anglaise.
Bien entendu, ces prédictions se sont révélées complètement fausses. Messi, comme un symbole, a marqué et, du haut de son mètre soixante-neuf, s'est payé le luxe de devancer de la tête les géants Vidic et Ferdinand pour tromper le mètre quatre-vingt dix-sept de Van der Sar. De son côté, Cristiano Ronaldo (toujours aussi transparent dans les grands rendez-vous), a prouvé qu'il ne méritait pas son Ballon d'Or 2008 en pêchant par individualisme, n'inquiétant jamais Victor Valdés. En plus de prendre une leçon de football, il a eu droit à une bonne leçon tout court de la part de Xavi suite à son vilain coup de coude sur Puyol en fin de match.
Contrairement au match contre Chelsea, Barcelone s'est facilité la tâche en se montrant aussi réaliste qu'un club anglais. Suite à une percée et à un décalage de l'excellentissime Iniesta, Eto'o crochète Vidic et trompe Van der Saar qu'on a connu plus réactif. Manchester, malgré 10 bonnes premières minutes, n'allait jamais s'en remettre, rendant les armes sans combattre. Les changements de Ferguson n'y feront rien : MU balance de longs ballons et Ronaldo joue tout seul devant. Pendant ce temps là, le milieu du Barça prouve, si c'était encore nécessaire, qu'il n'avait rien à voir avec celui de Barcelone et se ballade pendant 80 minutes. Ça temporise, ça accélère quand c'est nécessaire et ça se place parfaitement pour enrayer les attaques des Red Devils. Du grand art !

Ce succès est bien entendu celui de Guardiola qui a fait d'une équipe aux abois l'an passé, une machine de guerre cette année. Pourtant, seuls 2 joueurs du 11 type (Daniel Alves et Piqué) sont arrivés à l'intersaison. La rigueur et la discipline collective imposée par Pep a fait des merveilles et le pari de miser sur les joueurs formés à
la Masia s'est révélé payant. En effet, hier soir, sur les 11 titulaires, 7 étaient formés au club ! Une rareté à ce stade de la compétition qui permet de développer un jeu spectaculaire et offensif car la plupart des joueurs sont habitués aux exigences de ce système de jeu offensif et exigeant.
Cette équipe du Barça semble avoir de la marge sur ses rivaux car hier, il faut le rappeler, les 3 quarts de sa défense étaient suspendus ou blessés (Abidal, Daniel Alves, Marquez, sans oublier Milito) alors qu'Henry et Iniesta n'avaient pas joué depuis plusieurs semaines. De plus, cette équipe est jeune (seuls Heny, Abidal et Puyol sont nés dans les années 70) et a une belle marge de progression. Il manque juste un arrière latéral offensif et polyvalent (Lahm) et un milieu gauche (David Silva) pour soulager Henry. Mais dans le football, rien n'est acquis : on pouvait dire la même chose du Barça 2006 sauf que celui-ci n'a par la suite jamais retrouvé son niveau de jeu après sa victoire en C1, la faute notamment à une hygiène de vie discutable pour Deco et Ronaldinho. Les Messi et Iniesta semblent à l'abri de ces dérives mais peut-être que cette nouvelle Dream Team n'aura plus aussi faim que cette année...

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07 mai 2009

Seul le beau jeu mène à Rome

Le 6 novembre 1991, au 2ème tour de ce qui s'appelait encore la Coupe d'Europe des Clubs Champions, José Maria Bakero avait d'un coup de tête à la 90ème minute permis au FC Barcelone - alors mené 0-3 sur la pelouse de Kaiserslautern après l'avoir emporté 2-0 à l'aller au Camp Nou - de se qualifier pour le tour suivant. Ce but inespéré avait donné naissance à la fameuse Dream Team de Cruyff qui allait quelques mois plus tard triompher de la Sampdoria de Gènes en finale de la C1 à Wembley.
Il est probable que Guardiola, hier jour clé de cette équipe qui a enthousiasmé l'Europe, et aujourd'hui entraineur de talent, a longtemps espéré revivre un tel scénario hier soir, 17 ans et 6 mois après le but du milieu de terrain Basque, avant que le génial Andrés Iniesta n'offre à l'Europe entière la finale dont elle rêvait. Hier soir, Barcelone avait la foi (normal quand on veut aller à Rome) et a donc rejoint en finale de la Ligue des Champions un Manchester United qui a tranquillement dominé son sujet face à une équipe d'Arsenal trop juste pour le top niveau européen.

Si selon Nietzche, "Dieu est mort", les dieux du football doivent être, eux, toujours en vie car hier soir, ils ont choisi de récompenser la seule équipe qui ait fait honneur à ce sport au cours de cette demi-finale. Pendant 180 minutes, Chelsea a essayé de détruire son adversaire sans jamais rien construire. Le pire, c'est que les Blues ont essayé de mettre de l'impact physique dans chaque duel mais dès qu'un Barcelonais se mettait à utiliser les mêmes armes, le joueur londonien se retrouvait immédiatement au sol, se tordant de douleur après avoir été bousculé de la sorte par un boucher catalan. Au passage, cela permettait à Chelsea d'hacher un peu plus le rythme de la rencontre.
Le pire, c'est que le crime a failli payer car avec ce but venu d'ailleurs et de nulle part d'Essien, le scénario était parfait pour Chelsea qui pouvait laisser venir les joueurs Barcelonais s'écraser sur l'incroyable mur bleu mis en place par un Guus Hiddink que l'on a connu plus romantique. Chelsea pouvait voir venir et tuer le Barça en contre-attaque. C'est ce qui aurait pu se produire mais Victor Valdés est l'un des tout meilleurs gardiens d'Europe en un contre un et a remporté tous ses duels face à Drogba lorsque celui-ci préférait rester debout plutôt que s'affaler par terre pour gratter un penalty.
Après l'exclusion plus que sévère d'Abidal, la messe semblait dite pour les Blaugranas car dans l'animation offensive, seuls Iniesta - déjà - et Messi posaient des problèmes aux 11 défenseurs de Chelsea : Eto'o, comme depuis plusieurs semaines, était inexistant, Xavi moins précis dans ses passes qu'à l'accoutumée, Alves nerveux et incapable d'adresser un bon centre alors que Keita gênait plus les offensives catalanes qu'autre chose. Mais Chelsea a joué petits bras et plutôt que de chercher le KO en inscrivant un 2ème but, a joué petits bras et face à un tel talent offensif, il était impossible de préserver ses buts vierges pendant 2 rencontres. Une relance catastrophique d'Essien, l'altruisme de Messi et le talent d'Iniesta, qui s'offre là un joli cadeau d'anniversaire 5 jours avant de fêter son quart de siècle, ont suffi pour faire la différence.
Chelsea a beau crier au scandale au niveau de l'arbitrage, les Blues ont vite oublié le carton rouge injustifié donné à Abidal qui aurait dû leur permettre de triompher. Et sur les 5 pénaltys qu'ils réclament, seule la main de Piqué aurait pu être sifflée mais encore, elle est clairement involontaire. Et avec toute leur expérience, les hommes de Guus Hiddink savaient très bien que plus, on cherche à obtenir un coup de sifflet, moins on l'obtient. L'attitude de Drogba est en cela ridicule car il a passé son temps à faire faute sur Piqué et Yaya Touré et n'a pas supporté qu'on ose lui répondre sur le même registre. Comme souvent avec les Anglais, le fair play est surtout valable quand on gagne.
Et globalement, l'arbitrage sur les deux rencontres, a été plutôt favorable aux joueurs de Chelsea car de nombreux contacts n'ont pas été signalés. Et il ne faut pas non plus oublier le pénalty non sifflé sur Henry au Camp Nou, la faute est bien plus évidente que ce qu'ont pu quémander les Blues hier, avec Puyol qui écope d'un carton jaune le privant du match retour sur l'action qui suit. Et sur les deux matches, Cech a été plus sollicité que Valdés (6 arrêts contre 4 pour le Barcelonais), preuve de la domination Barcelonaise.

Lors de l'autre demi-finale, comme à l'aller, Manchester a tranquillement disposé d'une équipe d'Arsenal, tout simplement surcotée. Une équipe ne peut pas prétendre jouer une Finale de Ligue des Champions avec un Song au milieu ou avec Sagna comme latéral droit. Wenger était confiant avant la rencontre, ce qui m'a surpris, et lui aussi voit sans doute ses joueurs plus beaux qu'ils ne le sont. Il y a quelques temps, il avait comparé Fabregas à Platini alors que celui-ci est bien inférieur à Xavi, à Xabi Alonso ou à l'inévitable Iniesta. Les Adebayor, Denilson, Diaby, Nasri, Fabregas, Walcott sont encore très loin du niveau des Henry, Petit, Vieira, Pirès, Bergkamp ou Ljungberg et, même s'ils sont jeunes, n'atteindront peut-être jamais les sommets côtoyés par leurs ainés. Et quand en plus, Gibbs et Almunia offrent deux buts aux Mancuniens, c'est mission impossible.
Au cours de ces deux matches, Manchester ne s'est fait aucune frayeur et réussit donc l'exploit de se qualifier pour une deuxième finale de Champion's League de rang, ce qui n'était pas arrivé depuis Valence en 2000 et 2001. Et c'est mérité car, comme les Barcelonais, les Red Devils proposent un jeu porté vers l'avant même si leur collectif est moins huilé que celui des hommes de Guardiola. L'an passé, Manchester avait écarté Barcelone en demi mais les choses ont changé cette année : Barcelone ne s'est pas fait éliminer en demi-finales sur une frappe lointaine d'un milieu de terrain d'un club anglais...

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30 avril 2009

Un éternel recommencement ?

En 2008, la finale de la Ligue des Champions opposait Manchester United à Chelsea. En 2009, à la mi-temps des demi-finales, les deux clubs sont bien partis pour se retrouver à Rome. Et si jamais, Barcelone et surtout Arsenal réussissaient à renverser la tendance, on assisterait à un remake de la finale de 2006... Logique quand 3 des 4 demi-finalistes sont les mêmes que l'an passé...
Mais selon moi, nous assisterons à une finale inédite entre Barcelone et Manchester qui ne se sont jamais affrontées à ce stade de la compétition. Mais pour l'anecdote, on se rappellera que les Red Devils ont joué, et gagné, une finale de la Ligue des Champions au Camp Nou : en 1999, face au Bayern.

Mais revenons 10 ans plus tard et intéressons-nous à la première de ces demi-finales qui, il faut bien l'avouer, ont été d'un ennui rare. Apeuré par les déroutes Lyonnaises et Munichoises, Chelsea a fermé le jeu et le seul Drogba était autorisé à passer la ligne médiane. Les Londoniens, profitant des largesses d'un arbitre allemand voulant sans doute venger le Bayern, ont multipliés les fautes et les Obi Mikel, Ballack et Alex n'auraient jamais dû finir la rencontre. Malgré un Iniesta des grands jours, le Barça n'a pas retrouvé la fluidité de ses dernières sorties la faute à un Messi loin de son meilleur niveau. Malgré tout, les Barcelonais se sont procurés 4-5 grosses occasions toutes sauvées avec brio par un Cech des grands jours mais plus à l'aise avec ses mains qu'avec ses pieds.
Surtout, Barcelone aurait pu bénéficier d'un pénalty suite à une faute d'Alex sur Henry. Mais sur la même action, Puyol se prend un carton et loupera le match retour. C'est la seule raison d'espérer pour Chelsea qui affrontera probablement une charnière Abidal-Piqué inédite. En tout cas, les Blues devront marquer pour se qualifier car il est plus que probable que les Blaugranas se montrent plus réalistes et que Messi soit dans un meilleur jour. C'est pour ça que Barcelone est mon favori : ils auront certainement plus d'espaces à Stamford Bridge qu'au Camp Nou.

Dans l'autre demi-finale, Manchester a archi-dominé une équipe d'Arsenal qui a prouvé qu'elle devait plus sa présence dans le dernier carré à la chance qu'à son talent. En effet, cela a déjà été dit, les Gunners auraient dû se faire éliminer par une AS Roma diminuée en huitièmes et ont obtenu un nul miraculeux à Villareal quand on se rappelle la domination des locaux en 1ère mi-temps; Et au retour, le sous-marin jaune était privé de ses deux seul joueurs de classe internationale : Marcos Senna et Santi Cazorla.
Manchester a tranquillement dominé son adversaire dont le seul joueur de classe mondiale n'est pas qualifié pour la C1. Car Fabregas a une nouvelle fois montré ses limites et prouvé qu'il était à des années lumières du niveau d'un Iniesta. Sans un Almunia des grands jours, Arsenal n'aurait plus l'espoir de revoir Rome. C'est d'ailleurs le seul regret que peuvent avoir les hommes de Ferguson : ne pas avoir trouvé le chemin des filets plus souvent car ils ont eu les opportunités pour...

Enfin, juste un mot pour dire que la rencontre la plus palpitante de la semaine a eu lieu au Stade de la route de Lorient où Bordeaux a montré toute sa volonté de devenir champion. Au vu de leur calendrier, de leur force de caractère et du jeu proposé, les Girondins sont les mieux placés pour détrôner Lyon. En tout cas, ils ont montré à l'OM qu'il faudrait compter avec eux et Gourcuff a une nouvelle fois démontré qu'il avait tout d'un futur très grand.
Quant à Moussa Sow, il a prouvé qu'il était possible de marquer un but et une passe décisivie au cours d'un même match tout en livrant une prestation d'ensemble pitoyable...

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12 mars 2009

Barcelone, la crème de la crème Catalane

Lors du match aller, Lyon avait dominé Barcelone pendant une mi-temps pour mener 1-0 à la pause. Hier soir, Barcelone a dominé Lyon pendant une mi-temps pour rentrer aux vestiaires sur un score de 4 buts à un. C'est là toute la différence entre le haut et le très haut niveau européen.
C'est pour cela qu'il ne faut pas accabler Lyon qui, après Manchester l'an dernier, ne passe pas le stade des huitièmes de finales pour ne pas avoir eu de chance au tirage au sort et être tombé sur le futur vainqueur de la compétition. Car ce Barça-là est injouable : il est impossible de lui prendre le ballon et obligatoirement, au bout d'un moment, la défense craque surtout avec un Boumsong diminué et un François Clerc qui joue son 2ème match en 7 mois. Et l'addition est d'autant plus salée quand Barcelone se montre réaliste, ce qui n'est pas toujours son point fort, et transforme en buts ses quatre premières occasions.

Si la force du FC Barcelone réside principalement dans son collectif, je voudrais quand mettre en avant un joueur, sans doute pas le plus charismatique ni le plus médiatique, mais sans aucun doute le plus complet de tous les joueurs Baluagranas : l'inévitable Andrés Iniesta. Il n'était pas là au match aller et son absence a coïncidé avec le coup de mou des Barcelonais au mois de février, tout simplement parce qu'Iniesta est indispensable au jeu du Barça : jeu court, jeu long, accélérer, temporiser, récupérer, presser, dribbler, marquer, passer, il sait tout faire et il joue toujours juste. Et pour ne rien gâcher, il est d'une régularité rare et d'une mentalité irréprochable car prêt à se sacrifier pour le collectif. Peut-être qu'un jour, les jurés du Ballon d'Or se rendront compte qu'il est supérieur au surcôté Fabregas et qu'il fera un jour partie des 30 nominés pour cette récompense...

Pour cela, il faudrait que Barcelone gagne la Ligue des Champions et cela semble bien parti sauf si les blessures touchent Puyol, Xavi, Iniesta ou Messi. Car depuis, le début de la saison, aucune équipe d'Europe n'a la régularité des Catalans et ne domine ses adversaires avec autant de marge. Le trio magique Henry-Eto'o-Messi n'a pas d'équivalent et peut déstabiliser n'importe quelle défense regroupée : d'ailleurs, c'est ce qu'ils font chaque semaine ! Et derrière, il y a Xavi et Iniesta qui n'ont pas leur pareil pour conserver le ballon ou mettre leurs attaquants dans des conditions idéales pour trouver le chemin des filets. En plus dès que Barcelone perd le ballon (ce qui est plutôt rare), ces deux joueurs mettent très rapidement un pressing très haut qui permet à Yaya Touré de récupérer très facilement le ballon et d'asphyxier l'adversaire.
Le seul (petit) bémol serait à mettre au débit de la défense qui n'est pas au niveau (exceptionnel) du reste de l'équipe reste tout à fait convenable puisque c'est la 2ème meilleure défense de Liga. Victor Valdés n'est pas si mauvais qu'on voudrait le croire (les Médias Français sont bien plus indulgents avec un Mandanda quia pourtant commis bien plus de bourdes que le gardien Catalan depuis le début de la saison) et est même capable de réflexes prodigieux qui lui ont permis de remporter le
Trophée Zamora en 2005. Et derrière, les retours de Puyol et d'Abidal devraient permettre d'annihiler les contre-attaques adverses.
Oui car avec le Barça, il est difficile d'avoir la possession du ballon (65% en moyenne pour les Catalans), encore plus au Camp Nou où les Barcelonais savent tirer profit de la largeur du terrain pour étirer leur adversaire. Ou alors au prix d'efforts considérables comme ont pu le faire les Lyonnais à Gerland pendant 40 minutes. Et encore, à l'époque, Iniesta n'était pas sur la pelouse...

Dans la course à la Coupe aux Grandes Oreilles, on retrouvera 4 clubs de la Premier League. Pour moi cela n'est pas synonyme d'une domination de la Perfide Albion sur l'Europe du football car cette année, les clubs anglais ont surtout eu de la réussite. Chelsea n'a rien montré collectivement et a eu besoin d'un miracle (but plus qu'heureux d'Essien sur la seule occasion des Blues en 1ère période) et de l'aide de l'arbitre (non expulsion de Belletti qui finalement sera passeur décisif pour Drogba) pour venir à bout d'une Juventus de Turin pourtant privée de Camoranesi, Legrottaglie, Sissoko et Nedved (blessé en début de match) et ne pouvant plus compter que sur l'abattage de Tiago et le talent naissant de Giovinco pour faire la différence. Face à Arsenal, l'AS Rome aurait dû bénéficier qui aurait certainement envoyé les coéquipiers de Francesco en quarts alors que Casseti, Mexes, Juan (sorti juste après son but), De Rossi, Perotta, Panucci, Cicinho étaient absents. Et il a fallu une séance de tirs aux buts heureuse pour que les hommes d'Arsène Wenger se qualifient : en effet, les Romains ont échoué sur les deux seuls penalties qui ont été mal tirés alors qu'un Doni plus inspiré aurait pu stopper plus qu'une tentative londonienne.
Liverpool et Manchester United ont fait plus forte impression sans se hisser toutefois au niveau d'excellence de Barcelone. Ces derniers peuvent dire merci à la chance (un poteau et une barre pour l'Inter Milan
) et à Patrick Vieira (et son marquage lâche sur Vidic lors du 1er but mancunien) qui leur permettent de vaincre la malédiction du champion sortant qui depuis 2005 se faisait chaque année éliminer en 8èmes. Les Reds ont prouvé, si cela était encore nécessaire, qu'ils étaient essentiellement une équipe de Ligue des Champions car trop dépendant des Gerrard et Torres pour être régulier et remporter leur championnat. Leur victime d'un soir est un très faible Real Madrid qui n'a pas eu la réussite qui l'accompagne habituellement en Liga et lui permet de survivre derrière le Barça : et encore, Casillas était là pour éviter un score de baby-foot aux siens.
L'autre équipe de la capitale espagnole, l'
Atletico Madrid, peut aussi remercier son gardien Leo Franco qui a permis aux Matelassiers de rester invaincus dans cette compétition. Mais les Colchoneros étaient très loin de leur niveau de début d'automne et le FC Porto mérite sa qualification et retrouve les quarts pour la 1ère fois depuis 2004 et son sacre inattendu. Par contre, une autre équipe espagnole, Villarreal  et son jeu léché, accompagnera Barcelone en quarts (comme en 2006, tiens donc...) après avoir éliminé le Panathinaïkos qui ne peut compter que sur sa section basket pour briller en Europe : les hommes de Manuel Pellegrini ont su affronter une ambiance hostile en Grèce pour obtenir une qualification au courage, ce qui n'était pas forcément gagné pour cette équipe d'artistes qui prouve qu'il faudra compter sur elle pour la suite. Enfin, le Bayern Munich a fini d'humilier (7-1 après le 5-0 initial) une équipe du Sporting Portugal qui n'a même pas le niveau Coupe Intertoto pour tomber de la sorte face à une équipe mixte du Bayern. Si Lyon peut avoir un regret, c'est bien d'avoir "offert" la 1ère place du groupe au Bayern lors de la dernière journée : face à ces Portugais, l'OL se serait sans doute qualifié et Jean-Michel Aulas ne serait pas en train de pleurer dans les journaux français...

Pour la suite de la compétition, Porto et Arsenal me semblent les 2 équipes les plus faibles. Ensuite, je mets Villarreal, le Bayern et Chelsea sur le même plan. Liverpool et Manchester semblent au-dessus de ces équipes. Mais mon grand favori est plus que jamais le Barça car marquer 5 buts à une équipe du calibre de Lyon en y mettant la manière est sans conteste la performance de la soirée.
Les Barcelonais sont très réguliers depuis le début de la saison alors pourvu que ça dure ! Car c'est toute une philosophie de jeu, tournée vers l'attaque, la technique et l'intelligence de jeu qui serait sacrée. Et après la victoire de l'Espagne à l'Euro, ce serait une nouvelle leçon à méditer pour tous les techniciens de Ligue 1 et d'ailleurs ne jurant que par la défense et le muscle...

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26 février 2009

Barcelone n'a pas mangé du Lyon

Mardi soir, les joueurs de Lyon ont été de véritables fauves mais cela n'a pas suffi face à une équipe de Barcelone qui, sûre de son jeu et de ses qualités, a laissé passer l'orage en première mi-temps avant de dominer totalement la seconde période. Lors des 45 premières minutes, Lyon a étouffé la sans doute meilleure équipe d'Europe mais a payé cette débauche d'énergie : au fil des minutes, Benzema s'est trouvé de plus en plus esseulé et a eu de moins en moins de ballons à se mettre sous la dent. L'OL a eu sa chance en 1ère mi-temps et peut regretter de ne pas s'être montré plus réaliste.
Pourtant, tout avait bien commencé avec ce coup franc de Juninho dès la 7ème minute. D'ailleurs, sur le coup, on a appris que Mandanda était un fan du Barça : manque de pot, il s'est surtout inspiré de leur gardien, Victor Valdés, qui est un gardien correct mais trop irrégulier pour un club du standing du FC Barcelone. Mais ce même Valdés s'est bien repris sur une sortie décisive qui prive Benzema de tout angle de tir et lui fait manquer la balle du 2-0. Ce même Benzema qui trouvera le poteau et qui gâchera une contre-attaque rondement menée par excès d'individualisme, oubliant Makoun complètement démarqué sur sa droite. Dommage car à part une frappe d'Eto'o sur le poteau, le Barça ne parvenait pas imposer son rythme à la partie : l'axe étant parfaitement quadrillé par le trio Juninho-Toulalan-Makoun au milieu et par le duo Cris-Boumsong en défense, et Ederson et Keita faisant de gros efforts sur leurs côtés respectifs.
Mais il était impossible pour les Lyonnais de maintenir une telle pression sur leurs adversaires pendant 90 minutes et logiquement, Barcelone a pris le match à son compte dès le retour des vestiaires avec Xavi en chef d'orchestre. Mais Lyon a bien tenu, maîtrisant le trio Messi-Eto'o-Henry, l'absence de l'excellent Iniesta se faisant resentir. Mais à l'image d'Ederson et de Keita, les joueurs de l'OL ont reculé et n'ont pu mener aucune contre-attaque : si Keita n'aurait, comme à son habitude, sans doute rien apporté offensivement à son équipe, Ederson aurait sans doute été plus précieux au soutien de Benzema. Mais il fallait contenir Messi et Daniel Alves...
Finalement, Lyon a cédé sur l'une des forces méconnues des Barcelonais les coups de pied arrêtés. En effet, Xavi est un redoutable tireur alors que Marquez et Piqué sont d'excellents joueurs de tête. Et le but d'Henry ne doit rien au hasard car le Barça raffole de ses corners déviés au premier poteau : Cris aurait dû le savoir et ne pas lâcher Henry au marquage. Ce but ressemble étrangement de Tevez l'an dernier au même stade de la compétition et c'en est d'autement plus rageant pour les Lyonnais qui, comme l'an passé, vont se faire sortir par le futur vainqueur de l'épreuve...

Dans les autres rencontres, le Bayern Munich est pratiquement qualifié après sa promenade de santé au Portugal (0-5) : Paulo Bento, entraîneur du Sporting Portugal, avait dit que la Ligue des Champions n'était pas sa priorité et cela s'est vu. N'empêche que si Lahm n'avait pas repoussé sur sa ligne une tentative d'Anderson Polga alors que le score était toujours nul et vierge. Mais cette équipe portugaise n'était pas au niveau et a cédé sous les coups de butoir du trident Ribéry-Klose-Toni. Mais cette large victoire du Bayern n'en fait pas un favori de cette C1, tant l'opposition était indigne de la Champion's League.
"Dominer n'est pas gagner", c'est que doit se dire
Villarreal après sa rencontre face au Panathinaïkos. Les Espagnols auraient dû compter 2 ou 3 buts d'avance à la pause mais, par maladresse, n'ont pas réussi à tromper la vigilence de Galinovic. Le Pana allait réussir le hold up presque parfait en ouvrant le socre sur leur première occasion. Les Espagnols n'ont finalement égalisé que sur un pénalty de Rossi provoqué par Pirès avant de rater d'autres opportunités d'aggraver le score en fin de match. Après ce match nl 1-1, le sous-marin jaune est en ballotage très favorable mais il a ssemblé bien supérieur à son adversaire. La qualification est donc toujours possible mais sera plus compliquée que prévu à obtenir face à des upporters grecs en ébullition.
Face à la Juventus de Turin,
Chelsea a réalisé une bonne opération en s'imposant sur le plus court des scores (1-0, but de Drogba). Mais les Italiens, qui ont mis du temps à rentrer dans la partie, ont montré en deuxième mi-temps que la qualification était loin d'être acquise pour les hommes de Guus Hiddink. Le match retour au Stadio Delle Alpi s'annonce très indécis mais Pavel Nedved aurait facilité la tâche des Bianconeri s'il avait converti sa balle de match dans le temps addittonnel.
Mais la bonne opération de la soirée de mercredi est à mettre au crédit de
Liverpool qui a battu le Real Madrid chez lui, à Santiago Bernabeu. C'est un petit miracle pour les Reds qui même avec un Torres sur une jambe et un Gerrard encore convalescents, soit les deux seuls joueurs de classe de cette équipe, ont réussi à l'emporter grâce à un but de la tête de Benayoun sur coup franc sifflé suite à une faute imaginaire de Heinze sur Kuyt. Mais le Real n'a jamais été en mesure de trouver des failles dans le mur dressé par Liverpool : le jeu madrilène a manqué de spontanéité, de vitesse, de percussion et d'une vraie présence dans la surface. Sneijder ou Van Nistelrooy auraient pu faire du bien à cette équipe mais Liverpool était aussi privé de ses deux meilleurs éléments. Un 0-0 aurait été logique dans ce match qui reste nul à mes yeux et tout juste sauvé par ce geste de génie de Xabi Alonso en fin de 1ère période...
Mardi, les grands rivaux locaux du Real, l'
Atletico Madrid, n'ont pas non plus été à la fête et sont très loin de leur niveau de l'automne dernier. L'attaque est toujours aussi bonne mais le milieu ne récupère pas un ballon alors que la défense n'est même pas du niveau Premier League. Et le FC Porto peut regretter de ne pas avoir plus profité d'une telle générosité et de ne repartir d'Espagne qu'avec un 2-2 dans leurs valises. Si on avait inversé les gardiens, les Portugais l'auraient emporté 6 ou 7-0 : en effet, Leo Franco a évité que l'addition ne soit plus salée alors qu'Helton, comme son quais homonyme marseillais, est plus un premier attaquant pour l'adversaire qu'un dernier rempart pour son équipe.
Une autre équipe qui peut se mordre les doigts d'avoir été si peu réaliste est bien
Arsenal qui n'a battu l'AS Rome que sur la plus petite des marges (1-0) et un pénalty de Van Persie. Les Gunners n'ont pas su profiter des errements de la paire Loria-Mexès et ont prouvé qu'en Bendtner, ils détenaient le remplaçant idéal d'Adebayor : comme le Togolais, le Danois a les pieds carrés et a besoin de trente occasions pour faire trembler les filets sauf que Bendtner est encore plus mauvais. Logique, il est remplaçant. Mais le retour à Rome s'annonce compliqué face à des Romains revanchards et Totti ne sera pas toujours aussi discret que mardi soir.
Enfin, après avoir commencé par le duel entre le futur champion de France et le futur champion d'Espagne, il est logique de conclure en évoquant le choc entre le futur champion d'Italie et le futur champion d'Angleterre : I
nter Milan - Manchester United. Globalement, les Red Devils ont dominé la partie en gagnant la bataille du milieu de terrain mais sont tombés sur un Julio César impérial. Manchester a surtout profité des errances de Rivas pour se montrer dangereux avant que la rentrée de Cordoba à la pause ne stabilise la défense intériste. Malgré la suspension de Vidic et les blessures de Neville et Brown, l'Inter n'a pas réussi à faire sauter le verrou mancunien dans une rencontre plutôt fermée. L'inter préserve toutes ses chances de qualification car Manchester United devra prendre des risques à Old Trafford, s'exposant à un coup de génie d'Ibrahimovic.

A part la ballade Portugaise du Bayern, toutes les rencontres ont été serrées puisqu'aucune équipe n'a pu s'imposer avec plus d'un but d'avance. Si la qualification semble bien engagée pour Liverpool, les autres rencontres semblent plutôt indécises même si Barcelone, Porto ou Chelsea sont en ballotage favorable.
En tout cas, il faudra attendre les matches retours avant de pouvoir faire un bilan de ces huitièmes de finale. Au niveau du suspense, on sera servis, espérons qu'il en soit de même au niveau du spectacle qui a laissé à désirer sur certaines rencontres...

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27 décembre 2008

Mon équipe type Monde pour l'année 2008

Après mon équipe type de Ligue 1, voici mon équipe type Monde pour l'année 2008 ! Les talents offensifs étant mieux représentés hors des frontières de l'Hexagone, cette équipe sera bien plus portée vers l'attaque que son homologue de Ligue 1. D'ailleurs, ce serait sans doute une belle opposition de style si ces deux formations s'affrontaient. Mon 11 de rêve s'organise donc en 4-3-3 avec deux milieux relayeurs à vocation très offensive !

Gardien : J'ai un petit faible pour Buffon mais sur l'année qui vient de s'écouler, Iker Casillas est sans contestation possible le gardien de l'année. Ses prodigieux réflexes ont conduit le Real au titre de Champion d'Espagne et il a été décisif en quart de finale de l'Euro lors de la séance de tirs au but. Lors des rencontres à élimination directe, il n'a pas encaissé un seul but et a répondu présent les rares fois où il a été sollicité : la marque des très grands.

Défenseurs : Dans l'axe, Carles Puyol a fait un énorme Euro car faire de la défense Espagnole un bastion imprenable alors qu'on évolue aux côtés de Carlos Marchena est un sacré exploit. A ses côtés, un autre stoppeur rugueux : le Serbe Nemanja Vidic qui a pris une autre dimension cette année, n'étant quasiment jamais pris à défaut par ses adversaires. L'un des hommes clés de la grande année de Manchester United. La relance n'est pas le point fort des deux hommes mais ils ont de tels techniciens à leurs côtés que ce n'est pas un souci.
Sur les côtés, deux latéraux portés sur l'offensive, ce qui est possible avec deux stoppeurs à l'aise dans les duels. A droite, Daniel Alves n'est pas un grand défenseur mais il est plus dangereux en attaque que la plupart des milieux offensifs : le Barça lui doit une grande partie de son renouveau. A gauche, Philip Lahm est un contre-attaquant tout aussi brillant qui sème le trouble dans les défenses adverses en repiquant pour frapper du droit. On n'est pas un cadre du Bayern et de la Mannschaft par hasard.

Milieux : Pour que notre équipe soit dangereuse, il faut qu'elle ait la balle. Que ce soit avec Villareal ou avec la Roja, Marcos Senna a prouvé qu'il avait le profil de l'emploi. Infatigable récupérateur, il donne du rythme au jeu de son équipe en jouant très vite une fois le ballon récupéré. Peut-être le seul joueur irremplaçable de l'Espagne championne d'Europe.
Vu l'activité incessante des latéraux, il faut des milieux relayeurs capables de combler leurs montées mais ces milieux sont également les dépositaires du jeu de cette équipe. Steven Gerrard, joueur capable de se démultiplier aux 4 coins du terrain, a le profil de l'emploi alors que sa frappe de mule et ses qualités de tireur de coups de pied arrêtés en font un titulaire indiscutable. Mon protégé, Andrès Iniesta, est également de la partie avec son énorme volume de jeu, son intelligence de jeu et sa faculté à ne perdre la balle.

Attaquants : Histoire de concrétiser la domination de cette équipe, il faut des attaquants à la hauteur du reste de l'équipe. C'est chose avec ce trio capable de déstabiliser une défense et de marquer : avec ces trois-là, le danger vient de vraiment partout !
A droite, Leo Messi, le meilleur joueur du monde, perfore n'importe quelle organisation défensive et peut marquer ou passer, c'est au choix. En plus, il pourra s'amuser avec son pote Daniel Alves. A gauche, même si à mes yeux il ne mérite pas son Ballon d'Or, Cristiano Ronaldo pourra repiquer dans l'axe avec son pied droit ou faire parler ses immenses qualités de dribble. Libre de ses mouvements, il pourra bien sûr roder dans la surface histoire de profiter des caviars de ses coéquipiers. Enfin, Fernando Torres complète ce tryptique. Attaquant complet, il sait tout faire : rapide, bon de la tête, adroit des deux pieds et désormais adroit devant le but et décisif. "El Niño" est devenu grand, très grand, en 2008.

Voici mon équipe sur le terrain :

Equipe_type_Monde

Et vous quelle serez votre équipe ?

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24 décembre 2008

Mon équipe type de Ligue 1 pour l'année 2008

Sur l'Equipe.fr, on a actuellement la possibilité de créer son équipe type de Ligue 1 pour l'année 2008. Voici donc ma sélection de 11 joueurs qui joue en 4-5-1. Bah oui, pour être représentatif du Championnat de France, il faut une équipe à vocation défensive !

Gardien : Hugo Lloris a fait une excellente première partie de saison à Nice en multipliant les arrêts réflexes tout en rassurant sa défense par sa grande sérénité. Comme si de rien n'était, il a pris la suite de Grégory Coupet dans les buts de l'Olympique Lyonnais et a assuré sans soucis cette difficile succession. Normalement, il devrait déjà être titulaire en équipe de France car, contrairement à l'actuel numéro 1 des Bleus, il est particulièrement à l'aise sur les sorties aériennes.

Défenseurs : Pour l'axe central, mon choix s'est fait dans l'embarras car quelques titulaires potentiels du poste (Squillaci, Puygrenier ou Basa) ont quitté l'Hexagone cet été. Dans mon équipe idéale, ce sont donc Cris et Souleymane Diawara qui sont titularisés en défense centrale. Le Brésilien, a certes connu un automne difficile, mais ce petit passage à vide est surtout le contrecoup de sa grave blessure de l'an passé et il reste un défenseur intraitable et redouté par ses adversaires. Quant au Sénégalais, cousin de Mamadou Niang, il s'est imposé comme le patron de la défense bordelaise par des interventions tranchantes et sa capacité à gagner les duels. Par contre, si ce duo de défenseurs est intraitable dans le jeu aérien, la relance n'est pas son point fort.
Sur les côtés, le choix est plus facile. A droite, Mathieu Chalmé arpente inlassablement son couloir droit et distille des centres de qualité à ses attaquants. Pour ne rien gâcher, c'est aussi un bon défenseur : bref, un joueur complet. A gauche, le nom de Sylvain Armand sonne comme une évidence : toujours bien placé en défense, n'hésitant jamais à prendre son couloir, c'est le latéral gauche le plus régulier de France depuis ses débuts professionnels en 2000. Doté, de plus, d'un très bon jeu de tête et d'une frappe lourde, c'est une vraie menace aussi bien pour les attaquants que pour les défenseurs adverses.

Milieux : A la récupération, Jérémy Toulalan fait partie du gratin européen alors, en France, il est la référence à ce poste. Hargneux, infatigable, véritable sangsue et briseur d'attaques, il ne lâchera pas ses adversaires pendant 90 minutes ou plus si affinités. Avec lui, ce n'est pas la peine de multiplier les récupérateurs (dommage que Puel ou Domenech ne l'entendent pas de la sorte), il court pour deux et se démultiplie sur un terrain. On peut juste regretter qu'il n'ait pas plus confiance en ses possibilités offensives car sa frappe de balle très lourde pourrait faire des ravages. A ses côtés, un élève de l'école Rennaise pour former un duo de récupérateurs 100% Bretagne : Etienne Didot. Petit gabarit, le natif de Paimpol présente lui aussi un gros volume de jeu et est parfaitement complémentaire du Lyonnais car c'est un excellent relayeur. Sa science du jeu est prodigieuse et à lui tout seul (+ la résurrection de Gignac), il a métamorphosé le jeu toulousain après 6 mois incompréhensibles de mise au placard par Guy Lacombe.
Sur les côtés, je titularise Stéphane Sessègnon qui, même s'il n'est pas un spécialiste du poste, se devait d'être titulariser dans cette équipe afin d'amener de la folie et son côté imprévisible. Doté d'un talent aussi impressionnant que ses cuisses, le Béninois est un joueur très complet : bon passeur, dribbleur et capable de marquer de loin comme de près. Seul bémol, une tendance à parfois sortir de ses matches et un manque de régularité. Son pendant côté gauche est le même qu'au PSG puisque c'est Jérôme Rothen qui mettra à profit sa complicité avec Sylvain Armand pour le bien de cette équipe. Il amènera sa qualité de centre - dans le jeu et sur coups de pied arrêtés - et son gros volume de jeu. Mon équipe ne pouvait raisonnablement pas se passer du meilleur pied gauche de France.
Enfin, le cinquième larron de ce milieu renforcé est l'inévitable Yoann Gourcuff qui, en a peine 6 mois en Gironde, a déjà marqué les esprits et conquis les esprits. Dans cette position de meneur de jeu libre de ses mouvements, il pourra faire parler sa technique, sa conduite de balle, sa qualité de passe et sa vision du jeu stratosphérique. De plus, ainsi positionné, il sera proche du but et pourra donc utiliser, sans doute à bon escient, sa redoutable frappe de balle.

Attaquant : Cette équipe est bien armée pour ne pas prendre de buts mais pour gagner, il faut faire trembler les filets. Et pour ça rien de mieux que Karim Benzema, à qui il ne faut pas 150 occasions avant de la mettre au fond. Du gauche, du droit, de la tête, sur corner, sur coup franc direct, dans le jeu, lancé, arrêté, esseulé, il peut marquer dans toutes les situations et est capable de se créer ses propres occassions. Bref, le joueur idéal pour toute équipe et particulièrement celle-là !

Voici mon équipe sur le terrain :

Equipe_type_Ligue_1 

Et vous quelle serez votre équipe ? 

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19 décembre 2008

Barcelone dans la fosse au Lyon

Le tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des Champions 2008-2009 avait lieu ce midi à Nyon. Comme l'an dernier, Lyon n'a pas de chance au tirage puisque l'OL rencontre l'équipe que tout le monde souhaitait éviter : le FC Barcelone et son potentiel offensif hors du commun.
Sinon, on aura également droit à trois chocs anglo-italiens avec des alléchants Chelsea - Juventus Turin, Arsenal - AS Rome et Inter Milan - Manchester United. Le Real Madrid - Liverpool promet également beaucoup. Par contre, les affiches Villarreal - Panathinaïkos, Sporting Portugal - Bayern Munich et Atletico Madrid - FC Porto sont nettement moins attrayantes sur le papier mais au final, ce seront peut-être elles qui donneront lieu aux plus belles rencontres.
Les matches aller auront lieu les 24 et 25 février 2009, les rencontres retour les 10 et 11 mars. Il y a donc deux mois à tuer avant que la Ligue des Champions ne devienne intéressante donc pour patienter, voici une petite présentation de chaque duel.

Chelsea - Juventus Turin. Les Nouveaux Riches contre la Vieille Dame pour un duel entre deux des meilleurs gardiens du monde, Cech et Buffon. Ces deux équipes ont fait de leur solidité défensive une marque de fabrique mais elles peuvent toutes deux également se montrer très dangereuses en attaque avec des individualités comme Anelka et Del Piero qui ont retrouvé leur niveau de la fin des années 90.
Lors des matches de poules, Chelsea a connu une fin de parcours compliquée en se faisant atomiser 3-1 par la Roma au Stadio Olimpico de Rome, en concédant un nul chanceux face à Bordeaux et en obtenant une victoire difficile face aux terribles Romains de Cluj. La Juve a connu un parcours beaucoup plus serein en battant deux fois le Real Madrid et en venant à bout plutôt facilement du Zénith Saint-Pétersbourg.
Malgré tout, je pense que Chelsea va se qualifier car les Londoniens ont eu plus grosse expérience de la compétition que les Turinois : depuis la saison 2003-2004, les Blues ont toujours au moins atteint le stade des demi-finales, sauf en 2006 où ils s'étaient inclinés face au Barça.

Villarreal - Panathinaïkos. La rencontre la plus Coupe UEFA de ces huitièmes de finale avec deux équipes qui ne sont pas des habituées des phases finales : Villarreal n'a participé qu'une seule fois à la C1 et avait tout de même atteint les demi-finales en 2006 mais les principaux artisans de cette épopée (Riquelme, Sorin, Arruabarrena, Forlan... ) ont quitté le sous-marin jaune alors que les Grecs n'avaient pas atteint ce stade de la compétition depuis 2000-01 et ce qui était à l'époque une deuxième phase de poules.
Villarreal est le grand favori de cette confrontation car quand on tient tête à Manchester United, on se doit d'éliminer une équipe qui encaisse 3 buts sur le terrain de Famagouste. Surtout, les Espagnols jouent l'un des plus beaux footballs d'Europe et ce serait un vrai plaisir de pouvoir continuer à admirer le jeu collectif des Senna, Cazorla, Pirès, Rossi, Nihat et autres Llorente.

Sporting Portugal - Bayern Munich. Ce n'est pas non plus l'affiche de l'année et a priori, la rencontre n'est pas des plus équilibrées. Les Ribéry, Klose, Toni, Zé Roberto et autres Schweinsteiger devraient s'en donner à cœur joie face à une défense du Sporting qui a encaissé 8 buts lors de ses 2 confrontations face à Barcelone.
Toutefois, si le Bayern donne des frissons à son public quand il a la balle au pied, il lui donne aussi des sueurs froides lorsqu'il ne l'a plus. Forcément, une équipe qui aligne Van Buyten dans son axe prétendre ne peut pas prétendre avoir la défense comme point fort. En plus, les Portugais ont deux excellents milieux de terrain en la personne de Veloso et Moutinho alors ils peuvent peut-être créer la surprise... sur une seule rencontre ! Car si le Sporting a réussi de belles performances cette saison en allant gagner à Donetsk par exemple, il semble qu'un fossé sépare les deux équipes

Atletico Madrid - FC Porto. Les deux équipes se sont déjà affrontés en Coupe d'Europe : c'était en 1963 lors de la Coupe des Villes de Foire et à l'époque, les Madrilènes s'étaient qualifiés. En 2009, l'histoire devrait se répéter tant le potentiel offensif des Colchoneros est impressionnant : Agüero, Simão, Forlan, Maxi Rodriguez ou Sinama-Pongolle, ça a de quoi effrayer une arrière-garde portugaise qui en a pris 4 à l'Emirates Stadium.
Porto a certes un bon milieu de terrain avec Raul Meireles et Lucho Gonzalez et du talent devant avec le trio Rodriguez-Lopez-Sektioui mais les Matelassiers semblent mieux armés dans tous les domaines. Mieux, l'Atletico n'a pas perdu une seule rencontre de C1 cette année alors en affrontant des adversaires du calibre de Schalke 04, Marseille, Eindhoven ou Liverpool. Il y a peu de chances pour que cette série soit interrompue par le vainqueur de l'édition 2004 de la Ligue des Champions.

Olympique Lyonnais - FC Barcelone. C'est la première fois que Barcelone et Lyon se rencontrent lors des phases finales de la Ligue des Champions. Et on aurait aimé que cette première fois ait lieu un peu plus tard dans la compétition, car en quatre confrontations en C1, Lyon en a perdu 3 face aux Catalans pour un nul. Et s'il y avait bien une équipe à éviter absolument, c'étaient bel et bien les Blaugranas.
En ce moment, le Barça marche sur l'eau et vient de battre Séville (3-0), Valence (4-0) et le Real (2-0) sur des scores sans appel. Messi est le meilleur joueur du monde, Eto'o se régale et Henry peut venir les épauler si besoin. Au milieu, Xavi régale ses partenaires, Yaya Touré ou Keita ratissent alors qu'Iniesta va bientôt revenir et faire parler sa classe. Et derrière, Puyol, Abidal et cie serrent le verrou pour que Daniel Alves, latéral plus dangereux en phase offensive que la majorité des milieux offensifs de la Ligue des Champions, puisse s'amuser des défenses adverses avec Messi.
Barcelone est intouchable en ce moment et il faudrait une blessure de Messi pour le rendre plus humain. Ou alors, il faudra que Lloris multiplie les exploits, que Cris retrouve son niveau de ses premières saisons entre Saône et Rhône, que Toulalan bloque Xavi et Iniesta, que Juninho débloque la situation sur coup franc ou que Benzema donne envie à Barcelone de claquer 50M€ pour l'arracher aux griffes du Real l'an prochain...

Real Madrid - Liverpool FC. Le Real et Liverpool sont les deux équipes les plus titrées de cette édition 2008-2009 de la Champion's League avec respectivement 9 et 5 titres de Champion d'Europe des clubs. Mais ces deux habitués de la C1 ne se sont que très peu rencontré puisque leur dernière confrontation en Coupe d'Europe des Clubs Champions remonte au 27 mai 1981 : dans un Parc des Princes plein comme un œuf, Ray Kennedy avait offert aux Reds leur troisième succès en C1 aux dépens du Real de Stielike et Camacho.
Il sera difficile aux Madrilènes de prendre leur revanche surtout qu'un enfant de la capitale espagnole, répondant au doux surnom d'"El Niño" justement, aura à cœur de briller face à une équipe qui ne lui a jamais vraiment réussi lorsqu'il jouait en Liga. Et comme Steven Gerrard n'a jamais non plus marqué à Bernabeu, il voudra certainement ajouter cette enceinte mythique à la liste de tous les stades où il a trouvé le chemin des filets, et dieu que cette liste est longue.
Surtout, Madrid est en crise et finira la saison sans Van Nistelrooy, De la Red et Mahamadou Diarra, 3 titulaires indiscutables. Mais Juande Ramos, le nouveau coach, a souvent réussi de belles choses en Coupe (2 Coupes UEFA avec le FC Séville, 1 Coupe de la Ligue avec Tottenham) et si l'intégration des recrues Huntelaar et Lassana Diarra (s'il a redonné de ses nouvelles entre temps) se passe bien alors peut-être que le Real passera le cap des huitièmes pour la première fois depuis 5 ans !

Arsenal - AS Rome. Comme chaque année, Arsenal s'est sorti sans trop d'efforts d'un des groupes les moins relevés de la compétition. Et comme souvent, Arsenal ne devrait pas aller loin dans cette compétition, surtout face à une équipe de l'AS Rome toujours très à l'aise à ce stade de la compétition.
Je ne crois pas en cette équipe d'Arsenal car je trouve ses joueurs surcotés. Almunia est un bon gardien mais pour la Premier League, Sagna est un Bernard Mendy en moins rapide, l'Espagne regorge de milieux aussi bons que Fabregas (Xavi, Xabi Alonso, Iniesta, Arteta...) alors qu'Adebayor ne peut pas profiter de la faiblesse de la défense adverse pour gonfler son total de buts comme il le fait en Angleterre. Et les Gunners n'ont jamais compensé le départ de Flamini à la récupération et manque d'un guerrier au milieu.
En face, la Roma commence toujours doucement ses saisons pour finir en trombe. En fait, cette équipe est totalement dépendante du génie de son joueur emblématique Francesco Totti et s'il est en forme, tout se passera bien : Mexès contrôlera sa défense, De Rossi sera omniprésent au milieu et Perrotta fera parler sa technique. Le problème pour les Gunners, c'est que Totti est souvent en forme au printemps.

Inter Milan - Manchester United. Sans conteste, cette rencontre est le choc de ces huitièmes de finale puisque le double champion d'Italie rencontre le double champion d'Angleterre. Il y aura plusieurs matchs dans le match car les deux équipes regorgent d'individualités mais le duel le plus savoureux opposera sans doute les deux entraineurs : José Mourinho et Alex Ferguson.
Ces deux dernières années, l'Inter s'est à chaque fois fait sortir à ce stade de la compétition alors jamais deux sans trois ? J'ai envie de dire non car depuis 2005, le tenant du titre n'a jamais passé l'écueil des huitièmes : ce duel marquera donc la fin d'une série noire. Et je pense que la malédiction du champion va se poursuivre car même si Quaresma est le Ronaldo du pauvre (individualiste, égoïste, prétentieux mais inefficace), l'Inter va sans doute bâtir une équipe très difficile à manœuvrer avec le génial Ibrahimovic pour mener des contres assassins.

Pour résumer, voici mes pronostics :
Chelsea - Juventus : Chelsea.
Villarreal - Panathinaïkos : Villarreal.
Sporting - Bayern : Bayern.
Atletico - Porto : Atletico.
Lyon - Barcelone : Barcelone.
Real - Liverpool : Liverpool.
Arsenal - AS Rome : AS Rome.
Inter - Manchester : Inter.

Et vous, qui voyez-vous atteindre les quarts de finale ?

Posté par Le Cyclone à 17:40 - Foot - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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