L'oeil du Cyclone

Un regard critique, partial et de mauvaise foi sur l'actualité sportive...

04 juillet 2008

L'Espagne, un Euro de Oro

Au XVIe siècle, Charles Quint, roi d'Espagne, domine l'Europe et seule la France de François 1er tente de résister aux velléités de conquête d'un homme à la tête d'un empire "sur lequel le soleil ne se couche jamais". En 2008, soit cinq siècles plus tard, l'Espagne domine à nouveau l'Europe, mais l'Europe du football cette fois-ci. Et ce n'est pas les Français, éliminés sans gloire au 1er tour, qui ont pu contrecarrer les plans des Ibères.
Sous le règne de l'Empereur du Saint-Empire Germanique, l'Espagne et ses Conquistadors étaient partis à la conquête du Nouveau Monde. Fort de leur succès lors de cette campagne Européenne, les Espagnols peuvent à nouveau rêver de dominer la planète lors du prochain Mondial en Afrique du Sud.

Lors de ce siglo de oro, la grandeur espagnole n'était pas uniquement économique et politique : elle s'exprimait surtout dans le domaine artistique En effet, c'est à cette époque que Le Greco, Vélasquez, Zurbarán ou Murillo révolutionnent la peinture espagnole. Les compositions de Tomás Luis de Victoria, Luis de Milán et Alfonso Lobo influenceront des générations et des générations de musiciens alors que dans le même temps, Cervantès s'attèle à l'écriture de l'un des chefs d'œuvre de la littérature mondiale : L'Ingénieux Don Quichotte de la Manche.
On peut considérer que l'esprit de cet âge d'or a inspiré la sélection conduite par Luis Aragones. Les Espagnols étaient les véritables artistes de la compétition et ont proposé un jeu splendide (sauf contre l'Italie où l'enjeu l'a emporté sur le jeu), très collectif, à base de redoublements de passes et d'appels de balles incessants. Un style offensif et technique incarné par les deux milieux du Barça Xavi, élu meilleur joueur de l'Euro, et Iniesta qui, remis de sa gastro, a été époustouflant lors des deux dernières rencontres à un poste qui n'est pourtant pas le sien. Plus offensifs, les Villa, Torres (impressionnant en finale) ont fait peser une menace constante sur les défenses adverses. Ce n'est donc pas un hasard si l'Espagne finit meilleur attaque de la compétition (12 buts inscrits dont 7 face aux Russes).
Mais à l'image de Senna, infatigable récupérateur et rouage essentiel du système mis en place par Aragones, la Roja a pu s'appuyer sur une base défensive solide qui permet à la Selección de finir avec la meilleure défense de la compétition (3 buts concédés). Mieux, Casillas n'a pas encaissé un seul but lors de la phase finale et contrairement à ce qu'il connaît à longueur d'année au Real, il n'a pas eu à multiplier les arrêts spectaculaires. La seule fois où il a été vraiment sollicité a été la séance de tirs aux buts face à l'Italie et on sait ce qu'il est advenu. "San Iker", premier portier Ballon d'Or depuis Lev Yachine ? Personnellement, ça m'irait très bien !

Autrefois perdante magnifique, l'Espagne est devenu un pays qui gagne à l'image des Rafael Nadal et Fernando Alonso. Mais surtout, elle connaît des succès majeurs dans les sports collectifs puisque ses handballeurs ont été sacrés champions du Monde en 2005 alors que ses basketteurs les ont imités en 2006. Suucès qui, à l'époque, avait permis à tout un peuple d'oublier l'échec du Mondial allemand.
D'ailleurs, on peut établir une comparaison entre ces deux équipes entraînées par des Madrilènes, Pepu Hernández  et Luis Aragones, qui ont bâti leurs succès en s'appuyant sur un collectif soudé et ne prônant un jeu tourné vers l'offensive. D'ailleurs, ces deux équipes ont dû subir la blessure de leur meilleur marqueur en demi-finales (Pau Gasol et David Villa), ce qui ne les a pas empêchées de dominier outrageusement lurs finales car leur talent ne se résumait pas à deux joueurs. Jorge Garbajosa et Juan Carlos Navarro avaient pris le relais face aux basketteurs grecs, Torres et Iniesta ont fait de même face aux Allemands... 

Posté par Le Cyclone à 11:54 - Euro 2008 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


24 juin 2008

Les deuxièmes seront les premiers

Petit retour sur les quarts de finale de cet Euro 2008 qui ont vu la qualification de presque tous les deuxièmes au sortir de la phase de la poule. Exit donc le Portugal, les Pays-Bas, la Croatie et l'Italie, l'exception qui confirme la règle.

Statistiquement, les Espagnols n'avaient pourtant aucune chance de se qualifier puisque, en plus d'avoir terminé en tête du Groupe D, ils n'avaient plus franchi le cap des quarts de finale depuis 24 ans et n'avaient plus battu les Transalpins en compétition officielle depuis 88 ans ! Mais la vérité du terrain a été tout autre et les Ibères méritent leur qualification face à une équipe d'Italie qui n'a à aucun moment cherché à produire du jeu et n'a jamais inquiété Iker Casillas car Luca Toni, leur seule arme offensive, était épuisé par une longue saison.
On a assisté à une rencontre d'un ennui monstre car les Espagnols, échaudés par leur défaite d'il y a 2 ans face aux Français, n'ont pas voulu se découvrir non plus. Témoin de cette frilosité ambiance : les d'ordinaire très offensifs Sergio Ramos et Capdevila, latéraux espagnols de leur état, n'ont que très peu arpenté leurs couloirs. Et comme Fernando Torres n'était pas dans un grand jour, que David Villa a laissé pas mal de forces dans ses replis défensifs et qu'Iniesta est clairement plus influent dans l'axe que sur un côté, on comprend mieux pourquoi ce choc annoncé n'a pas tenu toutes ses promesses. Seul le virevoltant David Silva a mis en difficulté les Italiens grâce à son pied gauche magique.
Il a donc fallu une séance de tirs aux buts pour départager les deux équipes et l'exercice a permis de mettre en exergue le seul point faible de Gianluigi Buffon qui tout au long de la compétition a fait honneur à son titre honorifique de "Meilleur gardien du Monde". En effet, si le portier de la Juventus a stoppé le penalty de Mutu face aux Roumains, il faut savoir que c'était son seul arrêt de toute la saison dans cet exercice de style si particulier. Rappelons-nous également que le 9 juillet 2006, il n'avait pas plongé une seule fois du bon côté lors des 5 tentatives des Français - sans oublier la Panenka de Zidane - en finale de la Coupe du Monde. Malheureusement pour les Italiens, en face, il y avait l'un des maîtres du genre : un certain, Iker Casillas...

En demi-finale, la Roja affrontera la Russie, magnifique bourreau des Pays-Bas, qui mérite amplement sa victoire tant le duo Archavine-Pavlyuchenko a fait souffrir l'arrière-garde néerlandaise qui a confirmé les lacunes entrevues au début de la compétition. La réussite, qui avait conduit les Pays-Bas à des victoires probantes en poules, a cette fois fui les Oranje : Sneijder, malgré de multiples tentatives, n'est pas parvenu à cadrer aussi facilement ses frappes que face à l'Italie ou la France. Ils ont bien fait preuve de belles ressources morales en arrachant les prolongations quelques minutes avant le coup de sifflet final mais cela n'a pas suffi.
Les Néerlandais auraient dû faire la différence physiquement physiquement au cours de ces 30 minutes de prolongations - alors qu'ils avaient pu faire tourner leur effectif lors du troisième match de poule - mais finalement, ceux sont eux qui ont marqué le pas. Officiellement, l'explication de l'insolente santé des Russes est qu'ils n'ont disputé que la moitié de leur championnat national tandis que leurs rivaux sont en fin de saison. Cela rappelle étrangement la condition physique exceptionnelle des Sud-Coréens de 2002 qui étaient alors entraînés par qui déjà ? Ah oui, un certain Guus Hiddink, le sorcier néerlandais qui ne dépasse jamais le stade des demi-finales. Mais cela est une toute autre histoire...

Outre les Pays-Bas, un autre grand prétendant à la victoire final est tombé et il s'agit du Portugal. Là non plus, il n'y a pas grand chose à redire sur la victoire de la Mannschaft qui a dominé la Seleçao au milieu de terrain. On peut d'ailleurs constater que cette rencontre a été la moins serrée de tous les quarts puisque c'est la seule où le vainqueur a pu être désigné à la fin du temps réglementaire.
A l'image de Cristiano Ronaldo (Le meilleur joueur du monde pour ses compatriotes et les prépubères, Conardo pour beaucoup d'autres), les Portugais ont été trop individualistes pour espérer l'emporter face à une équipe allemande qui les a étouffés au milieu. Pourtant la qualification allemande tient un peu du miracle tant la défense a paru friable : encaisser deux buts par Nuño Gomes et Helder Postiga, c'est quand même la loose.
Heureusement, Ballack, Klose et le duo Schweinsteiger-Podolski étaient là pour animer l'attaque allemande et solliciter un Ricardo, très loin des exigences requises pour évoluer à ce niveau. Il est d'ailleurs amusant de constater que les 2 compères du Bayern Munich ne brillent que tous les 2 ans et à chaque fois, au mois de juin. La magie des grandes compétitions sans doute...

Enfin, le dernier quart que nous allons évoquer est celui qui m'a paru le plus injuste : la Croatie a outrageusement dominé la Turquie mais, au final, est éliminée. La classe de Luka Modric a illuminé une rencontre bien terne éclipsée par un final renversant. Les hommes de Bilic ont dominé mais, à l'image d'Olic qui aurait pu réaliser un quadruplé, ont cruellement manqué de réalisme. Les supporters croates peuvent donc maudire l'attaquant d'Hambourg et Martin Taylor, le défenseur de Birmingham qui a sévèrement blessé Eduardo, l'attaquant brésilo-croate qui aurait pu faire la différence.
Pourtant, l'histoire aurait pu être belle puisque c'est Klasnic, greffé du rein, qui avait ouvert le score à la 119ème minute. Mais la Turquie, équipe très moyenne au demeurant, a un supplément d'âme qui lui permet de soulever des montagnes en plein cœur des Alpes : après avoir battu les Suisses à la 92ème minute, remonté 3 buts aux Tchèques en 15 minutes, ils ont arraché une égalisation tombée du ciel à la 121ème minute !
Mais ce miracle permanent devrait toucher à sa fin car minée par les blessures et les suspensions, la sélection entraînée par Fatih Terim ne peut plus compter que sur 15 joueurs pour la demi-finale face à l'Allemagne. Le sélectionneur envisage même de faire rentrer son 3ème gardien (Tolga) comme avant-centre si le besoin s'en faisait sentir ! Cette équipe ne fait décidément rien comme les autres...

Posté par Le Cyclone à 22:26 - Euro 2008 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2008

La Squadra assura

Ca y est : la France quitte l'Euro 2008 par la petite porte et ces 10 jours en Suisse marquent sans doute la fin des derniers représentants de la fameuse génération 1998. Si l'on se réfère aux trois matches disputés par l'équipe, il n'y a rien à redire sur cette élimination qui ne laisse pas de regrets tant l'équipe a semblé impuissante et a paru subir les évènements.
Le seul match où les Bleus peuvent nourrir quelques regrets est leur entrée ratée dans la compétition face à la Roumanie. Les hommes de Piturca étaient largement à la portée de Français qui se sont montrés trop frileux pour espérer autre chose qu'un nul. Peut-être qu'une meilleure entrée en matière aurait permis d'emmagasiner un surplus de confiance qui aurait pu faire la différence dans les deux autres rencontres ? On ne le saura jamais...

Concernant la rencontre d'hier soir, rien n'a vraiment changé par rapport aux deux autres rencontres précédentes. Malgré l'intégration de joueurs plus jeunes censés amenés de la vitesse, la France a une nouvelle fois joué trop bas et l'attaque était encore et toujours coupée du reste de l'équipe. La seule nouveauté est le scénario du match qui n'a jamais laissé croire que les Tricolores pouvaient l'emporter.
Dès la 8ème minute et la sortie de Ribéry sur blessure, on a vite compris que la France aurait du mal à s'en sortir. L'expulsion, méritée, d'Abidal sur le penalty transformé par Pirlo eurent vite fait de mettre fin aux espoirs de ceux qui y croyaient encore. Les plus optimistes de tous virent leurs dernières illusions s'envoler avec le coup franc détourné par Henry dans ses propres filets. La seule chose qui aurait pu sauver cette équipe qui n'en était pas vraiment une était la réussite et cette dernière n'a clairement pas une.
Pourtant en face, l'Italie, à l'image de Pirlo, n'était que l'ombre de la grande équipe de l'Euro 2008. Le score ouvert, elle s'est contentée de gérer plus ou moins sereinement son avance. Luca Toni aurait pu achever bien plus tôt une équipe de France aux abois mais on a l'eu l'impression de revoir le jeune attaquant maladroit de Brescia en finale de la Coupe Intertoto 2001 plus que le serial buteur du Bayern. D'ailleurs, la défense Transalpine n'a pas paru particulièrement rassurante face à des Tricolores qui, en plus d'être réduits à 10, n'étaient guère menaçants. Mais au final, la Squadra assura en gardant le ballon et en ne se livrant pas en attaque ce qui lui a permis d'arracher une qualification plutôt facile.
Côté français, aucune véritable défaillance individuelle à signaler, à part Abidal qui a précipité la chute de son équipe. Les autres, sans être mauvais, n'ont pas été éblouissants non plus. Le plus regrettable, à part les commentaires de Franck Leboeuf, est que la France n'a proposé aucun jeu collectif : seul Benzema a tenté quelque chose mais s'est montré trop individualiste pour que ce soit véritablement dangereux. Surtout, dès la blessure et l'exclusion d'Abidal, on a senti les Français plus abattus que révoltés, preuve du manque de caractère de cette équipe. Ce groupe de joueurs n'avait pas d'âme et plus que le talent, c'est cette union entre les joueurs qui a manqué lorsque les difficultés sont arrivées.
Pour ne rien arranger, le coaching de Domenech a été désastreux : pourquoi sortir Nasri quand la France a été réduite à 10 et menée 1-0 ? Résultat : il n'y avait plus aucun lien entre la défense et l'attaque et il était impensable de pouvoir égaliser, alors marquer à deux reprises... Pourtant, cela n'aurait pas été risqué de jouer à 3 derrière ou d'enlever un récupérateur vu qu'il fallait impérativement gagner. A force de jouer pour ne pas perdre, la France n'a pas gagné un match et a fini dernière de sa poule. A méditer...

Désormais, il va falloir rebâtir une équipe pour la Coupe du Monde 2010 mais avant cela, il faudra se qualifier pour cette compétition. Domenech, qui cherche déjà à garder sa place, prétend avoir déjà commencé à préparer le futur pendant cet Euro. En faisant jouer Thuram, Sagnol, Makélélé et en gardant Vieira ? En toute logique, le sélectionneur devrait changer car la situation ressemble à 2002 : bien qu'auréolé du titre de champion d'Europe, Lemerre n'avait pas résisté au naufrage en Corée où les Bleus n'avaient pris qu'un petit point. La situation est peu ou prou identique en 2008, la cuisse de Vieira ayant remplacé celle de Zidane
Comme en 2002, l'entraîneur Champion de France est sur le marché mais la comparaison s'arrête là vu qu'il est peu probable qu'Alain Perrin prenne les rênes de la sélection. Plus sûrement, Didier Deschamps, qui rêve ouvertement du poste, devrait être nommé à la tête des Bleus. Cela marquerait sûrement une nouvelle ère où les Champions du Monde ne sont plus sur le terrain mais aux commandes de léquipe. Mais ça ne devrait pas changer grand chose vu que c'était déjà Deschamps qui faisait l'équipe en 1998 et 200 ? 

Posté par Le Cyclone à 17:07 - Euro 2008 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juin 2008

Oranjes amers

4-1, le score est sévère et c'est la première fois depuis 1958, et une demi-finale de Coupe du Monde face au Brésil (5-2 pour Pelé et ses coéquipiers), que l'équipe de France perd de plus de trois buts en compétition officielle. Le résultat final ne reflète pas du tout la physionomie d'un match où les deux équipes ont plutôt fait jeu égal, la différence s'est faite au niveau du mental : la France était en berne alors que les Pays-Bas avaient le moral à Berne.

Contrairement au match contre la Roumanie, les Bleus ont attaqué et cela a failli payer : les Français se sont créés de nombreuses occasions avec un total impressionnant de 23 tirs à leur actif contre 16 aux Néerlandais. Les Tricolores ont donc payé très cher leur manque d'efficacité devant le but - à l'image de ce lob trop enlevé d'Henry seul face à Van der Sar - alors que leurs adversaires ont inscrit des buts venus d'ailleurs comme ce missile de Robben à la 72ème.
Les Français ont affiché un visage séduisant en attaque et l'apport de Govou n'y est pas étranger tant le Lyonnais a arpenté son couloir droit avec vigueur et intelligence. En électron libre, Ribéry a pesé sur la défense adverse en multipliant les courses alors que Henry a montré de belles choses pour un attaquant en manque de compétition. Mais son manque de réalisme en attaque a pénalisé son équipe.
Cette animation offensive retrouvée est donc la seule satisfaction de la rencontre surtout qu'elle n'a pas été aidée par Malouda : le Guyanais a justifié son statut de bouc émissaire officiel de tout un pays en laissant Kuyt libre de tout marquage sur le 1er but Néerlandais et il a multiplié les mauvais choix pendant plus de 30 minutes. Il s'est bien repris par la suite, offrant un superbe ballon de but à Henry, mais c'est bien peu.
En défense, la jurisprudence "Desailly Euro 2004" a été appliquée à Thuram : à 36 ans, un défenseur français n'est donc plus assez en jambes pour une compétition aussi relevée. Autre joueur né en 1972, Grégory Coupet a pour le moment raté sa première et dernière campagne en bleu comme titulaire : il ne sort pas sur le premier but, n'a pas la main assez ferme sur le second et manque de réflexes sur le troisième. Mais les deux vétérans n'ont pas été aidés par Gallas et Sagnol en manque de rythme et très loin de leur niveau de 2006. Seule satisfaction : Evra, impeccable défensivement à l'apport offensif plus qu'intéressant. Quant au milieu, Toulalan et Makélélé ne sont pas assez complémentaires mais cela n'est pas nouveau.
Enfin, le coaching de Domenech a été catastrophique avec l'entrée incompréhensible de Gomis qui a à peine le niveau Ligue 1. Ses lacunes techniques et son placement approximatif ont plus gêné ses partenaires que l'arrière-garde Batave. Avec tous les espaces qui étaient offerts aux Bleus, comment a-t-on pu se passer du talent de Karim Benzema ? Et pourquoi ne pas voir fait rentrer Nasri pour apporter de la créativité à l'équipe et soulagé Ribéry plutôt que d'avoir entassé des attaquants qui se marchaient sur les pieds ? Etrange...

Quant aux Pays-Bas, comme contre l'Italie, ils ne m'ont pas impressionné et paraissent peu solides défensivement. Mais au final, ils ont collé trois buts aux Italiens et quatre aux Français, sélections qui avaient respectivement encaissé deux et trois buts lors du dernier Mondial. Et ils n'ont encaissé qu'un seul but en deux rencontres.
Pourtant, cette équipe me laisse sur ma faim malgré le talent indéniable des Sneijder, Van der Vaart et Van Nistelrooy. Je trouve que les Oranjes ont connu un maximum de réussite jusque là avec ce but accordé à Van Nistelrooy, pourtant hors jeu, ou ce pénalty refusé à la France pour une main pourtant évidente de Ooijer. Et à chaque match, les Néerlandais ont réussi à ouvrir le score assez rapidement et n'ont pas eu à faire le jeu, juste à enchaîner des contre-attaques supersoniques. Et leurs buts viennent d'ailleurs et ce n'est pas sûr qu'ils puissent rééditer ces exploit à chaque rencontre. Réussite ou énorme talent, la suite de la compétition nous le dira.

Quant aux Bleus, ils sont encore en course mais ne sont plus maîtres de leur destin. Il leur faudra battre une Italie malheureuse jusque là (but refusé à Toni alors que l'attaquant du Bayern n'était pas hors jeu, l'inverse de l'"affaire" Van Nistelrooy en somme). Bref, une revanche de la dernière finale alors que les deux équipes ont de grandes chances de ne pas passer leur premier tour. Nous pouvons donc espérer qu'elles vont jouer libérer et nous offrir un beau spectacle.
Car dans le même temps, les Roumains vont affronter l'équipe B des Pays-Bas et les hommes de Van Basten auraient intérêt à perdre pour éliminer deux épouvantails dans la course au titre. Rien ne dit que l'étique sportive ne sera pas respectée donc il faudra jouer le coup à fond. Et, même s'ils sont sur la pente descendante, les Thuram, Makélélé et compagnie méritent une belle sortie...    

Posté par Le Cyclone à 20:30 - Euro 2008 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2008

A jouer sans péril, on fait match nul sans gloire

Un match nul dans tous les sens du terme, voilà ce que nous a offerts l'équipe de France de football face à une pâle équipe de Roumanie. Pourquoi être aussi frileux alors qu'on a toutes les armes en main pour l'emporter. Ce manque d'ambition prive les Bleus d'un succès qui leur aurait permis de prendre une option sur une place en quarts.
Parce que ce n'est pas la chaleur (22°c, c'est la canicule à Zürich ?) qui est responsable de cette prestation insipide, plutôt l'absence de jeu collectif et la frilosité tactique de Domenech. Cela n'est pas sans rappeler l'équipe de France de rugby de Bernard Laporte qui en jouant pour ne pas perdre avait fini par laisser des rencontres qui étaient à sa portée face à l'Argentine ou l'Angleterre.

Tout d'abord, on peut se demander pourquoi les Français ont mis si peu de rythme dans cette rencontre. Sans aucune accélération, aucun mouvement, il est impossible de prendre à défaut n'importe quelle défense. Surtout que l'on a pu constater que l'arrière-garde roumaine n'était pas particulièrement sereine. Hier, Ribéry a été étonnamment statique alors que sa grande force réside habituellement dans ses courses incessantes. Anelka a tenté quelques appels intéressants pendant les 30 premières minutes. Quant à Benzema, il a connu plusieurs approximations techniques indignes de son niveau mais il a eu le mérite de tenter sa chance et de provoquer la défense adverse.
Les milieux de terrain français n'ont pas été aidés par la faillite du trio offensif mais ils ne les ont pas non plus mis dans les meilleures dispositions pour attaquer. Sur le match d'hier, Malouda encore joué comme un deuxième arrière gauche et n'a quasiment fait que des passes vers l'arrière. L'absence de jeu collectif chez les français, une constante depuis 6 ans qui a été masquée par les exploits individuels des Ribéry, Henry ou Zidane, a été d'autant plus préjudiciable que l'équipe ne pouvait compter sur aucune des armes offensives pour emballer le match.
Le choix d'associer Toulalan et Makélélé durant toute la rencontre est également une erreur à mettre au passif de Domenech. Les Roumains, on s'en doutait déjà fortement avant le coup d'envoi, venaient chercher le 0-0 et ce n'est pas avec Niculae seul en pointe - vous savez le mec qui a permis au PSG de rester en Ligue 1 en ratant le ballon lors de chacun de ses tirs au Parc des Princes - qu'il y avait de quoi s'inquiéter. Dés l'heure de jeu, il aurait fallu faire rentrer Nasri qui aurait permis d'établir entre le milieu et l'attaque. Makelele aurait dû sortir car Toulalan était en meilleure former que le joueur de Chelsea qui a commis pas mal de fautes inutiles en fin de match, offrant ainsi des occasions de but aux Roumains qui ne pouvaient espérer tromper Coupet que sur coups de pied arrêtés. On peut également s'interroger sur la structure de la liste des 23 où il n'y a qu'un seul gaucher (et c'est Malouda...) alors qu'hier soir, la qualité de passe de Rothen et les dribbles de Ben Arfa auraient sans doute fait très mal aux Roumains.
La défense a fait son travail vu que l'équipe n'a jamais été mise en danger mais dans un match comme celui-ci, on attend bien plus d'eux et notamment, apporter du surnombre en attaque. Abidal a été très décevant et n'a jamais pris son couloir : sans doute avait-il trop à faire en défense face au terrible Rat qui fait trembler les arrières gauche du monde entier ? En plus, il n'a montré aucun semblant de complicité avec Malouda alors qu'ils ont passé 3 ans ensemble à Lyon et 2 en sélection ! La non titularisation d'Evra est d'autant plus incompréhensible. Quant à Sagnol, il est complètement à court de compétition et alors que le match s'est joué à un rythme de sénateur, il était essoufflé et à l'agonie au bout de 30 minutes. Et s'il ne monte pas pour apporter sa qualité de centre, il ne sert à rien. Enfin, Thuram et Gallas ont été trop lents dans la relance et n'ont pas donné la première impulsion nécessaire aux attaques françaises. Devant le peu de danger que représentait l'attaque roumaine (le seul Niculae face à 4 Français), pourquoi Gallas n'est pas monté apporter un surnombre en attaque pour débloquer le match comme a su le faire le Portugais Pepe face à la Turquie ?

Mais paradoxalement, je ne suis pas inquiet pour la suite de la compétition et je n'imagine pas une défaite de la France face aux Pays-Bas. Certes, les Néerlandais ont atomisé l'Italie 3-0 en développant un football offensif et plein d'allant (tout le contraire de la France) mais les Bataves ont eu un maximum de réussite : Van Nistelrooy est hors jeu sur le 1er but alors les 2ème et 3ème buts sont inscrits sur contre attaque alors que, les deux fois, l'Italie est tout près de faire trembler les filets de Van der Sar 30 secondes auparavant.
Surtout, les Pays-Bas sont une équipe joueuse et qui va être en pleine confiance avant la rencontre de vendredi : exactement, comme l'Espagne d'il y a 2 ans. A la différence que la défense des Oranje ne peut pas compter sur des Puyol ou Sergio Ramos. Le point faible des Néerlandais semble le récupérateur Orlando Engelaar qui est très limité techniquement et panique sous la pression adverse. Il faudrait donc le soumettre à un gros pressing et ainsi priver de ballons les excellents Sneijder et Van der Vaart.

Tactiquement, plusieurs modifications s'imposent dans la composition du onze de départ des Bleus. Abdial doit laisser sa place à Evra qui est sans doute le meilleur latéral gauche du monde à l'heure actuelle. En plus, les Pays-Bas n'ont pas un couloir droit impressionnant (Kuyt et Boulahrouz) et le Mancunien pourra sans doute proposer des solutions offensivement. Il faut également enlever Malouda et déplacer Ribéry à gauche ou dans l'axe pour qu'il soit plus libre de ses mouvements. Pour remplacer le Guyanais, soit on la joue défensif et on fait rentrer Vieira ou alors on essaye de produire du jeu et on met Govou voire Nasri.
Personnellement, je ne suis pas convaincu que le retour de Henry ou Vieira soit de nature à bouleverser le jeu français car ils sont tous deux loin de leur splendeur des années Gunners. Par contre, ce sont de vrais leaders (plus vrai pour Vieira que pour Henry), la France en a cruellement manqué hier (Thuram était capitaine mais sa seule obsession est de faire jouer son équipe bas pour qu'on ne voit pas qu'il n'avance plus) et ainsi, ils peuvent ainsi dynamiser le jeu des Bleus.
Plus sûrement, on peut espérer une montée en puissance physique des joueurs comme en 2006. Mais le style de jeu de l'équipe fait peine à voir et ce "tout pour la défense", digne du Sénégal 2002 ou de la Grèce 2004, fait peine à voir quand on connaît le potentiel offensif de l'équipe. "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse" dit-on, mais quand on n'a ni l'un ni l'autre, la pilule est vraiment dure à avaler...    

Posté par Le Cyclone à 13:17 - Euro 2008 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juin 2008

Alors Euro ?

En ce mois de Juin, la Suisse passe à l'Euro : non, les Helvètes n'ont pas décidé d'adopter la monnaie unique mais d'organiser avec l'Autriche l'Euro 2008 de football ! Les 16 meilleures nations européennes se sont donc donné rendez-vous au coeur des Alpes : on peut légitimement s'attendre à des rencontres au sommet.
Qui sera sur le toit de l'Europe ? Réponse le 29 juin prochain mais avant cela, c'est à vous de faire vos pronostics. Pour vous aider, voici un petit état des lieux des forces en présence.

Le grand favori :

Il n'y en a tout simplement aucun ! Le niveau d'ensemble du football européen est tel qu'aucune équipe ne se détache vraiment. De plus, le tirage au sort fait que certains prétendants au titre suprême peuvent se faire sortir dès le premier tour (France, Italie ou les Pays-Bas).

Les prétendants :

L'Allemagne fait peur et a su exploiter la dynamique de la dernière Coupe du monde et privilégie toujours un jeu offensif et plaisant à regarder. Ballack, le maître à jouer de l'équipe revient en forme au bon moment, Klose est un attaquant redoutable tandis que Mario Gomez est une arme supplémentaire par rapport à il y a 2 ans. En plus, l'Allemagne présente le double avantage d'évoluer quasiment à domicile et d'avoir la poule la plus facile (Croatie, Pologne, Autriche).
Toutefois, la Mannschaft semble fragile défensivement car la charnière Mertesacker - Metzelder manque cruellement de vivacité. Et dans les buts, Lehmann semble très loin du niveau de 2006 et a passé sa saison sur le banc des Gunners alors qu'Almunia ne fait pas partie du gotha des gardiens européens. Plus problématique encore, son suppléant Hildebrand a réalisé une saison catastrophique à Valence et ne fait pas partie de la liste de Joachim Löw. Le gardien remplaçant sera donc Robert Enke qui a multiplié les bourdes avec Schalke 04. Un peu plus, et c'était Tim Wiese qui gardait les cages allemandes.

L'Italie est championne du Monde en titre et peut donc nourrir de grandes ambitions pour cet Euro. Surtout que Fabio Cannavaro est blessé : Roberto Donadoni ne sera donc pas obligé d'aligner le Ballon d'Or 2006 qui n'a pas réalisé un bon match depuis le 9 juillet 2006. Devant, Luca Toni est l'un des tout meilleurs attaquant d'Europe alors qu'Antonio Cassano est de retour : pour le meilleur ou pour le pire ! Le milieu, qu'il soit Romain ou Milanais, est solide et technique à la fois. Derrière, ça semble moins solide qu'il y a deux ans mais Buffon est toujours là et avoir le meilleur gardien du monde, ça aide pour ne pas encaisser de buts.
En plus d'être dans la poule de la mort, les Italiens vont être confrontés à un autre problème : contrairement à 1982 et 2006, leurs deux derniers succès en compétitions internationales, ils ne sont minés par aucune affaire. Paradoxalement, cette absence de motivation supplémentaire peut leur jouer des tours. Et il faudra éviter que Toni se blesse parce que derrière lui, il n'y a plus grand monde pour marquer : et ce n'est pas Marco Boriello, sorte de Nuño Gomes transalpin, qui pourra tenir ce rôle !

La France, malheureuse vice championne du Monde, rêve secrètement de priver la Squadra Azzzura d'un doublé Coupe du Monde - Euro qu'elle est la seule à avoir réalisé dans cet ordre. Comme d'habitude, les Bleus disposent du plus gros potentiel physique de la compétition et a sans doute l'effectif le plus fourni. Certes Zidane est parti, Henry semble sur le déclin, Vieira est incertain, Makélélé, Coupet et Thuram ont plus de 35 ans tandis que Gallas, Malouda et Sagnol sont à court de compétition. Mais la France présente toujours une équipe très solide tandis que l'avènement de Ribéry et l'éclosion de Benzema incitent à l'optimisme.
Trop d'optimisme ? Peut-être car la répétition des matches peut peser sur les organismes, surtout quand vos adversaires sont du calibre de la Roumanie, de l'Italie ou des Pays-Bas. On est loin de la Suisse, de la Corée du Sud et du Togo d'il y a 2 ans donc la France devra être prête tout de suite. Enfin, l'absence de passeurs et de gauchers pourra être préjudiciable si la France est amenée à faire du jeu. Car la France a construit une équipe pour jouer la contre-attaque : pas sûr que les adversaires des Bleus soient aussi naïfs que l'Espagne ou le Brésil 2006.

Le Portugal est toujours bien placé depuis quelques années : demi-finaliste de l'Euro 2000 et de la Coupe du Monde 2006, finaliste de l'Euro 2004 à la maison. La génération dorée des Rui Costa, Figo et cie est partie à la retraite et la jeune garde lusitanienne a pris la relève : Nani, Moutinho, Veloso, Quaresma et l'inévitable Cristiano Ronaldo.
Gros bémol, le meilleur joueur du monde, selon les Portugais et les moins de 13 ans, et ses petits copains sont d'énormes individualistes qui jouent plus pour revisionner leurs passements de jambes sur Youtube que pour gagner des matches. Par contre, s'ils se mettent à jouer ensemble, ça peut être exceptionnel. Mais vu l'intelligence tactique des joueurs concernés, ça a peu de chances d'arriver : plus qu'un jeu de passes léché, on risque surtout de voir des arabesques et des plongeons dans la surface. En plus, une équipe qui joue avec Nuño Gomes en pointe peut difficilement espérer conquérir le titre suprême.
Pourtant, l'ensemble est très solide sur le plan défensif et le milieu se déplace avec une grande intelligence tactique. D'ailleurs, plus que des bouffeurs de ballons, le dnager viendra sûrement des inspirations de Deco ou Raul Meireles. En plus, le Portugal est la seule équipe européenne qui peut faire jouer des Brésiliens et mine de rien, ça aide... Enfin, le Portugal est touché de plein fouet par un sandale de corruption d'arbitres qui touche le champion en titre Porto : toute ressemblance avec l'Italie et la Juve de 2006 serait purement fortuite...

Les Outsiders

L'Espagne, à l'aube de chaque compétition internationale, est toujours annoncée favorite et tous les 2 ans, c'est le même refrain : la Roja ne passe pas le cap des quarts de finale. Depuis la finale de l'Euro 1984 et la toile d'Arconada, jamais les Ibères n'ont dépassé ce stade de la compétition ! Vont-ils pouvoir mettre fin à cette malédiction en Suisse te en Autriche ? Pas sûr parce qu'il est fort probable que les coéquipiers de Carles Puyol affrontent leur bête noire à la sortie des poules : la France !
Mais cette équipe a du talent et c'est pour cela qu'avant de vouloir envoyer Zidane à la retraite en juin 2006, Iker Casillas déclarait que cette génération serait championne du monde. Le problème est que les talents foisonnent aux mêmes postes car généralement, l'Espagne joue avec une seule pointe : un choix cornélien à effectuer entre David (Mara)Villa et "El Niño" Fernando Torres. Si on veut associer les 2 joueurs, il faut enlever un milieu relayeur à choisir parmi Fabregas, Xavi, Xabi Alonso ou le génial Andrés Iniesta. Par contre, il manque un milieu défensif avec un gros impact défensif et à certains postes, c'est le néant : à gauche, Capdevila est le Grosso du pauvre et dans l'axe, Marchena est trop juste alors que Raul Albiol est trop tendre. Heureusement que Puyol et Sergio Ramos sont là pour compenser et que dans ses cages, Iker Casillas a l'habitude de faire des miracles.
Malgré un entraîneur débile et raciste, honni par tout un pays, l'Espagne développe un jeu ultra séduisant et ultra technique à base de passes courtes. Si l'équipe adverse n'arrive pas à mettre le pied sur le ballon, l'Espagne est juste injouable car cette année, l'Espagne a plus que jamais les armes pour concrétiser ses occasions. Et si la selección arrivait à vaincre son cycle indien, ce serait une bonne nouvelle pour le foot en général.

Les Pays-Bas aimeraient célébrer le 20ème anniversaire de leur victoire à l'Euro 88 en remportant le 2ème trophée de leur histoire. Ecueil de taille, les Orange devront d'abord éliminer la France, l'Italie et la Roumanie, équipe qui les avait devancer lors de la phase de qualification. Les armes offensives sont là avec Van Nistelrooy, Huntelaar, Kuyt, Van Persie ou Robben avec Sneijder et Van der Vaart pour les approvisionner en bons ballons.
C'est derrière que ça se gâte avec des défenseurs empruntés et à la relance douteuse. Or ce qui a fait la force du jeu Néerlandais depuis les années 70 est d'avoir fait du libéro (Krol, Koeman ou De Boer) le premier attaquant. Difficile d'imaginer le très emprunté Wilfred Bouma dans ce rôle. Contrairement à la tradition locale, on ne pourra pas compter sur les latéraux pour créer le surnombre en attaque : Ooijer et De Cler sont loin d'être références au poste de latéral.

La Suisse jouera à domicile et espère confirmer sa montée en puissance en se qualifiant pour les quarts. C'est largement à la portée de cette équipe qui pourra compter sur Freï, Barnetta et Vonlanthen pour mettre le feu en attaque. Derrière, la Suisse est plutôt solide car encaisser 0 but à la Coupe du Monde avec Zuberbühler dans les cages, c'est juste surnaturel ! Cette performance demande à être confirmée car une défense où Patrick Müller est titulaire indiscutable, ce n'est pas très rassurant.
A part ça, les Helvètes sont sérieux mais sans réel génie. Disciplinés tactiquement mais ils ne marquent pas beaucoup de buts. La plupart des joueurs de la sélection n'ont pas beaucoup joué pour causes de blessures ou d'une concurrence trop vive. Cela ne vous rappelle rien ? La Grèce de 2004, bien sûr !

La Grèce a remporté, à la surprise générale, l'Euro 2004 en pratiquant un jeu ultra restrictif Hellas : 10 défenseurs et Charisteas tout seul devant. Personnellement, j'étais content car j'ai remporté un appareil photo mais on ne peut pas dire qu'on ait vécu de grands moments footballistiques.
Cette année, la Grèce devrait remettre le couvert en jouant prudemment mais son jeu devrait être un peu plus porté vers l'avant grâce à l'éclosion de Gekas (meilleur buteur de la Liga en 2006-2007) et u talent de Samaras. Les Grecs devraient développer un football sans génie mais sérieux, collectif, intelligent et ultra réaliste. Ce n'est pas pour rien que les Hellènes sont entraînés par un Allemand de la vieille école.

Les surprises

Il y a 4 ans, la République Tchèque était l'un des grands favoris de l'Euro 2004 mais depuis, les choses ont changé et le espoirs ont fané : Poborsky, Smicer et Nedved ont pris leur retraite internationale, Rosicky est forfait sur blessure, Koller trimballe difficilement sa grande carcasse alors que Milan Baros réalise ses plus belles accélérations au volant de sa Ferrari. Et derrière, une défense centrale où Rozehnal est titulaire ne peut pas être bien rassurante. Mais si Petr Cech multiplie les exploits, si Jankulovski met le feu dans son couloir gauche et si Martin Fenin explose aux yeux de l'Europe, une bonne surprise est toujours possible.

La Suède a une bonne équipe mais l'ensemble paraît trop dépendant d'un simple joueur : s'il est dans un bon jour, Zlatan Ibrahimovic est sans doute le meilleur attaquant du monde et peut transcender une équipe. Mais l'attaquant de l'Inter est trop irrégulier, ce qui est également le cas de son compère Johan Elmander. C'est donc un peu l'inconnue concernant cette équipe qui, Kallström mis à part, manque un peu de génie au milieu. La présence de Ljungberg et Wilhelmsson, qui sortent tous deux d'une saison catastrophique, montre bien l'étroitesse du réservoir de joueurs dont dispose la Suède et ça risque de manquer de percussion sur les côtés. Tout dépendra donc de la forme du duo Ibrahimovic - Elmander ; capable de dynamiter n'importe quel défense un jour, aussi inoffensif que l'agneau qui vient de naître un autre jour.

Enfin, la Roumanie a un gros potentiel et jouera peut-être ses matches les plus difficiles lors du 1er tour. Les Roumains sont des latins et jouent donc un football assez fin : l'équipe difficile à jouer par excellence même si la défense n'est pas toujours très sereine malgré Goian. S'ils sortent indemnes du "Groupe de la mort", ils peuvent même rêver du titre grâce à Chivu et à Mutu, qui est sur des bons rails (de coke ?) depuis qu'il a rejoint la Fiorentina.

Les grosses cotes

La Russie est entraînée par Guus Hiddink et c'est un peu le seul motif d'espoir pour une sélection qui sera privée de ses deux meilleurs joueurs : Pogrebnyak et Arshavin (suspendu 2 matches pour une expulsion contre... Andorre). Parce que ce n'est pas avec Semak ou Sychev que les Russes peuvent espérer faire trembler les filets adverses. Derrière, c'est costaud sans être exceptionnel, à l'image des frères Berezoutski : les jumeaux russes les plus célèbres depuis Igor et Grichka Bogdanov. Enfin, c'est Hiddink qui entraîne avec son armée de pharmaciens donc les Russes devraient courir et faire courir leurs adversaires !

La Croatie a éliminé l'Angleterre lors des qualifications mais ne semble pas armée pour aller plus haut. Le milieu de terrain est ultra talentueux et seule l'Espagne a un entrejeu plus technique : le trio Kranjcar - Modric Srna devrait faire tourner bien des têtes. Malheureusement, la blessure d'Eduardo réduit considérablement le pouvoir offensif de l'équipe. Derrière, c'est costaud et expérimenté mais c'ests surtout vieillissant : et quand on sait que la vitesse n'a jamais été le point fort des Kovac, Simic ou Simunic...

La Turquie est peut-être l'équipe la plus offensive de la compétition avec les Emre Belözoglu, Tunçay, Hamit Altintop et Nihat. Le revers de la médaille est que la solidité défensive de cette équipe est plus que douteuse et que les adversaires des Turcs risquent de se balader en contre attaque. Et quand ils jouent contre nature, ils perdent toute leur fantaisie et deviennent vite inoffensifs. S'ils arrivent à conjuguer rigueur défensive et audace offensive alors tout est permis : mais ça s'annonce aussi compliqué que leurs retrouvailles bouillantes avec les Suisses !

Enfin, l'Autriche devrait valser dès le premier tour : normal quand on joue tous ses matches à Vienne ! La politique de l'Autriche sera de jouer viril les deux premiers matches (normal, le gardien s'appelle Macho) en attendant le 3ème match face à l'Allemagne. Normalement, la Mannschaft devrait avoir remporté ses 2 premières rencontres et les Autrichiens peuvent espérer reproduire le schéma de 1982 où les deux équipes s'étaient entendues sur le résultat pour se qualifier toutes les deux. Sans cet arrangement entre amis, les chances de l'Autriche sont quasi nulles et si elle n'avait pas été pays organisateur, elle n'aurait pas été invitée au festin à la table des grands d'Europe. Grands d'Europe qui devraient se régaler si par miracle, l'Autriche passait le premier tour !

Alors qui va gagner l'Euro ? Faites vos jeux ! 

Posté par Le Cyclone à 10:15 - Euro 2008 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2008

Rafael Van der Vaart, Caravane

Dans notre série de portraits de joueurs dans le cadre de l'Euro 2008, place à Rafael Van der Vaart, milieu talentueux comme Andrès Iniesta et figure médiatique comme Djibril Cissé. Pourquoi s'intéresser à ce joueur ? Parce que ce n'est pas le Néerlandais le plus connu en France alors qu'il a un talent rare. Et puis, il a un destin assez particulier.

L'histoire commence à l'été 2005 et Raphaël, le poète moderne en prose, fredonne sur toutes les ondes : "Je suis né dans cette caravane et nous partons allez viens". C'est exactement ce qu'aurait pu dire Rafael, Van der Vaart cette fois, à sa femme puisque c'est à l'été 2005 que le milieu Néerlandais qui a vécu 17 ans dans une caravane de la banlieue d'Amsterdam quitte la capitale de l'autre pays du fromage pour poser ses bagages à Hambourg.
Ce départ s'est fait en catimini et peu de monde aux Pays-Bas, Johan Cruyff le premier, croyait en la résurrection du prodige qui avait connu sa première sélection à à peine 18 ans. Diminué par les blessures, lesté par quelques kilos superflus et orphelin d'Ibrahimovic parti à la Juventus, Van der Vaart connaît une saison 2004-2005 galère et ne supporte pas les chants des supporters lors des rencontres hors de l'Ajax Arena qui aiment scander : "Sylvie (Mme Van der Vaart à la ville) est la pute d'Amsterdam" alors que ses entraîneurs lui reprochent de trop profiter de la vie nocturne de la capitale Néerlandaise.

Pourquoi Hambourg ? Peut-être pour "boire à la santé des putains d'Amsterdam, d'Hambourg ou d'ailleurs" et rendre hommage à Brel ou plus sûrement parce que les offres ne se bousculaient pas au portillon. Mais en Allemagne, le Néerlandais sera à bon port puisque repositionné en meneur de jeu, il transforme complètement le jeu de son équipe qu'il sort de la torpeur du milieu de tableau de la Bundesliga pour l'amener en Ligue des Champions.
Contre toute attente, le joueur qui a à peine 20 ans inscrivait 18 buts en Eredivisie retrouve le plaisir et montre l'étendue de son immense talent. Sur le terrain, on ne voit que lui, distribuant les caviars à ses partenaires, éliminant ses adversaires avec aisance et déclenchant des frappes terribles. Le milieu de terrain fait taire les sceptiques et toute la Hollande admire à nouveau celui qu'elle aimait huer quelques mois auparavant.
Malheureusement, handicapé par des blessures récurrentes, Van der Vaart ne jouera quasiment pas durant la Coupe du Monde 2006 disputée dans le pays qui l'avait fait roi. Toujours à cause de ces maudites blessures, il manquera en partie la première moitié de la saison 2006-2007 et en conséquence, son club flirtera avec la zone de relégation. Mais dès le retour de son capitaine, Hambourg entame une remontée fantastique pour terminer à la 4ème place. Cette saison, il a une nouvelle fois tiré son équipe vers le haut pour la conduire à la 4ème place de la Bundesliga.

Mais à l'instar de son quasi homonyme, il se pose la question suivante : "Est-ce qu'on va reprendre la route ?". La réponse sera sûrement positive car l'Espagne, le pays de sa mère, lui fait les yeux doux. Après les ports d'Amsterdam et d'Hambourg, Valence lui fait les yeux doux et le Néerlandais pourrait former un triangle d'or avec les deux rois David : Silva et Villa.
Et comme sur le port d'Amsterdam, d'Hambourg ou d'ailleurs, il y aura certainement des marins qui chantent : pas les rêves qui les hantent, plutôt la gloire du meilleur footballeur gitan actuel. Pour cela, il faut espérer que les blessures le laissent en paix car comme dirait l'autre : " C'est le bon Dieu qui nous fait, c'est le bon Dieu qui nous brise..".

Posté par Le Cyclone à 16:51 - Euro 2008 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2008

Djibril Cissé, la daube Provençale

Suite de la série de portraits de joueurs en attendant l'Euro, et après Andrés Iniesta, place à son parfait contraire : Djibril Cissé ! Là où est l'Espagnol est technique, petit, collectif, intelligent et discret, le Français a les pieds carrés, est grand, individualiste, stupide tactiquement et extravagant. Surtout, le milieu du Barça jouera l'Euro et pas l'attaquant Marseillais ! Quelle est donc cette recette de l'insuccès qui permet d'obtenir un beau Djibril Cissé ?

Pour concocter une savoureuse daube Provençale, il faut commencer par choisir un beau bourrin. Le plus grand millésime est 1981, année qui a vu naître, entre autres, Bernard Mendy, Alou Diarra, Pascal Berenguer, Matthieu Delpierre ou encore Cédric Carasso. Le plus beau vivier se situe dans les Bouches-du-Rhône et plus précisément à Arles, ville natale de Gaël Givet et Djibril Cissé qui ont tous deux vu le jour l'année où Bob Marley s'est éteint. Une bien triste année décidemment...
Pour que notre daube soit typiquement méridionale, il faut lui donner une touche d'excentricité et une bonne dose de m'as-tu vu. Cela exclut définitivement le trop discret Gaël Givet et fait de Djibril notre poulain idéal. Quoi de mieux qu'une peau ébène pour mettre en valeur des cheveux jaunes, rouges, verts, noirs : un style capillaire qui varie en fonction des saisons. D'où l'intérêt de le marier, dans un premier temps, à une coiffeuse. Ne pas non plus oublier les tatouages, c'est classe un tatouage surtout quand ils sont si nombreux qu'on ne peut plus les distinguer les uns des autres.
Dans la vie de tous les jours, notre daube doit également être à la pointe de la mode et porter les mêmes vêtements qu'un figurant d'un clip de Fifty Cent. Et il ne faut pas oublier les goûts de daube, c'est pourquoi notre poulain est fan de M. Pokora, chanteur français aux textes engagés et aux mélodies recherchées, qu'il invitera à un entraînement et avec qui ils parleront mode. Et en bon fan de hip hop de la génération Skyblog, notre Djibril se doit d'être un gros fan de tunning d'où la nécessité de lui adjoindre un Hummer (on ne peut pas faire plus discret) entièrement kitté pour se balader en toute quiétude sur la corniche Kennedy.

L'accompagnement de notre daube est donc parfaitement soigné. Place maintenant à la cuisson : ce n'est pas la peine de laisser mijoter notre daube et de peaufiner sa formation, il faut la faire saisir ultra rapidement. Pas besoin de formation tactique, il faut lancer notre poulain le plus vite possible dans le grand bain. Pour cela, une école est idéale : l'AJ Auxerre qui ne soucie guère des considérations tactiques (ce n'est pas un hasard si quasiment aucun joueur formé à Auxerre n'est devenu entraîneur). Le schéma de jeu mis en place sera simple : on joue à 10 derrière et Djibril n'a qu'une chose à faire, courir tout droit après les ballons que lui envoient Kapo et Lachuer. Une fois qu'il arrive devant le but et qu'il n'a pas été signalé hors jeu, Djibril n'a qu'une chose à faire : tirer en force en espérant que ça passe.
Techniquement, notre bourrin est à point : ses pieds sont carrés, il est incapable de contrôler correctement un ballon mais est capable de rater le cadre alors que le but est ouvert ou de perdre 5 face-à-face avec un gardien Chypriote.
Mais pour rendre notre daube un peu plus piquante et faire monter la sauce, il faut lui ajouter une bonne dose de caractère. En bon Provençal, notre Djibril est extrêmement démonstratif et aime parler avec les mains : "Pourquoi tu m'as pas fait la passe ? Ta passe, elle est trop nulle : c'est à cause de ça que j'ai raté mon contrôle ! Mamadou, laisse-moi tirer le penalty : je vais le mettre ! Pourquoi tu me la donnes pas avant : c'est de ta faute si je suis hors jeu !". Et pour ajouter au dramatique de la scène, Djibril sait parfaitement faire passer ses émotions en lançant un regard noir à la foule et à ses partenaires et le mot de Cambronne que l'on peut lire toutes les 10 secondes sur ses lèvres.
Enfin, il faut saupoudrer le tout d'un soupçon d'égoïsme. Enfin, un soupçon façon Maïté époque "Cuisine des Mousquetaires" car sur un terrain, Djibril ne pense qu'à lui. Une fois qu'un de ses coéquipiers a eu le malheur de lui lâcher la balle, il peut être sûr qu'il ne la reverra jamais : Djibril fonçant droit vers le but sans chercher à éviter les défenseurs avec un seul but en tête : mettre une grosse mine. C'est d'ailleurs pour cette unique raison que les défenseurs craignent Cissé : ils ont peur de se faire percuter à grande vitesse, Mario Yepes peut en témoigner. D'ailleurs, la réaction de Djibril à l'époque avait été celle d'un grand seigneur, refusant de s'excuser parce qu'il ne l'avait pas fait exprès et que le joueur chinois qui lui avait cassé la jambe quelques mois plus tôt n'avait jamais pris de ses nouvelles. Oui mais Djibril, tu t'étais blessé tout seul contre la Chine et même si ça avait été le cas, ça n'aurait rien excusé. Tout Cissé est résumé par cette affaire : un ego surdimensionné qui lui fait dire que ce n'est jamais de sa faute, ce sont toujours les autres qui sont responsables. Bref, on a droit à un gros melon pour accompagner notre daube...

La recette est désormais terminée et ce plat se révèle complètement indigeste pour les amateurs de football, surtout pour les supporters de l'équipe où évolue Djibril. On peut toutefois trouver une vertu à ce met pas très raffiné : un pouvoir comique certain bien que totalement fortuit... 

Posté par Le Cyclone à 15:21 - Euro 2008 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juin 2008

Andrés Iniesta, un héros très discret

A J-4 du match d'ouverture du Championnat d'Europe des Nations 2008, j'ai décidé de tirer le portrait de quelques acteurs qui feront, ou ne feront pas, l'Euro. Le premier de la liste est Andrés Iniesta, l'excellent milieu du terrain du FC Barcelone, sans doute l'un des joueurs les plus sous côtés de la planète football.

Pour beaucoup, le meilleur milieu de terrain espagnol est Cesc Fabregas. Pour moi, un autre ancien pensionnaire de la Masia, la plus grosse fabrique de milieux relayeurs au monde (Guardiola, Xavi, Arteta et donc Iniesta et Fabregas), lui est supérieur : il s'agit, vous l'avez compris, d'Andrés Iniesta. Je ne suis d'ailleurs pas le seul à le penser vu que le numéro 8 de Barça a été élu joueur espagnol de l'année 2007, devançant par la même occasion Sergio Ramos et l'inévitable Cesc Fabregas.
Contrairement au maître à jouer des Gunners, le Barcelonais est d'une régularité rare tout au long de la saison et d'une rencontre : pendant 90 minutes, il est toujours présent et ne donne pas l'impression de disparaître d'une rencontre comme le chouchou de l'Emirates Stadium. Surnommé "El Cerebro" (le cerveau), il est doté d'une intelligence de jeu rare, aussi bien dans ses déplacements que dans son jeu de passes. Il met sa technique hors pair au service du collectif en bonifiant tous les ballons qui passent dans ses pieds et ne mettra jamais son équipe en difficulté par un mauvais choix : il ne perd quasiment jamais la balle ! Très complet, il peut également faire la différence par son coup de rein qui peut lui permettre d'éliminer n'importe quel adversaire. Il est également doté d'une bonne frappe (cf. son but à Wembley contre l'Angleterre l'an passé) et est plutôt adroit devant le but. Pour ne rien gâcher, il est très utile à la récupération où il met à profit sa lecture du jeu pour intercepter les passes adverses. Pour chipoter, on peut bien lui trouver un point faible : son manque de taille (1m70) et de puissance dans les duels mais il compense par sa technique et son intelligence situationnelle.

Pourquoi donc est-il si peu connu du grand public ? Ses capacités footballistiques ne sont pas en cause puisqu'il est assurément l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, milieux relayeurs du moment. Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, depuis ses débuts en pro, il a été trimballé aux quatre coins du terrain (milieu relayeur, ailier gauche ou droit, milieu latéral et même avant-centre ! Ses qualités sont tellement grandes qu'il a à chaque fois donné satisfaction mais sa polyvalence le dessert car c'est en 8 qu'il donne vraiment sa pleine mesure.
Son jeu, simple et efficace, n'est pas assez flashy pour confectionner des vidéos sur Youtube et il ne fera jamais de grandes percées à la Messi qui feront le tour du Monde. Et ses performances, pourtant remarquables, ne sont pas toujours remarquées par le grand public car elles sont éclipsées par les coups de génie de ses partenaires : Eto'o, Ronaldinho, Messi, Deco en club, Villa, Silva ou Torres en équipe nationale. Même en sélection de jeunes, il n'était pas le joueur vedette : à l'époque, la star, c'était déjà "El Niño" Fernando Torres. Pourtant dès que ces équipes sont en difficulté, c'est à ce moment là que les qualités d'Iniesta sont le plus mises en valeur car il arrive à encore hausser son niveau de jeu.
Il préfère se fondre dans le collectif et ne cherche pas à jouer sa carte personnelle. Ce n'est pas pour rien que tous ses coéquipiers sont unanimes à son égard. A l'instar d'un Samuel Eto'o qui a été impressionné par son talent dès leur premier entraînement commun ou d'un Fernando Torres qui rêve de jouer à ses côtés en club.
Enfin, il ne dispose pas d'un charisme monstre contrairement à Fabregas, Puyol ou Ronaldinho. Et comme, il ne cherche pas particulièrement à se mettre en valeur, son physique et sa taille plutôt passe-partout le laissent dans un anonymat plutôt injuste. 

Iniesta, c'est l'inverse d'un Beckham : l'Anglais était unidimensionnel (tireur de coups de pieds arrêtés) et surmédiatisé alors que l'Espagnol est multicartes et injustement méconnu. Cet Euro est donc l'occasion pour lui de montrer l'étendue de son talent à l'Europe et au monde entier.
Cela sera-t-il suffisant ? Pas sûr car tout le monde l'a oublié mais Iniesta avait été le meilleur joueur du Barça en finale et en demi-finales de la Ligue des Champions 2006 !

Posté par Le Cyclone à 11:56 - Euro 2008 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2008

Ca se discute

Après l'épisode de la liste des 30, Raymond Domenech a livré son verdict et a communiqué sa liste des 23 joueurs qui disputeront l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche. Avant de revenir sur cette sélection poste par poste, voici la liste des 7 malheureux qui, on l'espère, s'en remettront mieux que les 6 exclus de 1998 (Letizi, Djetou, Laigle, Lamouchi, Ba, Anelka) : Landreau, Escudé, Mexès, A. Diarra, Flamini, Ben Arfa et Cissé.

Gardiens : Grégory Coupet, Sébastien Frey, Steve Mandanda.

La grande surprise est l'absence de Landreau qui jusqu'à aujourd'hui était considéré comme le numéro 2 dans la hiérarchie des gardiens, hiérarchie qui semblait figée dans l'esprit du sélectionneur. Mais Domenech a succombé à la hype Mandanda, un gardien certes talentueux, mais qui fait parler de lui parce qu'il réalise des arrêts sur des frappes qui sont sur lui. Il faut savoir que Mandanda est le gardien de Ligue 1 qui réalise le plus d'arrêts mais contrairement à un Casillas, il n'arrive pas à rendre sa défense plus hermétique vu que Marseille n'a que la 11ème défense de Ligue 1, à égalité avec... le PSG !
Surtout, le gardien Marseillais est loin d'être flamboyant et ses dernières prestations sont loin d'être rassurantes quand on sait que les Strasbourgeois ont réussi à le tromper 3 fois au Vélodrome. On ne peut donc pas invoquer la forme du moment dans son cas. Landreau, lui, avait bien remonté la pente et c'est regrettable de se priver d'un gardien qui n'avait encaissé que 3 buts en 11 sélections et qui avait été excellent en Italie.

Défenseurs : Willy Sagnol, François Clerc, Lilian Thuram, William Gallas, Sébastien Squillaci, Jean-Alain Boumsong, Eric Abidal, Patrice Evra.

Encore une surprise avec l'absence d'Escudé qui était pourtant régulièrement appelé par Raymond Domenech depuis 2006. Mais il semblerait que le joueur du FC Séville ait réveillé sa pubalgie en jouant contre l'Equateur. Par contre, le choix de Boumsong pour le remplacer est plus discutable quand on sait que l'ancien Auxerrois a enchaîné les prestations catastrophiques avec la Juve en Série B et n'a pas non plus été à son avantage en finale de la Coupe de France. Squillaci mérite déjà plus sa place dans cette liste mais on peut regretter l'absence de Mexès qui à chaque grande compétition se fait éjecter du train bleu juste avant son départ. C'est vraiment dommage quand on connaît le talent du joueur et quand on sait qu'il pourrait apporter un vrai plus dans la relance.
Pour les autres, il n'y a pas grand chose à redire : je suis juste bien content que ce soit Clerc plutôt que ce joueur surfait qu'est Sagna qui ait été désigné doublure de Sagnol. Mais le sélectionneur aurait pu être plus ambitieux en retenant un défenseur central en moins (Abidal aurait pu dépanner à ce poste) et un milieu de terrain polyvalent (Flamini) en plus.

Milieux : Patrick Vieira, Claude Makélélé, Jérémy Toulalan, Lassana Diarra, Franck Ribéry, Sidney Govou, Florent Malouda et Samir Nasri.

Il n'y a que du classique pour le milieu de terrain français avec par rapport à 2006, l'absence d'Alou Diarra qui est pourtant à un tout autre niveau qu'il y a 2 ans. Malgré tout, on peut regretter l'absence de Flamini qui dans le jeu vers l'avant aurait bien plus apporté bien que Lassana, le nouveau Diarra de la liste. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que Diarra cirait le banc à Arsenal, dans l'ombre de Flamini. Une nouvelle fois, on préfère l'impact physique à la technique : dommage.
Par contre, la sélection de Nasri est une bonne nouvelle car même s'il sort d'une saison en demie-teinte, le futur Gunner a un sens rare de la passe et sera une arme très intéressante à utiliser quand la France aura besoin de marquer un but. En règle générale, cette sélection manque de passeurs puisqu'il n'y a que Nasri et Sagnol. Au milieu, il n'y a qu'un seul gaucher alors pourquoi ne pas avoir sélectionné un attaquant (voire un défenseur si on met Flamini à la place de Diarra) de moins pour laisser une place à Jérôme Rothen ?

Attaquants : Thierry Henry, Nicolas Anelka, Karim Benzema et Bafetimbi Gomis.

La seule bonne nouvelle de cette sélection : Cissé ne fait pas partie de la liste finale alors qu'il n'est ni blessé (remember 2006) ni suspendu (cf 2004). Mais bon, à la place, c'est Bafé Gomis, son gros cul, ses contrôles foireux et sa maladresse devant le but. C'est un miracle qu'il soit retenu et qu'il ait pu marquer ses 2 buts face à l'Equateur et ses défenseurs qui n'avaient pas digéré le décalage horaire.
A sa place, j'aurais préféré Trézéguet qui aurait ajouté une corde supplémentaire à l'attaque française, surtout avec Nasri et Rothen sur le terrain. Ben Arfa aurait été plus intéressant, par son sens de la passe et sa capacité à faire la différence alors que les espaces sont réduits. C'est cette configuration de jeu là qui attend la France et c'est quand il y a du champ que Gomis est à l'aise...         

Posté par Le Cyclone à 15:22 - Euro 2008 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1