29 juin 2008
Toulouse, la ville rosse
En battant hier l'AS Clermont Auvergne 26 à 20 en finale du Top 14, le Stade Toulousain a remporté son 17ème titre de Champion de France ! De leur côté, le compteur des Auvergnats reste bloqué à 0 malgré 9 finales disputées ! Incontestablement, l'AS Montferrand, qui a changé de nom pour essayer de rompre un quelconque signe indien, est le plus grand perdant de l'histoire du sport français, voir même du sport mondial : si en anglais perdre se dit "to loose", en français, on dit plutôt "AS Clermont Auvergne". En même temps, une équipe qui confie les clés du camion à Pierre Mignoni ne peut espérer soulever le Bouclier de Brennus car le demi de mêlée Clermontois est lui aussi un loser, mais qui n' a rien du perdant flamboyant. Comme lors du match d'ouverture de la Coupe du Monde face à l'Argentine, et comme dans tous les grands rendez-vous, il est passé au travers.
Contrairement à la finale de l'an passé, qui avait vu le Stade Français revenir dans les utlimes minutes, on ne peut pas parler de malédiction pour Clermont tant Toulouse a dominé cette finale : mêlée, touche, jeu de trois-quarts, le Stade a été outrageusement supérieur dans tous les compartiments du jeu. La réussite a même été Clermontoise comme l'illustre cette essai ultra chanceux de Rougerie où, au passage, l'ailier le plus surfait du rugby français était hors jeu au départ de l'action. Le score est même plus que flatteur pour les Auvergnats qui n'ont quasiment pas vu le jour de la 2ème mi-temps : seule une percée de Canale a semé un peu de panique dabs la défense toulousaine mais l'international italien n'a pas su exploiter le surnombre qui s'offrait à lui. La saison régulière l'avait laissé entrevoir mais le jeu d'attaque de Clermont est surtout efficace contre les petites équipes, beaucoup moins face aux grosses écuries. D'ailleurs, Nalaga a montré ses limites actuelles face à un ailier aussi physique que Donguy : le Fidjien court vite et est puissant mais n'a pas de crochet, ce qui le rend inoffensif s'il n'y a pas d'espaces et que le raffut ne passe pas. A l'image de Nalaga, le jeu auvergnat a manqué de créativité.
Au contraire des Toulousains qui ont su alterner le jeu et proposer de très belles attaques à la main, à l'image de l'essai de 80 mètres de Maxime Médard qui donne le bouclier aux Rouge et Noir. Le "Bison" Kelleher a fait énormément de mal à Clermont en dominant outrageusement son vis-à-vis Mignoni et en rélaisant plusieurs percées au centre du terrain. Jauzion a fait parler toute sa classe, Servat sa puissance, Pelous et Albacete ont été omniprésents, Bouilhou a facilement remporté la bataille des airs alors que les jambes de Médard, Donguy et Heymans ont fait perser une menace constante sur la défense Clermontoise. Et dire que Clerc, Nyanga et Poitrenaud (non, je déconne, il vaut mieux mettre Médard à l'arrière) étaient blessés et qu'Elissalde tenait à peine sur ses deux jambes...
Depuis 2001, c'était la première fois qu'une finale se disputait sans le Biarritz Olympique ou le Stade Français et c'est également la première fois depuis cette date que l'un de ces deux ogres des années 2000 (4 titres pour les Parisiens, 3 pour les Basques) ne soulève pas le Bouclier de Brennus. D'ailleurs, la finale de 2001 opposait déjà Clermont à Toulouse et la jeune garde toulousaine avait surclassé les Merceron (beau loser lui aussi), Marsh, Magne, Rougerie, Bory et cie. A l'époque, on pensait que les Bouilhou, Michalak, Poitrenaud allaient dominer la France pendant de longues années mais il aura fallu attendre 7 ans pour que le "bout de bois" revienne sur la place du Capitole. La place de Jaude, elle, attend ce moment depuis 97 ans.
En français, Toulouse veut à nouveau dire "victoire" en Championnat et l'hégémonie des trois gros se poursuit puisque Toulouse, Biarritz et Paris se partagent tous les titres de Champion de France depuis 1994. Et on ne voit pas qui pourrait mettre fin à cette suprématie. En attendant, Toulouse voi la vie en Rouge et Noir alors que du côté de Clermont, on rit jaune et pas Jaune et Bleu...
17 janvier 2008
Betsen quitte la scène
Ce mercredi 16 janvier est une date importante dans l'histoire du rugby français puisque c'est la date qu'aura choisi Serge Betsen pour annoncer sa retraite internationale et sa retraite tout court au mois de Juin. Avec le départ du meilleur joueur français des années 2000, associé à ceux de Raphaël Ibañez et Fabien Pelous (parce que Dominici, on s'en tape complètement), c'est une page de l'histoire du rugby français qui se tourne.
Plaqueur hors norme et récupérateur de ballons infatigable, le Biarrot n'avait pas ou peu d'équivalents en France et même sur la planète ovale. Très endurant, il était toujours aux quatre coins du terrain, prêt à chasser ses adversaires. Ses chevilles étaient exceptionnellement souples et lui permettaient de se mettre très vite en position pour gratter le ballon à l'adversaire. Sa rapidité d'exécution était telle qu'il était souvent pénalisé, à tort, par des arbitres qui pensaient qu'il avait forcément triché pour intervenir aussi vite. Bref, le franco-camerounais était un poison redouté et respecté par tous ses adversaires : tous les numéros du monde, et en particulier M. Jonny W., peuvent en témoigner.
Mais Betsen ne peut pas être réduit à ses simples qualités de défenseur, aussi exceptionnelles soient-elles. Si du temps de son apogée (2002-2004), il était considéré comme le meilleur flanker du monde, il le devait également à ses aptitudes en attaque. Très à l'aise balle en main, il bonifiait chaque ballon touché et était capable de gestes plus proches de Magic Johnson ou John Stockton que de Sébastien Chabal ou Rémy Martin. Personne n'a oublié cette passe aveugle qui envoie Elissalde à l'essai lors du Galles - France du Tournoi 2004.
Enfin, le Biarrot était est un modèle de professionnalisme, considéré comme un exemple à suivre, aussi bien par ses coéquipiers que par ses adversaires. Véritable guerrier, il n'hésitait pas à se sacrifier pour le bien de son équipe et a toujours tenu à mettre en avant la performance de son équipe plutôt que la sienne. Mieux, il n'était pas content quand on le félicitait pour le nombre toujours très élevé de plaquages qu'il venait de réaliser car cela signifiait que son équipe avait trop subi.
Betsen, c'est avant tout 16 années au Biarritz Olympique, club qu'il a rejoint en provenance de Clichy-sur-Seine en 1992, année où l'autre S.B de légende du club, Serge Blanco, tirait sa révérence. Cette fidélité jamais démentie aux couleurs Rouge et Blanche lui aura réussi puisque c'est avec le club de son coeur qu'il se sera bâti un palmarès plus conséquent : 3 titres de Champion de France (2002, 2005 et 2006), une Coupe de France (2000) et un titre de vice champion d'Europe (en 2006). On peut également y ajouter une quarantaine de matches en Coupe d'Europe et de multiples participations aux phases finales du Championnat.
En équipe de France, Betsen, c'est 63 sélections dont 62 sous l'ère Laporte qui, toujours très visionnaire, avait déclaré dans l'Equipe au Printemps 2001 qu'il n'avait pas le niveau international. En 2002, Betsen était élu joueur français de l'année et en 2004, meilleur joueur du monde ! Pas mal pour quelqu'un qui n'était pas au niveau... Mais il est vrai que l'histoire d'amour entre Betsen et le maillot bleu a été longue à se dessiner : il a connu sa 1ère sélection le 22 mars 2007 face à l'Italie lors de la seule défaite du XV de France face à la Squadra Azzura. Il ne se verra titularisé pour la 1ère fois qu'en novembre 2001 face à l'Australie et ne lâchera pas son numéro 6 pendant 6 ans. Il éclate vraiment aux yeux du grand public lors de la célèbre victoire des Bleus face à un XV de la Rose alors invincible : son casque, son visage sortant de l'ordinaire et surtout ses placages dévastateurs font de lui l'un des joueurs les plus populaires, surtout chez les amateurs de rugby. Avec le maillot frappé du coq, Betsen a réalisé deux Grand Chelem (2002 et 2004) et perdu deux demi-finales de Coupe du Monde...
Mais avant de partir, Betsen a pris le temps de "former" son successeur pendant deux saisons au B.O : Thierry Dusautoir. Le Toulousain lui a déjà pris son record de placage (29 contre la Nouvelle-Zélande lors du fameux quart-de-finale de Cardiff, contre 28 pour Betsen qui avait également établi son record au Millenium Stadium mais face aux Gallois en 2002), porte aussi le casque et est né en Afrique mais n'aura sans doute jamais l'aura du Biarrot. Les Nyanga, Caballero, Ouedraogo, Burban et autres Malonga ne seront sans doute pas assez nombreux pour combler le vide laissé par Serge.
Mais je parle déjà de lui à l'imparfait alors qu'il est encore sur le terrain et va porter fièrement les couleurs Biarrotes pendant un peu moins de 6 mois. Et en bon guerrier, on peut supposer qu'il se battra jusqu'au bout pour ce club qu'il aime tant et peut rêver à un dernier sacre au Stade de France : il avait sans doute rêvé de la Coupe William Webb-Ellis mais je suis sûr qu'il n'aurait rien contre un 4ème Bouclier de Brennus.
Enfin, même s'il ne remporte aucun trophée cette saison, le petit garçon de Clichy qui allait à l'entraînement en cachette de sa mère a fait bien du chemin et peut être fier de son parcours. Mais n'empêche, finir sur un succès, ça aurait de l'allure : le rouge et blanc lui va si bien au teint...
20 octobre 2007
Enfonçons Laporte !
Décidément, le Parc des Princes ne réussit pas aux équipes qui sont censées y jouer à domicile : après l'équipe de France de football qui perd face à de très limités Ecossais et le PSG qui n'y a pas a gagné un match en 6 rencontres, je demande l'équipe de France de rugby qui commence la compétition comme elle l'a débutée... 34-10, le score peut paraître sévère mais il est mérité tant les Français ont été mauvais.
Bien sûr, les joueurs sont responsables de ce fiasco mais le coupable est toujours le même à mes yeux : l'inévitable Bernard Laporte, bien sûr. Petite statistique amusante : sous l'ère Laporte, les Bleus ont affronté 8 fois les Pumas pour 7 défaites. Et encore, les Bleus peuvent dire merci à Betsen qui, en contrant un drop Argentin en toute fin de match, a permis au bleu de signer leur unique succés (27-26 en Novembre 2006). Ces échecs répétés sont le meilleur exemple de l'incompétence tactique de Bernard Laporte qui n'a jamais su répondre au défi collectif proposé par les Pumas.
Sur le match d'hier, on pouvait supposer que les Bleus avaient une chance puisque pour la finale des perdants, les plus grands loosers de la liste des 30 ont débuté (Marty, Poitrenaud, Skrela, Dominici, Poux) ou sont entrés en cours de match (Mignoni, Chabal, Beauxis). Mais cette équipe était décidément trop faible techniquement et mentalement. C'est bien beau d'écarter les leaders (Castaignède, Yachvili...) parce qu'ils faisaient trop d'ombre au Grand Commandeur sur le terrain mais quand on voit que c'est Mignoni qui remotive les troupes, on se dit que les carottes sont définitivement cuites. Quand, il y a ne que des moutons sur le pré alors les loups, ou plutôt les Pumas, se régalent...
Ce match est le parfait symbole des maux bleus qui ont minés les Français ces 4 dernières années : des joueurs statiques et aucun mouvement en attaque, un jeu stéréotypé et unidimensionel, aucun mouvement collectif digne de ce nom et une facheuse tendance à rentrer dans le tas. En 2003, la France jouait encore au rugby et Michalak rayonnait mais après le naufrage de Sydney, Laporte a voulu jouer comme des Anglais. Oui mais sans Wilkinson, Robinson et avec un pack beaucoup plus léger mais aussi avec Traille, Jauzion et Clerc : des armes bien différentes qui auraient dû conduire à une stratégie bien différente...
Le pire, c'est que certains joueurs comme Jean-Baptiste Elissalde attribuent la défaite à un manque d'envie. Bah, je croyais que les remplaçants devaient montrer qu'ils auraient dû jouer les matches précédents et qu'on voulait prendre notre revanche sur le match d'ouverture. Non, tout simplement, les Argentins étaient plus forts et ça ne sert à rien de se cacher derrière des excuses bidons. Les Pumas ont montré une véritable maîtrise collective et une intelligence de jeu supérieure : leur victoire lors du match d'ouverture ne devait donc rien au hasard mais était-il nécessaire de le démontrer ?
16 octobre 2007
Par la petite porte
Samedi soir, le XV de France n'a pas su saisir l'occasion qui se présentait à lui et s'est fait lamentablement éliminé face à l'une des plus mauvaises équipes d'Angleterre de l'histoire de la Coupe du Monde de rugby. Ce résultat est d'autan plus cruel que les Anglais n'ont rien montré pour battre les Français et que cela a suffi. La faute à qui ?
A un manque de réussite ? Un petit peu : si le ballon n'était pas ovale, Traille l'aurait sans doute rattrapé et Lewsey n'aurait pas ouvert le score pour le XV de la Rose. Mais est-ce qu'on peut reprocher à un joueur de faire une erreur d'appréciation parce qu'il évolue à un poste inhabituel pour lui ? Non, par contre, on peut reprocher à l'entraineur d'avoir fait des mauvais choix qui ont précipité la chute de son équipe ? Et si l'on devait juger un entraineur sur son incompétence tactique, alors là, oui, on pourrait dire que Bernard Laporte est un grand entraineur...
Pour moi, le futur ex-secrétaire d'Etat aux Sports est le responsable de cette défaite, même de ce fiasco tant l'opposition n'avait rien à voir avec l'invincible armada d'il y a 4 ans. Pourquoi ? Déjà, reconduire les vainqueurs des Blacks pouvait paraître logique mais était l'erreur à ne pas faire. Facile à dire après-coup mais les héros de Cardiff étaient fatigués mentalement et physiquement et un peu de turnover n'aurait pas fait de mal. Surtout quand on déclare qu'on dispose d'un groupe homogène et que l'on "va gagner la Coupe du Monde à 30".
Pelous et Beauxis n'avaient pas été éblouissants face aux Blacks alors pourquoi les reconduire ? Et je ne parle même pas de David Marty à qui, à moins d'être Catalan ou Bernard Laporte, l'on ne peut rien trouver de positif dans son bilan. Nallet (lui ne serait pas blessé au bout de 25 minutes et la rentrée de Chabal aurait pu être décisive), Michalak et Poitrenaud auraient amené du sang frais et surtout un peu d'envie à une équipe qui avait beaucoup (trop ?) donné la semaine précédente. On ne reviendra pas non plus sur le cas Traille qui aurait bien plus apporté en jouant au centre, surtout quand on sait que Marty était titularisé.
Surtout, reconduire la même équipe supposait reconduire la même tactique que face aux Blacks, une équipe aux qualités bien différentes de celles des Anglais. Là où, les Néo-zélandais étaient excellents relanceurs et mobiles, les joueurs de la Perfide Albion étaient lourds et incapables, sauf Robinson, de créer le moindre danger dans la défense française. Pour battre les Anglais, il ne fallait pas utiliser leurs armes (utilisation abusive des avants et du jeu au pied) mais les nôtres : du jeu à la main pour faire courir les avants du XV de la Rose et ainsi les épuiser. Le pire, c'est que les Français avaient les armes pour le faire.
Pourquoi ne pas avoir envoyé un peu plus les balles sur les ailes (surtout sur l'aile de Sackey) ? Pourquoi avoir mis deux flankers plaqueurs (Betsen et Dusautoir) alors que les Anglais allaient peu ou pas attaquer ? Pourquoi ne pas avoir tenté de marquer des points pour creuser l'écart plutôt que gérer un mince avantage par du jeu au pied ? Sans doute parce que les joueurs n'ont pas osé sortir des consignes car depuis des années, on a annihilé toute volonté de prendre des risques en équipe de France...
Le bilan de Bernard Laporte à la tête de l'équipe de France est mitigé. On retiendra les deux Grands Chelems de 2002 et 2004 et quelques rencontres mémorables : France - Galles en 2000, France - Irlande en 2002 et 2003, France - Angleterre en 2002 et 2004 et surtout, le France - Nouvelle-Zélande de Cardiff. Un peu comme le ciel de Normandie : quelques trop rares éclaircies dans la grisaille ambiante...
Bernard Laporte a annoncé qu'il n'entraînerait plus et c'est une bonne nouvelle pour le rugby français et même le rugby en général. En effet, l'ancien entraîneur du Stade Français a tué le jeu d'attaque français, a donné l'impression de pratiquer un "bricolage" permanent et a nui à l'équipe nationale par ses choix incohérents et douteux. Espérons que le nouveau sélectionneur, qui malheureusement ne sera certainement ni Guy Novès ni Patrice Lagisquet, redonne un peu d'ambition offensive à cette équipe qui a un beau potentiel à développer...
10 octobre 2007
Impossible is nothing
"Impossible n'est rien" scandait haut et fort le slogan de l'équipementier des Blacks, "Impossible n'est pas français" aurait pu affirmer celui des Bleus qui a finalement préféré un "Aux armes" qui correspond parfaitement à l'état d'esprit affiché par les Français hier. En effet, il y avait 15 guerriers sur le terrain qui ont su vaincre l'ogre noir.
Les comparaisons avec 1999 vont inévitablement fleurir après cette rencontre qui fait déjà partie de la légende du rugby Tricolore. Mis à part l'adversaire et la volée promise aux Bleus avant le coup d'envoi, les deux rencontres n'ont pas grand chose en commun. Là où le match de Twickenham était un festival de jeu offensif et de prises de risques, le quart-de-finale de cette année s'est surtout résumé à des un-contre-un, du jeu au pied pour occuper le terrain et une terrible défense des français. Seuls points communs entre les deux matches, l'intensité de la rencontre et une cruelle désillusion pour des Backs décidément maudits.
Tout a déjà été dit sur cette victoire miraculeuse des Bleus et je ne vais pas trop m'attarder sur ce qui n'a pas été. Beauxis n'a pas su trouver une touche alors qu'il avait été titularisé pour ça, Pelous n'amène que son expérience à l'équipe et surtout, il y a Marty. Inexistant en attaque, baladé par McAllister sur le premier essai Néo-Zélandais, on se demande encore ce qu'il fait en équipe de France. Au hasard des articles relatant la célébration de la victoire, on trouve quelques explications pour le moins surprenantes. Voici ce que l'on pouvait lire dans l'Equipe de Dimanche : "On a vu Laporte rigoler avec Marty en simulant son placage raté qui amène l'essai néo-zélandais !". Le Parisien nous rapporte une complicité étonnante entre les 2 hommes : "Dans les vestiaires, Bernard Laporte et David Marty se frottaient buste contre buste pour célébrer la victoire !".
Pour beaucoup, cette victoire est celle de Bernard Laporte mais personnellement, elle conforte le peu d'estime que j'ai dans le personnage et dans ses capacités d'entraineur. Son coaching aurait été brillant mais est-ce vraiment du coaching de faire rentrer des joueurs meilleurs que ceux qui sont sortis ? Et puis seuls Swarzewski et Michalak ont vraiment apporté quelque chose, Chabal relevant juste du marketing sportif. Surtout, les Bleus ont marqué leurs deux essais en jouant à l'opposé des consigne données par Bernie le Dingue avant la rencontre, c'est-à-dire en jouant ! Le 1er essai part d'un renvoi aux 22 vite joué par le toujours excellent Imanol Harinordoquy alors que le second vient d'une initiative individuelle du meilleur arrière français de cette Coupe du Monde, Damien Traille, qui fixe deux Blacks et libère un boulevard à Michalak qui n'a plus qu'à courir sur 70 mètres avant d'envoyer Jauzion en terre promise. Enfin, il est également amusant de constater que le meilleur joueur du match, Thierry Dusautoir, était le seul tricolore à ne pas figurer dans la liste initiale des 30 : sans la blessure de Vermeulen, on aurait peut-être eu droit à Rémy Martin en numéro 7...
On peut également revenir sur la performance des Néo-Zélandais qui tenaient le match par le bon bout mais qui l'ont laissé échapper par manque d'intelligence tactique. Pourquoi se sont-ils évertués à vouloir passer en force alors qu'ils étaient bien plus dangereux quand ils envoyaient la balle au large et qu'ils trouvaient Marty sur leur chemin ? Et surtout, pourquoi ont-il refusé de tenter un drop qui leur aurait donné la victoire lorsqu'ils étaient sur la ligne des 22 ? Pour marquer l'essai du bonus ? Bah, ils n'en avaient inscrit que 2 auparavant et surtout, en quart-de-finale, c'est complètement inutile ! Quand on sait qu'ils tenteront finalement ce drop une fois qu'ils auront reculé de 30 mètres, il y a de quoi rester songeur...
Maintenant, les Français vont affronter une vieille connaissance : le XV de la Rose pour un remake de la demi-finale de la dernière Coupe du Monde. Les Anglais ont eux aussi livré un ros match pour éliminer les Australiens et ce sera à qui aura le mieux digéré son exploit du quart-de-finale. On peut donc s'attendre à une partie très rude entre les deux équipes et au moins aussi dur pour les Bleus que le match de Cardiff. Les Anglais n'ont plus rien à voir avec l'équipe laminée par les Springboks (36-0) en phase de poule et s'appuient sur un paquet d'avants conquérant et le jeu au pied millimétré du revenant Jonny Wilkinson. Le point faible est l'ailier Paul Sackey, le Marty local, et les Français ont intérêt à attaquer de son côté.
Pour faire souffler les organismes, on aurait pu souhaiter que Bernard Laporte fasse tourner son effectif mais on ne peut pas non plus lui reprocher d'avoir enfin trouvé son XV type. On peut juste regretter que Pelous (encore, il amène son expérience lui au moins), Beauxis et mon idole David Marty soient encore là. Et pourquoi laisser Traille arrière alors qu'il serait bien plus utile et dangereux au centre où il toucherait bien plus de ballons ? Et enfin, pourquoi ne pas avoir profité de la blessure de Mignoni qui aurait enfin su être utile en laissant sa place à Yachvili car on sait qu'Elissalde est cassé de partout ?
En match officiel, les Bleus n'ont plus battu l'Angleterre sans Yachvili depuis 2002. Ce jour-là, la France fonçait vers le Grand Chelem et Betsen sur Wilkinson alors bis repetita dans la même arène ? Pour parodier l'actrice principale d'affrontements passés entre Français et Anglais, c'est-à-dire Jeanne d'Arc, je n'ai qu'une chose à ajouter :"pourvu qu'il ne pleuve pas...".
06 octobre 2007
Gare à la marée noire...
Le 31 octobre 1999, en demi-finale de la 4ème Coupe du Monde de Rugby, les Bleus avaient signé le plus bel exploit de leur Histoire en atomisant les All Blacks des Kronfeld, Lomu, Cullen, Umaga et cie qui semblaient alors invincibles. Comme il y a 8 ans, les Néo-Zélandais jouent comme dans un rêve alors que les Français ont failli vivre une phase de poules cauchemardesque (bizarre pour des Coqs...). Comme en 1999, les Bleus ont pris très cher lors de leur Tournée d'été dans l'Hémisphère Sud : 54 à 7 à Wellington en 1999, 61-10 et 42-11 l'été dernier, avec les remplaçants des remplaçants certes.
Mais les comparaisons s'arrêtent là car cette année, les Bleus ne semblent pas en mesure de répéter cet exploit. D'ailleurs, par définition, un exploit, c'est rare et ça ne se reproduit qu'encore plus rarement...
En effet, il y a 8 ans, l'équipe de France avait su dégager une équipe-type qui tenait largement la route, avec une charnière de classe mondiale (Galthié - Lamaison). De plus, chacun jouait à son meilleur poste (sauf peut-être Garbajosa) et avait une expérience du haut niveau. On en est loin cette année avec un coach qui navigue à vue comme le montre la titularisation de Traille à l'arrière : le poste auquel il a été formé mais qu'il n'a plus occupé comme titulaire depuis août 2005 face à Toulon. Pire encore, il n'a jamais évolué à ce poste en équipe de France à part 5 minutes face à l'Ecosse lors du dernier Tournoi et il n'avait pas touché un ballon ! Pourquoi ne pas avoir sélectionné un Brusque, aussi bon relanceur que Poitrenaud mais avec un jeu au pied bien meilleur ? Sans doute parce que le Biarrot est victime de la jurisprudence Bernat-Salles : en effet, il a ouvert un camping sur la Côte Atlantique qui marche mieux que celui du sélectionneur...
Contrairement au duo Villepreux-Skrela, on peut également se demander si le binôme Laporte-Maso fait jouer les meilleurs joueurs qu'ils ont à leur disposition. Outre le cas Yachvili, déjà maintes fois évoquées ici, on peut s'interroger sur les choix de Bernard Laporte pour affronter la Nouvelle-Zélande. Comment peut-on titulariser face à la meilleure équipe du monde un ouvreur qui n'est même pas remplaçant en club ? En plus, Lionel Beauxis, car c'est bien de lui dont il s'agit, est limité en défense et n'a aucune endurance : il était en apnée après 50 minutes de jeu face à la Géorgie alors qu'est-ce que cela va bien pouvoir donner ce soir... On peut également se demander pourquoi Pelous est aligné alors que ses belles années sont derrière lui et que Nallet, qui est le meilleur deuxième ligne du lot avec l'inamovible Jérôme Thion, n'est même pas sur le banc. C'est qu'il faut également laisser une place pour Chabal sur le banc : le meilleur joueur du monde aux yeux des téléspectateurs de TF1 alors qu'il a lui-même l'humilité de reconnaître que Nallet méritait plus de figurer sur la feuille de match que lui. Enfin, il y a le cas Marty qui arrive à être nul contre la Géorgie et la Namibie mais qui est quand même titularisé ce soir : mais ça, c'est la faut eà une liste des 30 très mal conçue...
Face à une équipe dépourvue de repères à cause des incohérences répétées d'un sélectionneur incompétent, les Blacks abordent leur match de ce soir assez sereinement : à l'image d'un Anton Oliver qui a été goûter aux joies des pubs de Cardiff cette semaine. Mais il ne faut pas croire que les Néo-Zélandais font un complexe de supériorité par rapport aux Bleus : non, ils ont retenu les leçons de 1999 et 2003 et cette décontraction est naturelle, ce n'est pas de l'arrogance mais une force.
Sur le papier, les Blacks présentent quasiment ce qui se fait de mieux à chaque poste : si l'on voulait faire une équipe-type mondiale, on rajouterait juste Matfield, Betsen, Burger, Du Preez, O'Driscoll et Hernandez. Côté français, seuls Thion, Betsen, Elissalde et Traille (en tant que que 1er centre bien sûr) pourraient revêtir le maillot noir (qui sera gris pour ce quart de finale). C'est dire le fossé qui existe entre les deux équipes et qui se traduit au niveau des résultats : sur les 6 dernières rencontres, le score moyen est de 43-11 en faveur des joueurs du Pays au Long Nuage Blanc.
Collectivement, les Blacks sont plus forts que les Français comme le montre la qualité de leurs attaques où à chaque fois, il y a un joueur au soutien. C'est la même chose en défense où les Néo-Zélandais sont parfaitement organisés ce qui leur permet de briller sur les ballons de récupération. Au niveau du jeu au pied, il n'y a pas de problème non plus : avec Carter, McAllister et Mac Donald, ils ont largement de quoi occuper le terrain. Enfin, le pack n'est plus la faiblesse de cette équipe et les avants Néo-Zéalandais ont à chaque fois dominé leurs homologues Français lors de leurs dernières confrontations...
Toutefois, les chances des Bleus sont minces mais elles existent. Avec Beauxis, Traille et Heymans, les Bleus ont des armes à faire valoir au niveau de l'occupation. Les Français ne vont pas envoyer beaucoup de jeu (avec Laporte, c'est normal) et c'est tant mieux car le jeu français est tellement prévisible que les Néo-Zélandais se seraient régalés en contre. Par contre, il ne faut pas être rapidement mené au score car ce n'est pas avec Beauxis à la manoeuvre que les Français pourront créer du danger.
Autre motif d'espoir : la troisième ligne française est composée de terribles plaqueurs (Dusautoir et Betsen) qui sauront également pourrir les libérations des Blacks. Si le jeu Néo-Zélandais est ralenti alors ue grande partie du travail sera fait. De plus, les coéquipiers de Richie McCaw ne sont pas habitués à être bousculés et une telle situation pourrait les faire douter.
Comme l'a dit Jean-Baptiste Elissalde, "ça va passer ou ça va casser" alors réponse ce soir. Rationnellement, les Bleus n'ont aucune chance mais si les Français retrouvent que l'espace d'un match l'essence de leur jeu passé sous l'impulsion de Clerc, Heymans, Jauzion et Traille alors tout peut être possible. Mais une victoire serait un miracle et serait sans doute suivie d'une défaite en demi-finale...
26 septembre 2007
Chabal ? Hum...
Les Bleus ont battu l'Irlande 25 à 3 au terme d'un match plus que laborieux. Seul un coup de génie de Michalak digne de Carlos Spencer (alors que le Toulousain était jusque là plus proche de David Skrela) pour Vincent Clerc aura illuminé une partie bien terne entre 2 équipes frileuses, ou quand l'enjeu tue le jeu... Les Français se sont ouverts la voie vers les quarts de finale où ils devraient rencontrer les All Blacks à Cardiff...
Mathématiquement, la France peut encore espérer finir 1ère de son groupe mais pour cela, il faut battre la Géorgie et prendre le bonus offensif (marquer 4 essais) en espérant que l'Irlande batte les Argentins de plus de 7 points. Et quand on voit le niveau affiché par les joueurs au Trèfle face à la France, cela semble difficile : le pack a tenu mais n'est plus au niveau de ces dernières années, O'Gara s'égara dans le jeu et a été incapable de lancer dans de bonnes conditions le duo magique D'Arcy - O'Driscoll alors que Horgan et Dempsey ont montré qu'ils étaient définitivement trop lents pour le niveau international...
Le match du XV de France face à l'Irlande ne restera pas dans les annales et tout ce qu'on retiendra côté tricolore, c'est une défense ultra solide à l'image du duo Betsen - Dusautoir. Elissalde a bien alterné le jeu et Traille a confirmé qu'il était le meilleur arrière français (sans doute parce qu'il n'a pas suivi l'intégralité de la préparation physique des Bleus). Clerc marque deux essais et devient le meilleur réalisateur de la compétition avec Shane Williams alors que Jauzion est très utile en tribunes vu que c'est lui qui a remarqué que les Irlandais avaient tendance à délaisser le côté fermé sur les mêlées. Bernard Laporte a trouvé que ses "joueurs ont été grands comme le président de la République", et c'est un bel excès de lucidité quand on sait que le chef de l'Etat qui tient le moins bien l'alcool de toute l'histoire de France ne dépasse pas le mètre 60. Et malheureusement, Sarkozy avait dû oublier ses talonettes...
En effet, côté beau jeu, on restera définitivement sur notre faim et de toutes façons, avec Bernard Laporte (dont c'était le dernier match au Stade de France), on ne pouvait guère espérer mieux : le seul coup d'éclat du match venant d'une improvisation Toulousaine et pas d'un quelconque travail à l'entrainement. A part ça, Poitrenaud et Marty (ils sont où les Fritz, Cabannes, Brusque ou Bidabé ?) ont une nouvelle fois démontré qu'ils étaient la plus grande escroquerie du siècle derrière Chabal...
Oui, Chabal, le joueur que la France des rugbyx (et pas seulement acclame) a été transparent face à l'Irlande et une telle absence ne serait pas passée inaperçue face à un adversaire plus redoutable (au hasard, la Nouvelle-Zélande). Comment la France, pays de joueurs racés et fins (De Jean Dauger à Dimitri Yachvili en passant par Jean Prat, les frères Boniface, Gachassin, Maso, Blanco, Lagisquet, Castaignède et bien d'autres), peut-elle s'éprendre d'une brute épaisse, le prototype même du joueur qu'elle a aimé détester chez les Anglais ou les Sud-Africains ? Bah, déjà, Bernard Laporte a viré tous les joueurs avec un tant soit peu de flair (Yachvili, on l'a déjà dit, mais aussi Fritz ou Laharrague) pour privilégier l'impact physique : heureusement que Traille ou Jauzion font 100 kilos, sinon on serait privés de leur talent. Heureusement que Butch James n'est pas français, sinon Michalak regarderait le Mondial depuis son appartement toulousain...
Mais ce qui plaît avec Chabal, c'est son look qui selon l'intéressé n'est pas volontaire : il a tout simplement la flemme de se raser et de se couper les cheveux et qu'en plus, ce look de grand méchant plaît à sa femme... Ajoutez à cela, deux charges énormes sur deux Néo-zélandais et un essai en force contre les Anglais et vous obtenez un phénomène de société qui arrive à confirmer en plantant deux essais aux terribles Namibiens. Mais tout ça, c'est du vent car au temps où Chabal avait les cheveux courts, on le remarquait sur tout pour ses en-avant (toaujours plus nombreux que ses charges victorieuses) et son manque d'endurance : bah oui, une fois qu'il a fait sa petite percée, il lui faut au moins 10 minutes pour se reprendre des forces et enlever ses mains de ses hanches. Oui, Chabal dispose d'un physique hors norme mais présente toujours des lacunes rédhibitoires pour quiconque souhaitant jouer au plus haut niveau : mais il est bien plus spectaculaire que les indispensables Betsen, Thion ou Milloud qui, eux, font gagner leur équipe par leur travail de sape. Comme quoi, la démocratisation d'un sport n'a pas que du bon...
19 septembre 2007
Prêts à cueillir le Trèfle ?
Dimanche dernier, le XV de France a écrasé la Namibie 87 à 10 alors que la veille, l'Irlande était difficilement venue à bout d'une vaillante Géorgie 14 à 10. A en croire les médias, la machine est relancée et, à l'image de Chabal (qui pour eux est sans doute le meilleur joueur de tous les temps), les Français vont tout écraser sur leur passage.
Mais tout n'est pas si simple car les Namibiens ont fait avec leurs moyens limités et ont livré une faible opposition au Français et surtout, il ne faut pas enterrer les hommes d'Eddie O'Sullivan.
Avant d'être négatif et de dire pourquoi il ne faut pas s'enflammer revenons sur les aspects positifs de la rencontre face à la Namibie. En plus d'avoir remporté le plus gros succès de l'histoire du XV de France (en même temps c'était le seul moyen pour elle de rentrer dans l'Histoire), les Français ont soigné leurs bleus à l'âme en soignant la différence : quand on voit l'état de décomposition avancée de certains avant France-Argentine, cela ne pourra qu'améliorer leur moral. Mais la grande nouvelle c'est qu'on risque de ne plus voir Mignoni, Skrela, Dominici ou Martin sur un terrain et ça c'est une bonne nouvelle pour le rugby français et le rugby en général.
Mais il faut relativiser cette victoire qui a été obtenue face à une équipe de Namibie limitée et qui en plus a été sévèrement réduite à 14. Mentalement, les joueurs Africains ont très vite lâché l'affaire et ont offert aux Français un replacement défensif aussi rapide qu'une attaque lancée par David Skrela.
Le pire, c'est que Bernard Laporte s'est laissé griser et a une nouvelle fois fait preuve d'incohérence : pourquoi enlever Jauzion (certes pas au top) pour mettre Marty qui n'a même pas le niveau pour jouer contre la Namibie ? Pourquoi titulariser Chabal alors qu'il a été sélectionné comme joker et que Nallet a été le meilleur français lors du dernier match ? Pourquoi virer Rougerie alors qu'il a été le meilleur arrière français (avec Traille) contre l'Argentine ?
En face, les Irlandais ne sont pas au mieux et ont eu du mal à venir à bout de la Namibie et de l'équipe B de la Géorgie ! Le XV du Trèfle ne peut plus compter que sur ses deux plus belles feuilles (O'Driscoll et D'Arcy) car les deux autres (O'Gara et O'Connell) ont fané et sont loin de leur niveau de 2006 et même du dernier Tournoi des VI Nations. Il paraît loin le temps où l'Irlande atomisait l'Angleterre, où le pack du Munster terrorisait l'Europe et où la charnière Stringer - O'Gara brillait de mille feux. C'est assez inexplicable mais en 6 mois les Irlandais semblent avoir régressé alors que la génération O'Driscoll devait atteindre son apogée lors de cette Coupe du Monde.
Mais il ne faut pas avoir la mémoire courte car on disait exactement la même chose des Argentins et on connaît la suite... Surtout que l'Irlande présente pas mal d'atouts à commencer par sa paire de centres (D'Arcy - O'Driscoll) qui est une référence au niveau mondial et ce n'est pas avec Marty (pas digne du contrat de confiance que lui accorde Laporte) que les Bleus pourront rivaliser. Et on le sait les Irlandais se battront jusqu'au bout et seront se transcender. Et n'oublions pas non plus que la dernière fois la dernière fois où les Irlandais sont venus à Paris en pensant se prendre une volée : c'était en 2000 et la nouvelle génération irlandaise s'était imposée 25-27 avec un triplé retentissant d'un brillant O'Driscoll. Les deux équipes se sont données rendez-vous 7 ans plus tard, au Stade de France (la place des Grands Hommes ?) : le lieu de naissance de la génération O'Driscoll, et de son enterrement ou de sa résurrection ?
12 septembre 2007
Un seul être vous manque...
Vendredi, le XV de France a manqué son entrée en lice dans la Coupe du Monde de Rugby et malheureusement, cela était prévisible : une Argentine qui ne réussit pas aux Bleus, un sélectionneur incompétent et une liste des 30 incohérente. Au Stade de France, les Argentins ont imprimé leur rythme, ou plutôt un faux rythme proche du Tango cher à Carlos Gardel et Marlon Brando, à des Bleus dépassés collectivement.
Les présumés leaders des lignes arrières (Dominici, Jauzion) n'ont pas montré l'exemple et seuls Traille et Rougerie ont montré de l'allant (l'allant Béarnais pour Traille). Devant, le pack a plutôt bien soutenu la comparaison face à de rugueux Argentins mais les avants Français n'ont pas su empêcher les Pumas de retarder les libérations de balle. Au niveau individuel, Heymans est passé à côté de son match mais on peut s'étonner de sa titularisation à l'arrière sachant qu'il n'avait qu'une partie (convaincante certes) dans les pattes à ce poste et que les Argentins aiment les chandelles. Mais les plus grosses contre-performances (mais peut-on parler de contre-performance quand on sait que ces 3 joueurs n'ont jamais rien montré de bon) sont à mettre au crédit de Martin (qui offre l'essai à Corleto : comme il était au Stade de France, il a cru qu'il jouait avec le Stade Français et a donc donné le ballon à son coéquipier en club), Skrela (lent, prévisible et oubliant même de taper dans le ballon lors d'un dégagement sans compter cette pénalité à 22 mètres en face des poteaux lamentablement ratée) et Mignoni (lent dans ses sorties de balles, incapable de dégager son équipe par son jeu au pied, prévisible).
Le costume bleu marine était bien trop grand pour ces 3 joueurs alors qu'il serait allé comme un gant au grand oublié de la liste des 30 : l'excellent Dimitri Yachvili. Je ne me l'explique pas mais je pense que Laporte n'aime pas ce joueur : sans doute trop doué par rapport au piètre numéro 9 qu'était le sélectionneur.
En effet, le futur Secrétaire d'Etat aux Sports n'a jamais accordé qu'une faible confiance à un joueur au talent incontestable : en 2004, après avoir passé l'année 2003 comme doublure de Galthié, le Biarrot voit débuter Elissalde lors du Tournoi mais la blessure du Rochelais va laisser le champ libre au Biarrot qui va offrir le Grand Chelem aux Bleus après un match magnifique contre l'Angleterre. En 2005, idem, sauf que Laporte lui préfère Mignoni face à l'Ecosse avant d'éjecter le Toulonnais : Yachvili bat les Anglais à lui tout seul à Twickenham et est élu meilleur demi-de-mêlée du Tournoi par l'Equipe. Bis repetita en 2006 avant que Yachvili ne débute enfin face à des Anglais qui ne lui résistent pas une nouvelle fois. En 2007, il est rappelé pour jouer contre ses Anglais mais complètement à court de rythme (il n'a pas joué pendant 6 semaines), et derrière un pack dominé pour la première et dernière fois, il n'est pas aussi brillant qu'à l'accoutumée... La suite est connue de tous...
Yachvili est sans doute trop créatif et présente un jeu trop risqué (mais tellement imprévisible) pour le style de jeu préconisé par l'homme-sandwich de Madrange qui préfère tout axer sur le physique plutôt que sur le jeu en lui-même. Sur le match contre les Pumas, la charnière n'a pas su s'adapter à un défi différent de celui auquel elle s'attendait et a développé un jeu prévisible : Mignoni envoyant toujours Skrela à l'abattoir, alors qu'il aurait pu varier le jeu en servant Traille ou Heymans par exemple, le dit Skrela exécutant toujours les mêmes feintes à la vitesse d'un cheval de trait dixit l'Equipe. Yachvili aurait su varier le jeu, en tapant au pied derrière le regroupement (sa grande spécialité) par exemple, ce qui aurait singulièrement compliqué la tâche des Pumas. En plus, le Biarrot est un vrai meneur d'hommes, au charisme évident, qui aurait pu remettre les Bleus dans le sens de la marche. Il aurait également bien mieux géré les groupés pénétrants, la grande force du Biarritz Olympique ces 5 dernières années...
18 juin 2007
Le choix dans l'embarras
Bernard Laporte, le plus mauvais sélectionneur de l'histoire de l'équipe de France, a livré sa sélection de 30 joueurs pour la Coupe du Monde et on peut dire que, malheureusement, il a été fidèle à sa réputation : incohérences, choix à peine expliqués car difficilement justifiables, polyvalence exagérée, gestion humaine désastreuse, surabondance de bourrins, incapacité à faire des choix, victimes innocentes, postes abondamment couverts et d'autres étonnamment dépeuplés...
Personnellement, je pense qu'avec ces joueurs là, la probabilité de gagner la Coupe du Monde est faible et finir 1er de notre groupe serait déjà un bel exploit. Ou alors, comme en 1999, le salut viendra de la blessure de Mignoni : à l'époque, Galthié l'avait remplacé et avait complètement transformé le jeu d'une équipe de France. Pourquoi pas un bis repetita cette année avec Yachvili dans le rôle du messie ?
Parce que oui, Dimitri Yachvili, le demi de mêlée français le plus en vu, le plus titré et le plus sélectionné de ces dernières années n'a pas été retenu pour la prochaine Coupe du Monde. Selon un sondage Aol Sport, c'est le plus grand oublié de la sélection ! Comment en est-on arrivé là ? Grâce à Bernard Laporte qui n'a jamais apprécié Yachvili, sans doute jaloux des qualités du joueur comparé au très limité numéro 9 qu'était l'ami de Nicolas Sarkozy, et l'a, par le passé, souvent écarté au moindre petit faux pas. Cette année, Bernie le Dingue a vu les choses en grand et lui a préparé un vrai traquenard : il n'a pas fait jouer le biarrot pendant 5 semaines avant de l'envoyer jouer, à court de rythme, contre l'Angleterre, le match le plus difficile du Tournoi. Alors qu'il avait grandement contribué aux 3 derniers succès français contre les champions du monde, Yachvili ne fait pas un mauvais match derrière un pack peu conquérant mais cela suffit pour lui coûter sa place. Au lieu de lui redonner confiance en l'alignant lors du match suivant, Laporte préfère l'exclure...
Autres martyrs de Bernard Laporte : Pascal Papé et Thomas Castaignède. Le premier avait été nommé capitaine de la Tournée en Nouvelle-Zélande et n'a pas été grandiose : suffisant aux yeux de Laporte pour lui préférer Chabal qui n'a jamais joué à ce poste ! Quant au Petit Prince du rugby français, il a mis fin à sa carrière sur une défaite fleuve en Nouvelle-Zélande où il s'est peu illsutré. Mais cet immense joueur méritait mieux que d'être exclu au dernier moment de la liste des sélectionnés comme en 2003. En plus, on lui a préféré Beauxis, même pas remplaçant en club lors des phases finales...
Le dernier grand absent de la liste est le toulousain Florian Fritz, l'un des tricolores les plus en vue lors de la saison 2005-2006. Mais le joueur formé à Bourgoin a semblé marquer le pas cette saison mais peut-on vraiment lui reprocher car il a beaucoup donné lors des 3 dernières saisons ? Cette éviction est d'autant plus surprenante qu'on lui a préféré le catalan David Marty qui n'a pas montré grand chose de plus cette saison, aussi bien en club que sous le maillot bleu...
Laporte justifie ses choix au nom de la forme du moment, cela est plus que contestable. Premièrement, il n'est pas évident que les joueurs qui leur ont été préférés soient en meilleure forme : Pelous, Elissalde, Beauxis ou Marty n'ont pas fait se soulever les foules ces derniers temps. Deux, c'est complètement stupide car la Coupe du Monde ne commence que dans 3 mois et que ces joueurs auraient largement eu le temps de se reconstruire physiquement et moralement. Enfin pourquoi justifier ces non sélections selon ce critère alors que le sélectionneur a dans le même temps accordé sa confiance à des joueurs blessés ou revenant de blessures : Michalak, Pelous, Nyanga, Traille, Marconnet, De Villiers, Szwarzewski... Oui, ils ont un passé en équipe de France qui justifie leur sélection mais n'est-ce pas aussi le cas des grands absents ?
Avec cette liste, Bernard Laporte confirme qu'il est incapable de faire des choix cohérents et des choix tout court. Il y a une forte concurrence en 3ème ligne et je n'arrive pas à choisir ? Je les prends quasiment tous et j'enlève un 2ème ligne au passage ! Il y a 4 ailiers pour 3 places ? Eh bien, je prends les 4 et dans le tas, il y en a bien deux qui ont déjà dû jouer 2-3 minutes au poste d'arrière alors je ne prends qu'un seul 15 et je me justifie en disant que j'ai des joueurs polyvalents ! Au final, on se retrouve avec une sélection complètement déséquilibrée : 3 deuxième-lignes pour 7 troisième-lignes, 3 numéros 10 pour un deuxième centre et un arrière... Le pire, c'est que la liste des remplaçants ne vient pas corriger ce déséquilibre : il n'y a aucun arrière (Brusque, où est-tu ?) ni deuxième centre (Liebenberg et Grandclaude sont des 12 qui n'étaient même pas titulaires en club)...
Je ne m'attarderai pas sur la présence excessive de bourrins (Chabal, Martin...) qui ne prédit pas du rugby champagne pendant la Coupe du Monde. A moins d'être Maso, je ne suis pas Bernard Laporte dans ses choix et je me demande même si je ne vais pas supporter l'Argentine ou l'Irlande qui développent un rugby plus attractif.
Aujourd'hui, une rumeur circule : Bernard Laporte pourrait devenir Secrétaire d'Etat chargé des Sports sous la tutelle de l'inégalable Roselyne Bachelot (un beau duo ces deux-là, aussi crédibles qu'une équipe qui voudrait être championne du monde avec une charnière Mignoni - Skrela). Pour le rugby français, j'aurais aimé qu'il soit nommé plus tôt : ainsi, on aurait peut-être une chance de soulever le trophée William Web Ellis le 20 octobre prochain. Mais pour la pratique du sport en France, il vaudrait sans doute mieux que cette rumeur ne devienne pas réalité.









