24 septembre 2009
Takudzwa Ngwenya, le TGV Atlantique
Ce week-end a lieu la 9ème journée du Top 14 et 3 chocs opposeront les six équipes que l'on retrouvera sans doute lors des phases finales : Perpignan - Clermont, Stade Toulousain - Stade Français et enfin Biarritz - Toulon. Et c'est cette rencontre qui nous intéresse tout particulièrement car la vraie vedette de ce match ne sera pas Jonny Wilkinson ou Imanol Harinordoquy mais le supersonique Takudzwa Ngwenya.
En effet, à l'heure où le Pays Basque attend la LGV Sud Europe Atlantique, Biarritz n'attendra pas 2016 avant d'être desservie par le TGV car chaque week-end, un TGV américain dessert chaque week-end les pelouses du Top 14. Arrivé sur la Côte Basque en 2007, cet ailier né au Zimbabwe en 1985 s'est très vite imposé au sein de l'effectif biarrot, au point d'en devenir le meilleur marqueur d'essais et d'être le seul rayon de soleil d'un jeu de trois-quarts bien triste. Il a même définitivement conquis le public biarrot en réalisant un cadrage-débordement d'école sur Richard Dourthe au Printemps 2008, offrant le bonus offensif au BOPB tout en incrivant l'un des plus beaux essais de l'année.
Courant le 100m en 10''25, il est sans doute l'ailier le plus rapide de France et même du monde mais ne fait pourtant que très peu parler de lui. La faute à un jeu biarrot qui le met peu en avant (très peu de ballons exploitables touchés par match) et pourtant, il est bien plus complet qu'un Nalaga car plus crocheteur, plus rapide et bien meilleur défenseur.
N'ayant commencé le rugby qu'à 16 ans et aux Etats-Unis, il a des lacunes techniques mais il sent le jeu et progresse à la vitesse de ses foulées. Très rapidement international à VII puis à XV, il explose aux yeux du monde entier un soir de Coupe du Monde 2007 face à l'Afrique du Sud. C'est ensuite qu'il rejoint Biarritz et après 2 années moroses pour son club, on sent que le BO est en plein renouveau et N'Gwenya devrait avoir enfin la couverture médiatique qu'il mérite...
Pour conclure en beauté ce portrait, voilà pourquoi Bryan Habana ne jouera jamais dans le Top 14 :
20 août 2009
Au bonheur de Biarritz
La saison de Top 14 a repris la semaine dernière et pour moi, malgré un accident de parcours face à Castres, le nom du futur champion est déjà connu : ce sera le Biarritz Olympique Pays Basque ! Pourquoi ? Voici les 15 (normal pour le club de Serge Blanco) bonnes raisons qui font que le BO soulèvera (ou pas) le Bouclier de Brennus le 29 mai prochain :
1) 2010 est une année de Coupe du Monde de Football (ou de Jeux Olympiques d'Hiver, c'est au choix). Et qui a été Champion de France de rugby en 2002 et 2006 ?
2) Depuis 3 saisons, l'ASM Clermont Auvergne perd en finale contre l'une des 4 autres grosses écuries du championnat : le Stade Français en 2007, le Stade Toulousain en 2008 et l'USAP en 2009. Cette année, c'est donc au tour de Biarritz, seule équipe qui manque au palmarès des Auvergnats.
3) Au cours des années 2000, les Biarrots n'ont jamais perdu une finale disputée sur le sol Français vu qu'ils ont remporté la Coupe de France en 2000 et 3 titres de Champion de France en 2002, 2005 et 2006.
4) Le BOPB est la meilleure équipe française en 2009 car elle a battu Toulouse, Paris, Clermont et Perpignan et n'a connu la défaite qu'à trois reprises. Et encore, ces 3 revers sont immérités car à Bourgoin, un essai est refusé à Yachvili pour un en-avant imaginaire; à Brive, un arbitre vidéo partial accorde un essai inexistant à Orquera alors qu'à Montpellier, un attentat de Wasserman sur Yachvili n'a été sanctionné que d'un petit carton jaune.
5) Les Basques connaissent souvent un début de saison difficile pour finir en trombe au printemps. L'année dernière, cela leur a coûté leur place pour les phases finales mais cette année, avec le nouveau système de barrages, les 6 premiers de la phase régulière pourront toujours viser le titre. Une aubaine pour une équipe qui aime les matches couperets...
6) Après une saison d'expérimentation d'une nouvelle règle, il ne sera plus possible d'écrouler les mauls. Et qui était la meilleure équipe française dans cet exercice ? En plus, avec Laurent Rodriguez et Jean-Michel Gonzalez aux manettes, les groupés pénétrants resteront pour un moment encore une spécialité biarrote.
7) Pour faire plaisir aux sponsors et à Lionel Nallet, Marc Lièvremont est obligé de sélectionner Sébastien Chabal et de le positionner en seconde ligne, parce qu'à ce poste, on se rend moins compte que c'est une escroquerie. Résultat : Jérôme Thion, le meilleur seconde-ligne français, n'est plus appelé chez les Bleus et la "Machine" sera donc en pleine forme pour défendre les couleurs du B.O.
8) Fabien Barcella est le meilleur pilier français, voire même du monde, et de ce fait est un titulaire indiscutable du XV de France. Or, au cours des années, tous les Biarrots titulaires chez les Bleus (Brusque, Betsen, Yachvili, Thion, Traille, Harinordoquy, Thomas Lièvremont) ont été sacrés champions de France. Il n'y a donc aucune raison pour que Barcella soit l'exception qui confirme la règle.
9) Lors de la 6ème journée, le BOPB va retrouver son stade fétiche d'Anoeta à Saint-Sébastien. Enceinte qui porte bonheur aux Biarrots puisque les deux premières années où il y jont joué en Coupe d'Europe (2005 et 2006), ils ont été sacrés champions de France.
10) Les cadres de l'équipe (Thion, Traille, Harinordoquy, Yachvili, Peyrelongue) arrivent à maturité et sont au sommet de leur art. En bonus, ils sont revanchards après plusieurs saisons sans titre et surtout, leurs contrats se terminent en 2010. Donc s'ils veulent conserver leurs émoluments actuels, ils ont tout intérêt à briller et à tirer leur équipe vers le haut.
11) En plus de cadres aguerris au plus haut niveau, le Biarritz Olympique pourra compter sur l'enthousiasme et la fraîcheur de jeunes pousses venues d'ailleurs (Raffault, Barozzi, Roidot, Guyot, Molcard, Lakafia, Tranier, Gimenez) ou du centre de formation (Hugues, Lebrequier, Lauret, Lesgourgues, Ayestaran, Couet-Lannes). Ou comment préparer l'avenir tout en étant performant à court terme...
12) Après 8 saisons de bons et loyaux services, Nicolas Brusque tire sa révérence à la fin de la saison. Il serait donc judicieux de lui offrir le même pot de départ qu'à Jean-Michel Gonzalez en 2005 : un bouclier au champagne, un !
13) Pour être sacré roi du Top 14, il semble indispensable de compter dans ses rangs au moins un joueur britannique : Freshwater à Perpignan, White à Clermont, Palmer, Haskell, Taylor et Southwell au Stade Français ou encore la moitié de l'équipe (Thompson, Perry, Goode, Flutley et Noon) à Brive. Avec 3 anglais (Lund, Erinle et Balshaw), Biarritz est parfaitement armé de ce côté-là surtout que c'est la seule équipe qui compte dans ses rangs un Champion du Monde de 2003... avec ses jambes de 2003 !
14) Comme le numéro de Takudza N'Gwenya, l'ailier américain supersonique de Biarritz qui court le 100m en 10,25 s ! Plus complet que Nalaga, c'est certainement le meilleur finisseur du Top 14 et comme cette année les ballons devraient arriver jusqu'à son aile droite, il risque de faire très mal aux adversaires de Biarritz. Surtout si Brian Habana, vient en France...
15) S'il n'est plus Président de la LNR, Serge Blanco reste très influent à la Ligue et n'hésitera pas à confectionner un calendrier aux petits oignons au club de son coeur. Sans parler de l'arbitrage, toujours favorable aux Rouge et Blanc. Enfin, c'est ce qu'affirment les Bayonnais et quelques autres supporters adverses...
Et vous, après cette démonstration imparable, qui voyez-vous soulever le Bouclier de Brennus au printemps prochain ?
15 juin 2009
La magie noire du XV de France en Nouvelle-Zélande
Samedi à Dunedin, l'équipe de France de rugby a signé un authentique exploit en allant battre les Néo-Zélandais sur leurs terres. Un véritable miracle qui se produit tous les 15 ans (normal, c'est du rugby) vu que les dernières victoires tricolores remontaient au 14 juillet 1979 et à la Tournée d'Eté de 1994 (2 victoires).
Même si les Blacks étaient privés de plusieurs cadres (Carter, Mc Caw, So'oila, Williams, Sivivatu ou encore Flynn), on peut parler de match référence pour les hommes de Marc Lièvremont avec une grosse défense (152 placages réussis), une bonne occupation du terrain et un réalisme anglo-saxon en attaque. Au niveau des individualités, capitaine Dusautoir a montré la voie à ses coéquipiers en étant omniprésent en défense, Barcella est juste le meilleur pilier gauche du monde (14 placages pour le Biarrot !), Picamoles est à l'origine des 2 premiers essais français, Traille a été un excellent leader d'attaque et Maxime Médard est tout simplement un génie de ce jeu.
Maintenant, la revanche de samedi à Wellington sera terrible car les Néo-Zélandais voudront laver l'affront de Dunedin. Mais les Français peuvent croire à l'exploit et réaliser le doublé comme il y a 15 ans. D'ailleurs en 1994, les hommes de Pierre Berbizier étaient allés chercher la victoire avec un essai, venu de nulle part, l'essai du bout du monde. Un essai que ne renierait pas Maxime Médard et que vous pouvez voir ci-dessous :
Pour la suite, il faut espérer que les Français n'attendront pas quinze ans avant de gagner à nouveau au pays du long nuage blanc car la prochaine confrontation entre ces deux équipes est d'ores et déjà prévue : lors des poules du Mondial 2011 !
En attendant, on pourra toujours se faire plaisirs en revisionnant les images de ce 4ème succès Français en terre Néo-Zélandaise :
10 juin 2009
L'année de la Catalogne
Après le triplé historique du FC Barcelone, le sport Catalan est décidément à l'honneur cette année vu que les rugbymen de l'USAP ont décroché le 7ème titre de leur histoire, le premier depuis 1955. La domination des Catalans sur les sports collectifs européens aurait pu être encore plus grande si un Siskauskas en feu n'avait pas barré la route vers la finale de l'Euroligue à Juan Carlos Navarro et ses coéquipiers.
On peut faire une courte analogie entre ces deux succès de deux formations qui partagent le même slogan : "Més que un club". Le dénominateur commun à ces deux équipe est leur "catalanité" qui se répercute par un nombre important de joueurs formés au club ou dans les environs : 7 joueurs (Valdés, Piqué, Puyol, Busquets, Xavi, Iniesta et Messi) formés au Barça étaient titulaires lors de la dernière finale de la C1 alors que 6 membres du XV de départ Perpignanais (Mas, Olibeau, Pérez, Marty, Sid et Porical) samedi à Saint-Denis étaient issus des écoles de rugby des Pyrénées-Orientales. Autre point commun : ces équipes ont été en tête pendant une grande partie de la saison et s'appuyaient toutes deux sur une grande rigueur collective. La comparaison s'arrête là car contrairement aux Blaugranas, les Sang-et-Or n'ont pas brillé en Coupe d'Europe et surtout n'ont pas proposé un jeu aussi flamboyant que leurs homologues de la Costa del Maresme.
Toutefois, il faut reconnaître que par rapport aux années précédentes, les Catalans ont proposé un jeu de trois-quarts bien plus attrayant, basé sur la vivacité et l'évitement et alternant parfaitement jeu dans l'axe et sur les ailes. Il faut dire qu'un joueur est pour beaucoup dans cette métamorphose : Maxime Mermoz, qui n'était même pas remplaçant l'an passé au Stade Toulousain, a survolé la demi-finale et la finale. Mention spéciale également à Jérôme Porical (dont le père et le grand-père ont également joué des finales pour l'USAP au poste d'arrière) qui a passé deux pénalités longue distance et dont l'intervention dans la ligne est à l'origine de l'essai de David Marty qui, performance assez rare pour être signalée, n'a pas commis un seul en-avant au Stade de France !
Mais ce qui est le plus impressionnant, c'est que cette équipe a réussi à être championne de France malgré l'hécatombe qu'elle a connue au poste ô combien crucial de demi d'ouverture. En effet, Nicolas Laharrague, Steve Meyer et surtout Daniel Carter ont connu des blessures longue durée. Au final, ce sont Gavin Hume (centre de formation) et David Mélé (demi de mêlée comme son nom l'indique) qui ont tenu le poste. Enfin, ce qui me plaît dans cette équipe, c'est que dans ce rugby moderne où les kilos semblent prioritaires, l'USAP n'a pas hésité à envoyer ses poids lourds (Tonita, Tuilagi...) pour privilégier l'évitement et la mobilité et ça a payé ! Donc bravo à Jacques Brunel pour avoir transformé Perpignan en une machine à gagner. Et avec un adjoint de cette qualité, on a la confirmation que Bernard Laporte était vraiment un mauvais entraîneur, vu le jeu proposé par les Bleus sous son commandement.
Si le Canigou a pris feu, les volcans d'Auvergne sont eux restés bien éteints puisque comme le veut la tradition, l'ASM a encore perdu une finale de Championnat. Comme en 2008 face à Toulouse, comme en 2007 face au Stade Français et comme depuis des années, l'ASM est incapable de ramener le Bouclier de Brennus Place de Jaude. L'équipe a beau avoir changé de nom en 2004 (l'ASM Clermont-auvergne remplaçant l'AS Montferrandaise), les années passent, la défaite reste : 10ème revers en finale pour les Jaunards, record mondial, tous sports confondus.
Le pire, c'est qu'à chaque fois, l'ASM est tombée sur plus forte qu'elle et on ne peut donc pas parler de malédiction. Car les Auvergnats choisissent des joueurs à leur image, Pierre Mignoni en étant le parfait étendard, lui qui se rate dans toutes les grandes occasions. Broke James a beau marquer 1 000 points en une saison, il vient de rater sa 3ème finale consécutive. Rougerie et Audebert ont eux appris à perdre au centre de formation de l'ASM et ont bien appris leurs leçon puisqu'ils ont déjà perdu 4 finales sans en remporter une seule, un record là aussi (codétenu avec les Dacquois Pierre Albaladéjo et Jean-Claude Lasserre). Et Nalaga est définitivement surfait car trop prévisible et incroyablement maladroit...
Enfin, Vern Cotter a également sa part de responsabilité puisque son équipe développe un jeu trop stéréotypé : soit on tape un grand coup de pied, soit on attaque en envoyant systématiquement la balle à l'aile. Une fois devant au score, les Clermontois ont joué petit bras en se contentant de rendre la balle à leurs adversaires. Mais contrairement aux Toulousains en demi-finale, les Perpignanais ont su prendre le jeu à leur compte et profiter de la faiblesse défensive de Rougerie. Quelle idée de le titulariser au centre où ses lacunes défensives, en particulier face aux joueurs vifs, sont particulièrement criantes ? Surtout que dans le même temps, Benoît Baby était cantonné sur son aile où il a touché trop peu de ballons, lui le seul joueur capable de déstabiliser la défense Catalane...
Pour l'an prochain, je vois bien Clermont perdre une nouvelle finale mais face au Biarritz Olympique cette fois car chaque année, c'est une équipe différente qui brise les espoirs Auvergnats. Et si Clermont veut un jour soulever le Bouclier de Brennus, peut-être devront-ils espérer rencontrer Brive en finale vu que les Corréziens n'ont jamais remporté de titre de Champion de France en 4 finales ? Ou alors il faudrait que la finale ait lieu en Auvergne car il faut se souvenir que c'est uniquement dans la montée du Puy-de-Dôme que Raymond Poulidor, la version cycliste de l'ASM, a réussi à distancer Jacques Anquetil...
21 janvier 2009
Tournoi des 6 Nations 2009 : 2 mois de jeunes pour le XV de France ?
Aujourd'hui, Marc Lièvremont a communiqué la liste des trente joueurs sélectionnés pour le stage de préparation au Tournoi des VI Nations 2009 qui débutera lundi prochain à Marcoussis. Comme prévu, le sélectionneur s'appuie largement sur les joueurs ayant participé à la dernière tournée d'automne du XV de France (victoires contre l'Argentine et les Pacific Islanders et défaite contre l'Australie). Surtout les sélectionneurs font confiance aux jeunes puis que 10 des 30 sélectionnés ont moins de 23 ans.
Traditionnellement, le Tournoi des VI Nations a lieu entre février et avril, soit la période de jeûne du Carême. Avec Marc Lièvremont, Didier Retière et Emile N'Tamack, comme l'an passé, ce sera deux mois de jeunes pour l'équipe de France de rugby ! Ou pas car cette liste est également marquée par le retour de cadres de l'époque Laporte. Etudions donc cette liste en détail.
Commençons avec les retours : Thion, Bonnaire et Poitrenaud retrouvent les Bleus. Pour Thion, c'est tout à fait normal : le Biarrot est le meilleur français à son poste et il n'avait pas été appelé à l'automne pour ne pas pénaliser Biarritz qui n'avait plus de 2ème-ligne opérationnel. Avec la blessure d'Harinordoquy, seul Bonnaire a un profil du 3ème ligne polyvalent et sauteur : voir Caballero à l'œuvre aurait pu être intéressant mais le Montalbanais ne peut pas jouer en 8. Par contre, Poitrenaud, c'est une énigme car même à 100%, je le trouve limité alors là, qu'il n’est pas au top... En plus, la liste regorge d'arrières (Heymans, Médard, Palisson, Baby) donc ce choix est curieux...
Du côté des "Bleus", il n'y a aucun joueur avec zéro sélection au compteur mais on peut considérer Chouly et Mermoz comme des petits nouveaux car jusque là, ils n'avaient participé qu'à une tournée du XV de France dans l'Hémisphère Sud réservée aux joueurs des clubs ne disputant pas les phases finales du Top 14. Chouly et Mermoz sont deux Perpignanais champions du monde des -21 ans en 2006. En tout, il y a 7 champions du monde avec Retière et N'Tamack, et c'est peut-être à ce moment-là qu'ont brillé Mermoz et Chouly parce qu'avec l'USAP, ils n'ont vraiment pas montré qu'ils avaient le niveau international. Mais ils ont sans doute été appelés pour emmagasiner de l'expérience lors des entraînements au cours desquels ils devront montrer ce qu'ils sont dans le ventre. Parce qu'en cas de blessures, ce serait peut-être Vermeulen et Traille qu'on enverrait sur le pré.
Car oui, Traille et Vermeulen ne font pas partie de la sélection. Il n'y a pas non plus de Trinh-Duc, Yachvili, Tomas, Michalak, Domingo, Nyanga, Audrin, David, Servat, Skrela, Méla, Clerc, Diarra, Poux, Martin, Lamboley, Harinordoquy, Marchois, Marty, Servat, Privat, Dupuy, Jacquet et autres... Certains pour causes de méforme, d'autres pour des blessures. Mais il est probable que les absents d'aujourd'hui soient les titulaires de demain...
Au niveau des avants, l'ensemble a l'air assez solide. Par contre, je m'étonne qu'il n'y ait qu'un seul ouvreur de métier (Beauxis) car Elissalde ou Parra (voire Baby et Jauzion) peuvent dépanner mais n'ont pas d'expérience internationale en 10.
Il n'y a d'ailleurs que deux buteurs : Elissalde et Beauxis. A la place des blagues Parra et Tillous-Bordes, il aurait peut-être été intéressant d'appeler Julien Dupuy : à Leicester, il a mis sur le banc Harry Ellis, le 9 du de l'Angleterre, et en plus, il bute ! D'ailleurs, il est bizarre que Parra fasse partie de ce groupe car au vu de ses dernières performances, on aurait pu sélectionner tous les autres demis-de-mêlée de France.
Il est encore un peu tôt pour juger cette équipe de France et le visage que veulent lui donner les sélectionneurs. Sur le papier, ils semblent faire confiance aux jeunes mais pour en avoir la confirmation, il faudra attendre le 28 janvier et la liste des 23 joueurs retenus pour le premier match en Irlande. D'ailleurs, il se pourrait que les 23 heureux élus ne soient pas tous issus de cette liste des 30.
Il faudra donc s'armer d'un peu de patience avant de savoir si Marc Lièvremont et ses adjoints ont juste fait le choix de tester les jeunes au quotidien sans forcément les lancer dans le grand bain. Car dans l'enceinte mythique de Croke Park, le XV de France pourrait ressembler à ça : Faure, Szarzewski, Lecouls - Thion, Nallet - Dusautoir, Picamoles, Bonnaire - Elissalde (m), Beauxis (o) - Malzieu, Jauzion, Fritz, Rougerie - Heymans. Ce qui ferait seulement deux joueurs de moins de 23 ans (Picamoles et Beauxis) sur le terrain !
Pour info, la liste des 30 est la suivante :
Avants (16): Faure (Sale/ANG), Barcella (Biarritz), Mas (Perpignan), Lecouls (Stade Toulousain), Kayser (Leicester/ANG), Guirado (Perpignan), Szarzewski (Stade Français), Nallet (Castres), Thion (Biarritz), Chabal (Sale/ANG), Millo-Chluski (Stade Toulousain), Ouedraogo (Montpellier), Picamoles (Montpellier), Chouly (Perpignan), Bonnaire (Clermont), Dusautoir (Stade Toulousain)
Arrières (14): Elissalde (Stade Toulousain), Parra (Bourgoin), Tillous-Borde (Castres), Beauxis (Stade Français), Jauzion (Stade Toulousain), Fritz (Stade Toulousain), Baby (Clermont), Mermoz (Perpignan), Rougerie (Clermont), Malzieu (Clermont), Palisson (Brive), Poitrenaud (Stade Toulousain), Médard (Stade Toulousain), Heymans (Stade Toulousain).
Gagner le Tournoi des VI Nations 2009 ou préparer la Coupe du Monde 2011, quel sera le choix de Marc Lièvremont ? Premier élément de réponse le 28 janvier !
01 décembre 2008
Coupe du Monde 2011 : un avenir bien noir pour le XV de France
Le rugby est décidément un sport à part puisque c'est l'une des rares disciplines où l'on procède au tirage au sort d'une compétition majeure alors qu'on connaît à peine un peu plus de la moitié des qualifiés. Depuis aujourd'hui, on connaît donc la composition des 4 poules de la phase finale alors que le coup d'envoi de cette 7ème Coupe du Monde de Rugby ne sera donné que le 10 Septembre 2011.
D'ailleurs, ce match d'ouverture aura lieu à l'Eden Park d'Auckland et pourrait opposer la Nouvelle-Zélande, pays organisateur de l'évènement, aux Tonga ou ... à la France ! Le calendrier de l'épreuve ne sera connu qu'au 2ème trimestre 2009 mais quoiqu'il arrive les retrouvailles entre les 2 équipes s'annoncent bouillantes.
Comme en 2007 (Irlande et Argentine), la France est créditée d'une poule très difficile car les Tonga seront tous sauf une partie de plaisir. Le Mondial 2007 avait permis de constater les progrès de cette équipe de "poètes" qui, presque à domicile, se battra jusqu'au bout. Les Sud-Africains, futurs champions du Monde, avaient pu le constater à leurs dépends puisqu'ils avaient peiné pour s'imposer 30 à 25 lors de la phase de poules du dernier Mondial.
Les deux autres équipes seront certainement moins dangereux et devraient être le Japon et le Canada (ou les États-Unis). Le seul point positif de ce tirage étant d'avoir évité les Samoa qui seront certainement le dernier représentant de l'Océanie.
La France va devoir lutter pour se qualifier mais une défaite contre la Nouvelle-Zélande n'aurait rien de rédhibitoire : il faudra juste battre les Tonga et sortir un exploit contre l'Argentine ou l'Angleterre en quarts. Un peu comme l'an dernier face à la Nouvelle-Zélande, après la défaite en poules face à l'Argentine. Et puis, le XV de France est la bête noire des All Blacks en Coupe du Monde alors on échangerait bien une défaite au 1er tour contre une victoire en finale. Parce qu'après les exploits de 1999 et 2003 face aux Blacks, les Français ont à chaque fois perdu la rencontre suivante.
Concernant les autres groupes, le D me semble très relevé avec l'Afrique du Sud, le Pays de Galles et les Fidji. Les Gallois vont sans doute vouloir prendre leur revanche sur les fantasques joueurs du Pacifique qui leur avaient barré la route des quarts l'an dernier. Et ces mêmes Fidjiens étaient passé tout près d'éliminer les Springboks en quarts ! Et en bonus, ces 3 équipes auront le redoutable honneur d'affronter les terribles Samoans !
Le groupe B me semble le plus homogène avec une équipe d'Argentine qui sera probablement moins armée qu'en France, une équipe d'Angleterre qui se cherche à l'heure actuelle mais où de nouveaux talents comme Cipriani semblent émerger et l'Écosse qui est un habitué des quarts-de-finale. Enfin, l'Australie devrait sortir en tête du groupe C alors que l'Irlande et l'Italie essaieront de faire mieux qu'en 2007, c'est-à-dire sortir des poules !
Bien sûr, beaucoup de choses vont se passer en 3 ans et il n'est pas évident d'évaluer la difficulté de chaque poule. Malgré tout, on peut penser que la France n'a pas été chanceuse au tirage car les rencontres face à la nouvelle-Zélande et aux Tonga éprouveront certainement les organismes. Surtout, cette équipe des Tonga est terriblement imprévisible et les Bleus n'auront pas les mêmes repères que face à une équipe du Tournoi des VI Nations. Méfiance donc !
Pour info, voici la composition des 4 poules avec entre parenthèses les équipes probables :
Poule A: Nouvelle-Zélande, France, Tonga, Amériques 1 (Canada), Asie 1 (Japon)
Poule B:
Argentine, Angleterre, Écosse, Europe 1 (Roumanie), Vainqueur des qualifications (Portugal)
Poule
C: Australie, Irlande, Italie, Europe 2 (Géorgie), Amériques 2 (États-Unis)
Poule D: Afrique du
Sud, Pays de Galles, Fidji, Océanie 1 (Samoa), Afrique 1 (Namibie).
Tableau des phases finales:
Quarts de finale:
Quart de
finale 1: 1er poule B - 2e poule A
Quart de finale 2: 1er poule C - 2e poule
D
Quart de finale 3: 1er poule A - 2e poule B
Quart de finale 4: 1er
poule D - 2e poule C
Demi-Finales:
Demi-finale 1: vainqueur
QF1 - vainqueur QF2
Demi-finale 2: vainqueur QF3 - vainqueur QF4
Bref, vivement 2011 !
29 juin 2008
Toulouse, la ville rosse
En battant hier l'AS Clermont Auvergne 26 à 20 en finale du Top 14, le Stade Toulousain a remporté son 17ème titre de Champion de France ! De leur côté, le compteur des Auvergnats reste bloqué à 0 malgré 9 finales disputées ! Incontestablement, l'AS Montferrand, qui a changé de nom pour essayer de rompre un quelconque signe indien, est le plus grand perdant de l'histoire du sport français, voir même du sport mondial : si en anglais perdre se dit "to loose", en français, on dit plutôt "AS Clermont Auvergne". En même temps, une équipe qui confie les clés du camion à Pierre Mignoni ne peut espérer soulever le Bouclier de Brennus car le demi de mêlée Clermontois est lui aussi un loser, mais qui n' a rien du perdant flamboyant. Comme lors du match d'ouverture de la Coupe du Monde face à l'Argentine, et comme dans tous les grands rendez-vous, il est passé au travers.
Contrairement à la finale de l'an passé, qui avait vu le Stade Français revenir dans les utlimes minutes, on ne peut pas parler de malédiction pour Clermont tant Toulouse a dominé cette finale : mêlée, touche, jeu de trois-quarts, le Stade a été outrageusement supérieur dans tous les compartiments du jeu. La réussite a même été Clermontoise comme l'illustre cette essai ultra chanceux de Rougerie où, au passage, l'ailier le plus surfait du rugby français était hors jeu au départ de l'action. Le score est même plus que flatteur pour les Auvergnats qui n'ont quasiment pas vu le jour de la 2ème mi-temps : seule une percée de Canale a semé un peu de panique dabs la défense toulousaine mais l'international italien n'a pas su exploiter le surnombre qui s'offrait à lui. La saison régulière l'avait laissé entrevoir mais le jeu d'attaque de Clermont est surtout efficace contre les petites équipes, beaucoup moins face aux grosses écuries. D'ailleurs, Nalaga a montré ses limites actuelles face à un ailier aussi physique que Donguy : le Fidjien court vite et est puissant mais n'a pas de crochet, ce qui le rend inoffensif s'il n'y a pas d'espaces et que le raffut ne passe pas. A l'image de Nalaga, le jeu auvergnat a manqué de créativité.
Au contraire des Toulousains qui ont su alterner le jeu et proposer de très belles attaques à la main, à l'image de l'essai de 80 mètres de Maxime Médard qui donne le bouclier aux Rouge et Noir. Le "Bison" Kelleher a fait énormément de mal à Clermont en dominant outrageusement son vis-à-vis Mignoni et en rélaisant plusieurs percées au centre du terrain. Jauzion a fait parler toute sa classe, Servat sa puissance, Pelous et Albacete ont été omniprésents, Bouilhou a facilement remporté la bataille des airs alors que les jambes de Médard, Donguy et Heymans ont fait perser une menace constante sur la défense Clermontoise. Et dire que Clerc, Nyanga et Poitrenaud (non, je déconne, il vaut mieux mettre Médard à l'arrière) étaient blessés et qu'Elissalde tenait à peine sur ses deux jambes...
Depuis 2001, c'était la première fois qu'une finale se disputait sans le Biarritz Olympique ou le Stade Français et c'est également la première fois depuis cette date que l'un de ces deux ogres des années 2000 (4 titres pour les Parisiens, 3 pour les Basques) ne soulève pas le Bouclier de Brennus. D'ailleurs, la finale de 2001 opposait déjà Clermont à Toulouse et la jeune garde toulousaine avait surclassé les Merceron (beau loser lui aussi), Marsh, Magne, Rougerie, Bory et cie. A l'époque, on pensait que les Bouilhou, Michalak, Poitrenaud allaient dominer la France pendant de longues années mais il aura fallu attendre 7 ans pour que le "bout de bois" revienne sur la place du Capitole. La place de Jaude, elle, attend ce moment depuis 97 ans.
En français, Toulouse veut à nouveau dire "victoire" en Championnat et l'hégémonie des trois gros se poursuit puisque Toulouse, Biarritz et Paris se partagent tous les titres de Champion de France depuis 1994. Et on ne voit pas qui pourrait mettre fin à cette suprématie. En attendant, Toulouse voi la vie en Rouge et Noir alors que du côté de Clermont, on rit jaune et pas Jaune et Bleu...
17 janvier 2008
Betsen quitte la scène
Ce mercredi 16 janvier est une date importante dans l'histoire du rugby français puisque c'est la date qu'aura choisi Serge Betsen pour annoncer sa retraite internationale et sa retraite tout court au mois de Juin. Avec le départ du meilleur joueur français des années 2000, associé à ceux de Raphaël Ibañez et Fabien Pelous (parce que Dominici, on s'en tape complètement), c'est une page de l'histoire du rugby français qui se tourne.
Plaqueur hors norme et récupérateur de ballons infatigable, le Biarrot n'avait pas ou peu d'équivalents en France et même sur la planète ovale. Très endurant, il était toujours aux quatre coins du terrain, prêt à chasser ses adversaires. Ses chevilles étaient exceptionnellement souples et lui permettaient de se mettre très vite en position pour gratter le ballon à l'adversaire. Sa rapidité d'exécution était telle qu'il était souvent pénalisé, à tort, par des arbitres qui pensaient qu'il avait forcément triché pour intervenir aussi vite. Bref, le franco-camerounais était un poison redouté et respecté par tous ses adversaires : tous les numéros du monde, et en particulier M. Jonny W., peuvent en témoigner.
Mais Betsen ne peut pas être réduit à ses simples qualités de défenseur, aussi exceptionnelles soient-elles. Si du temps de son apogée (2002-2004), il était considéré comme le meilleur flanker du monde, il le devait également à ses aptitudes en attaque. Très à l'aise balle en main, il bonifiait chaque ballon touché et était capable de gestes plus proches de Magic Johnson ou John Stockton que de Sébastien Chabal ou Rémy Martin. Personne n'a oublié cette passe aveugle qui envoie Elissalde à l'essai lors du Galles - France du Tournoi 2004.
Enfin, le Biarrot était est un modèle de professionnalisme, considéré comme un exemple à suivre, aussi bien par ses coéquipiers que par ses adversaires. Véritable guerrier, il n'hésitait pas à se sacrifier pour le bien de son équipe et a toujours tenu à mettre en avant la performance de son équipe plutôt que la sienne. Mieux, il n'était pas content quand on le félicitait pour le nombre toujours très élevé de plaquages qu'il venait de réaliser car cela signifiait que son équipe avait trop subi.
Betsen, c'est avant tout 16 années au Biarritz Olympique, club qu'il a rejoint en provenance de Clichy-sur-Seine en 1992, année où l'autre S.B de légende du club, Serge Blanco, tirait sa révérence. Cette fidélité jamais démentie aux couleurs Rouge et Blanche lui aura réussi puisque c'est avec le club de son coeur qu'il se sera bâti un palmarès plus conséquent : 3 titres de Champion de France (2002, 2005 et 2006), une Coupe de France (2000) et un titre de vice champion d'Europe (en 2006). On peut également y ajouter une quarantaine de matches en Coupe d'Europe et de multiples participations aux phases finales du Championnat.
En équipe de France, Betsen, c'est 63 sélections dont 62 sous l'ère Laporte qui, toujours très visionnaire, avait déclaré dans l'Equipe au Printemps 2001 qu'il n'avait pas le niveau international. En 2002, Betsen était élu joueur français de l'année et en 2004, meilleur joueur du monde ! Pas mal pour quelqu'un qui n'était pas au niveau... Mais il est vrai que l'histoire d'amour entre Betsen et le maillot bleu a été longue à se dessiner : il a connu sa 1ère sélection le 22 mars 2007 face à l'Italie lors de la seule défaite du XV de France face à la Squadra Azzura. Il ne se verra titularisé pour la 1ère fois qu'en novembre 2001 face à l'Australie et ne lâchera pas son numéro 6 pendant 6 ans. Il éclate vraiment aux yeux du grand public lors de la célèbre victoire des Bleus face à un XV de la Rose alors invincible : son casque, son visage sortant de l'ordinaire et surtout ses placages dévastateurs font de lui l'un des joueurs les plus populaires, surtout chez les amateurs de rugby. Avec le maillot frappé du coq, Betsen a réalisé deux Grand Chelem (2002 et 2004) et perdu deux demi-finales de Coupe du Monde...
Mais avant de partir, Betsen a pris le temps de "former" son successeur pendant deux saisons au B.O : Thierry Dusautoir. Le Toulousain lui a déjà pris son record de placage (29 contre la Nouvelle-Zélande lors du fameux quart-de-finale de Cardiff, contre 28 pour Betsen qui avait également établi son record au Millenium Stadium mais face aux Gallois en 2002), porte aussi le casque et est né en Afrique mais n'aura sans doute jamais l'aura du Biarrot. Les Nyanga, Caballero, Ouedraogo, Burban et autres Malonga ne seront sans doute pas assez nombreux pour combler le vide laissé par Serge.
Mais je parle déjà de lui à l'imparfait alors qu'il est encore sur le terrain et va porter fièrement les couleurs Biarrotes pendant un peu moins de 6 mois. Et en bon guerrier, on peut supposer qu'il se battra jusqu'au bout pour ce club qu'il aime tant et peut rêver à un dernier sacre au Stade de France : il avait sans doute rêvé de la Coupe William Webb-Ellis mais je suis sûr qu'il n'aurait rien contre un 4ème Bouclier de Brennus.
Enfin, même s'il ne remporte aucun trophée cette saison, le petit garçon de Clichy qui allait à l'entraînement en cachette de sa mère a fait bien du chemin et peut être fier de son parcours. Mais n'empêche, finir sur un succès, ça aurait de l'allure : le rouge et blanc lui va si bien au teint...
20 octobre 2007
Enfonçons Laporte !
Décidément, le Parc des Princes ne réussit pas aux équipes qui sont censées y jouer à domicile : après l'équipe de France de football qui perd face à de très limités Ecossais et le PSG qui n'y a pas a gagné un match en 6 rencontres, je demande l'équipe de France de rugby qui commence la compétition comme elle l'a débutée... 34-10, le score peut paraître sévère mais il est mérité tant les Français ont été mauvais.
Bien sûr, les joueurs sont responsables de ce fiasco mais le coupable est toujours le même à mes yeux : l'inévitable Bernard Laporte, bien sûr. Petite statistique amusante : sous l'ère Laporte, les Bleus ont affronté 8 fois les Pumas pour 7 défaites. Et encore, les Bleus peuvent dire merci à Betsen qui, en contrant un drop Argentin en toute fin de match, a permis au bleu de signer leur unique succés (27-26 en Novembre 2006). Ces échecs répétés sont le meilleur exemple de l'incompétence tactique de Bernard Laporte qui n'a jamais su répondre au défi collectif proposé par les Pumas.
Sur le match d'hier, on pouvait supposer que les Bleus avaient une chance puisque pour la finale des perdants, les plus grands loosers de la liste des 30 ont débuté (Marty, Poitrenaud, Skrela, Dominici, Poux) ou sont entrés en cours de match (Mignoni, Chabal, Beauxis). Mais cette équipe était décidément trop faible techniquement et mentalement. C'est bien beau d'écarter les leaders (Castaignède, Yachvili...) parce qu'ils faisaient trop d'ombre au Grand Commandeur sur le terrain mais quand on voit que c'est Mignoni qui remotive les troupes, on se dit que les carottes sont définitivement cuites. Quand, il y a ne que des moutons sur le pré alors les loups, ou plutôt les Pumas, se régalent...
Ce match est le parfait symbole des maux bleus qui ont minés les Français ces 4 dernières années : des joueurs statiques et aucun mouvement en attaque, un jeu stéréotypé et unidimensionel, aucun mouvement collectif digne de ce nom et une facheuse tendance à rentrer dans le tas. En 2003, la France jouait encore au rugby et Michalak rayonnait mais après le naufrage de Sydney, Laporte a voulu jouer comme des Anglais. Oui mais sans Wilkinson, Robinson et avec un pack beaucoup plus léger mais aussi avec Traille, Jauzion et Clerc : des armes bien différentes qui auraient dû conduire à une stratégie bien différente...
Le pire, c'est que certains joueurs comme Jean-Baptiste Elissalde attribuent la défaite à un manque d'envie. Bah, je croyais que les remplaçants devaient montrer qu'ils auraient dû jouer les matches précédents et qu'on voulait prendre notre revanche sur le match d'ouverture. Non, tout simplement, les Argentins étaient plus forts et ça ne sert à rien de se cacher derrière des excuses bidons. Les Pumas ont montré une véritable maîtrise collective et une intelligence de jeu supérieure : leur victoire lors du match d'ouverture ne devait donc rien au hasard mais était-il nécessaire de le démontrer ?
16 octobre 2007
Par la petite porte
Samedi soir, le XV de France n'a pas su saisir l'occasion qui se présentait à lui et s'est fait lamentablement éliminé face à l'une des plus mauvaises équipes d'Angleterre de l'histoire de la Coupe du Monde de rugby. Ce résultat est d'autan plus cruel que les Anglais n'ont rien montré pour battre les Français et que cela a suffi. La faute à qui ?
A un manque de réussite ? Un petit peu : si le ballon n'était pas ovale, Traille l'aurait sans doute rattrapé et Lewsey n'aurait pas ouvert le score pour le XV de la Rose. Mais est-ce qu'on peut reprocher à un joueur de faire une erreur d'appréciation parce qu'il évolue à un poste inhabituel pour lui ? Non, par contre, on peut reprocher à l'entraineur d'avoir fait des mauvais choix qui ont précipité la chute de son équipe ? Et si l'on devait juger un entraineur sur son incompétence tactique, alors là, oui, on pourrait dire que Bernard Laporte est un grand entraineur...
Pour moi, le futur ex-secrétaire d'Etat aux Sports est le responsable de cette défaite, même de ce fiasco tant l'opposition n'avait rien à voir avec l'invincible armada d'il y a 4 ans. Pourquoi ? Déjà, reconduire les vainqueurs des Blacks pouvait paraître logique mais était l'erreur à ne pas faire. Facile à dire après-coup mais les héros de Cardiff étaient fatigués mentalement et physiquement et un peu de turnover n'aurait pas fait de mal. Surtout quand on déclare qu'on dispose d'un groupe homogène et que l'on "va gagner la Coupe du Monde à 30".
Pelous et Beauxis n'avaient pas été éblouissants face aux Blacks alors pourquoi les reconduire ? Et je ne parle même pas de David Marty à qui, à moins d'être Catalan ou Bernard Laporte, l'on ne peut rien trouver de positif dans son bilan. Nallet (lui ne serait pas blessé au bout de 25 minutes et la rentrée de Chabal aurait pu être décisive), Michalak et Poitrenaud auraient amené du sang frais et surtout un peu d'envie à une équipe qui avait beaucoup (trop ?) donné la semaine précédente. On ne reviendra pas non plus sur le cas Traille qui aurait bien plus apporté en jouant au centre, surtout quand on sait que Marty était titularisé.
Surtout, reconduire la même équipe supposait reconduire la même tactique que face aux Blacks, une équipe aux qualités bien différentes de celles des Anglais. Là où, les Néo-zélandais étaient excellents relanceurs et mobiles, les joueurs de la Perfide Albion étaient lourds et incapables, sauf Robinson, de créer le moindre danger dans la défense française. Pour battre les Anglais, il ne fallait pas utiliser leurs armes (utilisation abusive des avants et du jeu au pied) mais les nôtres : du jeu à la main pour faire courir les avants du XV de la Rose et ainsi les épuiser. Le pire, c'est que les Français avaient les armes pour le faire.
Pourquoi ne pas avoir envoyé un peu plus les balles sur les ailes (surtout sur l'aile de Sackey) ? Pourquoi avoir mis deux flankers plaqueurs (Betsen et Dusautoir) alors que les Anglais allaient peu ou pas attaquer ? Pourquoi ne pas avoir tenté de marquer des points pour creuser l'écart plutôt que gérer un mince avantage par du jeu au pied ? Sans doute parce que les joueurs n'ont pas osé sortir des consignes car depuis des années, on a annihilé toute volonté de prendre des risques en équipe de France...
Le bilan de Bernard Laporte à la tête de l'équipe de France est mitigé. On retiendra les deux Grands Chelems de 2002 et 2004 et quelques rencontres mémorables : France - Galles en 2000, France - Irlande en 2002 et 2003, France - Angleterre en 2002 et 2004 et surtout, le France - Nouvelle-Zélande de Cardiff. Un peu comme le ciel de Normandie : quelques trop rares éclaircies dans la grisaille ambiante...
Bernard Laporte a annoncé qu'il n'entraînerait plus et c'est une bonne nouvelle pour le rugby français et même le rugby en général. En effet, l'ancien entraîneur du Stade Français a tué le jeu d'attaque français, a donné l'impression de pratiquer un "bricolage" permanent et a nui à l'équipe nationale par ses choix incohérents et douteux. Espérons que le nouveau sélectionneur, qui malheureusement ne sera certainement ni Guy Novès ni Patrice Lagisquet, redonne un peu d'ambition offensive à cette équipe qui a un beau potentiel à développer...

