Dans notre série de portraits de joueurs dans le cadre de l'Euro 2008, place à Rafael Van der Vaart, milieu talentueux comme Andrès Iniesta et figure médiatique comme Djibril Cissé. Pourquoi s'intéresser à ce joueur ? Parce que ce n'est pas le Néerlandais le plus connu en France alors qu'il a un talent rare. Et puis, il a un destin assez particulier.

L'histoire commence à l'été 2005 et Raphaël, le poète moderne en prose, fredonne sur toutes les ondes : "Je suis né dans cette caravane et nous partons allez viens". C'est exactement ce qu'aurait pu dire Rafael, Van der Vaart cette fois, à sa femme puisque c'est à l'été 2005 que le milieu Néerlandais qui a vécu 17 ans dans une caravane de la banlieue d'Amsterdam quitte la capitale de l'autre pays du fromage pour poser ses bagages à Hambourg.
Ce départ s'est fait en catimini et peu de monde aux Pays-Bas, Johan Cruyff le premier, croyait en la résurrection du prodige qui avait connu sa première sélection à à peine 18 ans. Diminué par les blessures, lesté par quelques kilos superflus et orphelin d'Ibrahimovic parti à la Juventus, Van der Vaart connaît une saison 2004-2005 galère et ne supporte pas les chants des supporters lors des rencontres hors de l'Ajax Arena qui aiment scander : "Sylvie (Mme Van der Vaart à la ville) est la pute d'Amsterdam" alors que ses entraîneurs lui reprochent de trop profiter de la vie nocturne de la capitale Néerlandaise.

Pourquoi Hambourg ? Peut-être pour "boire à la santé des putains d'Amsterdam, d'Hambourg ou d'ailleurs" et rendre hommage à Brel ou plus sûrement parce que les offres ne se bousculaient pas au portillon. Mais en Allemagne, le Néerlandais sera à bon port puisque repositionné en meneur de jeu, il transforme complètement le jeu de son équipe qu'il sort de la torpeur du milieu de tableau de la Bundesliga pour l'amener en Ligue des Champions.
Contre toute attente, le joueur qui a à peine 20 ans inscrivait 18 buts en Eredivisie retrouve le plaisir et montre l'étendue de son immense talent. Sur le terrain, on ne voit que lui, distribuant les caviars à ses partenaires, éliminant ses adversaires avec aisance et déclenchant des frappes terribles. Le milieu de terrain fait taire les sceptiques et toute la Hollande admire à nouveau celui qu'elle aimait huer quelques mois auparavant.
Malheureusement, handicapé par des blessures récurrentes, Van der Vaart ne jouera quasiment pas durant la Coupe du Monde 2006 disputée dans le pays qui l'avait fait roi. Toujours à cause de ces maudites blessures, il manquera en partie la première moitié de la saison 2006-2007 et en conséquence, son club flirtera avec la zone de relégation. Mais dès le retour de son capitaine, Hambourg entame une remontée fantastique pour terminer à la 4ème place. Cette saison, il a une nouvelle fois tiré son équipe vers le haut pour la conduire à la 4ème place de la Bundesliga.

Mais à l'instar de son quasi homonyme, il se pose la question suivante : "Est-ce qu'on va reprendre la route ?". La réponse sera sûrement positive car l'Espagne, le pays de sa mère, lui fait les yeux doux. Après les ports d'Amsterdam et d'Hambourg, Valence lui fait les yeux doux et le Néerlandais pourrait former un triangle d'or avec les deux rois David : Silva et Villa.
Et comme sur le port d'Amsterdam, d'Hambourg ou d'ailleurs, il y aura certainement des marins qui chantent : pas les rêves qui les hantent, plutôt la gloire du meilleur footballeur gitan actuel. Pour cela, il faut espérer que les blessures le laissent en paix car comme dirait l'autre : " C'est le bon Dieu qui nous fait, c'est le bon Dieu qui nous brise..".